Guillaume de Gellone

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Guillaume d'Aquitaine prend Nîmes en ayant caché ses hommes dans des tonneaux de vin. Bibliothèque de Boulogne-sur-Mer.

Guillaume de Gellone[1] ou Guillaume d'Aquitaine ou Guillaume le Grand, né vers 750/755, mort vers 814[2], est un aristocrate de l'époque carolingienne, une personnalité militaire du royaume d'Aquitaine comme comte de Toulouse[3] dans les années 790, fondateur de l'abbaye de Gellone en 804.

Canonisé en 1066 sous le nom de saint Guilhem, il est fêté le 28 mai[4].

Il a inspiré le personnage de Guillaume d'Orange dans la chanson de geste Guillaume au Court Nez (XIIe siècle).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la famille des Wilhelmides.

Il est le fils de Thierry Ier (vers 725 - 793), comte d'Autun, et d'Aude, fille de Charles Martel, faisant de lui un cousin de Charlemagne.

Comte de Toulouse[modifier | modifier le code]

Le Bienheureux Guillaume de Tolose tourmenté par les démons, peinture d'Ambroise Frédeau (1657).

Dans le cadre du royaume d'Aquitaine, attribué depuis 781 par Charlemagne à son fils Louis, Guillaume devient comte de Toulouse en remplacement de Chorson, enlevé par des Basques en 787[5]. Il est dès lors le principal responsable de la défense du royaume d'Aquitaine, face aux Basques et aux musulmans d'Espagne, chassés de Septimanie seulement vers 750.

Il tient tête aux Basques, puis résiste aux incursions de musulmans d'Espagne. Il subit une défaite en 793 près de Narbonne, sur les rives de l'Orbieu, mais sans conséquences graves.

Par la suite, il reprend l'offensive et fait la conquête de territoires au sud des Pyrénées ; il devient comte de la marche d'Espagne constituée autour de Gérone et Urgel.

En 801, aux côtés de Louis le Pieux, il est à la tête de l'armée qui prend Barcelone après un siège de plusieurs mois.

Les chansons de geste le nomment aussi Guillaume d'Orange, ou Guillaume au Court Nez car il avait eu le bout du nez coupé par l'émir Corsolt lors d'un combat sous les murs de Rome ; il eut aussi le surnom de Fierbrace, qui veut dire « Bras vaillant ».

L'abbaye de Gellone[modifier | modifier le code]

Cloître de Saint-Guilhem-le-Désert.

Parmi les personnalités du royaume d'Aquitaine se trouve un de ses amis d'enfance, Witiza, qui après une carrière militaire, fonda vers 784 une abbaye à Aniane, sur la rive sud de l'Hérault, adoptant alors le nom de Benoît.

À son exemple et sur les conseils de saint Benoît d'Aniane, réformateur de l'ordre bénédictin, Guillaume décide de fonder un établissement religieux suivant la règle de saint Benoît. Il choisit un lieu assez proche d'Aniane, mais sur la rive nord, le vallon de Gellone, qui faisait à l'époque partie du diocèse de Lodève.

Après la mort de sa femme, il s'y retire en 806. Il est censé y avoir accompli plusieurs miracles dont un est resté célèbre : Guillaume aurait eu le pouvoir d'éloigner le diable. De l'abbaye d'Aniane, saint Benoît lui envoyait régulièrement des vivres par le seul chemin praticable, nécessitant de franchir les gorges de l'Hérault. Chaque fois, le diable effrayait les animaux de charge qui tombaient dans le précipice. Saint Guillaume, avec l'aide de Dieu, ordonna au diable de rentrer dans son trou et de n'en plus sortir. Ce n'est pas pour cette raison que le pont porte le nom de pont du Diable (ce nom vient en fait d'une légende qui n'a rien à voir avec saint Guillaume).

Dans l'abbaye bénédictine de Gellone, appelée aujourd'hui Saint-Guilhem-le-Désert, se trouve encore le reliquaire en argent, en forme de croix, renfermant un morceau de la Sainte Croix que Charlemagne lui avait offert[6].

Il s'y retire en 806 avec un groupe de moines et y meurt vers 814.

L'abbaye d'un roman provençal des plus beaux a malheureusement été amputée de toutes ses décorations lapidaires, vendues à George Grey Barnard et acquises par le Metropolitan Museum. Elles peuvent être admirées aujourd'hui au Cloisters museum.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son premier mariage avec Cunégonde naquirent les enfants suivants[1],[7] :

  • Helmburgis, morte avant 824 ;
  • Héribert, qui sera aveuglé en 830 sur ordre de Lothaire, fils de Louis le Pieux ;
  • Bernard (vers 795 - 844).
  • Gerberge, exécutée en 834 à Chalon en même temps que son demi-frère Gaucelme sur ordre de Lothaire (enfermée dans un tonneau et noyée dans la Saône) ;
  • Guicaire et Hildehelm, mentionnés une seule fois en 804 dans la charte de fondation de l'abbaye de Gellone[8].
  • Helimbruc, mentionné une seule fois (peut-être s'agit-il d'une mauvaise graphie de Héribert).

De son second mariage avec Guibourg, il eut[1] :

Un héros de chansons de geste[modifier | modifier le code]

Il est à l'origine du personnage légendaire de Guillaume d'Orange, principal protagoniste d'un cycle de plusieurs chansons de geste narrant la lutte des Francs du sud de l'empire carolingien contre les Sarrasins.

Il descend de Garin de Monglane et d'Ermengart, fille de Charles Martel. Tous sont de fiers guerriers ayant combattu les Sarrasins. Cousin de Charlemagne, sa sœur est mariée au roi Louis Ier le Débonnaire.

Le sud de la France est envahi par les Sarrasins, Guillaume est comte des Marches d'Espagne, il les combat victorieusement avec bravoure. Il y bat leur plus grand chef, Desramé (Abd el-Rahman). Charlemagne le nomme en 790 duc de Septimanie (ou de Gothie), de Toulouse et d'Aquitaine. Il prend la ville d'Orange, qui était gouvernée par une princesse sarrasine, Orable, fille de Desramé. Par la suite, Orable se convertit et épouse Guillaume sous le nom chrétien de Guibourg, et la ville devient le lieu d'habitation du couple (d'où le nom de Guillaume d'Orange).

Guillaume subit une terrible défaite face aux Sarrasins à la bataille d'Aliscans, mais il finit par les rejeter définitivement du pays lors d'une seconde bataille au même endroit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1627 av - Saint Guillaume d'Aquitaine alias Guilhem de Gellone, par Simon Vouet, hst, musée du Louvre, Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Guillaume, fils de Théodoric comte d'Autun sur le site Foundation for Medieval Genealogy.
  2. Entre le 28 mai 812 et le 21 mai 815.
  3. Il porte aussi les titres de duc d'Aquitaine et de marquis de Septimanie.
  4. Voir « Saint Guillaume de Gellone » sur Nominis.
  5. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire »,‎ 1995, ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 303 p. (ISBN 2-910919-09-9, ISSN 1269-9454, notice BnF no FRBNF35804152), p. 27-28
  6. Réf. Mabillon, sect. Ben. 41, p. 88 ; Henschénius, Diss., p. 448 ; Bulteau, p. 367, et l'Histoire générale de Languedoc, par les Bénédictins, I, 9.
  7. On trouve parfois dans cette liste le comte Berà. Celui-ci, dans une charte de l'abbaye d'Alet datée des environs de 813, mentionne que son défunt père portait le nom de Guillaume. Le rapprochement avec Guillaume de Gellone a été fait par dom Vaissète, auteur de l’Histoire générale de Languedoc, suivi par plusieurs auteurs, mais est actuellement contesté (Jean Alain Sipra, Le Comte Béra, marquis de Gothie,‎ 1998 (lire en ligne)).
  8. Est-ce que cela veut dire que la charte de fondation est encore disponible ?
  9. Paschase Radbert, le biographie et confident de Wala, affirme que « Wala épousa la sœur d'un tyran en fonction en Espagne, fils d'un duc de la plus haute noblesse, plus jeune de lui d'une génération et ayant un frère aveuglé ». Les historiens s'accordent à voir en ce tyran le duc Bernard de Septimanie, frère d'Héribert (aveuglé en 834) et fils de Guillaume de Gellone (Riché 1983, p. 143 et Settipani 1993, p. 357).