Geoffroi de Villehardouin

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Geoffroi de Villehardouin est un chroniqueur et chevalier croisé du Moyen Âge.

Chronique de la Quatrième croisade, édition de 1585 avec le texte original et traduction en français du XVIe siècle
Première page du manuscrit de 1458 de La conquête de Constantinople, Bibliothèque nationale de France, MS Français 24210 f. 1r

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né au château de Villehardouin (dans l'Aube), situé à 30 kilomètres environ à l'Est de Troyes, entre Arcis-sur-Aube et Bar-sur-Aube, à une date inconnue, entre les années 1150 et 1164. Tout ce que nous savons de lui, avant son départ pour la IVe croisade, c'est qu'il fut sénéchal de Champagne, à partir de 1185. Son fils Erard ayant pris, en 1213, le titre de seigneur de Villehardouin, certains ont pensé que Geoffroi serait mort cette année-là dans son fief de Messinople (Mosynopolis), en Thrace ; il est sûr en tout cas qu'il ne vécut pas longtemps au-delà de cette date.

Ses qualités personnelles ainsi que ses fonctions de maréchal l'ont amené à participer à beaucoup d'affaires administratives et politiques : il remplit à plusieurs reprises l'office de médiateur et d'arbitre, réglant entre autres, de compagnie avec l'archevêque de Sens, le différend qui opposait le comte Thibaud, son seigneur, et le chapitre de la cathédrale de Troyes. En avril 1198, le comte de Champagne rend hommage au roi de France, et Geoffroi de Villehardouin figure alors parmi les garants qui jurent fidélité. En novembre 1199, il se croise à l'appel de Foulques de Neuilly. En février 1201, quelques mois avant la mort de son suzerain, il est chargé par Thibaut III de Champagne de préparer et négocier le transport des croisés vers la Palestine auprès de la République de Venise. Dans la séance solennelle de l'assemblée du peuple vénitien, c'est lui qui prend la parole pour exposer les intentions des croisés, ainsi qu'il le raconte dans sa chronique[1]. Cette croisade, partie à l'origine pour délivrer Jérusalem, devait aboutir à la prise de Constantinople et à la fondation d'un éphémère Empire latin de Constantinople. Il participe en 1204 à la prise de la ville et reçoit du nouvel empereur Baudouin Ier de Flandre le titre de maréchal de Romanie (c'est-à-dire de Grèce). Tout au long de la croisade, Villehardouin joue un rôle de premier plan, obtenant le commandement en premier des troupes. Après la défaite de la bataille d'Andrinople en 1205 il montre ses talents de stratège en sauvant l'armée croisée. En 1207, Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique lui donne le fief de Messinople. Il se distingue encore par son courage et sa sagesse lors de l'expédition de l'empereur Henri contre les Bulgares, de mai à août 1208.

Œuvres[modifier | modifier le code]

De 1207 à 1213 il rédige ses Mémoires intitulées Histoire de la conquête de Constantinople ou Chronique des empereurs Baudouin et Henri de Constantinople y décrivant les événements survenus entre 1198 et 1207. Il y expose en ancien français et non en latin, les événements de la croisade dans un style remarquable. Néanmoins, son point de vue est partial car il a pour objectif de faire l'apologie des chefs croisés. Il laisse donc de côté certains détails, dont les raisons du détournement des objectifs initiaux de l'expédition.

Postérité[modifier | modifier le code]

Geoffroi de Villehardouin eut un neveu et un petit neveu portant son prénom, soit respectivement Geoffroi Ier de Villehardouin et Geoffroi II de Villehardouin princes d'Achaïe.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Geoffroy de Villehardouin, La Conquête de Constantinople, édition de Paulin, Paris, 1838 Lire en ligne ;
  • Geoffroy De Villehardouin, La conquête de Constantinople, édition Flammarion, collection Garnier Flammarion, n° 214, 1969, 192 pages ;
  • Geoffroy de Villehardouin, un chevalier à la croisade, L'histoire de la conquête de Constantinople (suivi de) De ceux qui se croisèrent et comment le marquis de Montferrat devint leur seigneur par Robert de Cléry, Texte établi et présenté par Jean LONGNON, librairie Jules Tallandier, 1981, 274 p. (ISBN 2-235-01078-4) ;
  • Geoffroy de Villehardouin, La Conquête de Constantinople, Flammarion, 2004, (ISBN 2080711970).

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. G. de Villehardouin, La conquête de Constantinople, § 12 à 27.