Garin le Lorrain

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Garin le Lorrain, Garin le Loherin, Saga de Garin ou Saga des Lorrains, ou Roman de Garin sont les noms donné à une même Saga familiale et héroïque du XIIe siècle, écrite en forme de roman et poème épique (Chanson de geste) totalisant 15 000 vers environ.

La 2me branche (chanson de geste) du cycle des Lorrains est connue par plusieurs manuscrits dont un à la Bibliothèque de l'Arsenal[1], attribué à Jean de Flagy[2], datant probablement du début du XIIIe siècle, écrite en moyen français (correspondant à la période 1400-1600), mais le texte original et son auteur (ses auteurs ?) ne sont pas connus (et il pourrait s'agir de la fusion de plusieurs histoires orales et/ou écrites). Pour le Baron de Reiffenberg (dans un commentaire publié en en 1838)[3], si De Flagy « n'a pu se soustraire aux impressions qu'il recevait de son temps, il est visible qu'il a représenté des mœurs et des passions d'une époque bien antérieure. Comme dans les plus anciennes compositions épiques ».

Selon le Baron de Reiffenberg, cette saga est très inspirée du Nibelungen, mais d'autres auteurs pensent à l'inverse que c'est un texte français ou hennuyer qui serait à l'origine du fond légendaire allemand équivalent. Le nom de Garin serait à l'origine de celui de Lohengrin selon Reynaud (1924)[4]..

Contenu, organisation[modifier | modifier le code]

La geste des Lorrains se compose de cinq poèmes dont le plus important est consacré à Garin, personnage imaginaire de l'époque médiévale, duc d'une Lorraine qui avait l'étendue de celle qu'avait gouverné Gislebert de Lotharingie et qui avait Metz pour capitale.

Garin est le fils de Hervis et de Béatris de Tyr. Il a un frère (Begon) et sept sœurs. Il épouse Aelis, avec qui il a un fils Gerbert.

Pour le baron de Reiffenberg (à partir de ce qui est rapporté de cette saga par Jacques de Guyse), la saga de Garin le Lorrain met symboliquement en scène les conflits entre deux lignées ; la « race de Pépin » et celle de Mérovée.
Pour Reiffenberg, cette saga semble fortement inspirée du Nibelungen qui d'après lui aurait circulé en Belgique au Moyen Âge.
À ce propos, selon le Baron de Reiffenberg, Hugues de Toul raconte qu’après ma mort de Charles Martel, c'est « Gautier-L’orphelin, frère de Hugues de Cambrésis[5], et fils d'Aubri ou Albéric, régnait sur le Hainaut.
Selon la saga ; Ces deux frères avaient épousé les deux filles d'Hervé ou Hervis, duc de Metz, sœurs de Garin et de Bégon. Les Sarrasins ayant attaqué la Gaule et assiégé Soissons, Gautier rassembla à ses frais les nobles, tant du Hainaut que du Brabant, et après s'être joint à son frère Hugues, aux Lorrains et aux Francs, il attaqua les barbares, les chassa de devant Soissons et les extermina presque jusqu'au dernier. Vers le même temps et après la mort d'Aélis, duchesse de Metz, mère du duc Hervé, les Vandales envahirent encore les Gaules, ravagèrent la Lorraine supérieure et vinrent mettre le siège devant Metz.
Secouru par Gautier-l'Orphelin, Hugues de Cambrai, l'évéque Gérard de Liège et Anségise, roi de Cologne, Hervé fut tué en poursuivant de trop près ses ennemis. Garin devint ainsi duc de Lorraine, tandis que la Flandre obéissait aux forestiers du roi Pépin. II s'éleva des différends entre lui et Bégon, son frère, d'une part, et Fromond, prince de Bordeaux ou de Brugges selon de Fortia qui traduit Brudegalensem par Brugge et non par Bordeaux. Selon de Réichaffen, s'il s'était vraiment agit de Brugges, l'auteur aurait du écrire Brugensibus[6] et d'Artois, comte de Boulogne, et ses amis de l'autre. Longtemps ils avaient su cacher la haine qu'ils se portaient, et il n'en était résulté rien de fâcheux; mais un jour, dans le palais du roi Pépin, à Laon, les Bordelais du parti de Fromond, ayant trouvé Garin seul, se jetèrent sur lui. II se défendit avec courage, renversa Harderic ou Hardré, père de Fromond, et lui brisa le crâne sur le pavé. Cette scène occasionna une rixe terrible. Les Lorrains accoururent au secours de leur gouverneur, tuèrent un grand nombre des partisans de Fromond et chassèrent les autres du palais »
.

Ceci est rapporté par Hugues de Toul comme une vérité, très probablement « d'après des autorités plus anciennes et probablement des chansons de geste et d'autres renseignemens de cette espèce. Baudouin d'Avesnes parle également de ce Garin » faisait remarquer le baron de Reiffenberg.

Mort de Garin le Lorrain[modifier | modifier le code]

« Le Loherain Garin s'en va vers la chapelle que fit l'ermite ; il marche l'épée tirée, l'écu mis en avant, tout à pied, défendant son parti. Le duc entre en courant dans le moutier, il va offrir son écu sur l'autel et réclame l'assistance de dieu qui ne mentit jamais : " J'ai péché envers vous, Seigneur, cela me cause du chagrin ; de même que vous pardonnâtes vraiment à Longin le coup mortel dont il vous a frappé, de même gardez-moi de mort et péril. Si je l'avais pu, je serais allé vous servir en juste croisade contre les Sarrazins ". Mais voici là-dessus l'évêque Lancelin, avec lui Guillaume l'Orgueilleux, de Monclin, le comte Fromont et son fils Fromondin. Ils font remplir le moutier des gens de leur parage. Le comte Guillaume frappe son compère, lui donne un grand coup de l'épieu poitevin, dont il lui enfonce tout le fer dans le corps, il lui brise deux des côtes du milieu, tellement le coup fut violent ; Garin tombe à terre. Le Loherain s'est relevé sur ses pieds et tire l'épée dès qu'il a senti la mort, il frappe de terribles et merveilleux coups ; que de blessés, que de tués ! Le baron en a mis à mal plus de quatorze. Enfin l'évêque Lancelin le frappe, ainsi que le vieux Fromont et son fils Fromondin ; ils ont fait mourir le duc, que Dieu lui fasse merci ! Garin gît parmi ceux qu'il a tués comme un chêne au milieu de petits arbres... »

D'après La mort de Garin le Loherain, vers 4729-4753.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Consultation en ligne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue BNF, Jean de Flagy
  2. 400 pages dans l'édition de 1862 de Garin le Loherain (Paris, collection Hetzel, en 1 volume)
  3. Frédéric Auguste Ferdinand Thomas de Reiffenberg (Baron), Chronique rimée de Philippe Mouskes, Volume 2 Par Philippe Mouskes, 1838 (Ex scanné par Google Books)
  4. L. Reynaud, Histoire générale de l'influence française en Allemagne, 3e édition revue, 1924, page 104
  5. Ancêtre de Raoul de Cambrai, tué par Bernier, devant Origny, en Vermandois, sous le règne de Louis d'Outremer précise le baron Frédéric de Reiffenberg qui ajoute attendre « avec le plus d'impatience le roman de Raoul de Cambrai, que prépare M. Edw. Le Glay »
  6. Fromundvm, principem Brudegalensem; la traduction publiée par M. De Fortia, et que nous avons employée, t. Ier, p. 87, note sur le v. 2122, rend Brudegalensem par de Bruges ! Cette faute s'est glissée dans la table générale, 1, 301. Précise le baron de Reiffenberg

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Garin le Lorrain. Traduction par Bernard Guidot. Presses Universitaires de Nancy, 1986.
  • Garin le Lorrain. Chanson de geste renouvelée par Paul Tuffrau. Séguier, 1999.