Jacques de Vitry

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Jacques de Vitry
Image illustrative de l'article Jacques de Vitry
Biographie
Naissance entre 1160 et 1170
dans la région de Reims (France)
Ordination sacerdotale 1210
Décès 1er mai 1240
à Rome
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
décembre 1228 par le
pape Grégoire IX
Titre cardinalice Cardinal-évêque
de Tusculum
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 1216 par le
pape Honorius III.
Fonctions épiscopales Évêque de Saint-Jean d’Acre
Doyen du Collège des cardinaux

Blason

Jacques de Vitry, né entre 1160 et 1170 dans la région de Reims et décédé le 1er mai 1240 à Rome, était un historien et auteur spirituel, confesseur de Marie d'Oignies, prédicateur populaire, et évêque de Saint-Jean d’Acre. Il fut nommé cardinal-évêque de Tusculum en 1228.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Vitry fait de bonnes études universitaires à Paris où il devient magister. Avant même d’être prêtre, il est chargé de la cure d’Argenteuil. Cependant, attiré par la réputation de Marie d’Oignies, béguine et mystique vivant à Oignies, dans le comté de Namur Vitry lui rend visite en 1208.

Relation avec Marie d’Oignies[modifier | modifier le code]

Profondément impressionné, il reste à Oignies. Il devient le confesseur et guide spirituel de la béguine. Celle-ci le convainc d’entrer chez les chanoines de Saint-Augustin qui ont un monastère à Oignies. Vitry est ordonné prêtre en 1210, à Paris.

Une relation d’amitié spirituelle se crée entre les deux. Vitry a une compréhension profonde de la vie mystique, même s’il parait parfois crédule lorsqu’il parle des merveilles de Dieu et des grâces reçues par Marie d’Oignies. Il écrit : « Les hommes du monde ne s’étonnent pas quand quelqu’un crie de douleur ; mais ils se scandalisent lorsque quelqu’un clame la joie qui déborde de son cœur ». Et encore : « les larmes spirituelles n’affaiblissent pas la tête mais réchauffent l’intelligence, adoucissent l’âme, nourrissent le corps et réjouissent toute la cité de Dieu ». Cette relation marque toute la vie et la spiritualité de Jacques de Vitry.

Marie d’Oignies meurt en 1213. Trois ans plus tard Vitry en écrit une Vie de la bienheureuse Marie d’Oignies, qui est plutôt une ‘histoire d’une âme’, fondée sur des réminiscences personnelles. Cet émouvant récit (précédé d’un prologue sur le ‘milieu mystique liégeois’) reste l’œuvre principale de Vitry.

Prédicateur populaire[modifier | modifier le code]

Rien ne le retient à Oignies après la mort de la sainte. Il accepte de prêcher la croisade contre les Albigeois d’abord dans le diocèse de Liège, puis son succès le porte à rayonner davantage en France et en Allemagne. Il recrute pour la 5e croisade dirigée par le roi André II de Hongrie.

Évêque de Saint-Jean d’Acre[modifier | modifier le code]

En 1216, Vitry est nommé évêque de Saint-Jean d’Acre en Terre Sainte. Il est ordonné évêque à Pérouse par le pape Honorius III. Arrivé en Palestine il y déploie une grande activité aux côtés des croisés dans la campagne d’Égypte et la capture de Damiette (1218). Lorsque la 5e croisade tourne à l’échec, Vitry revient en Europe, et particulièrement dans le diocèse de Liège. Il donne sa démission au pape en 1226 : elle est acceptée.

Vitry fonctionne dès lors comme ‘évêque auxiliaire’ de Liège, aidant le prince-évêque Hugues de Pierrepont dans ses tâches pastorales, et l’accompagnant spirituellement au moment de la mort (12 avril 1229).

Cardinal-évêque de Tusculum[modifier | modifier le code]

En décembre 1228, l’énergique pape Grégoire IX nomme Jacques de Vitry cardinal-évêque de Tusculum (ou Frascati), un des diocèses suburbains de Rome. Entre 1229 et 1239, il accomplit plusieurs missions diplomatiques comme légat pontifical en France (contre les Albigeois) et en Palestine). Une tradition prétend qu’il fut élu patriarche de Jérusalem, mais c'est douteux. En 1240, Jacques de Vitry est doyen du Collège des cardinaux.

Jacques de Vitry meurt le 1er mai 1240, à Rome. Suivant sa volonté son corps est ramené à Oignies pour y être enterré près du tombeau de Sainte Marie d'Oignies.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Vita B.Mariae Oigniacensis, publiée dans les Acta Sanctorum (23 juin).
  • Une Historia orientalis et occidentalis : histoire sainte (jusqu’aux croisades) et description de la terre sainte, suivie (second volume) d’un tableau, plutôt noir, de l’Occident.
  • Historia Hierosolymitana, publiée dans, Régine Pernoud, Un guide du pèlerin en Terre-Sainte au XVe siècle, Mantes, 1940. Recension sur Persée.
  • Des lettres qui sont d’intéressants rapports sur la croisade.
  • De nombreux sermons (Sermones de sanctis).

Articles connexes[modifier | modifier le code]