Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert

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Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert
L'abbaye de Gellone à Saint Guilhem le Désert / Hérault / Languedoc-Roussillon © Photo: Xavier Cailholwww.Go-Production.com
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction 804
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Commune Saint-Guilhem-le-Désert
Coordonnées 43° 44′ 01″ N 3° 32′ 56″ E / 43.73361, 3.5488943° 44′ 01″ Nord 3° 32′ 56″ Est / 43.73361, 3.54889  

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Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert
Le cloître avec son vivier au premier plan

L’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert ou abbaye de Gellone est une abbaye bénédictine fondée en 804 par un aristocrate aquitain de l'époque carolingienne Guillaume de Gellone (v. 742-812), appelé Guilhèm en occitan.

L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

La fondation de l'abbaye de Gellone s'inscrit dans le contexte de la conquête franque de l'Occitanie, arrivant après l'occupation par les Wisigoths suivie de celle des Musulmans[2]. Pépin le Bref puis Charlemagne (742-814) s'efforcent de mettre en place une nouvelle structure administrative tandis que Benoît d'Aniane, un très haut noble d'origine germanique, et Guilhem, comte de Toulouse, se chargent de la reprise en main religieuse. Le premier fonde l'abbaye d'Aniane dans les années 780, et le second, Guilhem, fonde en 804, deux cellules de l'abbaye d'Aniane, Notre-Dame de Caseneuve à Goudargues (Gard) et Saint-Sauveur de Gellone, située actuellement dans l'Hérault, dans un lieu proche d'Aniane, mais encore un peu plus écarté.

Guillaume de Gellone (Guilhem en occitan) est à la fin du VIIIe siècle comte de Toulouse et duc d'Aquitaine. Il est par sa mère cousin de Charlemagne. Il suivra le parcours de son ami, Benoît d'Aniane, en se retirant de la vie laïque après une carrière militaire bien remplie et en effectuant une donation à Gellone le 14 décembre 804.

L'abbaye de Gellone est restée sous l'autorité d'Aniane jusqu'au début du Xe siècle, avant d'être suffisamment prospère pour être indépendante. Le premier abbé de Gellone connu est Juliofred[2]. Guillaume qui est simplement moine y passe la fin de sa vie. Il y meurt en 812 et y est enterré.

Plus de trois siècles plus tard, des chansons de gestes du XIIe et XIIIe siècles mettront en scène un personnage fougueux engagé dans des combats acharnés contre les Sarrazins. La geste de Guillaume d'Orange s'inspire d'une légende épique autour de Guilhem et contribuera grandement à la renommée de Gellone.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dès cette époque, l'abbaye détient des reliques précieuses, comme un morceau de la Sainte Croix, offert par Charlemagne à Guilhem. Avec la vogue des pèlerinages, cette relique et le culte de la sépulture de Guilhem attirent des foules de pèlerins. L'abbaye devient une étape très importante sur le « chemin d'Arles », un des itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Chevet de l'église de l'abbaye

Au début du XIe siècle, l'abbé Pierre Ier fait reconstruire l'abbaye. Commencée vers 1030, l'abbatiale et le cloître sont représentatifs du « premier art roman méridional ». La campagne de travaux est marquée par la consécration d'un autel à Saint-Guilhem en 1076[2]. Car en 1066, Guillaume de Gellone avait été canonisé sous le nom de Saint-Guilhem. C'est à cette époque que des troubadours commencèrent la composition de la Geste de Guilhem d'Orange, qui contribuera à son renom et à celui de l'abbaye.

Guy de Vissec (d. 1324) est le prieur de l'abbaye.

À son apogée, l'abbaye devait compter une centaine de moines, la moitié résidant au monastère, les autres établis dans des prieurés dépendant de Gellone.

Le clocher a pris place sur le porche au XVe siècle.

Époques moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Le XVe siècle marque le début du déclin de l'abbaye. En 1568, pendant les Guerres de Religion, des protestants pillent l'abbaye. Une grande partie du mobilier et du temporel sera ensuite vendu pour réparer les dégâts. Un rapport de 1624, du chapitre général bénédictin, indique que malgré les réparations, les bâtiments conventuels, le réfectoire, le dortoir et les cellules sont en état de ruine. Les seize moines ne logent plus au monastère et ne suivent plus la vie commune.

L'abbaye est dans un état d'abandon avancé, quand la Congrégation de Saint-Maur en prend possession et réussit à sauver l'essentiel. En 1644, les bâtiments conventuels sont reconstruits, le cloître, le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire sont restaurés.

À la Révolution, six moines de Saint-Maur vivent à Saint-Guilhem.

L'abbaye est alors vendue comme bien national, et l'église devient l'église paroissiale du village. On installe dans le monastère une filature et une tannerie. Le cloître, vendu à un maçon, fait office de carrière de pierres.

En 1840, l'administration des Monuments historiques prend l'abbaye en charge. Des restaurations successives donnent un nouveau lustre aux bâtiments sauvés de la destruction. Néanmoins, en 1906, un collectionneur américain George Grey Barnard achète à Pierre de Vernière, juge à Aniane, un ensemble d'éléments sculptés du cloître aujourd'hui intégré à une reconstitution du cloître présentée au musée The Cloisters à New York.

Architecture[modifier | modifier le code]

Nef de l'abbatiale de Gellone
Cloître de Gellone, la galerie ouest sur la gauche et la galerie nord au fond, percées d'arcades géminées

Église abbatiale[modifier | modifier le code]

Le porche de l'église date du XIIe siècle et le clocher du XVe siècle. La nef surprend par sa grande hauteur (18 mètres de haut) pour une largeur de seulement 6 mètres. Elle est composée de quatre travées, avec des arcs doubleaux. Le tout est soutenu par des pilastres. La nef et les deux collatéraux sont voûtés en berceau en plein-cintre. On peut observer des arcs de décharge sur les murs latéraux. L'abside quant à elle est à l'extérieur percée de 18 niches.

Autel de Guilhem[modifier | modifier le code]

Autel de Guilhem

Dit l' autel du Sauveur. Cette pièce a échappé aux destructions. Il pourrait s'agir d'un autel en marbre blanc et calcaire noir, incrustés de pâte de verre de couleurs (bleu, jaune, rouge, vert, violet), que Guilhem aurait ramené d'Aix-la-Chapelle.

Le panneau de gauche représente le Christ en majesté dans une mandorle, entouré des symboles des évangélistes.

Le panneau de droite représente le Christ en croix, entouré de la Vierge et de Saint-Jean. À droite et à gauche de la croix, le soleil et la lune. Au bas de la croix, des morts sortent de leur tombeau.

C'est probablement l'ancien maître-autel, sous le vocable du Sauveur

Sacramentaire de Gellone[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacramentaire de Gellone.

Il s'agit d'un livre de l'époque de Charlemagne (fin du VIIIe siècle) servant aux moines pour la célébration des cérémonies. Ce manuscrit est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. L'iconographie pré-romane est très riche et justifie l'importance de ce document.

Cloître[modifier | modifier le code]

Sa construction comprend trois périodes;

La première qui est conservée, se situe au XIe siècle pour l'aile Nord et Ouest avec un petit morceau sur la partie Est. Elle ne comprend que peu de sculpture.

La seconde période est la réalisation des galeries Est et Sud et à l'étage avec la construction le long des promenoirs Nord et Ouest. Cet ensemble est daté de 1205 par un texte parlant du nouveau cloître. Qui est doté de sculptures.

La troisième période se situe vers 1300 et concerne la fermeture du cloître dans ses parties hautes au Sud et à l'Est. Cette partie comporte les colonnettes octogonales à chapiteaux primatiques.

Dans ce cloître, la décoration sculpturale laisse entrevoir la trace de quatre ateliers: deux de style roman, avec des feuilles d'acanthe et des personnages longilignes, les visages sans expression et deux de style gothique avec des personnages très naturel.

Le cloître a été démantelé et ne possède plus que deux galeries (galerie nord, une partie de la galerie ouest). Le cloître à l'origine comportait un premier étage construit à la fin du XIIe siècle. La galerie nord est percée par une série d'arcades géminées, en plein cintre, reposant sur une colonnette centrale. Les sculptures du cloître vendues à Barnard en 1906 se trouvent aujourd'hui au musée The Cloisters à New York. Quelques pièces sont conservées à la Société archéologique de Montpellier.

Un dépôt lapidaire, abrité dans l'ancien réfectoire, présente des chapiteaux, des colonnes ondées, des statues. On y trouve le tombeau en marbre du fondateur de l'abbaye. Il s'agit d'un tombeau antique de l'école d'Arles, qui a été réutilisé. Autre sarcophage, celui des sœurs de Guilhem, Albane et Bertane.

Il subsistait deux fresques partielles dont peut être une annonciation avec une vierge à genou. Une restauration a eu lieu en 2007.

Abbés[modifier | modifier le code]

Religieux et personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • 1656 - Frère Robert Plouvier qui dressa deux plans de l'abbaye conservés aux Archives nationales de France à Paris.

Terriers, dépendances, propriétés[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Prieurés
Villages 

Musées de l'abbaye[modifier | modifier le code]

On y accède par le cloître

Concerts et tourisme[modifier | modifier le code]

L'été, l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert accueille des concerts, en particulier ceux des Rencontres musicales de Saint-Guilhem-le-Désert depuis 1998.

L'abbatiale est un des sites les plus visités de l'Hérault avec 305 000 visiteurs en 2010 derrière Europark[3] (537 000 visiteurs) à Vias et l'aquarium Mare Nostrum à Montpellier (305 000 visiteurs).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00103690 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b et c Xavier Barral i Altet, photos de Daniel Kuentz, Saint-Guilhem le-Désert, Éditions Jean-Paul Gisserot,‎ 2010, 32 p.
  3. L’Europark de Vias est le site le plus visité de l’Hérault

Annexes[modifier | modifier le code]

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Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cartulaire de Gellone - Paul Alaus, l'abbé Léon Cassan, Jean-Marie Meynial, - (1897, J.Martel aîné, imprimeur de la Société d'Archéologie)
  • Cartulaire de Gellone - Tables des Noms de Personnes et des Noms de Lieux - Camps, Hamlin, Richard (1994, Clerc)
  • Géraldine Mallet, L'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert dans : Arts-sacrés, hors-série n°4 de 2013. p.28-39/74.pp.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]