Ascension (fête)

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Ascension
Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame-des-Anges de Los Angeles
Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame-des-Anges de Los Angeles

Observé par les chrétiens
Type Célébration religieuse
Signification Commémoration de l’ascension de Jésus-Christ
Date Quarante jours après Pâques[1].
Lié à Pâques

L’Ascension est une fête chrétienne célébrée quarante jours après Pâques (en comptant le dimanche de Pâques). Elle tombe donc toujours un jeudi, généralement au mois de mai. Dans la tradition chrétienne, elle marque l’élévation au ciel de Jésus Christ après sa résurrection et la fin de sa présence sur Terre.

Le Jeudi de l’Ascension est jour férié dans plusieurs pays (en Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, principauté de Monaco, Norvège, Pays-Bas, Suède, Suisse ; en Afrique : Bénin, Burundi, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Madagascar, Namibie, Sénégal ; en Amérique : Colombie, Haïti ; en Asie et Océanie : Indonésie, Vanuatu).

Pour 2014, l’Ascension est le jeudi 29 mai et en 2015 elle aura lieu le 14 mai.

Montée au ciel[modifier | modifier le code]

L’Ascension du Seigneur désigne pour les chrétiens le moment où Jésus a été élevé au ciel, après avoir été mis sur la croix. Présent dans le Nouveau Testament, l’Ascension est un thème que l’on trouve dans la mythologie gréco-romaine (Hercule, Romulus) : monter aux cieux, c’est symboliquement rejoindre le domaine divin. Il ne faut pas confondre l’Ascension de Jésus Christ avec l’Assomption de la Vierge Marie.

Les sources néotestamentaires[modifier | modifier le code]

Les sources essentielles du récit de l’ascension de Jésus de Nazareth après l’épisode de la Résurrection se trouvent dans deux textes écrits par le même auteur : l’Évangile selon Luc[2] et les Actes des apôtres[3]. Luc est le seul parmi les évangélistes à raconter cet épisode qui constitue la fin du premier ouvrage et inaugure le second, ce qui a amené des chercheurs à postuler que les deux documents n’en constituaient originellement qu’un seul[4].

L’épisode de l’Ascension dans Luc, après la description du cycle des diverses apparitions pascales du Ressuscité, conclut l’action terrestre de Jésus en même temps qu’il marque « l’apogée de [sa] seigneurie »[4], son entrée dans la sphère céleste et le début de son absence. Cette conclusion est connotée de manière positive, Jésus bénissant ses disciples qui accueillent ce départ dans la joie. La séparation elle-même n’est pas du fait de Jésus : celui-ci est l’objet d’une action faite par Dieu, comme en témoignent les verbes au passif utilisés dans les différents passages lucaniens[5].

Ascension de Jésus, ivoire, aux environs de l’an 400, Musée national de Bavière, ancienne collection Martin von Reider (Munich).
"L'Ascension" par Le Tintoret (XVIe siècle)

Les Actes proposent l’épisode comme le début du « temps du témoignage »[4] : les croyants sont désormais seuls mais « nantis d’une mission »[5] dans l’attente du retour de Jésus. Ainsi, dans les récits lucaniens mettant en scène le Ressuscité, celui-ci n’opère pas de miracles - à la différence du passage johannique[6] - qui sont plutôt le fait de témoins inspirés par le Nom de Jésus[5].

Il est possible que l’auteur de Luc et des Actes s’inspire d’une tradition populaire faisant un parallèle avec les assomptions respectives de Moïse, d’Hénoch ou d’Isaïe, ou encore avec d’autres récits édifiants mettant en scène l’élévation de personnages illustres de la mythologie gréco-romaine, comme Romulus, Hercule ou Médée, voire des apothéoses d’empereurs romains, dans une démarche et un récit qui tendent à historiciser le phénomène d’élévation de Jésus[5].

Marc 16, 19[modifier | modifier le code]

19 : Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu.

Luc 24, 50-53[modifier | modifier le code]

50: Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit.

51 : Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel.

52 : Pour eux, après l’avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie;

53 : et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu.

Actes des Apôtres 1, 8-11[modifier | modifier le code]

8 : Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.

9 : Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.

10 : Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent,

11 : et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel.

Signification théologie[modifier | modifier le code]

Ce quarantième jour marque dans la théologie chrétienne la fin de la présence physique de Jésus sur la Terre, après sa mort et sa résurrection. Mais Jésus n’abandonne pas pour autant les hommes : il leur envoie son Esprit Saint le jour de la Pentecôte, et intercède sans cesse en leur faveur auprès de Dieu le Père (He 9, 25). Dix jours après l’Ascension au ciel de Jésus, lors de la Pentecôte, les Apôtres se rendent compte qu’ils sont l’Église et partent prêcher l’Évangile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quarante jours selon la façon juive antique de compter les jours, trente-neuf selon le décompte contemporain.
  2. Lc 24. 50-53.
  3. Ac 1. 3-12.
  4. a, b et c Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament : son histoire, son écriture, sa théologie, éd. Labor et Fides/Le Monde de la Bible, 2008, p. 127,128, extrait en ligne.
  5. a, b, c et d Daniel Marguerat, L’aube du christianisme, éd. Bayard/Labor et Fides, 2008, p. 425-427.
  6. Jn 21. 4-6.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en cours d'élaboration

  • Jean Chelini, Le calendrier chrétien: cadre de notre identité culturelle. Paris: Picard, 2007.
  • Hélène Bénichon, Fêtes et calendriers. Les rythmes du temps, Paris 1992.
  • Arnaud Join-Lambert, "Quel sens pour les fêtes chrétiennes ?", in : Études n° 4123 (mars 2010) p. 355-364.
  • Robert Le Gall, "Année liturgique et vie spirituelle", in : La Maison Dieu n° 195 (1993) p. 197-210
  • Thomas J. Talley, Les origines de l’année liturgique. Paris, Cerf, 1990 (Liturgie 1).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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