Artillerie médiévale

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L'artillerie médiévale regroupe les armes lourdes employées au Moyen Âge. Suivant les périodes, trois classes principales d'armes se côtoient : les armes à torsion appelées aussi machines à ressort, les armes à balancier et enfin les armes à feu.

Principe général[modifier | modifier le code]

Quel que soit le type de l'arme employée, le but est d'emmagasiner de l'énergie pour ensuite la libérer brutalement. Dans une arme à torsion, c'est la torsion mécanique des pièces qui va assurer le stockage de l'énergie. Dans le cas des machines à balanciers, un contre-poids qui sera élevé stockera de l'énergie potentielle qui sera libérée quand ce dernier redescend. Enfin, dans le cas des armes à feu, l'énergie est libérée par la détente brutale de gaz chauds résultant de la combustion de la poudre à canon, c'est-à-dire une déflagration.

Armes à torsion[modifier | modifier le code]

Baliste

Elles sont connues en Europe depuis l'Antiquité puisqu'elles sont déjà utilisées par les Grecs puis les Romains. Elles fonctionnent sur le principe de l'arc dont elles reprennent la forme générale. Elles sont toutefois de très grandes dimensions, si bien que la force d'un seul homme ne peut suffire à assurer la torsion de la pièce maîtresse. Le couple de torsion est obtenu à l'aide d'une corde attachée aux deux extrémités et tendue par un moyen mécanique tel qu'un treuil. Connues plus généralement sous le nom de catapultes, leur utilisation connaît deux variantes suivant le type de projectile envoyé.

La première envoie des traits qui peuvent être enflammés ou non. C'est le cas des balistes ou scorpions lourds et de leur perfectionnement ultérieur, les arbalètes de tour qui substituent au bois le métal comme matériau subissant la torsion. Elles fonctionnent exactement sur le même principe que l'arc.

La deuxième catégorie envoie des projectiles de type boulets : la corde de l'arc va agir sur un levier terminé par une cuillère dans laquelle sont posés les projectiles à envoyer. C'est la machine que les Romains connaissaient sous le nom d'onagre. Elle est parfois appelée baliste gréco-romaine. Ce système pour envoyer des charges sera abandonné au XIIIe siècle, ses performances étant supplantées par celles des machines à balancier.

Armes à balancier[modifier | modifier le code]

Armes à traction[modifier | modifier le code]

Les premières machines à balancier connues fonctionnaient sans emmagasinement d'énergie. Il est fait état de l'utilisation de telles machines par les chinois plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Le balancier est constitué d'une longue poutre de bois appelée aussi verge à l'extrémité de laquelle est attachée une poche dans laquelle la charge à envoyer est placée. L'autre extrémité était tirée par un groupe d'homme. Le balancier exploitait donc l'effet de levier pour envoyer les charges. Suite à leurs contacts avec les Chinois, les Sarrasins se mirent à employer également ces machines, qui apparurent ensuite, par le biais des croisades, en Europe vers le XIe siècle. Elles étaient alors connues sous le nom de pierrières. Cette machine subira certains perfectionnements, tout d'abord l'ajout d'un contrepoids placé sur la verge qui aide à accélérer le mouvement de traction opéré sur la verge. Elle est alors appelée bricole.

Armes à contre-poids[modifier | modifier le code]

Tir réel d'un couillard (appelé aussi biffa) au Château de Calmont d'Olt, Aveyron

Par la suite, les dimensions de la machine grandissent et la masse du contre-poids augmente. La traction de l'homme n'est plus nécessaire pour lancer le projectile. Elle sera utilisée pour élever le contre-poids avant l'utilisation de l'engin de guerre. Lorsque le contre-poids est relâché, le projectile est éjecté par effet de levier. Ces machines suivirent une évolution parallèle chez les sarrasins et les européens. Ce sont les machines appelées mangonneaux qui apparurent au début du XIIe siècle. On lui adjoindra également plus tard des treuils appelés roues à carrier dans lequel prenaient place un ou plusieurs hommes pour lever le contrepoids appelé aussi huche.

Ces machines grandirent encore et les vibrations occasionnées par le contre-poids placé sur le balancier commencèrent à affecter la précision des tirs de la machines, voire compromettre la stabilité de l'engin de guerre lui-même. La parade trouvée par les engingneurs de l'époque fut d'articuler le contre-poids par rapport à la verge. La machine est alors appelée trébuchet. Elle sera utilisée du XIIe au XVIe siècle comme arme de siège visant à détruire les ouvrages de défense. Ces engins peuvent alors tirer des boulets pesant jusqu'à 140 kilogrammes à une distance d'un peu plus de 200 mètres.

Toutefois la lente cadence de tir du trébuchet (environ un coup à la demi-heure) et la main d'œuvre nécessaire à son fonctionnement (il fallait pas moins d'une soixantaine de servants toute professions confondues pour la faire fonctionner) empêchait de l'employer dans certaines situations. Des modèles plus petits et compacts furent développés telles que le couillard appelé aussi biffa. Ce dernier divise le contre-poids en deux. Ces derniers sont situés de part et d'autre de la verge, ce qui lui valut son nom. Apparu au XIVe siècle, une équipe de 4 à 8 hommes est nécessaire pour assurer son fonctionnement. Il pouvait tirer une dizaine de coups à l'heure et envoyer des boulets de 80 kilogrammes à 180 mètres. À partir du XVIe siècle ces machines à contre-poids tombent dans l'oubli, remplacées par les armes à feu.

Pour synthétiser l'ensemble des renseignements sur ces engins de guerre, voici un tableau qui compare les caractéristiques de chacune de ces armes à contre-poids :

Engin Période Portée Poids du boulet Cadence de tir Servants Usage privilégié
Pierrière  ? - XVe siècle 40 à 80 mètres 3 à 12 kilogrammes 1 tir par minute (rapide) 8 à 16 Défensif
Bricole XIIe ‑ XVe siècle jusqu'à 80 mètres 10 à 30 kilogrammes 1 tir par minute (rapide) 20 Défensif
Mangonneau XIIe ‑ XVe siècle 160 mètres jusqu'à 100 kilogrammes 2 tirs par heure (faible) 12 + artisans Offensif
Trébuchet XIIe ‑ XVIe siècle jusqu'à 220 mètres jusqu'à 140 kilogrammes 1 à 2 tirs par heure (faible) 60 à 100 Offensif
Couillard XIVe ‑ XVIe siècle jusqu'à 180 mètres 30 à 80 kilogrammes jusqu'à 10 tirs par heure 4 à 8 + artisans Polyvalent

Armes à feu[modifier | modifier le code]

Ces armes sont basées sur l'explosion de la poudre à canon qui suivit le même chemin que les armes à balanciers : de la Chine à l'Europe en passant par le Proche-Orient. Les premières bouche à feu ou bombardes apparurent au début du XIVe siècle en Europe. Leur présence est notamment attestée à la bataille de Crécy en 1346. Paradoxalement, les armes à contre-poids et les armes à feu cohabiteront pendant un peu plus de deux siècles. En effet, la poudre à canon était chère à acquérir et les premières bouches à feu étaient dangereuses pour les personnes se situant autour. La maîtrise graduelle et le développement continu de ces armes leur permettront d'affirmer leur supériorité par rapport aux autres engins d'artillerie connus. Vers le XVIe siècle, leur utilisation est généralisée. Les développements ultérieurs de ces armes donnent l'artillerie sol-sol telle que nous la connaissons actuellement.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]