Monologue

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Un monologue (du grec mono : "un seul", et logos : "discours") est une ou plusieurs phrases auto-adressées à haute voix, rapportant les pensées du locuteur au style direct. Le monologue n'appartient qu'au monde de l'écriture fictionnelle, ce qui le différencie, par exemple, du fragment de pensée oralisé, brève injonction que l’on s’adresse à soi-même (Allez, courage !). Il faut aussi distinguer le véritable monologue non seulement, cela va de soi, du roman autobiographique à la première personne, qui suppose un décalage de temps, même minime ("Aujourd'hui maman est morte") entre la narration et le narré, mais aussi d'une forme d'écriture fictionnelle moderne, la représentation du flux intérieur sous la forme je ou tu[1].

Description[modifier | modifier le code]

Bien que le prototype du monologue soit devenu pour nous le monologue théâtral, ce n'est pas dans le théâtre qu'est né le monologue, mais dans le roman [2],[3] . De fait, ses "inventeurs", sont les premiers auteurs de "romans" des XIIe et XIIIe siècles qui, placés devant la nécessité de décrire des processus psychologiques complexes, ont donné vie à ces grandes délibérations muettes et ont élaboré tant bien que mal ce genre de discours rapporté en utilisant les "ficelles" du dialogue rapporté au style direct, type de discours plus facilement observable et procédé littéraire ayant déjà fait ses preuves. En effet, le roman (mise en langue romane de textes anciens, et genre qui en résulte), dont l'apparition est légèrement antérieure à celle du théâtre, donne très vite aux sentiments amoureux un rôle essentiel dans l'action, et a donc très vite besoin d'inventer un procédé d'exposition des pensées : c'est dès le second "roman" en langue vernaculaire, Enéas (milieu du XIIe siècle), qu'apparaissent les premiers vrais grands monologues lyriques ou délibératifs.

Au théâtre, un monologue est la plupart du temps une courte pièce satirique. Ces courtes pièces forment, par leur ensemble une sorte de revue satirique des divers états de la société. Le ton en est spirituel, et il est essentiellement comique ; le personnage qui parle étale ses travers ou ses mésaventures ; il fait rire de lui. Ce type de monologue est fréquemment utilisé par les chansonniers. Selon le Dictionnaire de la langue du théâtre d'Agnès Pierron, un monologue est généralement : " un moment d'une pièce de théâtre où l'acteur parle tout seul. Ce procédé s'oppose traditionnellement au dialogue. Lorsqu'un dramaturge compose une pièce de théâtre entière à un seul personnage, ce monologue est plus rarement comique. Il s'agit alors plutôt d'une introspection, ou d'une analyse des sentiments humains.

Il peut y avoir également des scènes de monologue au sein d'une pièce dialoguée, ainsi que des actes. S'il ne s'agit, à l'intérieur d'une scène, que d'une ou de quelques phrases qu'un personnage se dit à lui-même ou au spectateur, on désigne ce monologue du terme aparté.

Principaux monologues[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agnès Pierron, Dictionnaire de la langue du théâtre, Le Robert, collection les usuels, Paris, 2003. (ISBN 2-85036-689-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Perret "Le paradoxe du monologue", Théléme, Revista Complutense de Estudions Franceses, numero extraordinario, 2003, Complutense Madrid U.P. 2003, p.137-159
  2. Aimé Petit, Naissances du roman. Les techniques littéraires dans les romans antiques du XIIème siècle (2 volumes, Champion-Slatkine, 1985
  3. Michèle Perret :"Aux origines du roman : le monologue", "Le discours rapporté dans tous ses états", J-M Lopez-Munos, S. Marnette, L. Rosier éds., Paris, L'Harmattan, 2004, pp.214-221
  4. http://www.lettres.org/files/soliloque.html