Jean-Michel Boucheron (homme politique, 1946)

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Jean-Michel Boucheron
Fonctions
Député de la Charente
19781993
Maire d'Angoulême
19771989
Biographie
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Angoulême (Charente)
Nationalité Française

Jean-Michel Boucheron, né le à Angoulême, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est instituteur et également franc-maçon à la loge Les Hommes libres du Grand Orient de France[N 1],[1], la même loge qui a initié Omar Bongo, le président de la République du Gabon[2].

Il sera maire d'Angoulême pour deux mandats consécutifs de 1977 à 1989 sous l'étiquette du PS. La ville lui doit la réouverture du Circuit des remparts, interrompu dans les années 1950, la restauration du Vieil-Angoulême et l'accomplissement de travaux commencés sous la municipalité d'avant 1977[N 2].

En 1989, défait aux élections municipales, le député-maire laisse un trou de 164 millions de francs dans les finances de la ville et une dette de 1,2 milliard de francs (184 millions d'euros) avec des emprunts parfois à 20 % d'intérêts[3] et des pratiques de financements illégaux[4]. Ce déficit a obéré les finances de la ville qui devint pour longtemps une des villes les plus endettées de France.

Jean-Michel Boucheron fuit en Argentine en février 1992 avec sa maîtresse et ouvre un restaurant à Buenos Aires « Chez Agnès ».

Le 3 décembre 1992, l'Assemblée nationale vote à l'unanimité la levée de son immunité parlementaire. Il est alors sous le coup d'une inculpation de complicité de faux, recel d'abus de biens sociaux et ingérence.

Il est extradé en 1997 et jugé par la 11e chambre du Tribunal correctionnel de Paris qui confirme la peine de quatre ans de prison mais lui accorde le sursis pour deux ans.

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Il est maire d'Angoulême de 1977 à 1989.

Il est élu député le 19 mars 1978, dans la 1re circonscription de la Charente et sera réélu en 1981, 1986 et 1988. Il sera donc député du :

  • 19 mars 1978 au 22 mars 1981
  • 14 juin 1981 au 1er avril 1986
  • 16 mars 1986 au 14 mai 1988
  • 5 juin 1988 au 1er avril 1993

Il est nommé secrétaire d’État chargé des collectivités locales en mai 1988.

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

En 1989, la Chambre régionale des comptes constate un trou de 164 millions de francs dans les finances de la ville et accuse l’ancien maire de faux en écriture publique. Georges Chavanes, successeur de Jean-Michel Boucheron à la mairie d'Angoulême, au vu de l'audit de la chambre régionale des comptes, engage des poursuites judiciaires. L'ancien maire est inculpé le 22 février 1991 par Guy Joly, président de la 3ème section de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris, pour complicité de faux en écriture de commerce et usage, recel d’abus de biens sociaux et ingérence[5]. En décembre 1993, son immunité parlementaire est levée.

Le 8 juillet 1994, alors qu'il s'est enfui en Argentine où il a ouvert un restaurant, Jean-Michel Boucheron est condamné par défaut pour, trafic d'influence, faux et usage de faux, à quatre ans de prison ferme, cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille, et à 1 million de francs d’amende[6].

Extradé le 25 mars 1997 il est jugé en juin 1997 pour « complicité de faux en écriture de commerce et complicité d’usage de ces faux, recel d’abus de biens sociaux et d’usage de faux, trafic d’influence et ingérence ». Il avait déjà été établi lors du premier procès une entente avec la CGE pour le marché de l'eau contre une rémunération indirecte. Il lui est aussi reproché un système de fausses factures, des salaires reçus sans aucune justification et le détournement de 746 000 francs aux dépens de la ville d’Angoulême.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Située 11 place Jean-Faure à Angoulême.
  2. Suite du contrat Angoulême ville pilote signé en 1972 avec la DATAR.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'Express, « Les réseaux qui comptent: Les francs-maçons en toute discrétion »,‎ (consulté le 22 août 2013)
  2. L'Express, « Omar Bongo: le frère charento-africain »,‎ (consulté le 22 août 2013)
  3. « Emprunts toxiques », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  4. « Boucheron le flambeur », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. L'Humanité, 25 mars 1991 [1]
  6. L'Humanité, 3 juin 1997 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]