Pronom

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En grammaire française, le pronom est un mot-outil variable dont le rôle principal est de se substituer à un élément quelconque, linguistique ou non. Le pronom est donc avant tout un représentant.

  • Étymologiquement, pronom signifie mis pour le nom (le préfixe pro- a le sens de à la place de).
Nous avons vu quelque chose de vraiment intéressant.
Le syntagme pronominal « quelque chose de vraiment intéressant » a pour noyau le pronom indéfini « quelque chose ».
  • Certains pronoms ont des correspondants dans la catégorie des déterminants. La différence entre un pronom et le déterminant correspondant, est que le déterminant est toujours suivi du nom noyau avec lequel il forme un syntagme, tandis que le pronom est employé tout seul, remplaçant à la fois le déterminant et le nom :
Les vacances sont terminées. Je voudrais pouvoir les recommencer.
Le syntagme « Les vacances », constitué d'un nom noyau (« vacances ») actualisé par un déterminant (l'article défini « les »), est l'antécédent du pronom personnel « les ».


Sommaire

[modifier] Pronom, représentant textuel

Lorsque le pronom est un représentant textuel, il est mis à la place d'un terme se trouvant dans le texte, employé ou cité, soit avant le pronom (fonction d'anaphore), soit plus rarement, après (fonction de cataphore). L'anaphore et la cataphore sont des endophores (du grec endon, « en dedans », ici en dedans de la phrase).

  • Les pronoms personnels de la troisième personne sont le plus souvent des représentants textuels.
  • Le représenté de l'anaphore est généralement appelé antécédent, tandis que celui de la cataphore est généralement appelé conséquent :
Paul sonna à la porte. Il m'apportait des fleurs. Elles étaient très belles.
Le pronom personnel « Il » (anaphore) a pour antécédent le nom « Paul » ; le pronom personnel « elles » (anaphore) a pour antécédent le syntagme « des fleurs ».
Elles étaient très belles, les fleurs qu'il vous a offertes.
Le pronom personnel « Elles » (cataphore) a pour conséquent le syntagme « les fleurs qu'il vous a offertes ».
  • Qu'il s'agisse d'un antécédent ou d'un conséquent, le représenté peut être : un nom (c'est le cas le plus fréquent, correspondant à l'étymologie même du mot pronom), un autre pronom, un adjectif, un verbe ou toute une phrase :
Que sa femme était très malade, il ne l'a jamais ignoré.
Le pronom « l'  » a pour antécédent la proposition « Que sa femme était très malade ».

[modifier] Pronom, représentant référentiel

  • Lorsque le pronom est un représentant référentiel, il désigne, non plus un segment du texte, mais un élément non encore désigné par un nom, et cependant susceptible de l'être, en d'autres termes, un référent. Au fond, le rôle du pronom référentiel consiste à faire du référent l'équivalent d'un nom (voilà pourquoi certains grammairiens parlent de nominal pour désigner ce type de représentant).
Je te parle. Rien ne vaut la vie. Tout m'intéresse. Qui dort dîne. Comment ça va ?
Tous les pronoms soulignés sont des référentiels parce qu'aucun d'eux ne possède d'antécédent. Le pronom « je » a pour référent le locuteur, le pronom « te », le destinataire, etc.

[modifier] Cinétisme du pronom

[modifier] Cinétisme de négativation des pronoms animés

Le cinétisme guillaumien ici décrit par Olivier Soutet[1], à propos de la négativation des pronoms, concerne les pronoms directement référentiels, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas endophoriques.

Cinétisme de la négation pronominale.png

Précisons que qui (distr.) est le pronom distributif qui dans Chacun avait apporté un cadeau, qui des fleurs, qui des chocolats, qui des marrons glacés.

Quant à la personne 1 (saisie précoce), il s'agit du forclusif de la négation (ne... personne et personne... ne). On pourrait dire que dans l'ordre ne laisse entrer personne !, le pronom réfère à des personnes très virtuelles mais dont l'existence reste possible. La « négativation de l'individu » (Olivier Soutet) n'est totale qu'avec la personne 2 : Personne dans les rues, personne aux portes de la ville[2].

[modifier] Cinétisme de négativation des pronoms inanimés

[modifier] Autre cinétisme

[modifier] Fonction du pronom

Que le représenté soit de nature linguistique ou extralinguistique, en d'autres termes, qu'il soit antécédent, conséquent ou référent, cet élément a virtuellement une valeur de nom, de sorte que le pronom qui le représente (ou le nominalise), va nécessairement hériter de toutes les fonctions habituelles de cette catégorie.

  • Mais si les fonctions du pronom sont bien les mêmes que celles du nom, son emploi et sa syntaxe en revanche, n'obéissent pas aux mêmes règles.

[modifier] Différentes catégories de pronom

Il existe huit sous-catégories de pronoms.

Le pronom interrogatif est une variété d'outil interrogatif. Il s'agit principalement des pronoms « quel » (ainsi que ses flexions « quelle, quels, quelles »), « lequel » (ainsi que ses flexions « laquelle, auquel, duquel... »), « qui, que, quoi » et «  » :
Quelle est cette fleur ? De toutes ces fleurs, laquelle préfères-tu ? sont les fleurs ?
  • On remarquera qu'il n'existe ni pronom exclamatif, ni pronom numéral. Cependant, dans certains emplois, l'adjectif numéral — cardinal ou ordinal — peut avoir valeur de pronom numéral, mais sa forme reste celle de l'adjectif numéral :
J'ai acheté des pommes. Les deux que j'ai mangées étaient excellentes.
On peut considérer que l'adjectif numéral cardinal « deux » a ici la valeur d'un pronom numéral, représentant anaphorique du nom « pommes ».
Il y avait là quatre arbres. J'étais sous le deuxième.
De la même façon, l'adjectif numéral ordinal « deuxième » a ici la valeur d'un pronom numéral, représentant anaphorique du nom « arbre ».

[modifier] Articles connexes

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Voir « pronom » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Références

  1. Olivier Soutet, La syntaxe du français, PUF, 1989, ISBN 2 13 045687 1
  2. Chateaubriand dans Grevisse, 1969, p.517, cité par Olivier Soutet.
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