Pronom

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En grammaire française, le pronom est un mot-outil variable dont le rôle principal est de se substituer à un élément quelconque, linguistique ou non. Le pronom est donc avant tout un représentant.

  • Étymologiquement, pronom signifie mis pour le nom (le préfixe pro- a le sens de à la place de).
Nous avons vu quelque chose de vraiment intéressant.
Le syntagme pronominal « quelque chose de vraiment intéressant » a pour noyau le pronom indéfini « quelque chose ».
  • Certains pronoms ont des correspondants dans la catégorie des déterminants. La différence entre un pronom et le déterminant correspondant, est que le déterminant est toujours suivi du nom noyau avec lequel il forme un syntagme, tandis que le pronom est employé tout seul, remplaçant à la fois le déterminant et le nom :
Les vacances sont terminées. Je voudrais pouvoir les recommencer.
Le syntagme « Les vacances », constitué d'un nom noyau (« vacances ») actualisé par un déterminant (l'article défini « les »), est l'antécédent du pronom personnel « les ».


Pronom, représentant référentiel[modifier | modifier le code]

  • Lorsque le pronom est un représentant référentiel, il désigne, non plus un segment du texte, mais un élément non encore désigné par un nom, et cependant susceptible de l'être, en d'autres termes, un référent. Au fond, le rôle du pronom référentiel consiste à faire du référent l'équivalent d'un nom (voilà pourquoi certains grammairiens parlent de nominal pour désigner ce type de représentant).
Je te parle. Rien« te », le destinataire, etc.

Cinétisme du pronom[modifier | modifier le code]

Cinétisme de négativation des pronoms animés[modifier | modifier le code]

Le cinétisme de guillaumien ici décrit par Olivier Soutet[1], à propos de la négativation des pronoms, concerne les pronoms directement référentiels, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas endophoriques.

Cinétisme de la négation pronominale.png

Précisons que qui (distr.) est le pronom distributif qui dans Chacun avait apporté un cadeau, qui des fleurs, qui des chocolats, qui des marrons glacés.

Quant à la personne 1 (saisie précoce), il s'agit du forclusif de la négation (ne... personne et personne... ne). On pourrait dire que dans l'ordre ne laisse entrer personne !, le pronom réfère à des personnes très virtuelles mais dont l'existence reste possible. La « négativation de l'individu » (Olivier Soutet) n'est totale qu'avec la personne 2 : Personne dans les rues, personne aux portes de la ville[2].

Cinétisme de négativation des pronoms inanimés[modifier | modifier le code]

Autre cinétisme[modifier | modifier le code]

Fonction du pronom[modifier | modifier le code]

Que le pronom représenté soit de nature linguistique ou extralinguistique, en d'autres termes, qu'il soit antécédent, conséquent ou référent, cet élément a virtuellement une valeur de nom, de sorte que le pronom qui le représente (ou le nominalise), va nécessairement hériter de toutes les fonctions habituelles de cette catégorie.

  • Mais si les fonctions du pronom sont bien les mêmes que celles du nom, son emploi et sa syntaxe en revanche, n'obéissent pas aux mêmes règles.

Différentes catégories de pronom[modifier | modifier le code]

On peut distinguer neuf sous-catégories de pronoms.

Le pronom interrogatif est une variété d'outil interrogatif. Il s'agit principalement des pronoms « quel » (ainsi que ses flexions « quelle, quels, quelles »), « lequel » (ainsi que ses flexions « laquelle, auquel, duquel... »), « qui, que, quoi » et «  » :
Quelle est cette fleur ? De toutes ces fleurs, laquelle préfères-tu ? sont les fleurs ?
  • On remarquera qu'il n'existe ni pronom exclamatif, ni pronom numéral. Cependant, dans certains emplois, l'adjectif numéral — cardinal ou ordinal — peut avoir valeur de pronom numéral, mais sa forme reste celle de l'adjectif numéral :
J'ai acheté des pommes. Les deux que j'ai mangées étaient excellentes.
On peut considérer que l'adjectif numéral cardinal « deux » a ici la valeur d'un pronom numéral, représentant anaphorique du nom « pommes ».
Il y avait là quatre arbres. J'étais sous le deuxième.
De la même façon, l'adjectif numéral ordinal « deuxième » a ici la valeur d'un pronom numéral, représentant anaphorique du nom « arbre ».

À la frontière entre pronom et adverbe[modifier | modifier le code]

En français, certains mots sont parfois définis comme des pronoms adverbiaux. C'est le cas de y et en, anciens adverbes de lieu (dérivés respectivement du latin ibi et inde). Ils ont évolué pour devenir des formes synthétiques, amalgamant une préposition (à, dans, sur / de) et la forme complément du pronom de la 3e personne[3].

  • Ex : Mais Géneval, qui a peu de ressources, n'est pas sur le chemin des vagabonds. On n’y en voit guère[4]. (y = à Géneval, en = des vagabonds ; dans cette phrase, le sujet est en outre le pronom indéfini on).

D'autres (adverbes de quantité) peuvent être employés comme adverbes à valeur de pronom indéfini :

  • Ex : Il m'a dit : « Ce tableau vaut tant » (tant = une certaine somme d'argent).
  • Ex : Il a donné beaucoup (beaucoup pouvant renvoyer à du temps, de l'argent, du travail, des informations, etc.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Soutet, La syntaxe du français, PUF, 1989, ISBN 2 13 045687 1
  2. Chateaubriand dans Grevisse, 1969, p.517, cité par Olivier Soutet.
  3. Riegel, Pellat et Rioul, Grammaire méthodique du français, Quadrige / PUF, 1994 (ISBN 978-2-13-053959-9)
  4. Henri Bosco, Un rameau de la nuit, Gallimard / Folio, 2002, p.319 (ISBN 2-07-042176-7)