Délibération

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La délibération est une confrontation de points de vue visant à trancher un problème ou un choix difficile par l'adoption d'un jugement ou d'une décision réfléchie. Elle peut être effectuée par un individu seul, mais aussi par un groupe d'individus ou une collectivité. Elle débouche en général sur une décision ou un choix, mais peut aussi rester aporétique.

Sommaire

Approche philosophique[modifier]

Le premier philosophe à discuter la délibération[1] y fait intervenir la divinité : Platon, dans l’Épinomis, parle de la délibération et ce qui en dérive[2] qui se soit intéressé à la délibération, puis Aristote parle de boulè, terme utilisé et non plus dérivé dans l’Éthique à Nicomaque[3], où il définit la délibération comme le processus consistant à choisir le moyen le plus adéquat en vue d'une fin à atteindre, analysant également le rôle de l'acrasie[4] , c'est-à-dire la faiblesse ou absence de la volonté) dans le processus de délibération.

La philosophie contemporaine s'est elle aussi penchée sur le problème de la nature de la délibération. Donald Davidson par exemple a relancé le débat en analysant à nouveau frais la nature de la motivation d'une action. C'est principalement la philosophie de l'action qui, parmi les différentes branches de la philosophie, s'intéresse à la nature de la délibération. Le philosophe allemand Jürgen Habermas a apporté une contribution importante aux débats sur la délibération à travers son essai Théorie de l'agir communicationnel (1981).

Approche littéraire[modifier]

En rhétorique et dans les formes de discours, le discours « délibératif » envisage l'avenir, et considère, évalue afin de conduire à une prise de position. Par opposition, le discours « judiciaire », tourné vers le passé, est attaché à la distinction du juste et de l'injuste, et le discours cita|épidictique, considérant le présent, louant ou blâmant, considère le noble et le vil du plaidoyer.

L'argumentation directe[modifier]

L'argumentation directe regarde l'ensemble des textes qui ne relèvent pas de la fiction, et dans lesquels, se déploient, sans médiation, un ou plusieurs points de vue.

L'essai, entendu au sens d'écrit non fonctionnel à visée argumentative, constitue le lieu privilégié où s'épanouit cette forme d'argumentation. Lorsqu'il développe une stratégie d'argumentation directe, le locuteur peut choisir de manifester sa présence grâce à des pronoms personnels, des modalisateurs, des verbes d'opinion, ou de s'effacer.

L'argumentation indirecte[modifier]

L'argumentation indirecte se rencontre dans l'ensemble des récits de fiction renfermant un enseignement pratique et moral. La prise de position de l'auteur se fait alors implicitement par le biais d'un récit allégorique. De plus, le conteur délivre sa pensée de façon souvent lapidaire.

Ce type d'argumentation est souvent employé dans les contes philosophiques, les fables, les paraboles et les utopies. La caractéristique commune des récits où se développe l'argumentation indirecte consiste dans la mise en œuvre de procédés qui visent à susciter l'adhésion du locuteur par l'agrément.

Références[modifier]

  1. en grec ancien βουλε
  2. en grec ancien βεβουλευμένα
  3. Livre III (3)
  4. ἀκρασία en grec ancien

Bibliographie[modifier]

  • Loïc Blondiaux, « La délibération, norme de l'action publique contemporaine ? », dans Ceras - revue Projet no 268, décembre 2001 [lire en ligne].
  • (en) Joshua Cohen, « Deliberation and democratic Legitimacy », dans A. Hamlin et P. Pettit (dir.), The Good Policy, Basil Blackwell, 1989 [lire en ligne].
  • Bernard Manin, « Volonté générale ou délibération. Esquisse d’une théorie générale de la délibération politique », dans Le Débat no 33, 1985 [lire en ligne].

Voir aussi[modifier]