Antoine Marie Chamans de Lavalette

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Antoine Marie Chamans de Lavalette
Lavalette, conseiller d'Etat par Frédéric Christophe d'Houdetot (1778–1859)
Lavalette, conseiller d'Etat par Frédéric Christophe d'Houdetot (1778–1859)
Biographie

Antoine-Marie Chamans, comte de Lavalette[1], né le 14 octobre 1769 à Paris et mort en 1830, est un officier et haut fonctionnaire français.

Il est directeur général des Postes sous le Premier Empire de 1804 à 1814 et pendant les Cent-Jours. Condamné à mort en 1815, il réussit une audacieuse évasion avec la complicité de sa femme. Il est gracié en 1822.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Lavalette est né à Paris le 14 octobre 1769. Son père, limonadier, le destine d’abord à l’état ecclésiastique mais il préfère rentrer dans l’étude d’un procureur, afin de se préparer à la profession d’avocat au collège d'Harcourt.

Après de bonnes études, le jeune Antoine devient secrétaire du bibliothécaire de Louis XVI. Favorable aux idées de la Révolution, il se prononce en faveur de la famille royale lors des journées des 5 et 6 octobre 1789, 20 juin et 10 août 1792 et s’oppose aux mouvements populaires.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il s’engage alors dans l’armée et devient officier d’état-major du général Custine en l’an II (1793), puis aide-de-camp de Baraguey d’Hilliers l’année suivante. Le général Napoléon Bonaparte, après la bataille d'Arcole (1796) en fait son aide-de-camp en remplacement de Muiron, tué lors de la bataille.

Il assiste aux négociations des préliminaires de paix de Leoben (1797) en qualité de secrétaire ; puis, en l’an V, Bonaparte l’envoie à Paris étudier l’esprit public, afin de l’instruire des causes de la lutte qui venait d’éclater entre la majorité des conseils et le Directoire. Le Directoire ayant découvert le but de sa mission, voulut, par des menaces, le déterminer à lui livrer la correspondance de son général ; mais Lavalette préféra la brûler.

Bas-relief de la tombe de Lavalette

Lavalette épouse le 22 avril 1798 (an VI) Émilie de Beauharnais (1781-1855), nièce de Joséphine de Beauharnais. Un mois après, le jeune marié part pour l’Égypte. Lavalette participe ensuite à la prise de Malte, puis est expédié en mission à Corfou, avant de rejoindre le corps expéditionnaire en Égypte.

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

Il revient en France avec Bonaparte peu avant coup d'État du 18 brumaire an VIII (1799). En janvier 1800, il est envoyé en mission diplomatique en Saxe et en Hesse. Enfin, après avoir été successivement administrateur de la caisse d'amortissement, commissaire central (1801), puis directeur général des Postes (19 mars 1804), (an XII) Lavalette est nommé peu après à la section de l’Intérieur du Conseil d’État. Il est également directeur du Cabinet noir, le bureau de la censure.

Il est membre et commandant de la Légion d'honneur, les 4 germinal et 25 prairial an XII, (printemps 1804) il fut élevé en 1808 au rang de comte de l'Empire, et le 30 juin 1811 à celui de Grand officier de la Légion d'honneur.

La Restauration[modifier | modifier le code]

Émilie de Lavalette à la Conciergerie après l’évasion de son mari.
Tombe de Lavalette

Lors de la Première Restauration, Lavalette participe à une conspiration menée par les généraux Drouet d’Erlon, et Lefebvre-Desnouettes.

Le 20 mars 1815, apprenant le débarquement de Napoléon, Lavalette se présente à l’administration des postes et somme le directeur général Ferrand de se retirer. Napoléon s’est montré réservé à l’égard de sa démarche et a refusé de le faire ministre.

Lavalette est arrêté chez lui le 9 juillet 1815 et est traduit devant la Cour d’assises pour conspiration et usurpation de fonctions, il est condamné à mort le 21 novembre 1815[2].

Le 20 décembre, Émilie de Lavalette et sa fille rendent visite à leur mari et père. Lavalette parvient à tromper la surveillance des gardiens en mettant les habits de sa femme, qui reste dans la cellule, à sa place[3].

Avec l'aide d'Amable de Baudus, Lavalette trouve refuge dans l'appartement de fonction de Bresson chef de la division des fonds et de la comptabilité, au ministère des Affaires étrangères[4].

Il quitte Paris le 8 janvier 1816 avec la complicité de trois officiers anglais : Bruce, Hutchinson et le général Robert Wilson. Il revêt l’uniforme britannique et gagne Mons, en Belgique. Puis Antoine de Lavalette se dirige seul vers la Bavière, pays où il réside plusieurs années, avec la bienveillance d’Eugène de Beauharnais, d’Hortense, ses cousins, et du roi Maximilien.

Gracié en 1822, il rentre à Paris où il retrouve son épouse, Émilie, qui a perdu la raison suite au décès de sa fille et à sa détention. Lavalette, mort sans doute d’un cancer des poumons à Paris le 15 février 1830, vivait depuis son retour dans la plus profonde retraite. Il a laissé des Mémoires.

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur des documents d'époque, il signe aussi Lavallette ou Lavallete
  2. Il montra, pendant la durée des débats, autant de calme que de dignité, réfuta avec noblesse les charges invoquées contre lui par le ministère public, et lorsque le président de la cour prononça l’arrêt de mort, il se tourna vers Tripier, son avocat, et lui dit : « Que voulez-vous, mon ami, c’est un coup de canon qui m’a frappé. ». Puis, en se retirant, il salua les nombreux employés de la poste appelés comme témoins contre lui. Un mois après, les journaux annoncèrent le rejet de son pourvoi en cassation, et le bruit se répandit que le recours en grâce formé par madame de Lavalette avait été repoussé. (Mullié)
  3. Ces femmes furent introduites dans la cellule du condamné, et là, on n’entendit que sanglots et gémissements ; puis ces trois femmes, dont l’une paraissait accablée de douleur, sortirent, traversèrent le greffe, franchirent une grille, puis une autre, accompagnées du concierge. Celui-ci, en rentrant, entendant quelque bruit dans la cellule qu’elles venaient de quitter, y pénètre, et. au lieu d’y trouver celui qu’il devait le lendemain livrer au bourreau, il reconnut Madame de Lavalette : « Ah ! Madame, s’écria-t-il, vous m’avez perdu ! » (Mullié)
  4. Biographie universelle, ancienne et moderne…, Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel, 1843

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Mémoires et souvenirs du comte de Lavallette, t. 1 : 1789-1799, Paris, H. Fournier jeune,‎ 1831, 2e éd. (lire en ligne)
  • Mémoires et souvenirs du comte de Lavallette, t. 2 : 1800-1829, Paris, H. Fournier jeune,‎ 1831, 2e éd. (lire en ligne)
  • Wikisource-logo.svg « Lavallette (Antoine-Marie-Amand, comte de) » dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, Tome 2, Paris, Fayard, 1999, 1000 p.
  • « Antoine Marie Chamans de Lavalette », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]
  • Auguste Imbert et Benjamin Louis Bellet, Biographie des condamnés pour délits politiques : depuis la restauration des Bourbons en France, jusqu'en 1827, Bruxelles, Librairie belge,‎ 1828, 271 p. (lire en ligne), p. 107

Liens externes[modifier | modifier le code]

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