Porfirio Díaz

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Porfirio Díaz
Image illustrative de l'article Porfirio Díaz
Fonctions
Président du Mexique
28 novembre 18766 décembre 1876
Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur José María Iglesias
Successeur Juan Nepomuceno Méndez
17 février 187730 novembre 1880
Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur Juan Nepomuceno Méndez
Successeur Manuel González
1er décembre 188425 mai 1911
Réélection 1er décembre 1888
1er décembre 1892
1er décembre 1896
1er décembre 1900
1er décembre 1904
1er décembre 1910
Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur Manuel González
Successeur Francisco León de la Barra
Biographie
Date de naissance 15 septembre 1830
Lieu de naissance Oaxaca, Mexique
Date de décès 2 juillet 1915 (à 84 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité Mexicain
Parti politique Libéral

José de la Cruz Porfirio Díaz Mori né le 15 septembre 1830[1] à Oaxaca, Mexique et décédé le 2 juillet 1915 à Paris, France. Il fut un politicien et militaire mexicain. Il dirigea le Mexique de 1876 à 1911, ne cédant la présidence du pays, durant cette période, que quelques mois à Juan N. Méndez entre 1876 et 1877, puis quatre années à Manuel González de 1880 à 1884.

Biographie[modifier | modifier le code]

Porfirio Diaz est né dans la ville d'Oaxaca, le fils de José Faustino Díaz, d'ascendance espagnole (créole) et de María Petrona Mori, d'ascendance espagnole et mixtèque[2]. Après avoir étudié les arts et les sciences en 1849, il étudie le droit jusqu’en 1854 mais ne sera pas diplômé[3]. Son professeur fut Benito Juárez. Le général Díaz lutta aux côtés de ce dernier lors de l'intervention française. Il participa notamment à la défense de Puebla par le général Ignacio Zaragoza le 5 mai 1862. Il fut un héros de la guerre contre les Français. Opposé à l’empire, il prend la tête de troupes afin de reprendre la ville de Mexico aux partisans de Maximilien de Habsbourg le 2 avril 1867[4]. Auréolé de ce prestige, il rentre en rébellion contre Benito Juárez le 8 novembre et contre Sebastián Lerdo de Tejada le 10 janvier 1876. Il prend finalement Mexico le 21 novembre.

Réputé pour son intégrité, son courage et son patriotisme, il accède à la présidence le 5 mai 1876. L’année suivante, un amendement à la Constitution de 1857 avait interdit la réélection du président directement après un premier mandat. Cependant, en 1887, un autre amendement autorisait Díaz à avoir un second mandat ; et en 1890, un troisième rendit la réélection indéfinie. Bien que les formes légales aient été respectées, le gouvernement de Díaz fut une dictature. Il est cependant important de souligner les avancées dans l'industrialisation, dans les infrastructures ferroviaires et portuaires, dans les constructions de routes, dans l'ouverture du pays au reste du monde[5]. Il est l'auteur de la phrase: "Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis".

Porfirio Diaz était aussi franc-maçon. Entre 1890 et 1901, il réussit à unifier différentes obédiences, dans certains cas par la force. Il fut le Grand Maître de la loge "La Gran Dieta Simbólica" jusqu'en 1901, date de sa dissolution[6]. Porfirio Díaz au pouvoir depuis une trentaine d'années voulait à nouveau se représenter à l’élection présidentielle de 1910, mais Francisco Madero annonça aussi sa candidature. Díaz fit emprisonner Madero puis le relâcha. Les autorités déclarèrent que Díaz avait gagné les élections haut la main et que Madero n'avait recueilli que quelques centaines de voix à travers tout le pays. De nombreuses personnes estimèrent qu'il y avait eu une fraude flagrante lors les élections et se rebellèrent. Ainsi commença la révolution de 1910 suivie d'une guerre civile mexicaine entre révolutionnaires.

Après la prise de Ciudad Juárez en 1911 par les troupes de Francisco Villa, Díaz, qui voulait éviter à son pays une guerre civile et qui craignait une intervention militaire des États-Unis pour soutenir Madero, partit en exil en direction de l'Espagne.

Il séjourna en Suisse à Interlaken où il suivit une cure et y étudia le système de mobilisation des troupes helvétiques. Il séjourna aussi à Paris. Il se rendit ensuite en Allemagne où il fut reçu avec de grands honneurs militaires par Guillaume II, il visita aussi l'Égypte et séjourna à Rome et à Naples. Il mourut le 2 juillet 1915 à Paris qui était une de ses résidences en France avec Biarritz, il fut enterré au cimetière du Montparnasse. Léon Tolstoi le qualifia de « miracle de la nature[7] ».

La présidence de Porfirio Díaz ou le Porfiriat[modifier | modifier le code]

Les dernières années du gouvernement de Benito Juárez furent très critiquées par les différentes factions au sein des libéraux. À la mort de Juárez, Sebastián Lerdo de Tejada occupa la présidence et inscrivit dans la constitution les réformes promulguées pendant la période 1855-1856. Quand Sebastián Lerdo de Tejada tenta de se faire réélire, les partisans de Porfirio Díaz lancèrent une insurrection et prirent le pouvoir alors même que la loi présidentielle aurait dû désigner José María Iglesias. Díaz devint président du Mexique en 1876, début du régime connu au Mexique sous le nom de Porfiriato et qui allait durer jusqu'en 1910.

Porfirio Díaz.

La présidence de Díaz fut interrompue pendant 4 années sous le gouvernement de Manuel González, son ami et évidemment soumis à son autorité. Pendant cette période les lois de réforme (en particulier la loi Lerdo) servirent de cadre pour favoriser la concentration des terres aux mains d'une minorité de propriétaires terriens. Les paysans étaient contraints à un travail pénible et mal rémunéré dans les haciendas et certains groupes indigènes se montrèrent particulièrement rebelles et imperméables à la modernité, à la spoliation de leurs terres et aux changements, comme les yaquis qui avaient auparavant fait cause commune avec l'empire de Maximilien, ignorant tout de l'existence d'une nation mexicaine[8] ou les mayas dont les meneurs les plus actifs furent contraints aux travaux forcés dans des lieux comme Valle Nacional, la Vallée du Río Yaqui ou le Yucatán. Afin de gouverner, Díaz s’était entouré d’une véritable bureaucratie : les Científicos. Ce groupe est formé par les hommes d'affaires et les intellectuels de l'époque, inspiré par Auguste Comte. Le chef de ce groupe est le ministre des Finances, José Yves Limantour. Ceux-ci contrôlent la quasi-totalité de l'économie, des finances et de l'enseignement tandis que Díaz s’occupe des affaires politiques et militaires[9].

Dans la même période, le Mexique s'ouvre à l'extérieur. Les investissements américains et européens sont arrivés; aussi, la diplomatie mexicaine a établi des relations avec des pays asiatiques comme la Chine, le Japon et la Perse.

Au cours du Porfiriato, pour pallier le manque de capitaux mexicains (nombre de capitalistes mexicains qui n'étaient pas propriétaires terriens et qui vivaient à l'étranger sans participer à la vie politique préféraient investir leur argent en Europe ou aux États-Unis) l'investissement étranger fut favorisé. José Yves Limantour, Mexicain d'origine française, fut placé à la tête de ce plan de développement économique. La plus grande partie des investissements furent d'origine américaine, suivi par les Anglais, les Français, les Allemands et les Espagnols (mines, pétrole, chemins de fer, textile, plantations, industrie etc.). Le pays connut une période de grande prospérité et de tranquillité (grâce à l'autoritarisme de son régime), mais les fruits de cette croissance étaient confisqués par une minorité alors que la majeure partie de la population n'en profitait pas. Lors du fameux entretien Díaz— Creelman, le Président estima que le Mexique était prêt pour la démocratie. Ses opposants feignirent de le croire et se présentèrent aux élections de 1910. Ces élections furent gagnées par Francisco Madero. Díaz ne reconnut pas le résultat des élections ce qui marqua le début de la Révolution mexicaine.

Divers[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs municipalités portant son nom, ainsi que des rues, écoles, etc. :

Tlacotepec de Porfirio Diaz, État de Puebla, env. 1 600 habitants en 2006.

Miahuatlán de Porfirio Diaz, État d'Oaxaca, env. 33 000 habitants en 2005.

Encarnación de Diaz, État de Jalisco env. 48 000 habitants en 2005.

Une grande artère de la ville d'Oaxaca porte son nom. (Calzada Porfirio Diaz)

En France il existe une Avenue Porfirio Diaz dans la petite ville de Barcelonnette (Alpes de Haute Provence).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le livre numéro 77 de la paroisse de la ville d'Oaxaca. Selon certains historiens, Diaz serait né en 1828 et il aurait falsifié sa date de naissance pour la faire coïncider avec le début du mouvement indépendantiste. Porfirio Diaz y su tiempo - page 9 - Fernando Orozco Linares - Panorama Editorial - México juin 1986
  2. Memorias de Porfirio Diaz - page 14 - Madrid - mars 1980
  3. Encyclopedia of Mexico, éd. WERNER S. Michael, Dearborn, Chicago, 1997, p. 406-407.
  4. PLANA M., Pancho Villa et la révolution mexicaine, trad. de GAUDENZI B., Casterman, s.l., 1993, p. 22.
  5. HUMBERT M., Le Mexique, Que sais-je, PUF, Paris, 1976, p. 99.
  6. José Luis Trueta Lara - Masones en México - edit. Grijalbo - Mexico - 2007
  7. Ignacio Solares - Nexos en línea - Porfirio Díaz y Madero en caliente - =1.09.2009 - México
  8. Fernando Orozco Linares - Porfirio Díaz y su tiempo - page 136 - panorama editorial - juin 1986 - Mexico
  9. NUNES A., Les révolutions du Mexique, Flammarion, Paris, 1975; réédition augmentée, Ab irato, 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,‎ 1985
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura,‎ 1988, 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Francisco Bulnes, La guerra de Independencia, México, Distrito Federal, 1910.,‎ 1910
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM,‎ 1843 (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama,‎ 1980, 138 p.
  • Alexander Von Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, Paris,‎ 1811
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana,‎ 1993, 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)
  • (es) Guillermo Prieto, Memorias de mis tiempos, Editorial Pátria,‎ 1828 (réimpr. 1906)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Julio Zárate, México a través de los siglos, vol. III : La guerra de independencia (1808 - 1821), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Juan de Dios Arias, Enrique de Olavarría y Ferrari, México a través de los siglos, vol. IV : México independiente (1821 - 1855), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]