Romagne (Italie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

44° 45′ N 11° 00′ E / 44.75, 11 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Romagne.
Carte géopolitique de la Romagne

La Romagne est une région historique de l'Italie septentrionale, qui avec l'Émilie forme la région de l'Émilie-Romagne dans la zone géographique de la plaine du Pô.

Les limites géographiques[modifier | modifier le code]

Les limites géographiques sont : à l’ouest le fleuve Sillaro, au nord le fleuve Reno, au sud-ouest la chaîne des Apennins tosco-romagnole jusqu’au Mont Maggiore. De là, le confins continue en ligne droite jusqu’à l’éperon de Fiorenzuola di Focara, entre Cattolica et Pesaro. À l’est le confins est représenté par la mer Adriatique.

La Romagne comprend, les provinces de Ravenne, Forlì-Césène, Rimini et une partie de la province de Bologne (circonscription d’Imola). Généralement, on considère faisant partie aussi du territoire romagnol la localité de Badia Prataglia située sur la commune de Poppi et une partie de la commune de Sestino en province d’Arezzo et Firenzuola, Palazzuolo sul Senio et Marradi dans la province de Florence.

Ces provinces faisait partie des 4 Légations qui composaient la Romagne, qui avec les Marches, l'Ombrie, le Lazio et une partie de la Campanie faisaient partie de l'État pontifical selon le découpage du Papa Pie VII en 1816.

Le climat[modifier | modifier le code]

Vents sur la plaine du Pô

La Romagne est intéressée par un climat sub-continental qui varie avec l’altitude et la distance de la côte maritime. Même s’il ne dénote pas trop de celui du reste de Italie septentrionale, le climat de la Romagne présente des caractéristiques dus au rétrécissement progressif de la plaine, atténuant faiblement le caractère continental à l'exposition aux vents dans l’axe SO-NE (vent Atlantique).

La région peut être subdivisée sommairement en cinq secteurs micro-climatiques différents.

La plaine interne 
Plaine qui concerne les gros centres urbains de Imola, Faenza, Forlì, Cesena, est caractérisée par un climat plutôt continental, avec des hivers rigoureux et des étés chauds, avec des mois printaniers globalement plus chauds par rapport aux mois automnaux, des gelées nocturnes et des brouillards fréquents en hiver.
La côte centre-septentrionale  
Zone qui va des confins Nord au territoire de Bellaria-Igea Marina, se caractérise pour un climat continental, caractérisé d'étés plus frais, même si très humides. L'humidité élevée est une constant pendant toutes les saisons de l'année, raison pour laquelle les températures sont moins basses (exception faite pour la côte de Ravenne où la présence de pinèdes réduit l'effet albédo avec réduction de l'influence thermique). Dans les relevés d'hiver et de demi-saison, la Station météorologique de Cervia enregistre souvent des températures minimales parmi les plus basses du pays. Fréquemment, les brouillards d'octobre à mars font de sporadiques apparitions, même pendant les saisons chaudes, surtout dans le secteur de Ravenne.
La côte méridionale  
Zone qui va de Rimini aux confins sud de Cattolica, se différencie du reste de la côte, essentiellement par sa disparition définitive de la plaine du Pô, correspondant au territoire communal de Rimini, facteur qui diminue les caractères continentaux et accentue la ventilation. Cette situation géographique implique, à chaque saison de l'année, une plus faible variation des températures, par absence d'action de refroidissement exercée par la plaine du Pô. Néanmoins, le caractère sub-continental reste présent et apporte des brouillards d'hiver et de fortes chaleurs estivales. À signaler cependant que la fréquente irruption de vents méridionaux, au débouché des secteurs marécageux de l’estuaire du Marecchia, ne rencontrant pas l’obstacle froid de la plaine du Pô, provoquent des phénomènes micro-climatiques, avec des différences de température très accentuées certaines journées d'hiver. Dans la bande pré-montagneuse de Rimini, on peut enregistrer des températures supérieures de dix degrés par rapport à des localités voisines comme Cesenatico.
La basse colline 
Colline caractérisée par une douceur globale du climat, grâce essentiellement à l’absence de l’effet dynamique de refroidissement dû à l'action de la mer et surtout de la plaine. Très fréquent en automne et en hiver, le phénomène des inversion thermique, qui confère aux collines romagnoles un climat, et par conséquent une végétation semblable à celle des zones du versant tyrrhénien à parité de latitude. On remarque que les collines romagnoles sont incluses à l'intérieur de la limite septentrionale de la culture de l'olivier, où les gelées nocturnes sont rares même d'hiver, contrairement à ce qui arrive dans les zones de fond de vallée, souvent sujettes à de considérables incursions diurnes.
Les hautes collines et montagnes  
Collines au-dessus du 600-700 des mètres, où le climat présente des caractères toujours plus voisins du climat montagneux, avec des hivers froids et neigeux et des étés frais. Au-delà des 1 000 mètres on assiste même à une prédominance de l'aire phytoclimatique du hêtre; à signaler par contre l'absence de conifères autochtones même à haute altitude, où le peu de forêts toujours vertes sont à d'attribuer aux politiques ambiantales de l’aire fasciste (les uniques conifères autochtones de la région sont les pins maritimes présents sur les côtes de Ravenne, dont une bonne partie sont incluses dans le Parc Naturel du Delta du Pô).

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire de la Romagne commence avant l'époque romaine :

La Romagne pré-romaine[modifier | modifier le code]

La préhistoire[modifier | modifier le code]

La Romagne fut habitée déjà dans la préhistoire, d’après les nombreuses fouilles archéologiques : le site le plus fameux est situé au Mont Poggiolo, près de Forlì.

Le mont Poggiolo est une colline sur lequel émerge un intéressant château, qui doit encore être restauré. À peu de distance, dans une localité appelée “Casa Belvédère” (Ca' Belvédère), ont été retrouvées, à partir de 1983, des milliers de pièces remontant à environ 800 000 ans en arrière, considérées de grande importance pour l’histoire locale, mais aussi pour l’histoire de l'Italie du Paléolithique.

Des Ombriens aux Celtes[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants de l'actuelle Romagne furent les Ombriens et les Étrusques. Toutefois, environ en 350 av. J.-C. le territoire du peuple qui a donné la première empreinte à la Romagne fut conquis par les Celtes, toutefois ces peuples aurochtones ne disparurent pas totalement. En effet, fort probablement, le grand auteur dramatique de Sarsina (aujourd'hui en province de Forlì) Titus Maccius Plautus était d'origine Ombrienne.

L'époque celte[modifier | modifier le code]

À la vague celtique, les Ombriens et les Étrusques ont résisté militairement autant que possible, pour ensuite succomber à l'armée adverse. Les Étrusques vaincus sur le Tessin, les Boïens et les Senons passèrent l'Eridan (l'ancien nom du ) en chassant les derniers groupes de résistants. Ayant rejoint la côte Adriatique, les Senons réussirent à occuper un vaste territoire qui fut appelé ensuite par les Romains Ager Gallicus, dont les frontières, comme raconte Tite-Live, furent clairement définies : les terres comprises entre le fleuve romagnol Utis (aujourd'hui le Montone) et le fleuve Esino, qui glisse près de l'actuel Jesi (Italie). Ainsi, pendant que Lingons et Boïens s'établirent dans la plaine du Pô (ou Padanie) septentrionale, les Senons peuplèrent la Romagne méridionale en allant jusqu'à la moitié septentrionale de l’actuel région des Marches.

L'installation celtique, au-delà des 2 000 ans, a transmis, entre autres choses, le dialecte romagnol, dérivé du latin mais avec un solide substrat celtique.

L'hégémonie de l’Empire romain[modifier | modifier le code]

La conquête des Romains[modifier | modifier le code]

La présence des Celtes fut vite menacée par la puissance de la République romaine. Un danger dont les Celtes se rendirent compte déjà avant la réalisation de la Via Aemilia qui, commencée en 181 av. J.-C., sera le moyen de pénétration romaine dans les territoires. Malgré tout, devant l'imminent danger les Senons et les Boïens restèrent désunis, probablement pour des différends sur le contrôle des commerces dans le haut Adriatique.

En 390 av. J.-C., pour répondre à l'avancée romaine, les Senons commandés par Brenno occupèrent Rome avec une armée qui comptait dans ses rangs quelques Romagnols de l'époque. Mais c’est Rome qui est prédestinée à la victoire : en effet en 295 av. J.-C. avec la victoire à Sentino fut entamé le déclin des Senons et des Samnites, qui, peu d'années après, furent définitivement écrasés.

Beaucoup de villes de la Romagne ont été fondées sous contrôle des Romains : Faventia (Faenza) Ariminum (Rimini), Forum Livii (Forlì), Forum Cornelii (Imola), Forum Popili (Forlimpopoli), et d’autres encore.

Époque républicaine[modifier | modifier le code]

En 192 av. J.-C., lorsque Publius Cornelius Scipion (dit l’Africain) chassa les Celtes au-delà du , après la bataille de Milan, cela chassa les Gallium au-delà des Alpes et stoppa leur domination après trois siècles d'occupation en Italie et en Romagne.

Malgré la conquête romaine, l'héritage celtique ne fut pas tout à fait éradiqué. L'occupation fut en effet respectueuse des prédécesseurs : Senons et Lingons non compromis avec Hannibal furent autorisés à rester sur les territoires et, semble-t-il, bénéficièrent même de la distribution et de la mise en culture des terres par le système de centuriation romaine.

La rencontre de Lucca en 56 av. J.-C. assigna à Jules César le consulat (établi entre lui et Pompée) de la Gaule en 48 av. J.-C. : mais le Sénat fit marche arrière et intima à Jules César de céder le gouvernement de la Gaule et retirer son armée. César réagit par lui-même et le 12 janvier de l’an 49 av. J.-C. traversa le Rubicon, en ces temps, frontière infranchissable pour un général en armes (aujourd'hui cours d'eau de la province de Forlì-Césène), puis se dirigea vers Rimini et ensuite sur Rome. C'est à cette occasion que Jules César lança la célèbre phase IACTA EST ALEA (le sort en est jeté).

Époque impériale[modifier | modifier le code]

Avec Auguste et l'époque impériale s'accrut l'importance de Ravenne et le port de Classe. L’Italie est alors géographiquement subdivisée en 11 régions. La Romagne est comprise dans la huitième région, dite Gallia Togata Cisalpina (Gaule Togata cisalpine) et a pour frontières les Apennins, le et Rimini.

La répartition du territoire italien changea avec Trajan d'abord et avec Adrien ensuite : l'Italie est alors composée de 18 régions. Dans cette importante division la Gaule Cispadane était séparée en deux régions distinctes, 10e et 11e, appelées respectivement Émilie et Flaminia (Romagne) et ayant Bologne et Ravenne comme capitales, c’est-à-dire la région Émilie-Romagne actuelle.

Les invasions germanique[modifier | modifier le code]

En 402, Alaric Ier, roi des Wisigoths, envahit l'Italie et pilla la Flaminia.

En 410, se produisit le pillage de Rome par Alaric.

Soixante ans après, en 476 : Odoacre, roi des Hérules et des Skires, descendit en Italie, entra victorieux à Ravenne où il déposa Romulus Augustule. À cette date, les historiens ont établi la fin de l'Empire romain d'Occident et le début du Moyen Âge.

La Romagne[modifier | modifier le code]

Pendant que le territoire subordonné aux lombards fut dénommé Langbard, puis Longobardia et ensuite Lombardie, la péninsule devint en contre-position "Romandiola", "Romania" et ensuite "Romagna". Ce furent des siècles décisifs pour la caractérisation culturelle, juridique, folklorique et productive du territoire, mais surtout de la différenciation avec Bologne qui, grâce à l'apport lombard à son Université, absorba fortement la culture des occupants.

Communes et seigneuries[modifier | modifier le code]

En Romagne se développèrent des petites seigneuries qui, protégées à l’arrière par les Apennins et du côté de la mer, par des fleuves et des marécages, purent bénéficier assez longtemps de leur autonomie avec les états développés alentour.

Puis l'action de l’État Pontifical, entamée par César Borgia, mit fin à cette situation et la Romagne partagea pour 350 ans le destin politique du pouvoir temporel des Papes.

En 1500, le duc Valentino, sur mandat du pape Alexandre VI (qui était un Borgia), réalisa le Duché de Romagne en vainquant les diverses seigneuries locales et en calquant substantiellement les frontières de la « Romandiola » d'époque lombarde.

Au XVIe siècle, avec la chute de César Borgia, la majorité des familles romagnoles furent impliquées dans la bataille pour le pouvoir local, une bataille qui empêcha l'unification de la région, lieu de conquête de puissances extérieures comme les Visconti, Venise, la Papauté et la Toscane.

En 1559, le traité du Cateau-Cambrésis divisa les territoires au sud du Pô entre Farnese (ducs de Parme et Piacenza), Estensi (ducs de Ferrare, Modène et Reggio d'Émilie) et l’État pontifical (Romagne). Elle devient une organisation stable, qui restera immuable pour environ trois siècles.

"Risorgimento" et post-"Risorgimento"[modifier | modifier le code]

En 1796, les Français de Napoléon arrivèrent en Romagne. Malgré la présence de quelques faits tragiques (pillage de Lugo, spoliations, lourdes contributions), on peut sans doute affirmer que la descente napoléonienne a amené une quantité de nouveautés. C’est avec Napoléon que le territoire romagnol connut une reconnaissance officielle avec la naissance de la province du Pino (Ravenne) et du Rubicon (Forlì) et Forlì devint la capitale de la Romagne napoléonienne.

Le 19 février 1797, Napoléon intégra la Romagne dans la République cispadane.

En 1800, Bonaparte ferma la glorieuse université de Césène (vieille de cinq siècles) en partie pour ne pas faire concurrence à Bologne et en partie pour contrarier le pape Pie VI, son irréductible adversaire. Lorsqu'en 1815, le Congrès de Vienne rétablit le statu quo avant que les notables liés au régime jacobin ne réagissent. Contre le pouvoir papal rétabli, fleurirent des sociétés secrètes (de forme maçonnique).

En 1816, le pape Pie VII réorganisa les subdivisions administratives de l'État pontifical et partagea le territoire de Ravenne en 3 Légations: Ferrare, Ravenne et Forlì en incluant dans ce dernier les communes de la Romagne toscane en litige avec le Grand-duché de Toscane.

Avec le temps, l'opposition fut revigorée par la propagande de Giuseppe Mazzini et l'action de Giuseppe Garibaldi, qui trouvèrent en Romagne un terrain favorable à leur action. La franc-maçonnerie romagnole s'employa dans le "risorgimento" surtout du côté républicain, malgré la pression des « maçons à blason » Maison de Savoie.

Mais les Romagnols payèrent un prix fort pour leurs actions : après la constitution du Royaume d'Italie, la monarchie refusa la réalisation d'une quelconque institution autonome romagnole, craignant de dangereuses tendances déstabilisantes.

En 1864, l'hypothèse souhaitée par Vincenzo Gioberti et Carlo Cattaneo d'organiser le Règne d'Italie en termes fédéraux fut abandonnée et les décisions s’engagèrent vers un État centralisé de forme napoléonienne.

Italie républicaine[modifier | modifier le code]

Le discours sur les régions revint à l'ordre du jour après le 2 juin 1946, en entrant dans les travaux de l'Assemblée Constituante.

La demande fut présentée à partir de Molise, Salento, Émilie (ex-duché de Parme). Si la préjudiciel antimonarchiste avait disparu, l'urgence d'établir les régions dans le plus bref temps possible laissa tout inchangé, exception faite pour un espoir de démocratie : il fut concédé de renvoyer à des temps meilleurs la question. Comme le dira Palmiro Togliatti : « Nous voulons les Régions dans le plus bref délai possible. Sans poser des obstacles qui nous empêcheraient d'arriver à ce résultat, laissons ouverte une possibilité automatique de corrections. Il existe un article qu'il le prévoit : nous appliquons cet article. Celle-ci est la juste ligne démocratique.' »

Traditions[modifier | modifier le code]

La cheville[modifier | modifier le code]

La Cheville est un des motifs décoratifs utilisés dans l’impression des tissus, typique de la tradition romagnole.

La Cheville (Caveja en romagnol) est considérée comme le symbole par excellence de la Romagne ; ce mot Caveja en romagnol provient de la tradition paysan, et représente une tige d’acier soudée à une emblème (petit panneau) décoré avec des "anneaux musicaux" et images symboliques. Le symbole le plus diffus, inséré entre des éléments décorés étaient ceux du coq, de la demi-lune, du soleil, de l’aigle et de quelques symboles chrétiens, entre lesquels la Croix et la Colombe.

La Cheville servait à bloquer le joug du bœuf au timon de la charrue ou du chariot, pour éviter que le timon glisse en cas de ralentissement brusque.

La gastronomie[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques de la cuisine romagnole sont éminemment paysannes ; l'apport de la culture marinière est d’une grande influence. Ils sont d’une grande valeur gastronomique. L’emploi de produits naturels, produits du terroir et une main-d’œuvre, le plus souvent familiale, font de cette cuisine une des meilleures d’Italie.

La tradition des pâtes fraîches, faites à « la main » et servies aussitôt, accompagnées des diverses sauces et viandes rôties, est importante.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]