Charles II de Brunswick

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Charles II de Brunswick.

Charles II (30 octobre 1804, Brunswick – 18 août 1873, Genève) est duc de Brunswick de 1815 à 1830.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné de Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel (1771-1815) et de Marie de Bade (1782-1808), Charles hérite du duché de Brunswick à la mort de son père en 1815. Du fait de sa minorité, la régence est confiée au prince de Galles Georges, également régent du Royaume-Uni et prince de Hanovre.

À ses 18 ans, Charles prétend régner par lui-même, mais le régent affirme que la majorité légale est fixée à 21 ans. Un compromis est atteint et le règne personnel de Charles débute le 30 octobre 1823, jour de ses dix-neuf ans.

En 1827, Charles entend déclarer invalides certaines lois édictées durant sa minorité. Un conflit en résulte avec le Hanovre. La Confédération germanique doit intervenir et Charles est forcé de reconnaître les lois controversées.

Lors des Trois Glorieuses, Charles II de Brunswick se trouve à Paris. Il s'empresse de rentrer dans ses États et déclare qu'il écrasera dans le sang toute tentative d'insurrection. Le 6 septembre, alors qu'il rentre du théâtre, il est attaqué à coups de pierres et, le lendemain, la population se soulève et prend d'assaut le palais royal. Le duc parvient à s'enfuir, mais le palais est complètement détruit.

Le 10 septembre, le frère cadet du duc, Guillaume, arrive à Brunswick et reçoit un bon accueil de la population. Il se proclame d'abord lieutenant-général, et après une année, la Diète germanique le reconnaît duc de plein droit, déclarant Charles II incapable de régner. L'ancien duc tente à plusieurs reprises de déposer son frère, par la diplomatie ou par la force, mais toutes ses tentatives se révèlent infructueuses, les puissances européennes refusant de les seconder.

Charles II se réfugie alors à Paris. Paranoïaque, habité par le délire de la persécution, il fait blinder sa chambre à coucher et dote son palais parisien du boulevard Beaujon de passages secrets.

Linguiste distingué, cavalier émérite, c'est également un grand amateur de musique. Investisseur avisé, il amasse une immense fortune. Le 21 octobre 1858, il dispute et perd la célèbre partie de l'opéra contre le champion d'échecs américain Paul Morphy dans sa loge à l'Opéra de Paris pendant une représentation de Norma aux Italiens avec Rosina Penco dans le rôle titre, L. Graziani en Pollione et la Cambardi en Adalgisa[1]. Certains commentateurs suggèrent qu'il s'agit plutôt du Barbier de Séville.

Le Monument[modifier | modifier le code]

Au moment de la guerre de 1870, Charles passe en Suisse et finit sa vie à Genève où il meurt en 1873. Il lègue à la ville une importante somme d’argent, demandant en contrepartie qu'on lui élève « un mausolée situé en un emplacement éminent et digne, exécuté selon la conception prévue, en recourant aux meilleurs artistes de l’époque, sans considération du prix ». Le mausolée est édifié au bord du lac Léman, entre l’Hôtel Beau-Rivage et l’Hôtel de la Paix. Conformément au souhait du duc, le monument est la représentation exacte d'un des tombeaux des Scaligeri à Vérone, en Italie.

Postérité[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Otto Böse, Karl II., Herzog zu Braunschweig und Lüneburg, Brunswick, 1956
  • Chaltas, Le Duc Charles de Brunswick avant et depuis la Révolution de Brunswick en septembre 1830, Paris, 1832

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. L’Avant-scène, «Bellini Norma», coll. Opéra no. 29, Septembre–Octobre 1980, p. 121.