Administrateur territorial

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En France, les administrateurs territoriaux forment le principal corps de hauts fonctionnaires territoriaux. Créé par le décret du 30 décembre 1987[1], ce cadre d'emplois de catégorie A+ donne accès aux fonctions de direction stratégique des collectivités territoriales et de leurs établissements.

Les administrateurs territoriaux conçoivent et mettent en œuvre les politiques publiques des collectivités de plus de 40 000 habitants au service des élus territoriaux: conseils régionaux, conseils généraux, mairies et intercommunalités (communautés urbaines et communautés d'agglomération essentiellement)[2].

Ils sont formés par l'Institut national des études territoriales (INET).

Le cadre d'emploi comporte trois grades : administrateur, administrateur hors classe et administrateur général [3].

Accès à la fonction[modifier | modifier le code]

L'accès au cadre d'emplois des administrateurs territoriaux s'effectue par 2 voies : le concours et la promotion interne[4]. Le concours est organisé par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Les lauréats du concours d'administrateur territorial sont formés pendant dix-huit mois à l'Institut national des études territoriales (INET), à Strasbourg. Une partie importante de leur formation (33 semaines) est conjointe avec les élèves de l'École nationale d'administration (ENA).

Les élèves administrateurs sont, à la sortie de l'INET, inscrits sur liste d'aptitude. Ils postulent donc librement aux postes ouverts. Aucun classement de sortie n'étant établi, c'est une logique de projet, de profil et de compétences qui préside au choix de leurs parcours.

Carrière[modifier | modifier le code]

Le panel des postes qu'un administrateur territorial peut occuper au cours de sa carrière est extrêmement large:

  • Postes de direction des collectivités territoriales
    • Membre de la direction générale: directeur général des services, directeur général adjoint, chargé de mission auprès d'un directeur général
    • Directeur ou chef de service « ressources » : directeur des finances, directeur des affaires juridiques, directeur des ressources humaines, directeur des systèmes d'information…
    • Directeur ou chef de service « opérationnel » (chargé de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques décidées par les élus): directeur de l'aménagement du territoire, des transports, du développement économique, de la culture, de l'éducation, des affaires sociales et de la solidarité…

C'est la voie que la majeure partie des élèves choisit d'emprunter.

  • Métiers de la fonction publique d'État ou hospitalière

La mobilité entre fonctions publiques permet aux administrateurs territoriaux, par la voie du détachement ou de l'intégration directe, d'avoir accès aux corps de la fonction publique d'État ainsi qu'à la fonction publique hospitalière. Les métiers d'administrateur civil, de sous-préfet puis de préfet d'inspecteur de l'IGF, de l'IGAS ou de l'IGA, de conseiller de chambre régionale des comptes, de conseiller de tribunal administratif ou de directeur d'hôpital, de rapporteur à la Cour des Comptes, de conseillers des affaires étrangères leur sont ainsi ouverts.

  • Administrateur de la Ville de Paris

Le corps d'administration de la Mairie de Paris a longtemps été réservé aux fonctionnaires d'État. En effet, en l'absence d'école dédiée à la formation des hauts fonctionnaires territoriaux, seuls les élèves de l'ENA disposaient alors des compétences requises. La situation ayant changé avec la création de l'INET, les administrateurs territoriaux peuvent désormais exercer leurs fonctions à la Ville de Paris.

Épreuves du concours externe[modifier | modifier le code]

Le concours d'entrée à l'INET comporte onze épreuves (cinq à l'écrit, six à l'oral) portant chacune sur des disciplines différentes.

  • Épreuves d'admissibilité
    • Une composition portant sur un sujet de droit public (Durée : 5 heures, Coefficient 4)
    • Une composition portant sur un sujet d'économie (Durée : 5 heures, Coefficient 4)
    • Une composition dite de culture générale portant sur l'évolution générale politique, économique et sociale du monde ainsi que sur le mouvement des idées depuis le milieu du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours (Durée : 5 heures, Coefficient 3)
    • Une note sur dossier dite de « gestion territoriale » traitant d'un problème d'organisation ou de gestion rencontré par une collectivité territoriale (Durée : 4 heures, Coefficient 5)
    • Une épreuve choisie par le candidat au moment de son inscription parmi :
      • Une composition portant sur l'une des matières suivantes : droit des affaires, droit civil, droit pénal, géographie, histoire, science politique, sociologie, gestion comptable, démographie, technologies de l'information, mathématiques, statistiques (Durée : 5 heures, coefficient 2)
      • Une épreuve de langue vivante : une version et un thème dans la langue choisie et une composition écrite (Durée : 5 heures, coefficient 2).
  • Épreuves d'admission
    • Le grand Oral (sujet d'actualité ou commentaire de texte à caractère général suivi d'une conversation avec le jury) (Durée : 30 minutes, Coefficient 5)
    • Une épreuve orale portant sur les finances publiques et l'économie financière (Durée : 30 minutes, Coefficient 1.5)
    • Une épreuve orale relative aux questions sociales ou à l'Union européenne (Durée : 30 minutes, Coefficient 1.5)
    • Une interrogation orale portant sur le droit et la gestion des collectivités locales (Durée : 30 minutes, Coefficient 3)
    • Une épreuve orale de langue vivante comportant la lecture et la traduction sans dictionnaire d'un texte suivie d'une conversation (Durée : 30 minutes, Coefficient 2)
    • Une épreuve orale portant sur les éléments fondamentaux en matière d'organisation informatique, de logiciels de base et de nouvelles technologies (Durée : 30 minutes Coefficient 1)

Administrateurs territoriaux éminents[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques
Directeurs généraux des services de régions
  • Yves Duruflé, DGS du Conseil régional du Nord-Pas de Calais, ancien conseiller technique au cabinet du premier ministre Jospin
  • Joel Neyen, DGS du Conseil régional de Midi-Pyrénées
  • Simon Munsch, DGS du Conseil régional de Pays de la Loire
  • Nicolas Hesse, DGS du Conseil régional de Bourgogne
  • Jean-Marc Galland, ancien DGS du Conseil régional de Bourgogne, ancien conseiller technique au cabinet du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales et de l'immigration
  • Patrice Jouin, ancien DGS du Conseil régional de Pays de la Loire
Directeurs généraux des services de départements de plus d'un million d'habitants
  • Eric Ardouin, DGS du conseil général de Loire-Atlantique, ancien DGS du conseil général d’Ille-et-Vilaine
  • Pierre Gey, DGS du conseil général du Bas-Rhin
  • Jean-Christophe Baudouin, directeur général de l'Assemblée des départements de France, ancien DGS du conseil général de l’Essonne, ancien président de l’association des administrateurs territoriaux de France
  • Florence Labigne-Peleau, DGS du conseil général de Seine-et-Marne
  • Fabien Tastet, DGS du conseil général de l'Essonne
  • Laurence Quinaut, DGS du conseil général d'Ille-et-Vilaine
  • Christian Oliveres, DGS du conseil général des Alpes-Maritimes, ancien DGS du conseil régional du Centre, ancien DGS du conseil régional de Bourgogne, ancien chef de cabinet du ministre du travail
  • Dominique Soulier, DGS du conseil général de Seine-Maritime
Directeurs généraux des services de métropoles et de communes de plus de 300 000 habitants
  • Pierre Laplane, DGS de la communauté urbaine de Strasbourg
  • Phillipe Mahe, DGS de la ville de Toulouse et de la communauté urbaine, ancien DGS de Nantes métropole, ancien DGS du conseil régional du Centre, ancien Président de l'association des administrateurs territoriaux
  • Benoit Pavageau, DGS de la communauté urbaine de Nantes métropole
Grands commis de l’État
  • Bernard Dreyfus, délégué général à la médiation avec les services publics auprès du défenseur des droits, professeur titulaire de la chaire « collectivités locales » au CNAM, ancien DGS du médiateur de la République, ancien DGS de département
  • Philippe Yvin, conseiller chargé des collectivités territoriales et de la décentralisation au cabinet du Premier ministre Ayrault. Ancien DGS du conseil général de Seine Saint Denis, ancien DGS du conseil général de l’Oise, ancien directeur de cabinet du ministre délégué à la ville
Préfets
  • Jean-Paul Bonnetain: préfet de l'Yonne[12] ;
  • Jean-Régis Borius, préfet des Hautes-Pyrénées, ancien préfet de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon
  • Jean-Paul Geoffroy, inspecteur général de l'administration en service extraordinaire, ancien préfet de Haute-Marne
  • Gérard Lemaire, directeur de cabinet du ministre de l'Outre-mer, ancien commissaire général à l'internationalisation des PME, ancien préfet de Mayenne, ancien préfet de Lozère
  • Yvette Mathieu, ancienne préfète des Alpes-de-Haute-Provence, ancienne préfète déléguée pour l'égalité des chances auprès du préfet de la région Nord - Pas-de-Calais
  • Salvador Perez, préfet de l'Ariège[13].
  • Francis Vuibert: préfet du Jura, ancien préfet délégué pour l`égalité des chances auprès du préfet de la région Rhône-Alpes
Magistrats de la Cour des Comptes
  • Pierre Jamet: conseiller maître à la Cour des comptes, ancien directeur général des services du conseil général du Rhône
  • Dominique Schmitt, conseiller maître en service extraordinaire à la Cour des comptes, ancien préfet de la région Aquitaine, préfet de Gironde, directeur général des collectivités locales au ministère de l'Intérieur ;
Membres des services de l'État
  • François Ambroggiani, ancien secrétaire général de l'ENA, ancien directeur adjoint au cabinet de Catherine Colonna, ministre délégué aux Affaires européennes
  • Didier Lallement, secrétaire général du ministère de l'intérieur, ancien préfet de Basse-Normandie, ancien préfet du Calvados[14]

Élèves et promotions[modifier | modifier le code]

Entrée de l'INET
Entrée de l'INET à Strasbourg

Vingt-deux promotions d'élèves administrateurs se sont à ce jour succédé à l'INET depuis la création de l'école en 1990 :

Depuis le mois de mai 2014, la promotion Václav Havel a entamé le vingt-et-unième cycle de formation des élèves administrateurs territoriaux. La promotion Havel se compose de 51 élèves (20 en externe, 26 en interne et 5 pour le troisième concours).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]