Palatinat rhénan

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Situation.

Le Palatinat rhénan (en allemand : Pfalz ou Rheinpfalz) est une région dans l'Ouest de l'Allemagne, occupant plus d'un quart du land de Rhénanie-Palatinat. Il compte environ 1,4 million d'habitants pour 5 451,13 km2.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'ouest et le nord du Palatinat rhénan sont recouverts de forêts et de montagnes, son point culminant étant le Mont-Tonnerre (Donnersberg) (687 m) près de Kirchheimbolanden. Le Pfälzerwald (forêt palatine) couvre plus d'un tiers de la région et constitue le plus grand massif forestier d'Allemagne, fréquenté par les amateurs de tourisme pédestre. À l'est se trouvent les régions vinicoles (Vins du Palatinat rhénan). Remarquable réserve zoologique et botanique, le massif du Palatinat bénéficie d'un microclimat d'une douceur étonnante qui autorise la culture de fruits exotiques dans sa partie est. Prolongeant les Vosges du Nord, le massif montagneux du Palatinat rhénan présente des paysages forestiers, interrompus d'escarpements ou de rochers de grès rouge.

La plupart des villes (Ludwigshafen, Spire, Landau, Frankenthal, Neustadt) se situent dans la plaine rhénane.

Les vins du Palatinat rhénan[modifier | modifier le code]

Les vendanges tardives permettent d'obtenir des vins fruités assez alcoolisés et souples, les plus appréciés étant les blancs. Les crus les plus célèbres sont produits à Bad Dürkheim, Wachenheim, Forst et Deidesheim.

Deutsche weinstrasse 2.png

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Arrondissements[modifier | modifier le code]

Villes-arrondissements[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Remarque importante : Il ne faut pas confondre l'État historique du Palatinat du Rhin ou Palatinat Électoral, qui avait son centre sur la rive droite du Rhin et avait pour villes principales Heidelberg et Mannheim, avec l'entité administrative du Palatinat rhénan, créée en 1816, tout entière située sur la rive gauche, et incluant des territoires n'ayant jamais fait partie du Palatinat historique, tels que l'ancien évêché de Spire ou Kirchheimbolanden, qui appartenait aux Nassau-Weilbourg. Pour ne pas confondre le « nouveau » Palatinat de l'ancien, ainsi que du Haut-Palatinat, le nom de « Palatinat rhénan » est utilisé non-officiellement. On trouve également quelquefois sur les anciennes cartes la mention de « Bavière rhénane » (Rheinbayern).

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le Palatinat fut divisé en plusieurs États de tailles diverses, dont les plus importants étaient le Palatinat Électoral ou Palatinat du Rhin (Kurpfalz, dont le souverain était également Électeur de Bavière depuis 1777), le duché de Palatinat-Deux-Ponts (dont le souverain était l'héritier de l'Électeur de Palatinat et de Bavière), le comté de Hanau-Lichtenberg et l'évêché de Spire.

Après l'occupation française pendant les guerres de la Révolution, toute la partie du Palatinat du Rhin situé sur la rive gauche du Rhin (la plus grande partie du Palatinat) fut annexée par le royaume de Bavière en 1816, bien que séparé géographiquement du reste de la Bavière.

À partir de 1808, les régions administratives de la Bavière prirent le nom des rivières qui y coulaient : cette région fut alors nommée « arrondissement du Rhin » (Rheinkreis). En 1835, le roi Louis Ier de Bavière, inspiré par les idées romantiques de l'époque, ordonna le retour aux désignations historiques, et la région fut renommée « Palatinat » (Pfalz).

Les Bavarois ayant conservé le Code Napoléon, introduit par les Français dans le Palatinat, cette région se distingua alors par son statut particulier au sein du royaume de Bavière. Les Wittelsbach tentèrent d'affirmer l'unité de la Bavière en construisant un château royal à Edenkoben et en restaurant la cathédrale de Spire sous la supervision directe de Louis Ier. C'est ainsi que Ludwigshafen (fondé en 1843) prit le nom de ce roi. De l'autre côté, les représentants du Palatinat furent toujours fiers d'être issus d'un pays plus progressiste, et tentèrent d'étendre au reste du royaume le libéralisme que les Français avaient introduit dans le Palatinat (Fête de Hambach).

Pendant la révolution de 1848, un mouvement séparatiste tenta d'établir une « République palatine », tentative anéantie par une violente intervention prusienne.

L'union perdura après que la Bavière intégra l'Empire allemand en 1871, et même après la destitution des Wittelsbach et la proclamation de l'État libre de Bavière en 1918.

Après la fin de la Première Guerre mondiale, et conformément aux termes du traité de Versailles, les troupes françaises occupèrent le Palatinat rhénan. Les arrondissements de Hombourg et de Saint-Ingbert furent séparés du Palatinat pour être rattachés au territoire du Bassin de la Sarre nouvellement créé, gouverné par la Société des Nations. Ces deux arrondissements furent fusionnés en 1974 pour former l'arrondissement de Sarre-Palatinat.

En 1923, des troubles séparatistes, dont il est généralement admis qu'ils furent soutenu par la France, éclatèrent dans le reste du Palatinat rhénan et en Rhénanie prussienne dans le but de créer une République palatine (de même qu'une République rhénane fut proclamée à Aix-la-Chapelle), entraînant une violente réaction bavaroise : le chef de la sécession Franz Josef Heinz fut assassiné à Spire en janvier 1924, tandis que le reste des opposants furent tués à Pirmasens en février 1924 : un traité entre la Bavière et la commission interalliée de la Rhénanie (le conseil suprême des forces d'occupation alliées) confirma l'appartenance du Palatinat à la Bavière en février 1924.

Cette union fut finalement dissoute lors de la réorganisation du territoire allemand après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors que la Bavière proprement dite fit partie de la zone d'occupation américaine, le Palatinat rhénan fut occupé par les Forces françaises. Celles-ci réorganisèrent leur zone d'occupation en créant de nouveaux Länder. Ainsi par l'ordonnance no 57 en date du 30 août 1946 du général Koenig, le Palatinat fut réuni à la Hesse rhénane et à la Rhénanie prussienne pour former le land de Rhénanie-Palatinat.

En 1956, un plébiscite sur le retour de la région à la Bavière échoua. De nos jours, la Fondation Bavière-Palatinat (Bayern-Pfalz-Stiftung) préserve la mémoire de cette histoire commune.