Guido Henckel von Donnersmarck

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Guido Henckel von Donnersmarck

Guido Henckel von Donnersmarck, né le 10 août 1830 à Breslau et mort le 19 décembre 1916 à Berlin, est un gentilhomme allemand, magnat de l'industrie et préfet de la Lorraine ( Bezirk Lothringen ), sous l'Empire allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le comte von Donnersmarck en 1871, quand il épouse La Païva

Guido Georg Friedrich Erdmann Adalbert Heinrich Henckel von Donnersmarck naît à Breslau, en Silésie (actuellement Wroclaw, en Pologne), le 10 août 1830, second fils du comte Charles Lazarus Henckel von Donnersmarck (de) (1772-1864) et de la comtesse Julie von Bohlen (1800-1866)[1].

Lorsque son frère aîné décède en 1848, son père lui lègue ses propriétés minières et ses nombreuses forges en Silésie. Après le transfert de propriété, il parvient au cours des décennies suivantes, à augmenter la production annuelle de charbon, de 21 000 tonnes à 2,5 millions de tonnes, et devient ainsi un des hommes les plus riches d'Allemagne.

Il a financé la reconstruction d'églises catholiques et protestantes. Il influe politiquement en tant que député du district de Tarnowitz, (actuellement Tarnowskie Góry, en Pologne), membre du Parlement et en tant que membre héréditaire de la maison de Prusse.

En 1851, il effectue la fusion de ses mines de charbon « Concordia » et « Michael » en un seul établissement.

En 1853, il fonde à Lipine, (actuellement Lipiny (Świętochłowice) (pl), en Pologne), la première société à responsabilité limitée « Mines de Silésie et Lipiny galvanisation » (« Śląskie Kopalnie i Cynkownie Lipiny  »), pour l'exploitation minière en Silésie et l'exploitation de la fusion du zinc[2], dont il est resté le président jusqu'à sa mort. Y ont été intégrées, les mines de charbon « Karsten Centrum » à Beuthen (actuellement Bytom, en Pologne), « Andalousie » à Deutsch Piekar (actuellement Piekary Slaskie, en Pologne), les mines de smithsonite : « Matilda », « Cecilia », « Szarlej », dont on avait besoin pour l'extraction du zinc, et la fonderie de zinc « Thurzo »[3]. Le capital social est fixé à 5 millions de thalers prussiens[4].

En 1855, il lance l'exploitation de la mine « Guido » à Hindenburg (actuellement Zabrze, en Pologne). La production était destinée à alimenter la forge voisine « Donnersmarck ». A cette époque, on utilisait habituellement des chevaux comme bêtes de trait dans la mine (les écuries souterraines qui avaient été installées à l'époque, sont encore conservées et visibles, dans leur état d’origine)[5].

Dans les années 1860, Henckel von Donnersmarck vit à Paris avec une célèbre courtisane Thérèse Lachmann, marquise de Païva pour laquelle il acquiert en 1857 le domaine de Pontchartrain, et bâtit le célèbre hôtel de l'avenue des Champs-Elysées, avant de l'épouser en 1871.

Étant, comme beaucoup d'autres hommes d’affaires prussiens, officier de réserve, il participe à la Guerre franco-allemande de 1870.

À l’issue de celle-ci, le chancelier Bismarck le nomme préfet du Bezirk Lothringen (la Lorraine) à Metz, alors que le général prussien von Kammern, gouverneur provisoire, s'installe à l'hôtel de la Princerie[6]. Guido Henckel von Donnersmarck déclare alors aux habitants : « Les bases de l'administration départementale, comme d'ailleurs de toute l'administration allemande, seront : bienveillance, impartialité et loyauté  »[6].

Durant les négociations sur l'indemnisation de la France à l’Allemagne consécutives à la défaite de 1870, il conseille à Bismarck de faire payer rapidement la France, ce que cette dernière fera, puisque la somme sera réglée dès 1873. La Païva lui est très précieuse de par sa connaissance des milieux fortunés parisiens, ce qui facilite le calcul et la négociation de l'indemnité, fixée à six milliards de francs[7].

Il est de retour en Prusse en 1877 avec son épouse. En 1883, pour une meilleure utilisation de ses vastes forêts, il fonde une usine de pâte à papier.

Son épouse meurt le 21 janvier 1884 au château de Neudeck, en Silésie, (actuellement Świerklaniec, en Pologne), château qui sera brûlé en 1945, puis détruit en 1961.

Il se remarie à Wiesbaden, le 11 mai 1887, à Katharina Wassilievna de Slepzow, (née à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 16 février 1862), issue de la noblesse russe. Ils auront deux enfants, Guido Otto (pl), (1888-1959) et Krafft Raul Paul Alfred Ludwig Guido (pl), (1890-1977).

Dès 1890, après la création d'autres usines de pâte à papier, elles sont fusionnées en une seule société. La cellulose est alors convertie avec des additifs chimiques en viscose, puis filée (« fil Cellestron »), dans des usines spécialement créées (« Continental Viscose GmBH » de Breslau et de Berlin), permettant ainsi la création de la soie artificielle (ou rayonne), à partir de 1903, à Sydowsaue (actuellement Żydowce (pl), en Pologne)[8].

En 1896, il achète de vastes terres dans la région de Spis, (actuellement Szepes, en Slovaquie).

En 1897, il participe au développement de mines de charbon dans le district frontalier de Bendzin, (actuellement Będzin, en Pologne), et acquiert des mines en Suède.

En 1898, à l'occasion du cinquantième anniversaire de son entreprise, il institue une fondation sociale pour soutenir ses employés, avec un capital de 1,5 millions de marks-or[9].

Il rend différents services à l'empereur Guillaume II , ce qui lui vaut d'être élevé, le 18 janvier 1901, à la dignité princière avec le titre héréditaire de prince (Fürst) de Prusse.

En 1905, l'Institut technique de Charlottenbourg, lui décerne le titre de « Docteur honoris causa », pour sa contribution au développement de l'industrie chimique en Allemagne.

Juste avant la Première Guerre mondiale, sa fortune personnelle est estimée à plus d'un quart de milliard de marks-or, faisant de lui la deuxième plus grande fortune d'Allemagne, après celle de Bertha Krupp, seule héritière de l'empire industriel Krupp AG.

Au cours de celle-ci, il soutient financièrement, sur ses fonds propres, la création de l'hôpital militaire de Frohnau à Berlin, sans aucun soutien public. La mise en place de la « Fondation Donnersmarck » permet la transformation de l'hôpital, en un centre de recherche médicale pour les anciens combattants handicapés après la guerre. Elle prend en charge sous le nom de « Institution Prince Donnersmarck » (« Fürst Donnersmarck-Stiftung »), la réhabilitation de Berlin[9].

En 1916, il augmente le capital de sa fondation d'un million de marks et la dote ainsi de quatre millions de marks. Il lui offre aussi des terrains d'une surface totale de 1 000 acres, soit 404 hectares à la périphérie nord de Berlin[9].

Âgé de 86 ans, il meurt le 19 décembre 1916 à Berlin, et est enterré dans le nouveau mausolée à Świerklaniec, en Pologne.

Son épouse, Katharina meurt à Koslowagora, (actuellement Kozłowa Góra (pl), dans les alentours de Piekary Śląskie, en Pologne) le 10 février 1929.

La Fondation[modifier | modifier le code]

Il y eut des tentatives de dissolution de la Fondation pendant la période du national-socialisme. Celles-ci ont retardé la mise en œuvre des plans ambitieux, pour de nombreuses années. Dans les années cinquante, la reconstruction de la Fondation a commencé, et ses capacités à financer des projets à croître de nouveau.

Aujourd’hui, la Fondation se consacre à travers diverses institutions, à la réhabilitation et à la promotion des personnes handicapées. Simultanément, elle s’engage dans les travaux de recherche portant sur la réhabilitation neurologique[9]. Depuis 2006, le conseil d’administration de la Fondation décerne régulièrement le « Prix de la recherche de la Fondation du Prince Donnersmarck »[10].

Bijoux[modifier | modifier le code]

Le 17 mai 2007, Sotheby's vend à Genève deux diamants jaunes dits « Donnersmark  » ayant appartenu à sa femme, pour 3,5 et 5 millions de francs suisses (soit 2 et 3 millions d'euros), d'un poids respectivement de 82,48 carats, pour celui en « forme de poire » (« pear shaped ») et de 102,54 carats, pour celui en « forme de coussin » (« cushion shaped »)[11].

Le prince avait commandé un superbe diadème pour la princesse Katharina, composé de 11 émeraudes colombiennes, en forme de gouttes, exceptionnellement rares, pesant plus de 500 carats. Ces émeraudes appartenaient, probablement, à l'ancienne collection personnelle de l'impératrice Eugénie, vendue aux enchères à Londres, chez Christies, le 24 juin 1872[12].

La tiare, fabriquée autour des années 1900 (probablement par le joailler parisien, Chaumet), a été vendue aux enchères par Sotheby's, le 17 mai 2007, pour plus de 11 millions de francs suisses, soit 2 millions de plus que l'estimation la plus élevée[13].

La collection de bijoux « Donnersmarck  », était réputée pour être à égalité, ou même avoir dépassé, la plupart des collections de bijoux des têtes couronnées d'Europe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de)Deutsches Historisches Museum - Guido Henckel von Donnersmarck, sur le site dhm.de, consulté le 25 janvier 2015
  2. [PDF]La grosse industrie de la Haute-Silésie Polonaise, sur le site sbc.org.pl, consulté le 27 janvier 2015
  3. (pl)Guido Henckel von Donnersmarck - le prince marchand, sur le site mmsilesia.pl, consulté le 27 janvier 2015
  4. (pl)Śląskie Kopalnie i Cynkownie Lipiny 1924 (Actions des Mines de Silésie et Lipiny galvanisation 1924), sur le site derubeis.pl, consulté le 27 janvier 2015
  5. ERIH - European Route of Industrial Heritage - Mine de houille historique "Guido" à Zabrze, Pologne, sur le site erih.net, consulté le 25 janvier 2015
  6. a et b F. Yves Le moigne et François Roth, De la Révolution à l'année terrible (1789-1870), (dir. François-Yves Le Moigne), « Histoire de Metz », Privat, Toulouse, 1986 p. 336
  7. Colling 1949, p. 286
  8. [PDF]Jean-Marie Michel - Contribution à l’histoire industrielle des polymères en France, sur le site societechimiquedefrance.fr, consulté le 27 janvier 2015
  9. a, b, c et d La Fondation Donnersmarck, sur le site fdst.de, consulté le 26 janvier 2015
  10. (en)[PDF]Research Prize 2015 of the Fürst Donnersmarck-Foundation, sur le site fdst.de, consulté le 26 janvier 2015
  11. (en)The Donnersmarck Diamonds, sur le site royal-magazin.de, consulté le 25 janvier 2015
  12. Le 24 juin 1872, à Londres : vente des bijoux de l'impératrice Eugénie, sur le site secondempire.voila.net, consulté le 25 janvier 2015
  13. (en)Sotheby's - A Magnificent and Rare Emerald and Diamond Tiara, formerly in the Collection of Princess Katharina Henckel Von Donnersmarck, sur le site sothebys.com, consulté le 25 janvier 2015

Sources[modifier | modifier le code]

  • J. Bitta: Guido Graf Henckel Fürst von Donnersmarck. In: Schlesier des 19. Jahrhunderts, Thorbecke, Sigmaringen, 1985.
  • H. Nussbaum: Henckel von Donnersmarck Graf (seit 1901 Fürst) Guido. In: Biographisches Lexikon zur Deutschen Geschichte. Deutscher Verlag der Wissenschaften, Berlin, 1967
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Société d'Éditions Économiques et Financières,‎ 1949 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notices[modifier | modifier le code]

Lien externes[modifier | modifier le code]

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