Histoire naturelle

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Tableau de l'histoire naturelle, 1728, Cyclopaedia.

Le terme d’histoire naturelle est apparu en français au XVIe siècle pour désigner les livres décrivant les objets de la nature. Au XXIe siècle le Muséum national d'histoire naturelle[1] propose une définition du terme « Histoire naturelle » :

  • « Historiquement, c'est l'enquête, la description de tout ce qui est visible dans le monde naturel : animal, végétal, minéral. »

Le Muséum signale ensuite que les conceptions de l'Histoire naturelle n’ont cessé d’évoluer au cours du temps, en citant à tour de rôle des savants tels que Carl von Linné, Georges-Louis Leclerc de Buffon, Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin, pour conclure que :

  • « L'Histoire naturelle aujourd'hui, c'est l'étude de la diversité du monde vivant et du monde minéral et de ses interactions avec l'homme. C'est comprendre comment cette diversité s'est construite et quelle est sa dynamique. »

Origines du terme[modifier | modifier le code]

Traduction littérale de l’Historia naturalis de Pline, le terme d’« histoire naturelle » apparaît en français dans la seconde moitié du XVIe siècle, mais la démarche d’observation et de description systématique de la nature date de l’Antiquité avec Aristote, Théophraste, Antigone de Karystos et Pline l'Ancien.

Évolutions du terme[modifier | modifier le code]

Anémones de mer, dessins de Ernst Haeckel (extrait de Kunstformen der Natur de 1904).

Selon la définition qu’en donne Herman Boerhaave (1668-1738) dans la préface du Botanicon Parisiense de Sébastien Vaillant (1669-1722)[2] :

« On appelle histoire naturelle la connaissance des choses, qui sont produites dans l’Univers, et que les hommes peuvent découvrir par les sens. Entre toutes les sciences qui ont été cultivées par l’industrie des hommes celle-ci a toujours passé avec raison pour une des principales. »

Au XVIIe siècle et plus encore au XVIIIe siècle, l’expression sert à désigner l’étude des objets observables, tant en astronomie, qu’en botanique, en zoologie ou en géologie. À l’époque, le spécialiste de l’histoire naturelle est un naturaliste.un cabinet de curiosités est :

Avec le développement des connaissances, l’histoire naturelle se divise en nombreuses spécialités, au point que la démarche « naturaliste » et le métier de « naturaliste » (généraliste) disparaissent dans le courant du XXe siècle ; simultanément, sous l’influence de de l’idéologie de la « lutte de l’Homme civilisé contre la nature sauvage »[3] les mots mêmes « histoire naturelle » prennent une connotation archaïsante, tandis que biologiste et sciences naturelles acquièrent par contraste une aura de modernité.

Au Muséum de Paris, l’histoire naturelle est une approche globale et interdisciplinaire.
L'histoire naturelle moderne : classification phylogénétique prenant en compte les résultats de la cladistique et de la génomique, par Guillaume Lecointre & Hervé Le Guyader (2006) et d'après Purificación López-Garcıá & David Moreira (2008)[4].

Comme le fait remarquer Yves Delange du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, il y a trop souvent eu opposition entre « naturaliste » (professionnel ou amateur) et « biologiste »[5].

En Français contemporain, le terme «sciences naturelles», (qui n'est pas un synonyme de science de la nature), emplace à peu près la dénomination «histoire naturelle», qui apparaît comme étant vieillote (ceci malgré l'existence du Muséum national d'histoire naturelle).

Actuellement, dans l'enseignement secondaire, c'est l'appellation Sciences de la Vie et de la Terre qui est utilisée.

Pour fixer les idées, de manière simplifiée, on peut estimer que les Sciences naturelles englobent les disciplines suivantes :

En revanche, les Sciences naturelles se différencient nettement d'autres sciences telles que :

Le besoin d’une vision globale et interdisciplinaire subsiste néanmoins, ce qui développe, dans le dernier quart du XXe siècle, de nouvelles approches comme la géonomie (dont l’apparition date du début du XXe siècle, mais qui avait été occultée par l’évolution précédente). Avec les progrès de la génétique, l’interconnexion des savoirs, l’approche géonomique et la popularité du « développement durable » (quelles qu’en soient les interprétations, les instrumentalisations ou les degrés de compréhension), l’histoire naturelle devient progressivement une « histoire globale » de l’Univers, du système solaire et surtout de la planète Terre, une histoire interdisciplinaire à la fois cosmogonique, physique, chimique, biologique et humaine. Des livres comme « Le livre de la Vie » (sous la direction de Stephen Jay Gould), « Les mondes disparus » d'Éric Buffetaut et Jean Le Loeuff, « Classification phylogénétique du vivant » de Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, « Guide critique de l'évolution » de Guillaume Lecointre, Corinne Fortin, Gérard Guillot et Marie-Laure Le Louarn-Bonnet ou « Miroirs de la Terre » d’Ion Cepleanu et Stephen Giner, relèvent de cette nouvelle « histoire naturelle globale ». À ce sujet, Jean-René Vanney écrit :

« [cette relation] ne devrait pas être un égrènement d'événements dans le temps, ni une chronique de tel ou tel phénomène, plutôt une gerbe liant les faits dans leur globalité. »

— Jean-René Vanney, Mystère des abysses (p. 54)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel du MNHN: voir
  2. Sébastien Vaillant (1727). Botanicon Parisiense ou Dénombrement par ordre alphabétique des plantes qui se trouvent aux environs de Paris, Jean & Herman Verbeek et Balthazar Lakeman (Leyde et Amsterdam) : ca 260 p. + 33 pl.
  3. François Terrasson : La Peur de la nature, éd. Sang de la Terre, 1988
  4. (en) Purificación López-Garcıá & David Moreira, "Tracking microbial biodiversity through molecular and genomic ecology", Research in Microbiology, Vol.159, No.1, January-February 2008, p.67-73. DOI:10.1016/j.resmic.2007.11.019
  5. Yves Delange, Plaidoyer pour les sciences naturelles : Dès l'enfance, faire aimer la nature..., L'Harmattan, Paris, 2009, p.39-41. (ISBN 978-2296-07991-5)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leçon inaugurale d'Armand de Ricqlès portant notamment sur la différence entre Histoire naturelle et biologie, et sur le thème Biologie historique et Évolutionnisme, Lundi 6 mai 1996, (14 pages, PDF)
  • Ferdinand Faideau et Auguste Robin, Cours complet d'histoire naturelle à l'usage des lycées et collèges, Larousse, Paris, 1906-1910.
    • Zoologie élémentaire : Homme et classification, 1907, 171 p. lire en ligne
    • Botanique élémentaire : Organographie et classification, 1907, 127 p. lire en ligne
    • Géologie élémentaire : Les phénomènes actuels, 1906, 111 p. lire en ligne
    • Conférences de Géologie : Roches, Minéraux, Terrains, 1910, 165 p. lire en ligne
  • David Burnie (sous la dir.), Histoire naturelle, Flammarion, Paris, 2011, 648 p. (ISBN 978-2-0812-5170-0)