Histoire naturelle
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Le terme d’histoire naturelle est apparu en français au XVIe siècle pour désigner les livres décrivant les objets de la nature. Au XXIe siècle, selon le Muséum national d'histoire naturelle[1], dans l’expression « Histoire naturelle » :
- le mot « histoire » renvoie à l’évolution de notre planète, de la vie (paléontologie) et de la lignée humaines (anthropologie) ;
- le mot « naturelle » renvoie à l’approche systémique pluridisciplinaire, étudiant et englobant tous les phénomènes, sans opposer « l’homme et la nature, le développement et l’environnement, la valorisation et la préservation ».
Toutefois, les significations de l’expression « Histoire naturelle » n’ont cessé d’évoluer au cours du temps.
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Origines du terme [modifier]
Traduction littérale de l’Historia naturalis de Pline, le terme d’« histoire naturelle » apparaît en français dans la seconde moitié du XVIe siècle, mais la démarche d’observation et de description systématique de la nature datent de l’Antiquité avec Théophraste, Antigone de Karystos et Pline l'Ancien.
Évolutions du terme [modifier]
Selon la définition qu’en donne Herman Boerhaave (1668-1738) dans la préface du Botanicon Parisiense de Sébastien Vaillant (1669-1722)[2] :
« On appelle histoire naturelle la connaissance des choses, qui sont produites dans l’Univers, et que les hommes peuvent découvrir par les sens. Entre toutes les sciences qui ont été cultivées par l’industrie des hommes celle-ci a toujours passé avec raison pour une des principales. »
Au XVIIe siècle et plus encore au XVIIIe siècle, l’expression sert à désigner l’étude des objets observables, tant en astronomie, qu’en botanique, en zoologie ou en géologie. À l’époque, le spécialiste de l’histoire naturelle est un naturaliste.
Avec le développement des connaissances, l’histoire naturelle se divise en nombreuses spécialités, au point que la démarche « naturaliste » et le métier de « naturaliste » (généraliste) disparaissent dans le courant du XXe siècle ; simultanément, sous l’influence de de l’idéologie de la « lutte de l’Homme civilisé contre la nature sauvage »[3] les mots mêmes « histoire naturelle » prennent une connotation archaïsante, tandis que biologiste et sciences naturelles acquièrent par contraste une aura de modernité.
Comme le fait remarquer Yves Delange du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, il y a trop souvent eu opposition entre « naturaliste » et « biologiste ».
Le besoin d’une vision globale et interdisciplinaire subsiste néanmoins, ce qui développe, dans le dernier quart du XXe siècle, de nouvelles approches comme la géonomie (dont l’apparition date du début du XXe siècle, mais qui avait été occultée par l’évolution précédente). Avec les progrès de la génétique, l’interconnexion des savoirs, l’approche géonomique et la popularité du « développement durable » (quelles qu’en soient les interprétations, les instrumentalisations ou les degrés de compréhension), l’histoire naturelle devient progressivement une « histoire globale » de l’Univers, du système solaire et surtout de la planète Terre, une histoire interdisciplinaire à la fois cosmogonique, physique, chimique, biologique et humaine. Des livres comme « Le livre de la Vie » (sous la direction de Stephen Jay Gould), « Les mondes disparus » d’Éric Buffetaut et Jean Le Loeuff, « Classification phylogénétique du vivant » de Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, « Guide critique de l'évolution » de Guillaume Lecointre, Corinne Fortin, Gérard Guillot et Marie-Laure Le Louarn-Bonnet ou « Miroirs de la Terre » d’Ion Cepleanu et Stephen Giner, relèvent de cette nouvelle « histoire naturelle globale ». À ce sujet, Jean-René Vanney écrit:
« [cette relation] ne devrait pas être un égrènement d'événements dans le temps, ni une chronique de tel ou tel phénomène, plutôt une gerbe liant les faits dans leur globalité. »
— René Vanney, Mystère des abysses (p. 54)
Notes et références [modifier]
- Site du MNHN: [1]
- Sébastien Vaillant (1727). Botanicon Parisiense ou Dénombrement par ordre alphabétique des plantes qui se trouvent aux environs de Paris, Jean & Herman Verbeek et Balthazar Lakeman (Leyde et Amsterdam) : ca. 260 p + 33 pl.
- François Terrasson : La Peur de la nature, éd. Sang de la Terre, 1988
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Histoire de l'histoire naturelle
- Georges-Louis Leclerc de Buffon
- René d'Abadie
- Géonomie
- François Terrasson
- Armand de Ricqlès
Bibliographie [modifier]
- Leçon inaugurale d'Armand de Ricqlès portant notamment sur la différence entre Histoire naturelle et biologie, et sur le thème Biologie historique et Évolutionnisme, Lundi 6 mai 1996, (14 pages, PDF)