Mohammed Ghazi

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Mohammed Ghazi, ou Mollah Khazi (en russe: Кази-Мулла) né en 1795, mort en 1832, est un Avar caucasien, ouléma et ascète, premier imam du Daghestan (1829-1832), avant son ami Chamil. Il a promu la Charia, la purification spirituelle, et prôné le djihad contre les Russes envahissant le Caucase. C'était un des premiers adeptes et diffuseur du mouridisme, mouvement de l'islam proche du soufisme, basé sur une obéissance stricte aux lois coraniques et utilisés par les imams pour accroître un sentiment nationalo-religieux anti-russe dans le Caucase.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Élevé au Daghestan en compagnie de son ami de toujours Chamil, ils étudient tous deux le Coran à Yaraghal, un centre d'enseignement soufi. Tous deux désapprouvent la perte des traditions des tribus montagnardes qui va à l'encontre des préceptes du Coran. Son mentor est Mollah Mohammed Yaraghi, érudit soufi qui fera de lui un ouléma.

Il pense que le djihad contre les Russes qui veulent contrôler la région ne surviendra pas avant que les tribus caucasiennes ne suivent la Charia à la lettre plutôt que de suivre un mélange des lois islamiques et de l'adat (coutumes locales). En 1829, il commence ses prêches dans lesquels il réclame d'obéir strictement à la Charia, de donner le Zakât, il dit également que la prière et le hajj ne seront pas acceptés par Allah si les Russes sont toujours présents dans la région. Il dira même que les mariages seront invalides et les enfants seront des bâtards tant qu'un seul Russe restera dans le Caucase.

Il devient un des prêcheurs les plus importants, connu dans tout le Caucase. Sa mémorisation de plus de 400 hadiths lui permet de sortit vainqueur de tous les débats avec n'importe quel autre prêcheur. Comme sa réputation augmente, il est invité par de nombreux khanats ou royaumes, aussi bien favorables qu'hostiles au tsar. En signe d'humilité et d'ascétisme, il refuse d'aller à cheval, mais seulement à pied.

Guerre sainte[modifier | modifier le code]

Cette même année, il devient imam de Guimry, où il a auparavant lancé son appel au djihad. Il décrète que tout vin doit être détruit publiquement. En 1830, avec Chamil, ils échouent à prendre Khounzakh, la capitale du khanat de Pakkou-Bekkhe. Après cet échec, Chamil le convainc d'attendre que toutes les tribus soient unies sous la loi coranique. En 1831, après quelques mois de répit, il attaque le nord du Daghestan et remporte des succès. Sa tactique de guérilla prend au dépourvu les Russes mal préparés. En 1832, il peut menacer Vladikavkaz (actuelle Ossétie du nord), cependant les Russes parviennent à repousser ses attaques. Lorsqu'ils contre-attaquent et prennent l'aoul de Ghimry d'après la légende, ils le trouvent « mort, assis, les jambes croisées sur son tapis de prière, une main sur sa barbe et l'autre pointée vers le ciel ». Les Russes amènent alors son corps a Tarkou et le donne au Khan, qui leur est loyal. Il est exposé en place publique pendant quelques jours, avant d'être enterré dans les collines environnantes.

Son successeur comme imam du Daghestan fut Gamzat-bek.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Revue des deux mondes, 1838