Constantin Pavlovitch de Russie

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Le grand-duc Constantin
Peinture de George Dawe.

Constantin Pavlovitch, grand-duc de Russie ou Constantin Pavlovitch Romanov (en russe : Константин Павлович Романов), né le 27 avril 1779 à Tsarskoïe Selo, mort le 27 juin 1831 à Vitebsk, est un membre de la famille impériale russe, qui joue un rôle important de 1815 à 1830 en tant que commandant de l'armée du royaume de Pologne ; à la mort de son frère le tsar Alexandre, il renonce à lui succéder, laissant le trône à son frère Nicolas ; en 1830, il est contraint de quitter la Pologne du fait de l'insurrection du 29 novembre et se réfugie en Russie où il meurt peu après.

Biographie[modifier | modifier le code]

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

Il est le deuxième fils du tsar Paul Ier et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg.

En 1796, il épouse Julienne de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1781-1860), fille du duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld, dont il divorce en 1820, épousant peu après morganatiquement Joanna Grudzinscy, princesse Lowicka (1789-1831), fille du comte Antoine Groudna.

Un enfant naturel naquit d'une liaison avec Joséphine Friedrichs (1808-1857) : Paul Alexandrov, qui épouse en 1833 Anna Chtcherbatov (1808-1870).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Lors de la Troisième Coalition, il commandait la Garde impériale. Après la Paix de Tilsit il procalamait son admiration pour Napoléon.

Pendant la Campagne de Russie, il avait un commandement sous les ordre de Barclay de Tolly et se distingait plus par sa bravoure personnelle, comme à la bataille de Fère-Champenoise que par la menée de son corps d'armée, de la Garde.

Commandant de l'armée du royaume de Pologne[modifier | modifier le code]

En 1815, le congrès de Vienne attribue au tsar Alexandre le duché de Varsovie créé par Napoléon à partir des provinces polonaises annexées par la Prusse et par l'Autriche lors des partages de la Pologne de 1793 et 1795. Alexandre devient officiellement « roi de Pologne » et dote le pays d'une constitution d'orientation libérale. Cette constitution prévoit la fonction de « vice-roi » ou « lieutenant » (en polonais namiestnik) qui est attribuée à un ancien adversaire, le prince Józef Zajączek (1752-1826).

Constantin est affecté à la fonction (non prévue par la constitution) de commandant de l'armée du royaume de Pologne. De fait, il apparaît comme le véritable vice-roi, Zajączek se bornant à l'aspect honorifique de son rôle.

Un aspect surprenant de cette période est que Constantin a été parmi les premiers auditeurs du très jeune Frédéric Chopin (1810-1849), qui a plusieurs fois été invité à jouer au palais du Belvédère dans les années 1820 à 1825.

Refus de la succession au trône de Russie (1825)[modifier | modifier le code]

Selon l'ordre de succession, Constantin doit succéder à son frère Alexandre Ier de Russie ; en raison des affaires matrimoniales de son frère, Alexandre Ier envisage de l'écarter du trône de Russie, mais Constantin y renonce lui-même confiant à maintes reprises, à Alexandre son refus d'accéder à la couronne de Russie.

Par un acte testamentaire, Alexandre désigne son jeune frère le grand-duc Nicolas Pavlovitch comme héritier présomptif de la Couronne de Russie. Cependant, Nicolas, informé par sa mère de l'existence de cet acte le désignant comme héritier de la couronne de Russie, refuse d'abord : il considère Constantin, qui est son aîné, comme seul héritier légitime du trône.Apprenant la mort d'Alexandre (1er décembre 1825), Nicolas Pavlovitch continue d'ignorer les dispositions qu'il a prises et prête serment au grand-duc Constantin Pavlovitch (8 décembre 1825).

Après l'inhumation du tsar, le 10 décembre 1825 a lieu une réunion du Conseil d'Empire, dont les membres prennent connaissance des dernières volontés du défunt empereur. Ils se rendent auprès du grand-duc Nicolas Pavlovitch et le supplient d'accepter la couronne de Russie. Mais il reste inébranlable dans sa décision. Le même jour, il écrit une lettre à Constantin (qui se trouve à Varsovie) en s'adressant « à l'empereur » et en le suppliant de ne pas abandonner la Russie.

Le grand-duc Constantin Pavlovitch répond en refusant catégoriquement la couronne. Il écrit : « Je vous annonce que d'ordre de feu notre maître, j'ai envoyé à ma mère une lettre qui contient mes volontés irrévocables et qui d'avance ont été sanctionnées tant par feu l'empereur que par ma mère. Ne doutant pas que vous, qui étiez si attaché de cœur et d'âme à feu l'empereur, ne remplissiez ponctuellement ses volontés et ce qui a été fait de son consentement, je vous invite, cher frère, à vous y conformer scrupuleusement et ne doute pas que vous le fassiez et que vous n'honoriez pas la mémoire d'un frère qui vous chérissait et auquel notre pays doit la gloire et le degré d'élévation auquel il est monté. ». Il refuse cependant de venir à Saint-Pétersbourg proclamer publiquement sa renonciation à la couronne ou de rédiger un acte officiel d'abdication.

Des évènements graves dans l'armée du sud de la Russie et à Saint-Pétersbourg (mouvement des Décembristes) poussent le grand-duc Nicolas à prendre une décision : « Je serai empereur ou mort. Je me sacrifie pour mon frère, heureux d'accomplir sa volonté en qualité de sujet ». Le 13 décembre 1825, il lit devant les membres du Conseil d'Empire sa déclaration d'accession à la couronne de Russie, est sacré le 22 août 1826 sous le nom de Nicolas Ier de Russie.

Le royaume de Pologne sous le règne de Nicolas[modifier | modifier le code]

L'insurrection de 1830-1831[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 1831 le grand duc Constantin Pavlovitch de Russie meurt du choléra à Vitebsk.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Constantin Pavlovitch de Russie appartient à la première branche de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Maison Holstein-Gottorp-Romanov) issue de la première branche de la Maison de Holstein-Gottorp, elle-même issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Troyat, Nicolas Ier de Russie
  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des Rois et des princes, Jean-Paul Gisserot,1998
  • Marcel Burchard Bélavary, Histoire de la famille Burchard Bélavary, Berger-Levrault & Cie., Nancy, 1906 (réédition : La Hulpe, Bruxelles, 2001).

Liens externes[modifier | modifier le code]