Guerre du Caucase

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La construction de la Route militaire géorgienne fut un facteur-clé de la conquête russe du Caucase
Carte de la conquête des Khanats semi-autonomes du Caucase par les Russes
Les Montagnards quittant l’aoul, par Piotr Grouzinski

La guerre du Caucase, ou conquête du Caucase, désigne une série d’opérations militaires de l’Empire russe ayant abouti à l’annexion de la Ciscaucasie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elles ont lieu sous le règne de trois tsars : Alexandre Ier, Nicolas Ier et Alexandre II. Les chefs militaires russes les plus importants sont Alexis Iermolov (campagne de 1816-1827), Mikhaïl Semionovitch Vorontsov (campagne de 1844-1853) et Alexandre Bariatinski (campagne de 1853-1856). Les écrivains Mikhaïl Lermontov et Léon Tolstoï y prennent part, et le poète Alexandre Pouchkine y fait référence dans son poème byronien Le Prisonnier du Caucase (1821).

L’invasion russe rencontre une résistance acharnée. La première campagne, qui s’achève au moment de la mort d’Alexandre Ier et de la révolte décembriste de 1825, ne permet d’obtenir que de maigres succès face à ce que les chefs militaires russes considéraient n’être qu’une « poignée de sauvages » : un échec surprenant, puisque l’armée impliquée était celle qui venait de vaincre Napoléon. Les succès des armées d’Alexis Iermolov sont de plus entachés de tristes réussites, dont la quasi-extermination de certaines populations, dont les Tchétchènes[1].

Entre 1825 et 1830, l’intensité des opérations diminue, la Russie étant impliquée dans deux autres conflits, contre l’Empire ottoman et la Perse. Alors qu'elle a obtenu des succès considérables au cours de ces deux guerres, les combats reprennent dans le Caucase, contre le mollah Ghazi, Gamzat-bek et Hadji Murad, puis l’imam Chamil, qui conduit la résistance des montagnards dès 1834, et jusqu’à sa capture par Dimitri Milioutine en 1859.

La seconde période d’accalmie a lieu après la trêve conclue avec Chamil en mars 1855, lorsque la Russie est engagée dans la guerre de Crimée. Cependant, la trêve fut de courte durée, puisque la guerre recommença à la fin de la même année.

La guerre du Caucase s’achève avec la conquête du Nord du Caucase et l’exode massif de musulmans vers l’Empire ottoman. Chamil, de son côté, prête allégeance au tsar et est exilé par la suite en Russie centrale. La guerre se termine officiellement le 2 juin 1864 (21 mai dans le calendrier julien), avec une déclaration du tsar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les populations tchétchènes passent alors de 700 000 à 60 000 personnes. Cf. Milana Terloeva, Danser sur les ruines. Une jeunesse tchétchène, Paris, Hachette Littératures, 2006, p. 205.

Articles connexes[modifier | modifier le code]