Sylvothérapie

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La sylvothérapie est un mode de soin qui consiste à installer certains convalescents ou malades (victimes de maladies pulmonaires en général) dans certaines forêts pour leur offrir un air plus sain.

Des cures sylvatiques ont depuis longtemps été développée dans certains pays, notamment au XIXe et au début du XXe siècle pour les tuberculeux en forêts tempérées ou nordiques. Des sanatoriums (et leur solarium) et divers types de centres de cures ont été installés dans des environnements forestiers ou en bordure de lac. Certains fonctionnent encore. Les Japonais appellent Shinrin-yoku (森林浴[1], littéralement le « bain de forêt ») la pratique qui consiste à passer du temps en forêt pour prendre soin de sa santé.

Principes[modifier | modifier le code]

Le malade peut bénéficier, à certaines saisons et sur certains sites forestiers :

  • d'une grande tranquillité et d'un environnement généralement apaisant. À titre d'illustration, le Forestry and Forest Products Research Institute, au Japon, a publié une étude qui démontre que le sang de personnes ayant marché dans les bois contient un taux de cortisol beaucoup plus bas que celui de personnes ayant couvert la même distance en ville[2]. Or cette hormone est considérée comme une des principales hormone de stress. De plus, les chercheurs ont également mesuré une activité plus faible du lobe préfrontal du cerveau[2], signe d'un état de relaxation avancé. La tonalité verte de l'environnement semble favoriser la guérison ; Roger Ulrich, qui étudie le comportement humain à l'université A&M du Texas note que les patients guérissent plus vite quand leur chambre donne sur un espace vert : ils ont moins besoin d'analgésiques et souffrent moins de nausées. La présence de grandes plantes vertes semble aussi avoir un effet déstressant, et certaines se sont montrées en laboratoire très efficaces pour adsorber ou décomposer de nombreux polluants urbains ou de l'air intérieur, cf. programme Phyt'air, à titre d'exemple ; mais l'ADEME considère que l'argument « plantes dépolluantes » n'est pas validé scientifiquement, au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine[3] ;
  • d'un air plus pur. En effet, la rosée, les mousses et les lichens fixent rapidement et efficacement les aérosols et particules en suspension dans l'air. Les spores de champignons peuvent cependant être nombreux dans les parties ombreuses et humides riche en matières en décomposition. Quelques-uns peuvent être allergènes.
    Après l'avènement de l'hygiénisme, notamment inspiré par Pasteur, diverses mesures citées par G. Plaisance ont comparé différents airs et montré que l'air forestier contenait bien moins de microbes que l'air urbain (50 microbes par mètre cube d'air en forêt littorale, contre 1 000 dans le parc Montsouris de paris, 88 000 sur les Champs-Élysées, 575 000 sur les grands boulevards et 4 000 000 dans les grands magasins à Paris selon Georges Plaisance[4]) ;
  • d'un microclimat aux courbes de températures plus douces (effet-tampon de la forêt) ;
  • d'un air enrichi en dioxygène natif[pas clair] (trois fois plus de dioxygène produit par la forêt tempérée qu'en prairie[5]). En été ou en hiver quand le soleil brille et qu'il y a peu de vent, une faible part du dioxygène de l'air forestier peut être converti par les ultraviolets solaires en ozone, notamment dans les forêts de résineux). Ce phénomène est encore amplifié sur le bord de mer ; des prélèvements effectués par l'Université internationale de la mer, montrent à l'analyse[réf. souhaitée] moins d'un germe par mètre cube d'air en haute mer, contre 50 000 dans le centre d'une ville comme Paris, grâce aux UV solaires, à l'oxygène natif et aux substances antibiotiques naturellement relarguées par la mer. L'ozone est un gaz agressif pour les yeux et les muqueuses pulmonaires à dose trop élevée, mais elle a aussi des vertus désinfectantes qui jouent peut-être un rôle en sylvothérapie ;
  • d'un air naturellement enrichi en huiles essentielles (ex. : terpènes) et en phytoncides (molécules antibiotiques naturellement sécrétées par les arbres pour se défendre contre leurs pathogènes). Le cèdre en orient, le pin en Europe ou le sapin baumier en Amérique du Nord ont depuis longtemps la réputation d'être bon pour la santé de ceux qui en respirent les effluves.

Par ailleurs, les scientifiques de la Nippon Medical School mènent depuis de années des recherches sur la sylvothérapie. Le Dr Qing Li aurait ainsi démontré d'autres  bienfaits sur la santé de simples promenades en forêt : accroissement d'indicateurs de la vitalité, renforcement de l'immunité[6],[7], diminution d'indicateurs de stress : anxiété, dépression, colère. La sylvothérapie aurait donc une action préventive sur l'hypertension, la dépression et le cancer[8],[9].

Évaluation scientifique et dangers[modifier | modifier le code]

La sylvothérapie est considérée par les scientifiques comme une « escroquerie médicale »[10], faisant courir des risques à ceux qui la pratiquent[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terme inventé en 1982 par le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.
  2. a et b (en) Park BJ, Tsunetsugu Y, Kasetani T, Hirano H, Kagawa T, Sato M, Miyazaki Y, « Physiological effects of Shinrin-yoku (taking in the atmosphere of the forest)--using salivary cortisol and cerebral activity as indicators », J Physiol Anthropol, vol. 26, no 2,‎ , p. 123-8. (PMID 17435354, lire en ligne [PDF]) modifier
  3. http://www.ademe.fr/plantes-epuration-lair-interieur
  4. G Plaisance, né à Vesoul, mort à Dijon en 1998 était ancien élève de l’Institut agronomique de Paris, de l’École nationale des eaux et forêts de Nancy et docteur-ingénieur en écologie à la faculté des sciences de Dijon. il a notamment écrit un ouvrage évoquant largement la sylvothérapie, dans lequel il cite des analyses de l'air faites dans différents types d'environnement
  5. Georges Plaisance, Forêt et santé : Guide pratique de sylvothérapie, Saint-Jean-de-Braye, édition Dangles, 1985, (OCLC 636757862) 506 pages.
  6. (en) Li Q, Morimoto K, Kobayashi M, Inagaki H, Katsumata M, Hirata Y, Hirata K, Suzuki H, Li YJ, Wakayama Y, Kawada T, Park BJ, Ohira T, Matsui N, Kagawa T, Miyazaki Y, Krensky AM, « Visiting a forest, but not a city, increases human natural killer activity and expression of anti-cancer proteins », Int J Immunopathol Pharmacol, vol. 21, no 1,‎ , p. 117-27. (PMID 18336737) modifier
  7. (en) Li Q, « Effect of forest bathing trips on human immune function », Environ Health Prev Med, vol. 15, no 1,‎ , p. 9-17. (PMID 19568839, PMCID PMC2793341, DOI 10.1007/s12199-008-0068-3) modifier
  8. « accueil sylvotérapie », sur sylvotherapie.net, (consulté le 20 septembre 2014)
  9. (en) « Forest bathing », sur www.hphpcentral.com Healthy Parks Healthy People, (consulté le 20 septembre 2014)
  10. Faire des câlins aux arbres, une nouvelle escroquerie « médicale ».
  11. « Sylvothérapie : câliner un arbre peut être dangereux »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]