Camphre

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Camphre
Camphor structure.png         Camphor-3D-balls.png
Structure du camphre
Identification
Nom IUPAC 1,7,7-triméthylbicyclo[2,2,1]heptan-2-one
Synonymes 2-bornanone
2-camphanone
No CAS 76-22-2 (±)
No EINECS 200-945-0
FEMA 4513
Apparence cristaux incolores ou blancs, d'odeur caractéristique[1].
Propriétés chimiques
Formule brute C10H16O  [Isomères]
Masse molaire[2] 152,2334 ± 0,0094 g/mol
C 78,9 %, H 10,59 %, O 10,51 %,
Propriétés physiques
fusion 180 °C[1]
ébullition 204 °C (sublimation)[3]
Solubilité 1,6 g·l-1 (eau, 25 °C).

À 25 °C 1 g se dissout dans 1 ml d'alcool, 1 ml d'éther, 0,5 ml de chloroforme. Librement sol. dans le disulfure de carbone.

Sol. dans les acides minéraux concentrés, le phénol, l'ammoniac liquide[3].
Masse volumique 0,992 g·cm-3 (25 °C)[3]
d'auto-inflammation 466 °C[1]
Point d’éclair 66 °C (coupelle fermée)[1]
Limites d’explosivité dans l’air 0,63,5 %vol[1]
Pression de vapeur saturante à 20 °C : 27 Pa[1]
Thermochimie
Cp
Cristallographie
Paramètres de maille a = 6,834 Å

b = 11,658 Å
c = 11,500 Å
α = 90,00 °
β = 90,00 °
γ = 90,00 °

Z = 4 (100,0 °C)[5]
Volume 916,26 Å3 [5]
Densité théorique 1,104 [5]
Précautions
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi
Facilement inflammable
F


NFPA 704

Symbole NFPA 704

SIMDUT[6]
B4 : Solide inflammable
B4,
Écotoxicologie
LogP 2,38 [3]
Seuil de l’odorat bas : 0,0026 ppm
haut : 0,96 ppm[7]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le camphre est un composé organique bicyclique solide issu du camphrier, connu scientifiquement comme Cinnamomum camphora.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom « camphre  » vient du latin médiéval camfora, provenant de l'arabe al kafur (الكافور), du nom malais kapur Barus qui veut dire « craie de Barus ». Les marchands malais qui vendaient le camphre aux négociants venus d'Inde et du Moyen-Orient l'appelaient kapur à cause de sa couleur blanche. Zhang Nao en chinois. Barus était le port sur la côte ouest de l'île indonésienne de Sumatra où les marchands étrangers venaient acheter le camphre.

Au Japon, on préparait le camphre en faisant passer de la vapeur d'eau sur des copeaux de camphrier (Cinnamomum camphora) ; le camphre était alors entraîné par la vapeur et venait se condenser sur des chapiteaux de paille où on le recueillait. On obtenait ainsi le camphre brut, qui était exporté, et qu'il fallait encore purifier en le sublimant dans des ballons de verre après l'avoir mélangé à 3–5 % de chaux récemment éteinte. Les ballons étaient ensuite chauffés avec de grandes précautions, dans un bain de sable, tout en élevant progressivement la température jusqu'à 205°. Le camphre se sublimait alors et venait former dans la partie supérieure du ballon un amas que l'on récupérait en brisant le verre.

Il ne faut pas confondre le camphre de Bornéo contenant du bornéol et extrait de Dryobalanops camphora avec celui extrait de Cinnamomum camphora.

Le camphre est récupéré par distillation de morceaux de racines, de tiges ou d'écorces du camphrier. Les feuilles de certaines plantes, comme les matricaires, contiennent une forme de camphre non commercialisée. Une autre forme, constituée d'un mélange d'isomères, se trouve dans l'huile d'un chrysanthème asiatique, et est également synthétisée pour la plupart des utilisations commerciales.

Il existe de nombreuses méthodes pour synthétiser le camphre. L'une d'entre elles, mise au point par Auguste Béhal, se fait à partir de l'Essence de térébenthine ou pinène C10H16. Berthelot a également synthétisé le camphre par oxydation du bornéol C10H18O ou du camphène C10H16.

Propriétés physiques et chimiques[modifier | modifier le code]

Le camphre se présente comme un solide cristallin, blanc, translucide, onctueux au toucher, rayé par l'ongle, d'odeur vive, de saveur amère et aromatique.

C'est une cétone de formule C10H16O, à partir de laquelle on synthétise le bornéol et le camphène. Quasi insoluble dans l'eau, il est soluble dans les solvants organiques. Sa densité est de 0,992 à 10°. Il se sublime à la température ordinaire (à l'air libre) à cause de sa tension de vapeur non négligeable. Pur, il fond à 179,75 °C et bout à 204 °C[1].
Il est soluble dans 840 parties d'eau, insoluble dans la glycérine, soluble dans 0,65 partie d'alcool à 95°, très soluble dans l'éther, la benzine, l'acide acétique, les huiles et les essences. Sa solution alcoolique est dextrogyre et le degré varie avec la concentration et la provenance. Si le camphre extrait des laurinées dévie la lumière polarisée à droite, il existe un camphre lévogyre extrait de l'huile essentielle de matricaire. Le camphre synthétique, quant à lui, est racémique[3]. L'acide nitrique le transforme en acide camphorique C10H16O4.

Le camphre brûle à l'air avec une flamme fuligineuse.
Bien que le camphre puisse être utilisé dans la fabrication d'explosifs, il n'est pas explosif lui-même. Mais comme tout produit combustible volatil, ses vapeurs mélangées à l'air peuvent exploser.

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Les frères Hyatt l'ont utilisé pour faire de nouvelles boules de billard.
  • Ses propriétés tensioactives le faisaient utiliser dans les années 1950 comme « moteur » pour de petits jouets flottants : ces jouets en plastique très léger étaient posés sur une petite plaque de celluloïd dans laquelle on sertissait deux ou trois cylindres de camphre d'un peu plus d'un millimètre : le jouet se déplaçait lentement à la surface de l'eau, tiré par l'eau située à l'avant plus que par l'eau située à l'arrière. Le jouet était fourni avec une trentaine de cartouches.
  • De plus, le camphre est utilisé dans le tir sportif, notamment au pistolet, pour noircir les organes de visée en le faisant brûler car il dégage une fumée noire.
  • Le camphre est également un insecticide, il est notamment efficace contre les mites.
  • En Suisse et en France, du camphre est ajouté à l'alcool de pharmacie afin d'en décourager l'ingestion, le camphre ayant un goût particulier qui, généralement, provoque des vomissements.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g CAMPHRE, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a, b, c, d et e « CAMPHOR » dans la base de données Hazardous Substances Data Bank, consulté le 16 juillet 2012
  4. (en) Carl L. Yaws, Handbook of Thermodynamic Diagrams, vol. 3, Huston, Texas, Gulf Pub. Co.,‎ 1996 (ISBN 978-0-88415-859-2)
  5. a, b et c « Camphor », sur www.reciprocalnet.org (consulté le 12 décembre 2009)
  6. « Camphre synthétique » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  7. « Camphor, synthetic », sur hazmap.nlm.nih.gov (consulté le 14 novembre 2009)
  8. [1]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Histoire pharmacologique du camphre Par D. B. J. L. Millot

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