Thierry Casasnovas

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Thierry Casasnovas
Vidéaste Web
Thierry Casasnovas en 2018
Informations
Genre Conseils en alimentation et en hygiène de vie
Naissance (46 ans)
Perpignan (Pyrénées-Orientales), France
Nationalité Français
Vidéos populaires Soignez définitivement l'arthrose en 30 min
Un jus pour « maigrir », c'est un jus pour éliminer
Aloe vera , la plante « miraculeuse »
Nombre d'abonnés 520 000 (décembre 2020)
Autres activités formateur
Site internet regenere.org
Chaîne(s) Regenere / Thierry Casasnovas

Thierry Casasnovas, né le à Perpignan (Pyrénées-Orientales, France), est un vidéaste web adepte notamment du crudivorisme et du jeûne. Sans formation médicale, il donne des conseils en matière de santé et nutrition et il est l'auteur de plus de mille vidéos diffusées depuis sur YouTube et totalisant en plus de 92 millions de vues. Il se réfère à la naturopathie et à l'hygiénisme, et organise des stages via son association Régénère, qui commercialise en ligne divers objets et produits, en particulier des extracteurs de jus.

Il déclare avoir guéri de maladies comme la tuberculose ou l'hépatite C en adoptant une alimentation crue et vivante, et affirme qu'il est également possible de guérir ainsi du cancer. Alors qu'il est régulièrement considéré comme « le chef de file du crudivorisme », certains journaux le qualifient pour leur part de « gourou », et une partie de ses propos sont jugés erronés par des nutritionnistes et médecins. Il est suivi depuis par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui indique que des centaines de signalements lui sont parvenus, sans pour autant qu'aucune plainte ne soit déposée contre lui. Une enquête à son sujet est ouverte à l'été 2020 par le parquet de Paris à la suite d'un signalement de cet organisme.

La Miviludes lui reproche de recommander une alimentation crue et l'arrêt des traitements médicaux en cas de maladies. Thierry Casasnovas reconnaît « peut-être un peu de zèle » à ses débuts, en , mais affirme avoir évolué. Il se défend également d'être un « gourou », rappelant qu'il ne cesse de répéter dans ses vidéos que « la guérison advient du respect des paramètres essentiels à la santé mais jamais d’un individu ou guérisseur ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Thierry Casasnovas en 2013.

Thierry Casasnovas affirme qu'il a été gravement malade entre 2001 et 2007, souffrant d'hépatite C, de tuberculose avancée, de pancréatite aiguë[1],[2], d'infection à la salmonelle, de dépression, et qu'il a connu plusieurs arrêts cardiaques. Il aurait vu dans l'alimentation crue « sa dernière chance »[3].

Le , il fonde sa chaîne YouTube[4], le il crée le site vivrecru[5], et le , il réalise sa première vidéo sur le marché de Chiang Mai, en Thaïlande, intitulée : « Débuter dans le mode de vie crudivore, quelques erreurs trop classiques... »[4].

Le , il fonde l'association Régénère, plate-forme d'organisation de stages et formations[5],[6].

En , Rue89 qualifie Thierry Casasnovas de « star du « manger cru » sur YouTube malgré son discours douteux »[7], et pour 20 Minutes, il est devenu en quelques années « le chef de file du crudivorisme, cette tendance à ne manger que des aliments crus pour recouvrer ou rester en bonne santé, selon lui »[3]. Dans un article de , L'Express estime que la chaîne Youtube de Thierry Casasnovas est « l'une des plus populaires dans le domaine » avec 165 800 abonnés, 1 063 vidéos et 45 millions de vues[8],[9].

En 2019, Thierry Casasnovas organise la seconde édition des « Rencontres de la régénération », un festival sur le crudivorisme qui réunit cette année-là plusieurs centaines de personnes[10], il y invite Dieudonné. Conspiracy Watch indique que « dans une de ses vidéos en live datée du 7 janvier 2020, Casasnovas exécute une quenelle, se remémorant l’époque où il fréquentait des églises chrétiennes »[11],[12].

En , Conspiracy Watch considère qu'« en dix ans, sa chaîne YouTube aux 478 000 abonnés et aux 90 millions de vues a fait de Casasnovas une personnalité incontournable dans le petit monde des « médecines non-conventionnelles ». Ses vidéos, empreintes d’une tonalité résolument « anti-système » dénoncent les « mensonges » en matière de santé ainsi que le « négationnisme alimentaire » »[12].

Il est élu conseiller municipal aux élections municipales de 2020 à Taulis. Il obtient 24 voix (soit 71 % des exprimés) et est élu dès le premier tour, étant donné qu'il y a autant de candidats que de sièges à pourvoir[13],[14]. Cependant, courant 2020, il quitte Taulis pour le Mas Francous à Maureillas-las-Illas, à quelques kilomètres, dont il prend la gérance avec le Mas Pauline, situé à côté[15].

Au printemps 2020 se crée le collectif « L'Extracteur », dont les membres estiment que la « méthode Casasnovas » comporte des dangers[16].

Pendant l'été 2020, à la suite d'un signalement de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), une enquête est ouverte à son sujet par le parquet de Paris, au nom de l'article 40 du Code de procédure pénale, pour « mise en danger de la vie d'autrui »[17],[18]. Au mois d'octobre, le collectif « L'Extracteur » signale qu'il vient de supprimer plus d'un millier de vidéos de sa chaîne YouTube, parmi lesquelles figurent celles sur le diabète[19]. Selon BFM TV, Thierry Casanovas affirme que « la maladie n'existe pas » et qu'il est possible de combattre certains symptômes sans traitements médicaux[16]. En , la porte-parole de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (UNADFI) considère qu'il est avec Jean-Jacques Crèvecœur et Christian Tal Schaller l'un des principaux influenceurs sur YouTube dont le discours s'apparente à une emprise sectaire[20].

Formation[modifier | modifier le code]

Thierry Casasnovas affirme s'être formé en autodidacte grâce à Internet[21],[5], puis être parti aux États-Unis suivre deux formations au sein de l'institut Bernard Jensen et de l'école de Robert Morse, deux écoles américaines de naturopathie, qui s'appuient selon lui « sur une longue tradition de naturopathie et d’hygiénisme »[5]. D'après Rue89, il est possible de voir dans une vidéo de Thierry Casasnovas que sa bibliothèque comporte des publications proches de la théorie hygiéniste d’Herbert M. Shelton[22]. Selon Rue89, Thierry Casasnovas « aime lancer pêle-mêle de nombreux termes techniques qui donnent l’impression d’un très grand savoir scientifique »[22], et Romain Scotto, journaliste à 20 Minutes, affirme que Thierry Casasnovas « ne possède pas de formation scientifique »[3].

Doctrine[modifier | modifier le code]

Selon Rue89, Thierry Casasnovas estime que la totalité des pathologies humaines découlent de l'alimentation et des conditions de vie, que ce soit le cancer ou la sclérose en plaques en passant par l'obésité et la dépression. Pour lui, les maladies sont le symptôme de la présence en surnombre de « toxines » et produits acides dans le corps. Il considère que l'espèce humaine mange actuellement tout au long de sa vie des aliments qui ne sont pas faits pour elle, remettant par exemple en cause le gluten et le lait. Il déclare que manger principalement des fruits et des légumes, majoritairement crus, est « ce qui a été prévu pour nous », et que cela permet de détoxifier et désacidifier le corps. Il conseille en outre de prendre du temps pour se reposer, et d'arrêter de se « surstimuler »[22].

D'après Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille, cité par Rue89, l'acidité dont parle Thierry Casasnovas fait référence à l'équilibre acido-basique du sang, qui est un élément effectivement très important. Mais selon Jean-Michel Lecerf, seul le cas extrême d'une alimentation essentiellement carnée et sans aucun fruit et légume peut conduire à un léger déséquilibre, tandis que manger « uniquement des fruits et légumes, c'est n'importe quoi, c'est de l'antinutrition »[22].

Commentant les préceptes de Thierry Casasnovas, Rue89 affirme que « la cuisson n’est pas une ennemie » avant de rapporter les propos de Jean-Paul Blanc, diététicien-nutritionniste. Ce dernier estime que manger cru a de « véritables bénéfices », le gain en fibre ayant selon lui un « impact positif » sur le transit intestinal, l'« énergie » et la « santé en général ». Mais le diététicien affirme que « la cuisson à la vapeur ou à l’eau rend aussi les aliments plus faciles à digérer » et que si la cuisson des aliments a l'inconvénient de faire disparaître une partie des vitamines et nutriments, il est possible d'y remédier par des températures de cuisson basses ou en consommant l'eau de cuisson en bouillon[22].

Thierry Casasnovas affirme malgré les preuves scientifiques que le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), responsable du Syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA), n'existe pas[18].

Concernant son projet de vendre des extracteurs de jus et des machines d'irrigation colonique dans le monde entier, Thierry Casasnovas déclare : « Pour moi c’est un projet formidable qui peut changer la face du monde, parce que si on change la flore intestinale des gens, si on nettoie les intestins, c'est tout le psychisme qui va changer et je vois là un outil de transformation radical de l’état du monde actuel par un changement individuel de l'état de notre cerveau, de notre réel cerveau »[7].

Activité commerciale et bénévole[modifier | modifier le code]

En , Thierry Casasnovas affirme que l'association Régénère à but non lucratif ne perçoit sur l'activité commerciale de vente d'extracteurs de jus qu'« une petite commission » qui permet à l'association de vivre[7],[note 1]. Il affirme également ne pas toucher de revenus publicitaires des vidéos postées sur YouTube, « pour des raisons éthiques »[5]. À cette époque-là, Thierry Casasnovas déclare avoir « le statut de dirigeant d’association bénévole » et que l’association Régénère « vit des stages qu’elle organise ainsi que de partenariats commerciaux sporadiques[5]. »

Fin , Nicolas Wailer, directeur de la société Groupe Altra et ancien partenaire de l'association Régénère avec laquelle il s'est brouillé, dit avoir été chargé de l'aspect commercial de l'activité de Thierry Casasnovas qui ne souhaitait pas « apparaître comme quelqu’un dans le commerce », et indique que les produits en vente rapporteraient plusieurs centaines de milliers d'euros[7]. Il fournit à Rue89 des documents montrant que les ventes des produits, notamment les extracteurs de jus, ont rapporté « plus de 210 000 euros de commissions à l'association pour les seuls cinq mois de février à mai 2014 » et que, pour le mois de , 893 extracteurs ont été vendus, rapportant une commission à l'association de « 40 000 euros » pour ce seul mois[7]. D'après Rue89, un extracteur de jus vendu sur le site de Thierry Casasnovas coûte environ 300 euros[22], pour un coût d'achat en Corée d'environ 150 euros, avec une commission pour l'association « d’au moins 36 euros nets »[7].

Thierry Casasnovas ne conteste pas les informations données par Altra, mais déclare : « il n’y a pas d’histoire d’argent sinon celle d’une association à but non lucratif employant (directement en salariat ou indirectement sous forme de contrats externes) douze personnes et donnant gratuitement tout. Que des marchands se fassent des marges colossales pour s’enrichir personnellement ne semble poser de problème à personne mais qu’une association gagne de l’argent sous forme de commissions sur des ventes tout en utilisant cet argent pour offrir gratuitement semble être un parjure… »[7],[5]. La société Groupe Altra publie alors un enregistrement audio réalisé par Thierry Casasnovas en , où il s'adresse à l'un de ses partenaires commerciaux et présente des projets de ventes d'extracteurs de jus et de bar à jus – propos jugés par L'Obs très différents de sa déclaration[7].

En 2019, dans l'émission 66 minutes sur M6, il affirme réaliser un chiffre d'affaires[25] de 250 000 € par an par le biais de ses activités de vente en ligne[réf. nécessaire]. Un article de BFM TV de 2020 indique que Thierry Casasnovas propose des formations thématiques au prix de 300 euros par participant[16].

En 2020, le JDD affirme que son chiffre d'affaires est constitué pour l'essentiel par les formations. La session « Cure de Jouvence » ou « Vieillir en santé » vaut 300 euros et Thierry Casasnovas déclare en vendre plusieurs centaines par an. Le coût des stages peut monter jusqu'à 700 euros pour six jours, hors hébergement. Thierry Casasnovas affirme qu'une quinzaine de personnes vivent de cette activité, donc quatre salariés. Par ailleurs, Thierry Casasnovas anime des conférences, notamment chez Égalité et Réconciliation à Roanne[17].

Pendant la pandémie de Covid-19, la Miviludes s'inquiète du « nouveau positionnement », « plus politique », de Thierry Casasnovas, qui amène « une vision du monde qui fait système pour certains ». La Miviludes estime qu'il s'agit de théories complotistes, et que celles-ci, d'une manière générale, font de l'audience et peuvent être en soi très rémunératrices[17].

Polémiques et accusations[modifier | modifier le code]

Efficacité et dangerosité des conseils[modifier | modifier le code]

En 2014, pour Thierry Casasnovas, « l’alimentation moderne est la source des maladies »[26]. Rue89 déclare que les préceptes de Thierry Casasnovas sont « considérés comme fumeux par les nombreux spécialistes de la nutrition » que le journal a contactés[22].

D'après 20 Minutes, la mouvance crudivore à laquelle appartient Thierry Casasnovas s'appuie sur le fait que lorsqu'on chauffe les aliments, à partir d'une certaine température, « les minéraux, vitamines ou enzymes nécessaires à l’organisme peuvent être altérés »[3].

Selon Rue89, les conseils de Thierry Casasnovas séduisent de très nombreux internautes. Dans les commentaires écrits sous ses vidéos, dont certaines ont plus de 100 000 vues, de nombreuses personnes témoignent se sentir mieux grâce à ses conseils. Pour expliquer pourquoi ceux qui suivent les conseils de Thierry Casasnovas se sentent mieux, Rue89 cite Laurent Chevalier, nutritionniste au CHRU de Montpellier, qui déclare : Thierry Casasnovas « dit qu'il faut se reposer plus, diminuer le café, le tabac et l'alcool, manger plus de fruits et légumes et moins de produits transformés. C'est du bon sens et en suivant ces conseils, on se sent forcément bien au bout de quelques jours, surtout si jusque-là, on mangeait mal. Mais, à long terme, il faut un équilibre avec notamment certains féculents, sinon on risque d'avoir des excès, par exemple de certains sucres difficiles à digérer, et bien sûr des carences ». Rue89 affirme aussi qu'il est possible, « en cherchant bien », de trouver des témoignages de personnes qui ont eu des problèmes de santé ou des problèmes familiaux après avoir suivi les conseils de Thierry Casasnovas. Rue89 cite Elodie, une blogueuse qui estime de manière générale que de nombreuses personnes quittent les mouvements alternatifs « en silence », car elles sont devenues des « pestiférées » « honteuses » après avoir connu l'échec avec les pratiques alimentaires concernées[22].

François Morel, chirurgien cancérologue à Rouen, affirme : « Dans ses paroles, il y a toujours un fond scientifique qu'il pervertit totalement pour le faire coller à son idéologie »[27].

Le magazine télévisé Temps présent de porte sur l'« obsession de manger sain[28] » et mentionne Thierry Casasnovas. La rédaction affirme qu'« après plusieurs échanges » Thierry Casasnovas a annulé leur « rendez-vous ». Le numéro diffusé vise spécifiquement, entre autres thématiques connexes, les modalités problématiques susceptibles de découler de certaines pratiques alimentaires vécues sur un mode « obsessionnel », notamment les dangers d’orthorexie[28].

L'UNADFI considère que Thierry Casasnovas est un charlatan qui invite ses abonnés à manger cru pour traiter le diabète ou la dépression[29].

Le , le parquet de Paris informe la rédaction de LCI que l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) a ouvert une enquête à l'encontre de Thierry Casasnovas sous le chef de mise en danger de la vie d'autrui[18].

Autour du diabète[modifier | modifier le code]

Le docteur en physiologie et spécialiste du diabète Filipe de Vadder dénonce les propos qu'il juge erronés et dangereux de Thierry Casasnovas au sujet de cette maladie[30].

Pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020[modifier | modifier le code]

En , le médecin Cyril Vidal, président de l'association FakeMed, un collectif de professionnels de santé et de citoyens mobilisés pour contrer les fake news dans le domaine de la santé[31], dénonce, dans le magazine L'Express, la dangerosité des recommandations publiques faites par Thierry Casasnovas, à propos de la pandémie de maladie à coronavirus en cours de développement dans le monde. Sur sa chaîne YouTube, le vidéaste web français donne divers conseils pour lutter contre le virus SARS-CoV-2. Selon Cyril Vidal, Thierry Casasnovas « explique qu'il faut jeûner et manger cru pour se protéger du virus, tout comme se rapprocher des gens plutôt que de limiter les contacts physiques »[32]. Le vidéaste suggère dans une vidéo publiée le et supprimée plus tard qu'il est facile de soigner cette maladie : « Si j’étais ministre de la santé, moi, ce serait réglé rapido : bain froid et jeûne pour tout le monde, un petit peu de jus de carotte et vas-y que je t’envoie ! »[33].

Mediapart relève qu'à l'occasion de cette pandémie il offre aussi une caisse de résonance aux théories conspirationnistes sur cette maladie, en particulier lorsqu'il publie une vidéo commune de deux heures avec Jean-Jacques Crèvecœur, dans laquelle il explique vouloir « révéler ce qui est caché » et « proposer une autre histoire » sur cette pandémie. Jean-Jacques Crèvecœur, conférencier conspirationniste belge, y donne libre cours à ses théories sur un grand complot de Bill Gates, sur la 5G ou encore sur « le gel nanotechnologique qui sera dans le vaccin et qui permettra de nous pucer »[33],[29]. En juin, Dieudonné remet à Thierry Casasnovas une Quenelle d'or dans la catégorie Lanceurs d'alerte[33].

Une étude de sciences comportementales de cherchant à comprendre les mécanismes cognitifs des individus ayant conduit à soutenir les affirmations du professeur Didier Raoult durant la pandémie souligne notamment le rôle joué par les promoteurs de la pensée intuitive et des pseudomédecines, parmi lesquels figurent ceux que l'étude qualifie de « gourous des pseudomédecines », citant Thierry Casasnovas en exemple[34].

Accusations de dérives sectaires[modifier | modifier le code]

Un gourou se rémunérant sur des conseils dangereux ?[modifier | modifier le code]

Le Soir cite Thierry Casasnovas comme faisant partie des « gourous autoproclamés » du « milieu du crudivorisme », et indique qu'il « prétend s’être guéri d’une tuberculose avancée, d’une hépatite C et d’une pancréatite aiguë grâce à une alimentation vivante »[2]. Cette déclaration de Thierry Casasnovas est également relevée par L'Expansion, qui ajoute que Thierry Casasnovas conseille à ses abonnés de l'imiter pour guérir de leur « cancer […] diabète ou […] dépression ». L'Expansion conclut : « des conseils bidons, une importante communauté, de l'argent : il n'en fallait pas plus pour alerter la Miviludes, la mission interministérielle chargée de repérer et de lutter contre les dérives sectaires »[8]. Rue89 relève de nombreux conseils et préceptes de Thierry Casasnovas, notamment ceux concernant le cancer : selon Rue89, Thierry Casasnovas conseille de renoncer à la chimiothérapie, qui « ajoute de la toxicité à la toxicité de notre corps », et il estime que le cancer n'est « rien de très grave », qu'il suffit pour l'éviter de faire des choses qui paraissent « tout bête », comme manger « des fruits et légumes parce que c’est la nourriture qui est faite pour toi ». Et Rue89 conclut : « Résumons. Cet individu se rémunère en livrant des conseils bidons et dangereux à des personnes malades ou en quête d’alternatives. Ça ressemble à la définition d’un gourou dans une secte, non ? »[22]. Rue89 a donné, conformément à la loi, un droit de réponse à Thierry Casasnovas, dans lequel celui-ci affirme notamment qu'il ne cesse de répéter dans ses vidéos que « la guérison advient du respect des paramètres essentiels à la santé mais jamais d’un individu ou guérisseur ». Il avance également pour sa défense la gratuité des conseils prodigués sur son site et constate que la presse ne relaie pas les témoignages positifs des internautes qui selon lui « pullulent » dans le livre d’or ouvert sur regenere.org, le site de l'association[5].

En , Rue89 publie un article sur Thierry Casasnovas, et reçoit ensuite de très nombreux messages de personnes témoignant « de la dérive d'un de leurs proches après le visionnage des vidéos de Thierry Casasnovas ». Le vidéaste demande à publier un droit de réponse, dans lequel il se défend notamment d'être une personne qui tirerait « un bénéfice financier en profitant de la faiblesse d’une autre personne », et affirme n'être pas cité une seule fois dans les rapports de la Miviludes[5]. À la fin de ce droit de réponse publié par Rue89, le journal se félicite que depuis la publication de ses enquêtes sur le vidéaste, ce dernier met des messages en ligne pour appeler à la prudence les internautes qui visionnent ses vidéos[5]. Selon Le Soir, sur son site, Thierry Casasnovas « se prémunit d’emblée contre toute attaque pour exercice illégal de la médecine avec un grand placard revendiquant la liberté d'expression et rappelant que la consultation de son site ne remplace en aucune façon une consultation médicale »[2]. BFM TV note qu'en 2020 un avertissement est présent sur la page de présentation de sa chaîne YouTube : il y indique que ses conseils ne doivent pas être mis en œuvre avant consultation d'un médecin[16].

Dans De viandard à végane : Pour que vivent les animaux (2016), témoignant de l'évolution de ses propres choix nutritionnels, l'écrivain Bruno Blum affirme que « quelques médias en ligne essaient de discréditer [l'] approche de l'alimentation crue de Thierry Casasnovas en parlant de compte en banque Paypal et de dons occultes présumés ». Blum estime que « quels que soient les griefs malveillants qu'on lui adresse, son expérience personnelle est incontestablement édifiante »[35].

Selon LCI, alors que la notoriété de Thierry Casasnovas augmente pendant la pandémie de Covid-19, ce dernier « arrondit les angles, supprime des vidéos ou en modifie le titre ». C'est le cas par exemple avec une vidéo intitulée « soigner tous les diabètes en 20 minutes » renommée par la suite « comprendre les diabètes ». LCI cite le collectif L'Extracteur qui accuse Thierry Casanovas en 2020 ainsi : « depuis plusieurs semaines, il modifie les titres et descriptions, ajoute du conditionnel, rappelle qu'il n'est responsable de rien et complexifie son discours afin de diluer sa responsabilité »[18].

Autres similitudes avec les mouvements sectaires[modifier | modifier le code]

En , d'après Rue89, Thierry Casasnovas utilise des « méthodes clairement sectaires », notamment en misant sur la peur, « pour vous convaincre d’acheter ses produits » et regarder ses vidéos. Il communique sur « les légitimes inquiétudes alimentaires du moment autour de la viande, du gluten, des additifs et des pesticides »[22].

Selon une ancienne participante d'un stage de naturopathie organisé par Régénère interrogée par Rue89, « il y avait même comme des séances de prières, subtilement il trouvait le moyen de faire passer un message religieux. Ce n'était pas du tout l'idée du stage, ce n'était pas prévu […] J'ai pensé qu'il s'apparentait à un gourou, et que ses activités étaient sectaires »[36].

Dans le livre Management et spiritualité de Jean-Yves Duyck, Gaëlle Moal-Ulvoas, et Catherine Voynnet-Fourboul, les auteurs estiment qu'il y a deux récits qui se développent sur Thierry Casasnovas. D'un côté se trouve le récit des adeptes, qui ont changé d'alimentation et pensent que le monde irait mieux si tout le monde suivait Thierry Casasnovas. Selon les trois auteurs, ces adeptes ont un ensemble de « croyances, plus ou moins exactes », notamment que les extracteurs de jus conservent les nutriments des aliments, que les jus ne nécessitent aucune digestion, que le procédé d'extraction élimine ce qu'ils appellent la « pollution », que les jus de légumes permettent d'éliminer du corps des impuretés et prévenir les maladies, etc. Certains adeptes, d'abord débutants, deviennent des initiés, puis des experts, et enfin des « évangélistes ». De l'autre côté se trouvent les détracteurs, qui avancent que Thierry Casasnovas aurait été disciple de Raël et qu'il existerait une filiation sectaire entre eux. À la suite d'une mésentente, Thierry Casasnovas se serait détourné de Raël et aurait alors étudié les problématiques écologiques et humanistes soulevées par Pierre Rabhi. De ce dernier, Thierry Casasnovas reprendrait le concept de « révolution intérieure », qui, selon les trois auteurs, explique le succès de Casasnovas. Ce dernier explique que les maladies sont dues à l'ignorance et causées par l'individu lui-même. L'individu pourrait donc reprendre le contrôle de sa vie en connaissant les « lois » et en s'intéressant à la cause et non au symptôme. Selon ces auteurs, « ce processus de culpabilisation de ces individus en quête de sens, rend visible le rôle central de la croyance dans la diffusion, puis la réception de l'invention technique de l'extracteur de jus »[37].

Surveillance par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires[modifier | modifier le code]

En 2014, la Miviludes dit suivre ses vidéos à partir d'[22],[5], et le qualifie de « dérapeute », c’est-à-dire un thérapeute qui dérape[5]. Audrey Keysers, de la Miviludes, déclare : « Le problème, c'est qu'il va jusqu'à qualifier la chimiothérapie de mort au rat ! Il appelle à remplacer les médicaments par le crudivorisme et non en complément, là, c'est la ligne rouge. On parle alors de perte de chance »[27].

En 2014 toujours, Serge Blisko, président de la Miviludes, affirme également que Thierry Casasnovas est bien connu dans le service, et qu'ils ont reçu « des dizaines et des dizaines de messages à son propos, de gens surpris, en colère, ou parfois qui ont été abusés ». D'après Serge Blisko, la surveillance de Thierry Casasnovas a conduit à « une procédure d’interdiction de vendre par lui-même des plantes aromatiques, après un signalement au conseil national de l’Ordre des pharmaciens ». Mais Serge Blisko affirme qu'il lui serait difficile de faire interdire la publication de vidéos par Thierry Casasnovas : « C’est toute la difficulté de notre métier, il n’est pas médecin, il n’a pas d’officine ou de bureau, il ne s’autorise que de lui-même [...]. C’est un combat à armes inégales, inconsciemment aidé par ceux qui les regardent. [...] On essaye de compléter notre dossier, on n’a rien déposé aujourd’hui devant le procureur de la République parce qu’on n’a pas envie d’avoir un non lieu. »[22]. Toujours selon lui, Thierry Casasnovas a « une véritable emprise mentale sur ses abonnés. Certains se sont laissés embobiner. Ils étaient fragilisés et prêts à tout pour éviter la chimiothérapie ou une chirurgie invalidante. Ils ont tenté les jus à la place. ». Serge Blisko ajoute ne pas avoir, jusqu'alors (2014), « eu connaissance de cas dramatique »[8].

En 2018, sur demande de Thierry Casasnovas, la Miviludes lui envoie un courrier pour expliquer qu'elle estime que ses méthodes « présentent des risques pour la santé des adeptes », mais qu'elle « ne fait pas état de dérives avérées » le concernant[16].

En 2019, selon la Miviludes, Thierry Casasnovas a fait l'objet de plus de quatre cents signalements depuis 2016, dont plus de 250 en 2017, sans pour autant que la moindre plainte ne soit portée contre lui[27]. Audrey Keysers estime que « les gens qui se sont fait avoir n'osent pas le dénoncer. Ils ont souvent honte ». Interviewé au sujet de ces signalements contre lui, Thierry Casasnovas s'étonne de leur nombre : « 400 ?! Si c'est parce que l'état des gens s'est dégradé avec le crudivorisme, je vais me remettre en question. Mais si c'est pour dire que je suis un gourou, je n'en ai rien à faire ». Au sujet de ses conseils sur l'alimentation crue et l'arrêt des traitements pour se soigner, Thierry Casasnovas reconnaît cependant « peut-être un peu de zèle à ses débuts, en 2011 mais j'ai évolué »[27].

En 2020, le docteur Bruno Boyer, président de la section santé publique du Conseil national de l'Ordre des médecins, estime que ce n'est pas tant les conseils de Thierry Casasnovas qui sont en cause, mais son attitude dogmatique proche du religieux qui conduirait certaines personnes suivant ces conseils à se détourner des traitements médicaux susceptibles de les soigner[16].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Thierry Casasnovas est intervenant dans deux films documentaires réalisés par Alexandre Ferrini : Régénération, sorti en , avec Joel de Rosnay, Idriss Aberkane, Thierry Janssen et Gilles Bœuf[38],[39], et Vivante !, sorti le [40],[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Association active sous le Code APE : 9499Z - Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire[23],[24]

Références[modifier | modifier le code]

  1. JP Géné, « Manger cru, le nouveau credo branché », Le Monde « Chronique »,‎ (lire en ligne) Accès payant
    « Un certain Thierry Casasnovas, qui, à 27 ans, ne pesait que 30 kg pour 1 m 75, atteint d'une hépatite C, d'une tuberculose avancée et d'une pancréatite aiguë dont il aurait réussi à [se] sortir ... »
  2. a b et c Anne-Sophie Leurquin, « La «raw food» ou le plaisir de manger tout cru », Le Soir Plus,‎ (lire en ligne, consulté le 1er septembre 2018).
  3. a b c et d Romain Scotto, « Alimentation: Manger sans cuire les aliments, ils y ont cru », 20 Minutes, .
  4. a et b « Regenere / Thierry Casasnovas », .
  5. a b c d e f g h i j k et l Thierry Casasnovas, « Droit de réponse de Thierry Casasnovas », Rue 89, .
  6. « Régénère », sur Journal officiel de la République française, .
  7. a b c d e f g et h Thibaut Schepman, « La très juteuse générosité du gourou du « manger cru » Thierry Casasnovas », Rue89.
  8. a b et c « Jus de légume contre cancer: sur YouTube, l'info santé est cuisinée sauce intox », L'Expansion,‎ (lire en ligne, consulté le 1er septembre 2018).
  9. En juillet 2020, la chaîne Youtube de Thierry Casasnovas comporte 495 000 abonnés, 1 369 vidéos et plus de 45 millions de vues, « Regenere / Thierry Casasnovas »,
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    Le lien vidéo ci-annexé pointe directement sur le minutage 38:40 à 41:25 mettant en exergue les déclarations du principal intéressé.
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Traductions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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