Esvres

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Esvres

De gauche à droite et de haut en bas :
panorama général ;
les escaliers du château, le pont Girault ;
le ruisseau de l'Échandon, un verre de touraine-noble-joué.
Photographie en couleurs d'un centre d'une commune avec une église en arrière-plan.
Photographie en couleurs d'un escalier extérieur en pierre entre deux hauts murs. Photographie en couleurs de l'arche d'un pont en pierre au-dessus d'un cours d'eau.
Photogtaphie en couleurs d'un ruisseau entre deux rives arborées. Photographie en couleurs d'un verre de vin rosé.
Blason de Esvres
Blason
Esvres
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Tours
Canton Monts
Intercommunalité Touraine Vallée de l'Indre
Maire
Mandat
Jean-Christophe Gassot
2014-2020
Code postal 37320
Code commune 37104
Démographie
Gentilé Esvriens / Esvriennes
Population
municipale
5 702 hab. (2015 en augmentation de 26,07 % par rapport à 2010)
Densité 159 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 17′ 06″ nord, 0° 47′ 13″ est
Altitude Min. 52 m
Max. 96 m
Superficie 35,85 km2
Localisation

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Esvres

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Esvres
Liens
Site web www.ville-esvres.fr

Esvres (prononcé [ɛvʁ]), appelée également Esvres-sur-Indre, est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Le territoire d'Esvres porte des traces d'occupation humaine depuis le Paléolithique. C'est surtout au IIe siècle av. J.-C. que les indices s'accumulent (nécropoles, vaste secteur d'habitat) pour suggérer l'existence d'une agglomération protohistorique dont l'importance et les contours restent cependant à définir, mais qui semble rester active jusqu'au Bas-Empire. Esvres, que cite déjà Grégoire de Tours, devient au VIIIe siècle le siège d'une vaste viguerie. Au XIXe siècle, la commune ne connaît qu'une faible baisse de sa population, et le nombre d'habitants augmente sans cesse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, épisode par ailleurs marqué au plan local par plusieurs figures de la Résistance. Aux XXe et XXIe siècles, outre sa forte croissance démographique — la commune compte 5 702 habitants en 2015 et le nombre de ses résidences principales a presque quintuplé depuis 1945 —, Esvres connaît un important développement économique avec notamment la création d'une zone industrielle très active le long de la D 943, principal axe routier entre Tours et Loches. En outre, la vocation agricole d'Esvres se maintient ; la céréaliculture domine largement mais les vignes de l'appellation touraine-noble-joué sont bien présentes et la surface qui leur est consacrée augmente même légèrement.

L'église d'Esvres, dédiée à saint Médard, semble construite à compter du XIIe siècle mais elle garde des vestiges d'édifices plus anciens, comme une partie de sa façade et de ses fondations. Le château de Montchenin est, du XVIe siècle à la Révolution, la villégiature de l'abbé de Saint-Paul de Cormery. Plusieurs châteaux ou manoirs, souvent médiévaux à l'origine mais reconstruits à la Renaissance, constituent une part importante du patrimoine bâti d'Esvres. L'un d'eux, la château de la Dorée, qui a appartenu au XVIIIe siècle à Alexandre-Pierre Odart, maire d'Esvres et savant ampélographe, accueille le troisième plus grand site français du groupe AG2R La Mondiale ; l'entreprise y emploie en 2016 plus de 500 personnes. Le patrimoine naturel est constitué de quatre ZNIEFF liées aux vallées de l'Indre ou de ses affluents, ou aux massifs boisés encore très présents dans le nord du territoire communal.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Esvres est une commune de la vallée de l'Indre, le bourg se trouvant au niveau du confluent de cette rivière et de l'Échandon, l'un de ses affluents. La localité se trouve à environ 14,3 km au sud-est de Tours[1], distance exprimée à vol d'oiseau. Dans la partie nord-est du canton de Monts (12,1 km séparent Esvres du bureau centralisateur[2]), Esvres est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours[I 1].

Communes limitrophes de Esvres
Chambray-lès-Tours Larçay / Véretz Azay-sur-Cher
Veigné Esvres Truyes
Saint-Branchs Cormery

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs représentant les strates géologiques affleurantes d'un territoire.
Carte géologique simplifiée d'Esvres[3].
  •      Bourg
  •       Limites communales
  •       e7 : calcaire lacustre de Touraine (Ludien)
  •       m3-p : sables et graviers du (Miocène)
  •       Rm3-p : sables argileux et graviers (Tertiaire)
  •       N : sables éoliens (Quaternaire)
  •       LP : limon des plateaux (Quaternaire)
  •       Fw-x : alluvions fluviatiles (Quaternaire)

Au sud du Bassin parisien géologique, le territoire d'Esvres est centré sur une légère cuvette du calcaire lacustre de Touraine déposé à l'Éocène (e7) sur les strates calcaires crétacées, la plus récente de ces dernières étant celle de la Craie de Blois, blanche avec des inclusions de silex[4]. En périphérie de cette cuvette se retrouvent des dépôts sableux du Miocène, intacts au nord (m3-p) mais parfois dégradés au sud (Rm3-p), sableux (E) ou limoneux quaternaires (LP). Les vallées du ruisseau de Nantilly et de l'Échandon ont creusé leur lit dans ce substrat de calcaire lacustre sans jamais atteindre le calcaire turonien sous-jacent ; l'Indre, par contre, a érodé le plateau jusqu'à entamer cette strate. Des alluvions d'âge variable, témoignant du creusement progressif des vallées, couvrent le fond des vallées de ces cours d'eau (Fw-z)[4]. Le calcaire lacustre, souvent meuliérisé, est utilisé dans la construction sous le nom de « pierre d'Esvres » ; en 2003, les carrières ne sont plus en exploitation[5].

Le territoire communal affecte sensiblement la forme d'un rectangle légèrement allongé du nord au sud et séparé en deux parties inégales par la vallée de l'Indre, environ deux tiers de la superficie de la commune au nord, un tiers au sud[4]. Avec une superficie communale de 3 585 ha quand la moyenne nationale s'établit à 1 488 ha[6], Esvres est une commune de grande taille.

L'altitude moyenne du plateau varie autour de 85 m, avec un maximum de 96 m au nord-ouest et au nord-est de la commune. L'Indre coule dans une vallée dont l'altitude s'établit autour de 55 m[4].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'un bassin d'eau naturel entouré de végétation.
Les sources d'Avon.

L'Indre traverse le territoire communal et sa vallée, parfois marécageuse, est jalonnée de plusieurs bras morts dont l'emplacement et le tracé ont varié au fil des siècles. Son principal affluent est, sur la rive gauche, l'Échandon qui se jette dans l'Indre au niveau du bourg[4]. Sur la rive droite, plus en aval, le ruisseau de Nantilly alimente également l'Indre[M 1].

Les vallées servent de réceptacle à de nombreuses exsurgences de sources karstiques issues d'infiltrations dans le plateau de calcaire lacustre par le biais de dolines ; c'est par exemple le cas des sources d'Avon à la limite de Truyes[4]. Vingt-deux de ces sources sont recensées sur le territoire communal[M 2]. Plusieurs d'entre elles s'accompagnent de dépôts de tuf au niveau de leur exsurgence[7],[8], une autre, canalisée, contourne le chevet de l'église puis passe sous la mairie dans le mur de laquelle se trouve son exutoire[9].

Les cressonnières installées aux sources d'Avon et sur le ruisseau de Nantilly[10] cessent leur activité dans les années 2000.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat d'Indre-et-Loire.

Comme l'ensemble des communes d'Indre-et-Loire, Esvres bénéficie d'un climat tempéré océanique dit dégradé[11], caractérisé par des températures clémentes, même en hiver. Aucun mois n'est véritablement sec, les précipitations mensuelles moyennes étant toujours supérieures à 40 mm[12].

La Champeigne, dont fait partie Esvres, subit toutefois moins de gelées, avec une moyenne de 55 jours de gel entre octobre et avril, que l'est du département (60 jours), mais davantage que les confins de l'Anjou (50 jours)[13]. Cormery, commune limitrophe, connaît une moyenne annuelle de 160 jours de précipitations, pour une pluviométrie comprise entre 550 et 600 mm ; le taux d'ensoleillement moyen y est de 1 780 heures par an[14].

Paysages naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs matérialisant l'emprise des différents types de paysages naturels ou agricoles sur un territoire.
Zonage paysager communal[CP 1].

La partie septentrionale de la commune, principalement au nord-est de la D 943, reste très boisée ainsi que, dans une moindre mesure, les vallées des cours d'eau. Le reste du territoire de part et d'autre de l'Indre est occupé par des cultures (céréales au sud de l'Indre et cultures plus variées au nord incluant des prairies, avec une implantation nette de la vigne dans un secteur bien délimité), ou bien construit (habitat et activités commerciales ou industrielles)[4],[CP 2].

Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) intéressent, à des degrés divers, le territoire de la commune.

Carte en couleurs matérialisant les secteurs naturels remarquables d'un territoire.
Cartographie des ZNIEFF d'Esvres.

La ZNIEFF continentale de type I des « landes de la Petite Bamboche » (identifiant national : 240006216), d'une superficie un peu supérieure à 4 ha, est intégralement située au nord du territoire esvrien, en limite d'un cimetière communal. La Cicendie filiforme, plante protégée au niveau national, fait partie des espèces recensées sur cette ZNIEFF[15].

La ZNIEFF continentale de type I des « sources tufeuses de l'Échandon, moulin Perrion » (identifiant national : 240009609) ne couvre que 4 ha ; elle est incluse dans la ZNIEFF de la vallée de l'Échandon. Séparée de cette rivière par une route qui est un facteur de fragmentation, elle se caractérise par la présence de sources calcaires abritant des bryophytes[16].

La ZNIEFF continentale de type I des « prairies et coteaux de l'Indre au moulin de Vontes » (identifiant national 240030978) intéresse Esvres et Truyes, mais également, et dans une moindre mesure, Cormery. Elle est remarquable par la diversité de ses habitats, prairies à flore des lieux humides comme le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), grottes à chiropères comme le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), pelouses sèches à orchidées comme la Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum)[17].

La ZNIEFF continentale de type II de la « vallée de l'Échandon » (identifiant national 240031562) se développe sur sept communes, dont Esvres, et sur une superficie de plus de 860 ha le long de la rivière. Sur le territoire communal esvrien elle inclut la ZNIEFF des « sources tufeuses de l'Échandon, moulin Perrion ». Dans des habitats très variés (pelouses calcicoles sur les coteaux, forêts sur les pentes et prairies humides dans le fond de la vallée), plus de mille espèces différentes sont recensées, dont 42 sont protégées à l'échelon régional[18].

Outre ces sites remarquables, la diversité floristique d'Esvres se traduit par la présence de nombreux massifs de buis dans les vallées[19].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le plan local d'urbanisme d'Esvres est déposé en 2006. Il est modifié en 2011, 2014, 2016 et 2018[CP 3].

Logement[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente une comparaison de quelques indicateurs chiffrés du logement pour Esvres et l'ensemble de l'Indre-et-Loire en 2015[I 2],[I 3].

Le logement à Esvres en 2015.
Esvres Indre-et-Loire
Parc immobilier total (en nombre d'habitations) 2 411 315 335
Part des résidences principales (en %) 92,0 87,3
Part des logements vacants (en %) 5,7 8,2
Part des ménages propriétaires de leur logement (en %) 78,3 59,1

Seuls 2,3 % des habitations d'Esvres sont des résidences secondaires, sans changement depuis 2010. Les occupants des résidences principales en sont à plus de 78 % propriétaires. Le parc immobilier communal s'est fortement accru depuis 1970 puisque 1406 des 2090 résidences principales que compte la commune en 2015 sont construites après cette date. Les maisons individuelles représentent près de 92 % du parc des résidences principales[I 2].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs représentant les phases successives d'urbanisation d'un bourg.
Urbanisation progressive du bourg d'Esvres.

Le bourg s'est développé sur le flanc de la rive droite de l'Indre, le long de la rivière. La partie la plus ancienne, de forme ovalaire et peut-être primitivement close d'une enceinte, est ramassée à l'est de l'église et au pied du château. Le centre-bourg qui s'est ensuite peu à peu agrandi est redessiné au XIXe siècle, avec un élargissement des voies, un alignement des façades et une surélévation des immeubles. Des extensions sous forme de lotissements pavillonnaires se construisent à partir de la fin des années 1950 au nord de ce noyau sur le plateau lui-même, phénomène très sensible à partir de 1980[4]. Dans les années 1970 se constitue un second pôle à vocation industrielle et commerciale de part et d'autre de la D 943, distinct du centre historique d'Esvres. Au cours des deux décennies suivantes, le périmètre urbanisé ne s'agrandit pas de manière importante, les nouvelles constructions s'insérant des les espaces laissés libres entre les plus anciennes par comblement des dents creuses[CP 4]. Par contre, au XXIe siècle, le bourg s'étend de nouveau par construction d'une couronne[CP 5].

En-dehors de l'agglomération esvrienne, l'habitat est composé, comme souvent dans la Champeigne, de hameaux centrés sur une route ou un carrefour, le maillage du territoire étant complété par quelques grosses fermes isolées[CP 6]. Ces hameaux et écarts se trouvent dans leur très grande majorité dans la partie du territoire située au sud-ouest de la D 943[CP 7].

Risques naturels et industriels[modifier | modifier le code]

Même si les habitations du bourg sont pour la plupart construites hors d'atteinte des crues de l'Indre, la commune est exposée à cet aléa, comme en novembre 1770 lorsque de nombreux bâtiments et équipements sont emportés[M 3]. Le plan de prévention du risque inondation pour le val de l'Indre adopté en 2005 s'applique donc à Esvres[20]. Il stipule que les habitations et équipements du bourg situés de part et d'autres de la D 17 sont soumis à un risque « fort » d'inondation. Ce secteur n'est toutefois pas interdit à la construction. Au plus près de l'Indre, l'aléa est qualifié de « très fort » et les constructions sont interdites[CP 8].

L'aléa lié au phénomène de retrait-gonflement des argiles est lié à la nature des terrains affleurants : il est estimé fort sur le plateau où le calcaire lacustre prédomine ; il est plus faible dans les autres secteurs de la commune, là où d'autres formations géologiques de surface sont observées (limons, alluvions)[21].

Esvres est soumise à un risque sismique faible (niveau 2 sur une échelle de 1 à 5)[22] ; les chroniques locales mentionnent toutefois deux séismes[23],[24], le (intensité V ou VI, épicentre en limite du Poitou et de la Touraine)[25] et le (intensité V, épicentre en Touraine)[26].

De 1982 à 2011, douze phénomènes naturels ont abouti au placement de la commune en état de catastrophe naturelle : inondations et coulées de boue, mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse, effondrement de terrain[27].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Réseaux routier et autoroutier[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est traversé du nord-ouest au sud-est par la D 943 (ancienne N 143 déclassée) qui passe très largement à l'est du centre urbain. Longeant l'Indre sur sa rive droite depuis Azay-le-Rideau à l'ouest, la D 17 traverse le centre d'Esvres pour rejoindre à l'est la D 943.

L'accès no 10 à l'autoroute A 85 (Angers-Vierzon) se trouve à un peu plus de 4 km au nord-est du centre d'Esvres sur la D 943.

Réseaux de transport en commun[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'un bâtiment le long d'une voie ferrée.
Gare SNCF d'Esvres.

Gérés par la Société nationale des chemins de fer français, les trains et autocars TER Centre-Val de Loire assurent la desserte de la commune, via la Gare d'Esvres, grâce à la liaison régulière entre les gares de Tours et Loches[28].

Géré par la région Centre-Val de Loire et exploité par Transdev Touraine, le réseau Rémi, Réseau de Mobilité Interurbaine assure via la ligne F, la liaison Esvres ↔ VeignéTours[29].

Géré par Tours Métropole Val de Loire et exploité par Keolis Tours, le réseau Fil bleu assure via la ligne 114, la liaison Tours Centre - Gare de Tours ↔ Esvres-sur-Indre - Nécropole Esvres[30].

Itinéraires pédestres et cyclistes[modifier | modifier le code]

L'« Indre à vélo » est un itinéraire touristique permettant aux cyclistes de découvrir le patrimoine des communes qui bordent la rivière, de Jeu-les-Bois à Azay-le-Rideau. Il emprunte notamment la route qui longe la rive droite de l'Indre, franchit la rivière à Cormery pour poursuivre en aval sur la rive gauche puis encore sur la rive droite à partir d'Esvres[31].

Le « sentier de grande randonnée 46 » qui relie Toulouse à Tours parcourt notamment la vallée de l'Indre. Entre Courçay et Cormery, il emprunte la rive droite de la rivière, qu'il franchit sur le pont de Cormery et continue sur la rive gauche avant de traverser à nouveau au niveau d'Esvres[32].

Toponymie et hydronymie[modifier | modifier le code]

Extrait d'une carte ancienne.
Esvres (limites communales modernes en jaune) sur la carte de Cassini.

Onomastique partielle du toponyme Esvres[33],[Note 1] :


À la fin de l'Antiquité le site d'Esvres est connu sous le nom d'Evena comme l'indique Grégoire de Tours[Z 1]. Ce toponyme semble bien être issu de la racine prélatine *avara (*av- : eau) comme en témoignent plusieurs dénominations (monnaie, cartulaires du XIIe siècle et postérieurs). Dans ces conditions, la graphie Evena mentionnée par Grégoire de Tours ne s'explique pas[33].

Bien que couramment utilisée à l'époque contemporaine, la dénomination « Esvres-sur-Indre » n'est pas la forme officielle[33],[I 4].

Les toponymes composés avec Avon ont souvent pour origine Abonnis (villa), « domaine d'Abon », anthroponyme d'origine germanique fréquent. Dans le cas des sources d'Avon, il pourrait plutôt s'agir d'une référence au gaulois abon (rivière)[34]. Plusieurs toponymes dérivent directement du patronyme de l'un de leurs anciens propriétaires, comme la Caillaudière (domaine de Caillaud) ou la Duporterie (domaine de Duport)[M 4]. D'autres lieux évoquent la topographie locale, comme Nantilly, issu du prélatin nanto (vallée) et du suffixe -ialo (clairière) ou le Peux, du latin podium (lieu élevé)[35]. La Haute-Cour garde peut-être le souvenir d'une ancienne cour (curtis) carolingienne, ensemble de bâtiments clos pour un riche propriétaire et ses domestiques[36].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Un dolmen ruiné[M 5] et de l'outillage en pierre (bifaces[M 6]) attestent de la présence humaine dans le secteur d'Esvres dès le Paléolithique ancien[37] ; ces différents outils semblent de fabrication locale[38]. Des meules néolithiques en grès sont retrouvées à la Haute-Cour[39] et des tessons de poterie à Nantilly. L'ancienne dénomination cadastrale « la Pierre-à-Vinaigre » sur le territoire communal évoque le souvenir d'un mégalithe (menhir probablement) disparu servant de réceptacle à des offrandes de vin[M 5],[40].

Protohistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Un dépôt métallique de la fin de l'âge du bronze (950-) a été découvert dans le secteur de la Dorée en 1906[41]. Constitué d'une cinquantaine d'objets ou fragments d'objets, dont certains proviennent des îles Britanniques, il a longtemps été interprété comme une « cachette de fondeur »[M 7]. Les chercheurs considèrent maintenant que cette hypothèse est erronée et que ces stocks ont été enfouis dans un cadre rituel[Z 2].

icône image Image externe
Le site des Billettes (Esvres) (photo Nicolas Fouillet) sur le site de Citeres

Le village d’Esvres est occupé depuis le deuxième siècle avant Jésus-Christ. Les nécropoles de Vaugrignon[37] et de la Haute-Cour[42],[43] ont été utilisées de La Tène finale jusqu'au Haut-Empire, les abandons les plus tardifs ayant lieu au IIe siècle. Elles peuvent constituer un même espace funéraire, composé de plusieurs ensembles[44]. Un habitat a été reconnu sur le rebord du plateau et sous le village actuel sur plus de 2 ha grâce à aux recherches archéologiques ; il pourrait s'agir d'un site routier bordant les routes qui suivent l'Indre et d'une éventuelle voie reliant Caesarodunum (Tours) à Augustoritum (Limoges) par Mantalomagus (Manthelan)[Z 1] mais il semble prématuré de relier directement ce site aux nécropoles esvriennes[45]. Au nord du territoire communal, le site des Billettes (opération d'archéologie préventive préalable à la construction de l'autoroute A 85 en 2005) est occupé par un établissement rural depuis La Tène finale jusqu'au IIIe siècle[46], tout comme celui du Bois de la Duporterie, proche du précédent[47].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le site est un vicus (Evena vicus) de la fin de l'Antiquité. Grégoire de Tours indique (Histoire des Francs, X, 31, VI) qu'une église y a été fondée au VIe siècle par l'évêque Perpet et la tradition rapporte que Monégonde de Chartres y accomplit un miracle. Dès cette époque, l'église abrite des reliques de saint Médard[L 1] mais elle est peut-être alors dédiée à Gabriel[48]. Des monnaies sont frappées au nom du vicus d'Esvres durant les VIe et VIIe siècles[Z 3].

Extrait d'une carte ancienne.
Extrait du cadastre napoléonien.
Moulins médiévaux à Esvres[M 8].

Du VIIIe au Xe siècle Esvres est le chef-lieu d'une des 21 vigueries de Touraine[Z 4]. Le nombre et la localisation des villas qui la composent restent imprécis, et le territoire de cette viguerie peut s'étendre soit au sud, soit de part et d'autre de l'Indre[L 2]. L'abbaye Saint-Paul de Cormery, fondée à la fin du VIIIe siècle, s'enrichit de plus biens territoires provenant de la viguerie[L 3]. Les découvertes archéologiques témoignent de l’occupation du bourg : la présence de sarcophages et les bas reliefs en remploi dans le chevet de l'église renforcent l'hypothèse d'un lieu de culte du haut Moyen Âge à l'emplacement de l'édifice actuel dont les plus anciennes structures peuvent remonter au XIe ou au XIIe siècle[49]. Outre le château et l'église aucun vestige ne se rapporte à l'occupation médiévale. Quelques observations de terrain confortent l'hypothèse d'une enceinte pour interpréter l'anomalie parcellaire qui marque la morphologie du bourg ancien au parcellaire extrêmement morcelé, encore très visible sur le cadastre napoléonien (1832)[L 4], mais elle n'est ni datée ni caractérisée[Z 1]. Des actes du IXe siècle mentionnent que de nouvelles terres sont devenues cultivables sur le territoire d'Esvres, mais elles peuvent résulter de défrichements forestiers ou de gains sur des parcelles inondables de la vallée de l'Indre[L 5].

Selon le cartulaire de l'abbaye de Cormery, un ermite de cette abbaye nommé Léothéric fonde vers la fin du XIe siècle le prieuré Saint-Pierre de Vontes où il s'établit[M 9],[50] sur cette terre donnée à l'abbaye par Foulques le Réchin.

De nombreux moulins sont établis sur l'Indre, mais aussi sur l'Échandon et le ruisseau de Nantilly[M 10], les plus anciens, à Vontes sur l'Indre[L 6], étant mentionnés dès 1070[51].

Une charte de l'abbaye de Cormery de 1338 montre une bourg groupé près de l'église et indique le présence de vignes et chènevières sur le territoire paroissial[52].. En 1358, pendant la Guerre de Cent Ans, une bande armée opérant en marge des troupes anglaises, commandée par le Français Basquin du Poncet et basée à La Roche-Posay, commet plusieurs méfaits dans la région. Elle s'installe à l'abbaye de Cormery, dévaste et pille le prieuré Saint-Pierre de Vontes qui dépend de ce monastère[M 11].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'un hameau traversé par une route.
Montchenin. À gauche de la route, le hameau (Saint-Branchs). À droite, le château et ses dépendances (Esvres).

Le renouveau architectural de la Renaissance française se ressent à Esvres où les propriétaires des châteaux de la Dorée, Vaugrignon, la Roche-Farou font reconstruire leurs châteaux médiévaux[M 12]. Denis Briçonnet, premier abbé commendataire de Saint-Paul de Cormery fait édifier en 1521 le château de Montchenin (ou Montchenain), à la limite d'Esvres et de Saint-Branchs[M 13] — l'édifice est entièrement reconstruit en 1850 en style néo-Renaissance[53].

En 1709, la rigueur de l'hiver occasionne un nombre de décès double d'une année « moyenne », tant par mort directe due au froid que par la famine qui s'en suit, en raison de la destruction des cultures[M 14]. La crue de l'Indre dans la nuit du 26 au , occasionnée par de fortes pluies sur son bassin versant, cause d'importants dégâts à Esvres. Aucune victime n'est à déplorer dans la paroisse, mais le corps d'un habitant de Truyes y est retrouvé au niveau d'un moulin cinq mois après[M 15].

De la Révolution à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances rédigé par le tiers état pour les États généraux de 1789 témoignent d'un profond sentiment antireligieux dans la population puisqu'ils réclament la « suppression des abbayes et couvents de tous ordres » ; comme beaucoup d'autres, ce document dénonce également l'inégalité face à l'impôt[M 16]. La Révolution est marquée en 1792 par le transfert symbolique de la gestion de l'état-civil d'Esvres de la paroisse à la commune[M 17]. En 1793, à l'occasion de la levée en masse, la commune d'Esvres doit fournir un contingent de 54 soldats[54]. Les domaines de nombreux nobles, la Vilaine et la Roche-Farou qui en dépend, Vaugrignon et les moulins des Poulineries, Sauquet, Vaugrenier, Bellevue sont saisis comme biens d'émigrés[M 18].

En 1802, une erreur administrative dans les relevés parcellaires attribue à la commune de Veigné un territoire dépendant d'Esvres. L'erreur n'est partiellement réparée qu'en 1834, Esvres perdant 22 ha dans l'opération[55]. Alexandre-Pierre Odart, maire de la commune en 1825, se livre sur son domaine de la Dorée à de nombreuses expériences sur la culture de la vigne[56],[M 19]. Les trois plébiscites organisés en 1851, 1852 et 1870 par Napoléon III témoignent d'une grande constance dans l'opinion des Esvriens : pour chacun d'eux, le « oui » l'emporte avec plus de 90 %. Les habitants sont très majoritairement favorables à l'empereur mais une opposition, même très minoritaire, existe, et elle se manifeste à chaque scrutin. Cependant, lors de son passage à Tours le , le prince-président est accueilli par des délégations communales et celle d'Esvres brandit une bannière portant « Au Sauveur de la France »[M 20]. Le , le premier tronçon de la ligne de Joué-lès-Tours à Châteauroux, allant jusqu'à Loches, est inauguré ; il comporte une gare à Esvres. Onze ans plus tard, il est complété par une ligne du réseau des chemins de fer départementaux du Sud de l'Indre-et-Loire qui relie Esvres au Grand Pressigny[M 21] mais cette seconde ligne, à voie métrique, ne survit pas au-delà de 1949[M 22].

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Les deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Cinquante-deux Esvriens meurent au combat pendant le Première Guerre mondiale[57],[M 22].

Pour tenter de freiner l'avancée allemande, le pont d'Esvres est détruit le en fin de nuit[M 23]. Après l'armistice du , 200 soldats allemands prennent leurs quartiers au château de Vaugrignon[M 23]. Esvres se trouve en zone occupée mais à quelques kilomètres seulement de la ligne de démarcation. Cette situation favorise les tentatives de passages clandestins de cette ligne. Des passeurs esvriens viennent en aide aux clandestins ; parmi eux, l'abbé Georges Lhermitte qui est arrêté, relâché, arrêté à nouveau puis déporté à Buchenwald où il meurt en 1944[M 24] ; le chanoine Noël Carlotti, arrêté lui aussi alors qu'il a en charge la paroisse de Channay-sur-Lathan, aumônier du camp de concentration de Watenstedt, survit à la déportation ; à son retour en France il est nommé curé d'Esvres. À la mi-juillet 1944, des mouvements de Résistance cachent dans les caves du château de Vaux des armes parachutées. Après une dénonciation, la Gestapo procède à 26 arrestations du au au château, à Esvres et dans les environs. Quatre personnes sont fusillées sur l'aérodrome de Saint-Symphorien, Les autres sont déportées et dix-huit meurent dans les camps de concentration[58]. Fin , pour couvrir leur retraite, les troupes allemandes détruisent à leur tour le pont sur l'Indre[M 25]. La guerre de 1939-1945 fait au total 25 victimes dans la population communale, six d'entre elles mourant dans les camps de concentration[57].

Le développement urbain à partir des Trente Glorieuses[modifier | modifier le code]

En 1981, pour faire face à la menace de saturation de ses cimetières, tous situés au nord de la Loire, la ville de Tours installe à Esvres, sur une surface de 33 hectares, un nouveau cimetière. Il est doté d'un crématorium pour accompagner l'évolution des pratiques funéraires[59]. En 1983, le dernier moulin esvrien, sur l'Échandon, cesse de fonctionner[60]. La commune s'est développée de manière importante à partir des années 1950, profitant de sa proximité avec la ville de Tours et de la présence de la D 943 de part et d'autre de laquelle se déploie la zone industrielle[61]. La croissance démographique s’accélère nettement entre 2010 et 2015, avec 26 % d'habitants en plus, la troisième plus forte du département d'Indre-et-Loire. La municipalité a en effet encouragé les constructions, délivrant jusqu'à 200 permis de construire par an. En 2014, la ville décide de revenir sur cette politique afin d'éviter « de basculer en grosse cité-dortoir, sans vie »[62].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Photographie d'un bâtiment dont la façade est ornée de drapeaux français.
Façade de la mairie d'Esvres.

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Depuis le redécoupage cantonal de 2014, Esvres est l'une des 10 communes qui composent le canton de Monts[63]. Elle est également rattachée à l'arrondissement de Tours[64] et à la 2e circonscription de l'Indre-et-Loire[65].

Depuis le et la suppression du tribunal d'instance de Loches, le tribunal d'instance de Tours est compétent pour l'ensemble du département. Toutes les juridictions intéressant Esvres sont ainsi regroupées à Tours, à l'exception du tribunal administratif et de la cour d'appel qui siègent à Orléans[66], préfecture de la région Centre-Val de Loire.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Esvres et vingt-et-une autres communes composent la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre[67]. Jusqu'au , elle relevait de la Communauté de communes du Val de l'Indre. Cette situation lui confère en outre un rattachement de fait au « Pays Indre et Cher », qui a pour mission de « coordonner diverses missions transversales confiées par les collectivités, dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’économie et du patrimoine »[68].

Le « syndicat intercommunal d'énergie d'Indre-et-Loire » (SIEIL), fondé en 1937, assure le contrôle et la coordination de l'ensemble des concessionnaires opérant en Indre-et-Loire dans le domaine de la distribution de gaz et d'électricité ; il intervient également sur le renforcement des réseaux de distribution d'électricité[69]. Pour toutes les communes d'Indre-et-Loire, Tours exceptée, l'adhésion au service « Électricité » du SIEIL à titre individuel est rendue obligatoire par arrêté préfectoral en date du [70]. Esvres a en outre choisi de bénéficier du service « Gaz » du SIEIL ; le syndicat en organise la distribution sur le périmètre de ses communes adhérentes[71].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Comme en témoignent les résultats d'élections publiés sur le site du ministère de l'Intérieur[72], l'électorat d'Esvres, lors des consultations au suffrage universel direct qui se sont déroulées depuis 2002, a rigoureusement réparti sa préférence entre les listes ou les candidats présentés par la gauche ou la droite, 50 % pour chacune[Note 2].

Élection présidentielle la plus récente[modifier | modifier le code]

En 2017, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron (La République en marche), élu, a obtenu 72,78 % des voix et Marine Le Pen (FN), 27,28 %. Le taux de participation s'est élevé à 80,92 %[73].

Élection municipale la plus récente[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 3 500 et 4 499, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de 27[74].

Lors des élections municipales de 2014, les 27 conseillers municipaux ont été élus à l'issue du second tour ; le taux de participation était de 68,86 %[75]. Ont obtenu :

Suffrages exprimés 2 541 27 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Tendance politique Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Esvres 2014 - responsable et solidaire Jean-Christophe Gassot LUD 1 316 51,79 %
21 / 27
Esvres sources d'avenir Jean-Yves Brasse LDVG 744 29,28 %
4 / 27
Ensemble pour Esvres Francis Cousteau LDVG 481 18,93 %
2 / 27

Les listes Esvres 2014 - responsable et solidaire et Esvres sources d'avenir obtiennent respectivement trois et un sièges au conseil communautaire.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires d'Esvres.
Liste des maires depuis la Libération[76],[77]
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Henri Perreau[Note 3]   cultivateur
1945 1946 Louis Vergne[Note 3]   cultivateur
1946 1947 Ernest Lejeau[Note 3]   charpentier
1947 1965 Louis Germain   cultivateur
1965 1971 Pierre-Louis Le Gall    
1971 1977 Roger Vergne    
1977 1985 Michel Turco DVD  
1985 1995 Pierre Godel DVD  
1995 2008 Michel Turco DVD  
2008 2014 Lucie Degail DVG  
2014 en cours Jean-Christophe Gassot UMP-LR Entrepreneur en bâtiment

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

En septembre 2018, la commune présente un projet d'aménagement et de développement durables[CP 9].

Déchets ménagers[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Esvres ont accès à une déchèterie installée sur le territoire communal[78].

Eau potable et assainissement[modifier | modifier le code]

Cette compétence est du ressort de la communauté de communes ; elle en délègue la gestion Veolia pour la période 2017-2021.

L'eau potable provient de quatre forages situés à Esvres. Trois de ces forages puisent dans les ressources hydrologiques du calcaire lacustre ; le dernier, plus profond, exploite la nappe du Cénomanien[79]. Deux équipements de stockage dune capacité totale de 1 600 m3 complètent ce dispositif[CP 10].

L'assainissement des eaux usées se fait grâce à quatre stations d'épuration (trois fonctionnant avec des filtres à sable, la quatrième par boues activées) d'un capacité totale 3 730 EH (équivalent-habitant) qui traitent les effluents des deux communes avec rejet des eaux épurées dans l'Indre[80]. En 2005, 1 028 foyers soit environ 2 570 habitants sont raccordés à ce dispositif. Les autres bénéficient de structures individuelles ou, dans la mesure du possible, d'installations collectives de petite dimension[CP 11].

Fleurissement et aménagement paysager[modifier | modifier le code]

Dans son palmarès 2018, le Conseil national des villes et villages fleuris de France a attribué deux fleurs à la commune au Concours des villes et villages fleuris[81],[82].

Finances locales[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente l'évolution de la capacité d'autofinancement, un des indicateurs des finances locales d'Esvres, sur une période de dix ans[83] :

Capacité d'autofinancement (CAF) à Esvres de 2008 à 2017
Résultats exprimés en €/habitant.
Strate : communes de 3 500 à 5 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé de 2008 à 2014, communes de 5 000 à 10 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé de 2015 à 2017.
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Esvres 228 169 188 162 162 159 121 28 189 156
Moyenne de la strate 152 155 166 181 181 177 165 171 179 179

CAF d'Esvres CAF moyenne de la strate

Depuis 2008, la capacité d'autofinancement de la commune[Note 4], toujours positive, évolue aux alentours de la moyenne de la strate avec deux exceptions, en 2008 où elle est très supérieure et 2015 où elle est très inférieure[Note 2]. Le fonds de roulement[Note 5], positif, évolue autour de la moyenne de la strate sur de 2008 à 2013 alors qu'il est régulièrement supérieur de 2014 à 2017.Le résultat comptable[Note 6], toujours positif sauf en 2015 où il est légèrement négatif, se démarque peu de celui de la moyenne de la strate[83],[Note 2].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2016, Esvres est jumelée avec :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Esvres se nomment les « Esvriens »[33].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Les registres paroissiaux sont disponibles à partir de 1574 pour ce qui concerne les baptêmes. En 1691, la population de la paroisse atteint un maximum de 432 feux ; elle diminue progressivement jusqu'en 1789, dernière année où ce mode de recensement familial est en vigueur[55].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[86]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[87].

En 2015, la commune comptait 5 702 habitants[Note 7], en augmentation de 26,07 % par rapport à 2010 (Indre-et-Loire : +2,45 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 5881 5881 7791 7511 7391 8011 8201 8181 833
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8591 8711 8131 7761 8671 8081 8621 7701 802
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7651 6811 6371 6251 5431 6611 6811 7651 955
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
2 0812 4733 0504 1604 2344 2784 4034 5235 702
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[88] puis Insee à partir de 2006[89].)
Histogramme de l'évolution démographique
Soldes de variation annuelle de la population d'Esvres
exprimés en pourcentages[I 5],[Note 8].
1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2010 2010 - 2015
Taux de variation annuel de la population Augmentation. + 3,1 % Augmentation. + 4,5 % Augmentation. + 0,2 % Augmentation. + 0,1 % Augmentation. + 0,5 % Augmentation. + 4,7 %
Solde naturel + 0,5 % + 0,6 % + 0,4 % + 0,5 % + 0,4 % + 0,7 %
Solde migratoire + 2,6 % + 3,9 % - 0,2 % - 0,3 % + 0,1 % + 4,1 %

Depuis le Révolution française et l'instauration d'un recensement individuel, la population communale n'a pas connu de baisse importante ou brutale. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'habitants ne cesse de s'accroître sur la commune. Depuis les années 1960, époque à partir de laquelle des données plus détaillées sont disponibles, l'augmentation de la population esvrienne s'opère par paliers, au gré de l'évolution du solde migratoire. L'accroissement démographique communal est fort de 1968 à 1982, très faible de 1982 à 2010, puis à nouveau important depuis 2010[Note 2].

Pyramides des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges de la Commune d'Esvres en 2015 en pourcentage[I 6].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,3 
90 ans ou +
0,7 
5,8 
75 à 89 ans
6,3 
16,8 
60 à 74 ans
16,4 
20,3 
45 à 59 ans
20,9 
22,4 
30 à 44 ans
21,6 
13,5 
15 à 29 ans
13,6 
21,0 
0 à 14 ans
20,6 
Pyramide des âges en Indre-et-Loire en 2015 en pourcentage[I 7].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,8 
90 ans ou +
2,0 
7,6 
75 à 89 ans
10,3 
15,8 
60 à 74 ans
16,5 
19,9 
45 à 59 ans
19,2 
18,7 
30 à 44 ans
17,8 
18,8 
15 à 29 ans
17,7 
18,8 
0 à 14 ans
16,6 

Enseignement et Jeunesse[modifier | modifier le code]

Esvres accueille trois écoles primaires. Deux sont publiques, l'école maternelle « Les Sources » et l'école élémentaire « Joseph-Bourreau » ; l'école primaire « Sainte-Thérèse », regroupant maternelle et élémentaire, relève de l'enseignement privé[90]. Le collège « Georges-Brassens » accueille les enfants de la sixième à la troisième[91].

La carte scolaire prévoit qu'Esvres se trouve dans la zone de recrutement du lycée Grandmont de Tours[92].

Santé, sécurité et services d'urgence[modifier | modifier le code]

Esvres est une commune dotée de professionnels de santé : médecins généralistes, sages-femmes, kinésithérapeutes, infirmiers, dentistes, ergothérapeutes...

L'hôpital le plus proche est le centre hospitalier régional universitaire de Tours, à Chambray-lès-Tours, à environ un quart d'heure de trajet automobile d'Esvres[93].

Sport et culture[modifier | modifier le code]

Équipements collectifs[modifier | modifier le code]

Esvres dispose de courts de tennis, d'une piscine découverte, d'un dojo, d'une salle polyvalente et d'une médiathèque regroupés au sud de la mairie[CP 12].

Vie associative[modifier | modifier le code]

Le site internet de la commune recense 48 associations ayant leur siège à Esvres et intervenant dans le domaine du sport (19 d'entre elles), de la culture ou des loisirs (20) ou de l'action sociale (9)[C 1].

Manifestations sportives et culturelles[modifier | modifier le code]

Depuis plus de quinze ans, les Foulées du noble-joué sont un trail parcourant, au mois de juin, le vignoble de l'appellation, au départ et à l'arrivée d'Esvres[94]. Un marché de Noël[95] et un forum des associations sont également organisés[C 2].

Médias et numérique[modifier | modifier le code]

Le quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest consacre quelques pages de son édition Indre-et-Loire, Touraine Est, à l’actualité du canton de Monts. La commune de Truyes édite un bulletin municipal annuel. La chaîne de télévision TV Tours Val de Loire et la station de radio France Bleu Touraine relaient les informations locales.

La commune ne possède pas en 2017 de réseau à haut débit par fibre optique[96].

Culte catholique[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune dépend de la paroisse Saint-Brice au sein du doyenné de Loches lui-même partie de l'archidiocèse de Tours, au même titre que six autres doyennés[97]. L'église Saint-Médard accueille, en alternance avec d'autres églises de la paroisse, des offices dominicaux.

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 36 148 €, ce qui plaçait alors Esvres au 6 396e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole[I 8]. En 2014, le revenu disponible par ménage était de 22 807 € dans la commune[I 9] contre une moyenne de 20 710 € au niveau départemental[I 10]. Le taux de pauvreté est de 6,5 % des ménages fiscaux à Esvres[I 11] alors qu'il s'établit à 12,5 % au niveau départemental[I 12].

Emploi[modifier | modifier le code]

Les deux tableaux ci-dessous présentent les chiffres-clés de l'emploi à Esvres et leur évolution de 2010 à 2015[I 13],[I 14] :

Structure de la population active de Esvres (37)
en 2010 et 2015.
Esvres 2010 Esvres 2015 Évolution
Population de 15 à 64 ans 2 999 3 575 Augmentation. + 19,2 %
Actifs (en %) 72,8 78,5 Augmentation. + 7,8 %
dont :
Actifs ayant un emploi (en %) 68,3 72,0 Augmentation. + 5,4 %
Chômeurs (en %) 4,5 6,5 Augmentation. + 42,2 %
Évolution de l'emploi à Esvres (37) en 2010 et 2015.
Esvres 2010 Esvres 2015 Évolution
Nombre d'emplois dans la zone 2 063 2 326 Augmentation. + 12,7 %
Indicateur de concentration d'emploi 100,3 89,3 Baisse. - 11,0 %

De 2010 à 2015, la physionomie de l'emploi à Esvres s'est profondément modifiée. La population active progresse, son taux d'emploi s'améliore. Les emplois proposés sur la commune sont plus nombreux, mais cette dernière progression, un peu moins rapide que celle de la population active, induit une légère diminution de l'indicateur de concentration d'emploi. Toutefois, le taux de chômage, selon les critères définis lors du recensement, a augmenté de près de 50 % et touche principalement les jeunes de 15 à 24 ans[I 14]. Sur les 2603 Esvriens pourvus d'un emploi, seuls 607 travaillent dans la commune elle-même[I 15],[Note 2]. À la fin des années 1990, la ville de Tours est le lieu de travail de plus de 22 % des actifs esvriens ; à l'inverse, près de 9 % des personnes travaillant à Esvres viennent de Tours[CP 13].

Tissu économique[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Esvres selon leur secteur d'activité et le nombre de leurs salariés[I 16] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2015.
Total % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 477 100,0 325 120 14 14 4
Agriculture, sylviculture et pêche 27 5,7 19 8 0 0 0
Industrie 32 6,7 12 16 1 2 1
Construction 70 14,7 38 26 2 3 1
Commerce, transports, services divers 290 60,8 211 66 8 4 1
dont commerce et réparation automobile 86 18,0 56 25 4 1 0
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 58 12,2 45 4 3 5 1
Champ : ensemble des activités.

En 2016, 42 entreprises nouvelles sont créées, dont plus de la moitié sont consacrées aux services aux entreprises ou aux particuliers[I 17].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques des exploitations agricoles d'Esvres, observées sur une période de 22 ans[98] :

Évolution de l'agriculture à Esvres (37) entre 1988 et 2010.
1988 2000 2010
Nombre d’exploitations 50 25 22
Équivalent unité de travail annuel 70 39 37
Surface agricole utile (SAU) (ha) 1 566 1 412 1 769
Cheptel (nombre de têtes) 1 069 969 613
Terres labourables (ha) 1 460 1 326 1 631
Cultures permanentes (ha) 30 36 39
Surfaces toujours en herbe (ha) 73 42 93
Superficie moyenne d’une exploitation (ha) 31,3 56,5 80,4

L'évolution de l'agriculture esvrienne depuis 1988 est marquée par la diminution du nombre d'exploitations, compensée par l'augmentation de superficie de celle qui subsistent, puisque la surface agricole utile n'a pas tendance à diminuer, au contraire. Les cultures permanentes, qui gagnent un peu de terrain, sont essentiellement constitués par des vignes de l'appellation touraine-noble-joué, d'implantation assez récente sur le territoire communal[4]. La vigne couvre environ 40 ha dans le secteur du château de la Dorée, loin des 300 ha qu'elle occupait au début du XIXe siècle et jusqu'à l'invasion du Phylloxéra dans les années 1880[99] ; elle concerne toutefois dix des vingt-trois exploitations agricoles communales[CP 14]. L'agriculture communale reste majoritairement tournée vers la polyculture et l'élevage[Note 2].

Industrie, artisanat et services[modifier | modifier le code]

Installé au château de la Dorée, le site d'AG2R La Mondiale emploie en 2016 près de 550 salariés ; c'est le troisième plus important site du groupe en France[100] et le premier employeur de la commune devant un site du groupe Eiffage situé en bordure de la D 943 (101 salariés au )[I 18]. C'est près de cette dernière entreprise qu'est installée depuis 1976 la communauté Emmaüs d'Indre-et-Loire[101]. La commune elle-même est un important employeur (91 salariés au )[102],[I 18].

La taille de la commune permet le maintien d'un nombre important de commerces locaux variés, permettant de répondre sur place aux besoins des habitants[C 3]. Deux supermarchés sont implantés dans la zone industrielle en bordure de la D 943. Un marché hebdomadaire est organisé dans le bourg[C 4].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Esvres ne compte ni hôtel ni camping, ni établissements dédiés à l'hébergement collectif[I 19]. Des possibilité d'hébergement , Ttouristique sont toutefois proposées par le biais de plusieurs gîtes ruraux et chambres d'hôtes[C 5].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Du prieuré Saint-Pierre de Vontes, construit à partir du XIe siècle et rattaché à l'abbaye Saint-Paul de Cormery, subsiste une chapelle inscrite au titre des monuments historiques en 2001[103]. Des travaux de restauration conduits dans les années 2000 révèlent la présence de peintures murales du XIIe au XVe siècle, remises en état à cette occasion ; l'une d'elle représente certainement Saint Éloi[104].

L'église dédiée à saint Médard remplace très certainement un édifice plus ancien, dont la partie septentrionale de la façade garde la trace. Cette façade, dans sa partie méridionale cette fois, réutilise des fragments de sarcophages médiévaux. Dans les années 2000, elle fait l'objet, par tranches successives, de la restauration de la presque totalité de ses maçonneries[105]. Trois bas-reliefs attribués aux XIIe et XIIIe siècles, enchâssés dans le pignon oriental de l'église Saint-Médard, sont répertoriés depuis 1907 comme objets classés dans la base Palissy. Ils représentent le Christ en gloire, le Christ bénissant deux apôtres ainsi qu'un animal[106].

Châteaux et manoirs[modifier | modifier le code]

Le château d'Esvres, construit du XIIIe au XVIIIe siècle, est partiellement inscrit comme monument historique en 1963[107].

Le domaine agricole appelé Mons Caninus est cédé par le seigneur de Nouâtre à l'abbaye de Cormery au terme de négociations initiées sous Foulques Nerra et conclues sous Foulques le Réchin, près de 80 ans plus tard[108],[109]. Pendant la Guerre de Cent Ans, les moines de Cormery, qui doivent verser une forte rançon aux Anglais en échange de leur liberté, ne peuvent entretenir Montchenin qui est laissé à l'abandon. Le domaine est à nouveau entretenu sous l'abbatiat de Jean du Puy mais c'est Denis Briçonnet, premier abbé commendataire de Saint-Paul de Cormery, qui recontruit le château sur ses fonds propres[110]. La même famille en est propriétaire jusqu'à la Révolution[111]. Vendu comme bien national, il est détruit puis reconstruit vers 1850 mais la grange dîmière est sauvegardée[112].

Le logis seigneurial de la Roche-Farou, dont les plus anciens éléments datent du XVIe siècle, est remanié par ses propriétaires successifs, dont la famille Sain de Bois-le-Comte, qui possède le domaine de la fin du XVIIe au début du XIXe siècle. Une chapelle[113], une fuie cylindrique tronquée à la Révolution[M 26],[Note 9] et une tour d’escalier carrée sont les éléments les plus remarquables de son architecture[114].

Proche de la Roche-Farou, les bâtiments du manoir de la Baudellière sont certainement plus anciens que la date de 1668 gravée sur un des murs ne le laisse penser, puisque le fief est déjà mentionné en 1639. Le corps de bâtiment principal s'accompagne d'une tour d'escalier carrée. La Baudellière est, au début du XVIIIe siècle, une autre propriété de la famille Sain de Bois-le-Comte[115].

La château de la Dorée, construit et remanié par étapes du XVIe au XVIIIe siècle, est plus remarquable par ses propriétaires que par son architecture : il a appartenu à la famille de Lucien Bonaparte avant d'être la propriété du comte Odart, agronome et maire d'Esvres au XIXe siècle[116]. En 1910-1911 le banquier Xavier Rousseau loue le château pour y séjourner avec son amante Mata Hari[19].

Au sud du territoire communal, les bâtiments de ferme de la Brosse, datant peut-être du début du XVIIe siècle, sont organisés autour d'une cour fermée. Dans le courant du XVIIe siècle, il s'agit probablement d'une métairie du couvent des minimes qui existe alors au château de Plessis-lèz-Tours, ce qui vaut à la Brosse d'être saisie et vendue comme bien national à la Révolution[117].

Le château de Vaugrignon est construit au XVe siècle. Dans le dernier quart du XIXe siècle, ses propriétaires le restaurent, notamment en plaquant sur l'ancienne une nouvelle façade néo-gothique. Deux tourelles prenaient place aux extrémités du corps de logis principal. L'une est arasée au niveau du sol, l'autre, couverte d'une toiture conique, est aménagée en oratoire[118]. Côté est, une aile en retour est couverte en terrasse[113].

Le fief de la Vilaine est mentionné dès 1260 mais son château est entièrement reconstruit au XIXe siècle[119]. À la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle il disposait d'une éolienne Bollée actionnant une pompe l'alimentant en eau. Trop endommagée, elle est démontée et remplacée par une autre, restaurée au début du XXIe siècle[120].

Aménagements remarquables[modifier | modifier le code]

Le pont Girault sur l'Échandon date du XIIIe ou du XVe siècle mais il est parfois faussement appelé pont « gallo-romain »[19]. La tradition veut que Jeanne d'Arc l'ait emprunté sur son trajet de Domrémy à Chinon en 1429[121]. Cette tradition n'est cependant pas vérifiable, l'itinéraire précis de Jeanne d'Arc entre Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois où elle arrive le [122], étapes attestées sur le chemin de Chinon, n'est pas connu[123],[M 27]. Ce pont piétonnier — les véhicules empruntent un gué à proximité immédiate — aurait été construit pour faciliter la traversée de l'Échandon par les pèlerins tourangeaux rendant à Sainte-Catherine-de-Fierbois puis, de là, à Saint-Jacques-de-Compostelle[124].

Un four à chaux, au lieu-dit « le Fourneau », est construit en 1877 mais son activité semble cesser dès 1891. Composé de deux cuves accolées, construit en moellons avec un chaînage de pierre de taille, il se compose de deux cuves accolées. Sur la terrasse surmontant les fours une salle à manger est bâtie en 1987[125].

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Patrimoine gastronomique[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'une vigne avec des bois en arrière-plan.
Vignoble de touraine-noble-joué à Esvres.

La commune est située dans les aires d'appellation d'origine contrôlée du touraine-noble-joué, de dix autres vins ainsi que du fromage sainte-maure-de-touraine. Bœufs du Maine, rillettes de Tours et 120 types de vins peuvent prétendre à une indication géographique protégée s'ils sont produits sur le territoire communal[126].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'une plaque d'ardoise représentant un visage, des mains enchaînées et un texte.
Plaque à la mémoire de Noël Carlotti.

Alexandre-Pierre Odart (1778-1866), polytechnicien, ampélographe, est maire de la commune de 1818 à 1826. Une rue d'Esvres porte son nom.

Mata Hari (1876-1917), danseuse et courtisane, séjourne en 1910-1911 au Château de la Dorée, loué à la Comtesse de La Taille-Trétinville par son amant le banquier Xavier Rousseau.

Georges L'Hermitte (1884-1944) est curé d'Esvres de 1934 à 1944; résistant, il meurt en déportation à Buchenwald. La place d'Esvres qui se trouve au chevet de l'église porte son nom.

Noël Carlotti (1900 à Pietroso-1966 à Tours), résistant, est curé de la commune de 1945 à 1966. Déporté, il devient aumônier du camp de concentration de Watenstedt (satellite de Neuengamme). Il est président national de la Fédération des amicales de réseaux « Renseignement et évasion », Commandeur de la Légion d'honneur (décret du [127]) et titulaire de la médaille de la Résistance française[128]. Une plaque à l'église Saint-Médard et une rue à son nom célèbrent sa mémoire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Esvres-

Les armes d'Esvres se blasonnent ainsi :

D'or à une roue dentée de sable encerclée de deux tiges de blé de sinople, à trois tours couvertes de gueules, soutenues d'une grappe de raisin fruitée du même, tigée et feuillée aussi de sinople, brochant sur le tout[C 6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Cettour-Baron, Esvres 1940-1945, les Esvriens, la ligne de démarcation et le STO, Jason éditions, , 267 p.
  • Jean-Mary Couderc (dir.), Dictionnaire des communes de Touraine, Chambray-lès-Tours, CLD, , 967 p. (ISBN 978-2-85443-136-0).
  • Annick Chupin, « Montchenin », Mémoires de l'Académie des Sciences, arts et Belles-Lettres de Touraine,‎ , p. 53-62.
  • Jean-Luc Flohic (dir.), Patrimoine des communes d'Indre-et-Loire, t. 1, Flohic, , 704 p. (ISBN 2-84234-115-5).
  • Élisabeth Lorans, Le Lochois du Haut Moyen Âge au XIIIe siècle - territoires, habitats et paysages, Tours, Publications de l'Université de Tours, , 289 p. (ISBN 2-86906-092-0).
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  • Virginie Nicolas, Biographie du chanoine Noël Carlotti (1900-1966) : mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, Université de Tours, , 196 p.
  • Élizabeth Zadora-Rio (dir.), Atlas archéologique de Touraine : 53e Supplément à la revue archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne [PDF]).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette liste, non exhaustive, vise à illustrer l'évolution toponymique et les premières mentions de la paroisse.
  2. a b c d e et f Ces commentaires, ne résultant pas d'une analyse statistique des données présentées, n'ont qu'une valeur strictement indicative.
  3. a b et c Adjoint faisant fonction de maire pendant la déportation en Allemagne du maire en exercice Auguste Noyant.
  4. La « capacité d'autofinancement » (CAF) est l’excédent dégagé en fonctionnement ; cet excédent permet de payer les remboursements de dettes. Le surplus (CAF - remboursements de dettes) s’ajoute aux recettes d’investissement (dotations, subventions, plus-values de cession) pour financer les dépenses d’équipement. Ce montant représente le financement disponible de la commune[84].
  5. Le « fonds de roulement », différence entre les financements à plus d'un an et les immobilisations, permet de combler le décalage entre l'encaissement des recettes et le paiement des dépenses[85].
  6. Le résultat comptable est la différence entre produits et charges de fonctionnement.
  7. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.
  8. En raison des valeurs arrondies à la première décimale fournies par l'Insee, les totaux peuvent paraître inexacts.
  9. Les pigeons, dont le nombre dans un pigeonnier était proportionnel à la puissance du seigneur et à l'étendue de son domaine, étaient à la Révolution un symbole féodal à détruire[M 26].

Références[modifier | modifier le code]

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