Phytoncide

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Fonctions et devenirs des composés organiques volatils (COV) qui incluent des phytoncides et des HIPV (herbivore-induced plant volatiles) à trois niveaux : communauté, écosystème/biome et atmosphère-biosphère[1].

Le terme phytoncide, néologisme dû, en 1928, au biologiste russe Boris Petrovich Tokin (en), est le nom donné à un ensemble de composés organiques volatils (COV) antimicrobiens (terpènes, pinènes, bornéol, linalol, limonènes …) émis dans l'air par les arbres et les plantes herbacées. Ce sont des molécules biosynthétisées par les plantes pour se défendre contre les micro-organismes pathogènes[2]. Ils sont présents dans l'air environnant les plantes qui les émettent, et peuvent être inhalés par les visiteurs.

C'est un sujet d'étude au Japon, où ils sont considérés comme étant bénéfiques à la santé humaine et dont l'expérience est faite à travers les bains de forêt, ou “shinrin-yoku"[3].

Santé humaine[modifier | modifier le code]

Les phytoncides sont réputés avoir un rôle positif sur la santé humaine, notamment lorsque produits par les pins maritimes, les peuplements d'eucalyptus et forêts méditerranéennes claires enrichies en labiées et espèces odorantes de la strate herbacée (garrigues à romarin, thym, maquis avec myrte, lavande, etc.). [réf. nécessaire] Désormais ces phytoncides, qui sont des composés organiques volatils, sont considérés[Par qui ?] comme des molécules émises par les arbres pour se protéger, et leurs propriétés bactéricides et fongicides sont confirmées, ce qu'avait déjà montré, dans l'ex-URSS, Vlaskov (V.H) avec des environnements de pin, mélèze, sapin, bouleau ou peuplier présentant une efficacité très différente pour détruire des souches de mycobactéries et d'Escherichia coli, expériences réalisées en mai et , citées par Georges Plaisance[4] qui cite également un article en langue russe de V. Protopopov datant de cette même année 1967[5].

Les phytoncides réduiraient le stress et augmenteraient la relaxation car il a été observé que chez les rats, ils réduisent l'activité spontanée ainsi que la réponse cardio-vasculaire au stress[6]. Ils prolongent le sommeil et réduisent l'anxiété chez la souris[7]. Ils stimuleraient l'activité des lymphocytes NK[8] et donc l'immunité innée.

Limites[modifier | modifier le code]

Les résineux produisant des taux d'ozone significatif, aux limites des normes admissibles, voire légèrement au-delà, des médecins russes (Sokolov, Carmazinu) qui, dans les années 1980 proposaient des cures de sylvothérapie, recommandaient d'éviter les forêts comprenant plus de 25 % de résineux, en raison des taux d'ozone qui sont trop élevés.

Le tchèque Zachar cité par Georges Plaisance estimait que dans son pays la forêt peut produire de 100 à 500 kg/ha de substances volatiles, mais qu'au-delà de 300, l'air peut avoir des effets négatifs pour les malades qui y sont exposés. Il estime cependant que le vent et l'arrivée d'air marin peuvent atténuer ces concentrations et leurs effets.

Confusion langagière[modifier | modifier le code]

Le phytoncide ne doit pas être confondu avec le terme générique regroupant l'ensemble des herbicides : « Phytocide ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jarmo K. Holopainen & James D. Blande, « Where do herbivore-induced plant volatiles go? », Front. Plant, vol. 4, no 185,‎ (DOI 10.3389/fpls.2013.00185)
  2. Lara S. Franco, Danielle F. Shanahan et Richard A. Fuller, « A Review of the Benefits of Nature Experiences: More Than Meets the Eye », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 14, no 8,‎ (ISSN 1661-7827, PMID 28763021, PMCID 5580568, DOI 10.3390/ijerph14080864, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2019)
  3. Qing Li, « Effect of forest bathing trips on human immune function », Environmental Health and Preventive Medicine, vol. 15, no 1,‎ , p. 9–17 (ISSN 1347-4715, PMID 19568839, PMCID 2793341, DOI 10.1007/s12199-008-0068-3, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2019)
  4. Georges Plaisance, Forêt et santé : guide pratique de sylvothérapie, Saint-Jean-de-Braye, Dangles, coll. « Écologie et survie », , 506 p. (ISBN 2-7033-0278-9)
  5. (ru) V. Protopopov, « Phytoncidité des forêts de conifères du Sayan occidental », Micro-organismes..., U.R.S.S., Ac. Sci., Inst. For. Bas.,‎ , pages 64 à 73.
  6. Kawamoto, Mai Kawakami, Kohei Otani, Hiroki, Effects of phytoncides on spontaneous activities and sympathetic stress responses in Wistar Kyoto and stroke-prone spontaneously hypertensive rats (OCLC 997284962, lire en ligne)
  7. Wei-Wen Cheng, Chien-Tsong Lin, Fang-Hua Chu et Shang-Tzen Chang, « Neuropharmacological activities of phytoncide released from Cryptomeria japonica », Journal of Wood Science, vol. 55, no 1,‎ , p. 27–31 (ISSN 1435-0211 et 1611-4663, DOI 10.1007/s10086-008-0984-2, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2019)
  8. (en) Li Q, Nakadai A, Matsushima H, Miyazaki Y, Krensky AM, Kawada T, Morimoto K., « Phytoncides (wood essential oils) induce human natural killer cell activity », Immunopharmacol Immunotoxicol., Japon, Ac. Sci., Inst. For. Bas.,‎ 2006-28(2), pp. 319-333. - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16873099