Phytoncide

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Le terme phytoncide, néologisme dû, en 1928, au biologiste russe Boris Petrovich Tokin (en), est le nom donné à un ensemble de molécules excrétées dans l'air par les arbres et les forêts.

Ces molécules semblent à la fois jouer un rôle de défenses (bactéricides, fongicides) et de communication (phytohormones) entre les arbres.

Santé humaine[modifier | modifier le code]

Les phytoncides sont réputés avoir un rôle positif sur la santé humaine, notamment lorsque produits par les pins maritimes, les peuplements d'eucalyptus et forêts méditerranéennes claires enrichies en labiées et espèces odorantes de la strate herbacée (garrigues à romarin, thym, maquis avec myrte, lavande, etc.).

Désormais ces phytoncides, qui sont des essences végétales, sont considérés comme des huiles essentielles émises par les arbres pour se protéger et leurs propriétés bactéricides et fongicides sont confirmées, ce qu'avait déjà montré, dans l'ex-URSS, Vlaskov (V.H) avec des environnements de pin, mélèze, sapin, bouleau ou peuplier présentant une efficacité très différente pour détruire des souches de mycobactéries et d'Escherichia coli, expériences réalisées en mai et juin 1967, citées par Georges Plaisance[1] qui cite également un article en langue russe de V. Protopopov datant de cette même année 1967[2].

Ils stimuleraient l'activité des lymphocytes NK[3]

Limites[modifier | modifier le code]

Les résineux produisant des taux d'ozone significatif, aux limites des normes admissibles, voire légèrement au-delà, des médecins russes (Sokolov, Carmazinu) qui, dans les années 1980 proposaient des cures de sylvothérapie, recommandaient d'éviter les forêts comprenant plus de 25 % de résineux, en raison des taux d'ozone qui sont trop élevés.

Le tchèque Zachar cité par Georges Plaisance estimait que dans son pays la forêt peut produire de 100 à 500 kg/ha de substances volatiles, mais qu'au-delà de 300, l'air peut avoir des effets négatifs pour les malades qui y sont exposés. Il estime cependant que le vent et l'arrivée d'air marin peuvent atténuer ces concentrations et leurs effets.

Confusion langagière[modifier | modifier le code]

Le phytoncide ne doit pas être confondu avec le terme générique regroupant l'ensemble des herbicides : « Phytocide ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Plaisance, Forêt et santé : guide pratique de sylvothérapie, Saint-Jean-de-Braye, Dangles, coll. « Écologie et survie », , 506 p. (ISBN 2-7033-0278-9)
  2. (ru) V. Protopopov, « Phytoncidité des forêts de conifères du Sayan occidental », Micro-organismes..., U.R.S.S., Ac. Sci., Inst. For. Bas.,‎ , pages 64 à 73
  3. (en) Li Q, Nakadai A, Matsushima H, Miyazaki Y, Krensky AM, Kawada T, Morimoto K., « Phytoncides (wood essential oils) induce human natural killer cell activity », Immunopharmacol Immunotoxicol., Japon, Ac. Sci., Inst. For. Bas.,‎ 2006-28(2), pp. 319-333 - https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16873099