Jean Quatremer
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Jean Quatremer |
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RMC () Arte (depuis ) Libération (depuis ) |
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Jean Quatremer, né le à Nancy, est un journaliste, éditorialiste et essayiste français.
Il est depuis 1990 correspondant à Bruxelles pour le quotidien français Libération. Perçu comme un journaliste « europhile », il est l'auteur de plusieurs livres et reportages sur la politique de l'Union européenne.
Il est aussi chroniqueur pour Arte, RMC et BFM TV.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jean Quatremer[N 1], naît le [2],[3] à Nancy en Meurthe-et-Moselle[4].
Depuis septembre 1990, il est chargé de couvrir l’actualité communautaire pour le journal Libération dont il est le correspondant auprès des institutions européennes[5].
Travaux et opinions
[modifier | modifier le code]Le Nouvel Obs indique qu'il est « europhile »[6].
Il est le premier à avoir évoqué publiquement, en juillet 2007[7],[8], la relation particulière qu'entretient Dominique Strauss-Kahn avec les femmes, précisant que le candidat potentiel à l'élection présidentielle française frôlait « souvent le harcèlement » et que cette relation risquait de lui coûter son poste au Fonds monétaire international (FMI)[9],[10]. Le livre de Quatremer, Sexes, mensonges et médias revient d'ailleurs sur l'« omerta » médiatique dont bénéficieraient les responsables politiques[10].
En , une vive polémique est déclenchée à la suite d'un article évoquant une ville de Bruxelles « pas belle » et victime de la bruxellisation[11].
La même année, il présente des excuses à Jean-Luc Mélenchon, qu'il avait accusé d'antisémitisme, et accuse la présentation biaisée de l'AFP à l'origine de ses accusations contre l'homme politique[12].
En 2017, il déclare soutenir Emmanuel Macron comme candidat à la présidence de la République, en versant un don au mouvement En Marche, appelé depuis Renaissance[13].
Il est l'un des principaux fers de lance du scandale entourant la nomination de Martin Selmayr comme secrétaire général de la Commission européenne[14],[15].[pourquoi ?]
À l’occasion de la pandémie de Covid-19, il adopte un discours critique envers les mesures de confinement adoptées dans la plupart des pays du monde. En , il s’exprime sur le fait que ces mesures lui semblent disproportionnées et s’accompagnent d’un coût économique déraisonnable face à la gravité de la situation sanitaire[16]. En , il affirme que « Les pays qui ont décidé d’un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer »[17].
En 2020, Valeurs Actuelles fait part de la critique de Quatremer aux opposants au projet de réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron : « c’est une hystérie collective dès qu’il s’agit d’une réforme » « il n’y a absolument pas de réflexion intelligente »[18].
Le journaliste - qui désigne comme étant un « pogrom » l'attaque palestinienne sur Israël du 7 octobre 2023 - soutient qu'il faut nommer l'antisémitisme « d'où qu'il vienne » et dénonce plus généralement « l'antisémitisme décomplexé » de la gauche et des pays de l'Occident. En 2025 et 2026, face à la montée des violences antisémites en France et notamment en Belgique, il « épingle » encore « l’antisémitisme » de Mélenchon et de l'euro-députée LFI Rima Hassan.
Critiques
[modifier | modifier le code]Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste Hubert Védrine, Jean Quatremer est « un ayatollah du fédéralisme » européen[19]. L'économiste Frédéric Lordon consacre à Jean Quatremer un article critique dans lequel il lui reproche sa tendance à confondre critique de l'Union européenne et conspirationnisme. Selon lui, Quatremer serait le « journaliste le plus attaché à traîner dans la boue — y compris pour conspirationnisme — toute position de gauche critique de l’Europe »[20]. Cette façon de défendre l'Union européenne fait de Jean Quatremer « le meilleur agent de l'europhobie en France » pour le journaliste Daniel Schneidermann sur Arrêt sur images[21].
L'association Acrimed, classée à gauche, mentionne que plusieurs membres du Parti du travail de Belgique (PTB, gauche radicale belge) lui reprochent de se présenter dans l'affaire DSK comme un « briseur de tabous » et un « journaliste d'investigation » alors qu'il n'a fait comme d'autres, que rapporter des rumeurs tout en passant à côté du sujet véritablement important : les méfaits de la politique du Fonds monétaire international. Les auteurs lui reprochent « de [ne généralement rien faire d'autre que] relayer les discours très officiels des institutions internationales, même lorsque, comme dans le cas de la crise de la dette grecque, le peuple s’y opposait »[22].
Il lui a également été reproché d'avoir accusé la tête de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon d'antisémitisme par la même Acrimed[23].
En 2015, un documentaire de Jean Quatremer sur la politique en Grèce, relate la période allant de la victoire de la coalition de gauche radicale Syriza aux élections législatives de janvier 2015, à la réélection en septembre de son chef de file Alexis Tsipras à la tête du gouvernement, se terminant par la « reddition complète du gouvernement emmené par Syriza et à l’adoption d’un nouveau plan de rigueur tout aussi brutal que les précédents »[24]. Acrimed rapporte que ce documentaire diffusé sur Arte, « fait entendre qu'un seul et même refrain », celui des opposants politiques de Syriza à Bruxelles : les « adorateurs de l’Union européenne et de ses politiques d’austérité »[24]. Toujours sur Acrimed, Blaise Magnin écrit que « La disproportion est telle qu’il ne s’agit plus seulement de déséquilibre. Jean Quatremer s’est assis sur toute forme de pluralisme pour livrer une histoire unilatérale, dans laquelle les vainqueurs sont invités à donner leur version des évènements sans être jamais contredits »[24].
Jean Quatremer prend violemment à partie les manifestants du mouvement des Gilets jaunes, qu'il qualifie dans différents tweets notamment de « beaufs poujadistes », « France moisie », « factieux » qu’il est « vraiment temps d’embastiller », « fascisme », « racistes », « homophobes »[25]. En janvier 2019, Frédéric Lemaire, toujours du site Acrimed, le présente comme faisant partie des « journalistes en vue qui ont exprimé le plus bruyamment leur aversion » à l’égard de ce mouvement, n'hésitant pas, selon lui, à relayer des fausses informations[26]. En réponse à des questions concernant les propos du journaliste, la rubrique Checknews de Libération préfère préciser que « la position de Jean Quatremer sur les gilets jaunes ne représente pas celle du journal »[27]. Cette hostilité du journaliste vis-à-vis du mouvement social est relevée par Marianne et Causeur[28],[29].
En 2020, Valeurs Actuelles rapporte que le journaliste de Libération, Tonino Serafini, se désolidarise du soutien de Quatremer à la réforme des retraites voulue par le gouvernement français, et l'interpelle avec cette remarque : « tu devrais » « lire l’avis du Conseil d’État qui étrille le projet de réforme des retraites. Il pointe les contours juridiques et financiers incertains du texte »[18].
Publications
[modifier | modifier le code]Essais
[modifier | modifier le code]- Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambitions européennes, Paris, Plon, 1999, en collaboration avec Thomas Klau, journaliste au Financial Times Deutschland
- Les Maîtres de l’Europe, Paris, Grasset, 2005, en collaboration avec Yves Clarisse, journaliste à l’agence de presse Reuters.
- Du Larzac à Bruxelles, entretiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi éditeur, 2011
- Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune libre », Plon, 2012
- Debout l'Europe ! Manifeste pour une révolution postnationale en Europe[30], manifeste de Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt suivi d'un entretien des auteurs avec Jean Quatremer, Acte Sud et André Versaille éditeur, 2012
- Les Salauds de l'Europe, guide à l'usage des eurosceptiques, Calmann-Levy, 2017
- Il faut achever l'euro : tout ce que vous avez voulu savoir sur l'euro (sans oser le demander), Calmann-Levy, 2019
Ouvrages en collaboration
[modifier | modifier le code]- Notre Europe, sous la direction de Michel Rocard et Nicole Gnesotto, Robert Laffont, 2008
- 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, sous la direction de Patrick Weil, Grasset, 2012
Récompenses et distinctions
[modifier | modifier le code]- : prix Louise-Weiss du journalisme européen pour son blog « Coulisses de Bruxelles » créé en décembre 2005[31],[32].
- 2010 : Prix Richelieu, pour récompenser sa défense de la langue française[33].
- 2013 :
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[34]
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean Quatremer est un nom de plume utilisé par le journaliste[1].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « M. Jean Quatremer » (version du sur Internet Archive), sur LesBiographies.com (documentation biographique des quotidiens de la Société générale de presse), 2 avril 2014
- ↑ « Fiche biographique », France Inter (consulté le ).
- ↑ Jean Quatremer, « Thèmes récurrents : Introduction », International Law FORUM du droit international, Pays-Bas, Kluwer / International Law Association, vol. 3, no 4, , p. 204 (ISSN 1571-8042, lire en ligne)
- ↑ Raphaël da Silva, « Jean Quatremer : "En démocratie, ceux qui aspirent au pouvoir doivent être transparents" », Luxemburger Wort, 24 avril 2012.
- ↑ Télé grecque : comment a-t-on pu en arriver là ?, Le Point, 12 juin 2013.
- ↑ Daniel Schneidermann, « Barroso chez Goldman Sachs : un silence assourdissant », sur Nouvelobs.com, (consulté le ) : « La colère des europhiles est dirigée exclusivement… contre Barroso, que n’ont « jamais étouffé la morale et les convictions », tonne Jean Quatremer ».
- ↑ « Jean Quatremer et l'affaire DSK : le triomphe des culs-bénis du journalisme ? », sur leplus.nouvelobs.com (consulté le ).
- ↑ « DSK / femmes : Quatremer regrette le silence de Libé », sur Arrêt sur images (consulté le ).
- ↑ Jean Quatremer, « FMI : Sarkozy propulse DSK et enterre Fabius », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr, .
- « Sexe, mensonges et médias, retour sur l'affaire DSK », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ Jean-Laurent Cassely, « «Bruxelles pas Belle» vs «Paris pourri»: un article de Jean Quatremer déclenche une polémique en Belgique », sur Slate, .
- ↑ Sandra Lorenzo, « Antisémitisme : Jean-Luc Mélenchon distribue les coups et les bons points », sur Le HuffPost, (consulté le )
- ↑ Robin Andraca, « Quatremer soutient Macron », sur Arretsurimages.net, (consulté le ).
- ↑ (en) « A Sudden Promotion Raises Questions in the Brussels Bubble », sur nytimes.com, (consulté le ).
- ↑ « Commission: comment un eurocrate s'est emparé du pouvoir », sur bruxelles.blogs.liberation.fr, (consulté le ).
- ↑ Olivier Mouton, « C'est dingue de plonger le monde en récession pour une pandémie qui a tué moins de 100000 personnes », sur Le Vif, .
- ↑ Antonin Marsac, « Jean Quatremer: "Les pays qui ont décidé d’un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer" », sur La Libre, .
- « Quand deux journalistes de Libération règlent leurs comptes en place publique », sur Valeurs actuelles, (consulté le ).
- ↑ Antoine Schwartz La gauche française bute sur l’Europe Le Monde diplomatique, juin 2011
- ↑ Frédéric Lordon Conspirationnisme : la paille et la poutre, Frédéric Lordon, La pompe à phynance - Blogs du Monde diplomatique, 24 août 2012
- ↑ Daniel Schneidermann, « Comment on devient "rouge brun" pour Quatremer », 6 mars 2015, Arrêt sur images.
- ↑ Daniel Zamora, « Le journalisme subversif selon Jean Quatremer, de Libération », sur Acrimed (consulté le ).
- ↑ « Mélenchon antisémite ? De la « petite phrase » déformée au « clash » obsessionnel », sur Acrimed (consulté le ).
- Blaise Magnin, « Sur Arte, le procureur Jean Quatremer instruit le procès à charge de Syriza », sur Acrimed.org, (consulté le ).
- ↑ Etienne Campion et Hadrien Mathoux, « Centrisme autoritaire : top 10 des "modérés", champions du mépris de classe », sur Marianne, .
- ↑ Frédéric Lemaire, Jean Quatremer, grand pourvoyeur de « fake news » sur les gilets jaunes, acrimed.org, 17 janvier 2019
- ↑ Pauline Moullot, « Les positions du journaliste de Libé Jean Quatremer sur les gilets jaunes gênent-elles la rédaction ? », sur Libération (consulté le ).
- ↑ Jack Dion, « Quand le gilet est jaune, l'éditocrate voit rouge », sur marianne.net, 2019-01-04utc09:00:00+0200 (consulté le ).
- ↑ « Mais enfin, pourquoi les médias sont-ils la cible des gilets jaunes? », sur Causeur, (consulté le ).
- ↑ Livre paru simultanément en Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Benelux, Pologne et Grèce.
- ↑ « Les lauréats 2006 », sur Prix Louise Weiss.
- ↑ « Jean Quatremer : podcasts et actualités », sur Radio France (consulté le ).
- ↑ http://www.langue-francaise.org/Richelieu_dickinson_quatremer.php
- ↑ https://www.liberation.fr/debats/2013/03/11/decore-a-l-insu-de-mon-plein-gre_1813202/
Liens externes
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- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Blog « Coulisses de Bruxelles, UE » de Jean Quatremer
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- Auteur publié par les éditions Grasset
- Auteur publié par les éditions Le Cherche midi
- Auteur publié par Actes Sud
- Auteur publié par les éditions Calmann-Lévy
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