Jean Quatremer

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Jean Quatremer
Image illustrative de l'article Jean Quatremer
Jean Quatremer au Parlement européen de Strasbourg, en décembre 2013.

Naissance (58 ans)
Nancy
Nationalité français
Profession Journaliste

Jean Quatremer[Note 1] est un journaliste français spécialisé dans les questions européennes, né le à Nancy. Il travaille notamment pour le quotidien français Libération, depuis 1984, mais il est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur la politique de l'Union européenne et réalisateur de reportages sur le même thème.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Quatremer est né le [3],[4] à Nancy[5].

Il a étudié le droit[6][réf. insuffisante] (spécialisation en droit international privé, droit du commerce international et droit européen[7]) et a été chargé de travaux dirigés à la faculté de droit à Paris X-Nanterre et de Paris II-Assas[8][réf. insuffisante]. Il a aussi travaillé dans un cabinet d’avocats autorisé à plaider au Conseil d'État et à la Cour de cassation[6].

Depuis septembre 1990, il est chargé de couvrir l’actualité communautaire pour le journal Libération dont il est le correspondant auprès des institutions européennes[9]. Dans ce même journal, de 1984 à 1990, il écrivait dans la rubrique « Immigration » puis fut responsable du cahier « Europe » de 1990 à 1992. Il a souvent traité des questions juridiques.

Jean Quatremer a réalisé de nombreux reportages sur des sujets européens ou de société pour la télévision (France 2, France 5, Arte, Canal+ Belgique). Parmi ses films, on trouve : Faiseurs d'euros (2009), L'Union et la force (2009), Euro, quand les marchés attaquent (2010) (tous les trois réalisés avec Jean-Michel Meurice) ou encore Grèce année zéro (2014) réalisé avec Pierre Bourgeois.

En mai 2014, il tint, sur RMC, une chronique sur les élections européennes de 2014 dans l'émission Bourdin Direct[10].

Dossiers développés[modifier | modifier le code]

Dans une série d'articles, il a révélé[réf. nécessaire] la façon dont la Commission européenne minimisa les risques de transmissions à l'homme de la maladie de la vache folle[11],[12],[13].

Il a aussi contribué, avec d'autres journalistes, à révéler l'affaire des emplois fictifs d'Édith Cresson ; ce qui a abouti, en mars 1999, à la démission de la Commission Santer[14],[15],[16],[17].

Il a publié des enquêtes sur les écoutes américaines au sein de la Commission européenne[18], sur les dérives de la lutte anti-fraude à Bruxelles[19] ou encore plus récemment sur les problèmes de harcèlement moral à la Cour des comptes européenne[20] ou sur l'affaire Orphacol : un abus de pouvoir de la Commission[21],[22].

C'est aussi lui le premier à avoir évoqué publiquement, en juillet 2007[23],[24],[25], la relation particulière qu'entretient Dominique Strauss-Kahn avec les femmes, précisant que le candidat frôlait « souvent le harcèlement » et que cette relation risquait de lui coûter son poste au Fonds monétaire international[26],[27]. Le livre de Quatremer, Sexes, mensonges et médias revient d'ailleurs sur l'« omerta » médiatique dont bénéficieraient les responsables politiques[27].

En , une vive polémique fut déclenchée à la suite d'un article évoquant une ville de Bruxelles « pas belle » et victime de la bruxellisation[28].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le , son blog « Coulisses de Bruxelles » créé en décembre 2005 obtint le prix Louise Weiss du journalisme européen[29],[6]. Le 13 février 2009, cinq journalistes grecs et lui-même reçoivent le prix du journalisme européen Konstadinos Kalligas pour leur « capacité, expérience, expertise et éthique »[30]. Ces deux prix lui furent décernés par l'Association des journalistes européens dont il devint le président de la section française entre 2008 et 2012 et est depuis lors président d'honneur.

Le 27 mars 2010, le prix Richelieu lui fut remis par l'association de Défense de la langue française, en compagnie de Quentin Dickinson[31]. Le 30 juin 2010, il fut récompensé par le prix de « l'initiative européenne » remis par la Maison de l'Europe et le Club de la presse européenne[32] afin de « souligner les efforts qu'il déploie pour présenter dans la presse les questions européennes d’une manière claire, précise et vivante ». Le 29 août 2011, le centre d'études fédéralistes lui décerna, sur l'île de Ventotene, le prix Altiero Spinelli du journalisme européen[33]. Au cours de la même cérémonie, une médaille du président de la République italienne, Giorgio Napolitano, lui a été remise pour l'ensemble de ses articles, livres et films consacrés à l'unification européenne[34][réf. insuffisante].

Il fut membre de plusieurs jurys : celui du « prix du livre européen » créé en 2007 et attribué jusqu'en 2011 et celui du prix Louise Weiss du journalisme européen.

En janvier 2013, il est fait chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[2], décoration qu'il annonce, en mars 2013, avoir l'intention de rendre par souci d'indépendance[35].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste Hubert Védrine, Jean Quatremer est « un ayatollah du fédéralisme » européen[36]. L'économiste Frédéric Lordon a consacré à Jean Quatremer un article critique dans lequel il lui reprochait sa tendance à confondre critique de l'Union européenne et conspirationnisme. Selon lui, Quatremer serait le « journaliste le plus attaché à traîner dans la boue – y compris pour conspirationnisme – toute position de gauche critique de l’Europe »[37]. Cette façon de défendre l'Union européenne fait de Jean Quatremer « le meilleur agent de l'europhobie en France » pour le journaliste Daniel Schneidermann[38].

Jean Quatremer a été plusieurs fois le sujet d'articles d'Acrimed[39]. Par exemple, plusieurs membres du PTB (gauche radicale belge) lui reprochent de se présenter dans l'affaire DSK comme un « briseur de tabous » et un « journaliste d'investigation » alors qu'il n'a fait comme d'autres, que rapporter des rumeurs tout en passant à côté du sujet véritablement important : les méfaits de la politique du Fonds monétaire international. Les auteurs lui reprochent « de [ne généralement rien faire d'autre que] relayer les discours très officiels des institutions internationales, même lorsque, comme dans le cas de la crise de la dette grecque, le peuple s’y opposait »[40]. Il lui a également été reproché d'avoir accusé Jean-Luc Mélenchon d'antisémitisme[41] ou encore de soutenir la dictature castriste sur base d'informations fausses[42],[43].

En janvier 2015, un article dans lequel Jean Quatremer critique Pános Kamménos, président du parti des Grecs indépendants, et allié de SYRIZA, le qualifiant notamment de « parti d’opportunistes, sans idéologie précise, un parti de réaction de la classe moyenne supérieure » lui vaut une réponse de Debout la France. Dans ce dernier, Damien Lempereur, délégué national du parti chargé des relations avec les partis politiques étrangers, lui reproche de ne pas comprendre la situation grecque véritable et ne pas accepter « de voir son monde rêvé d’une Union européenne autoritaire, sans identité, construite contre les peuples, niant la richesse et la diversité des pays européens, s’écrouler devant lui ». Selon Damien Lempereur, Jean Quatremer ne serait que le représentant d'une « oligarchie méprisante qui n’a pas encore compris que le réveil des peuples européens est en marche »[44].

Publications[modifier | modifier le code]

Jean Quatremer, outre des contributions à des ouvrages collectifs (80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, paru en février 2012, sous la direction de Patrick Weil, Grasset ou encore Notre Europe, sous la direction de Michel Rocard et Nicole Gnesotto, Robert Laffont, 2008), est l'auteur des livres suivants :

  • Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambitions européennes, Paris, Plon, mars 1999, en collaboration avec Thomas Klau, journaliste au Financial Times Deutschland.
  • Les Maîtres de l’Europe, Paris, Grasset, mai 2005, en collaboration avec Yves Clarisse, journaliste à l’agence de presse Reuters.
  • Du Larzac à Bruxelles, entretiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi éditeur, février 2011.
  • Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune libre », Plon, mars 2012.
  • Debout l'Europe ! Manifeste pour une révolution postnationale en Europe, manifeste de Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt suivi d'un entretien des auteurs avec Jean Quatremer, Acte Sud et André Versaille éditeur, octobre 2012 (livre paru simultanément en Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Benelux et prochainement, Pologne et Grèce).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Quatremer est un nom de plume utilisé par le journaliste[1],[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « M. Jean Quatremer » (version du 1 novembre 2014 sur l'Internet Archive), sur LesBiographies.com, Documentation biographique des quotidiens de la Société Générale de Presse, 2 avril 2014
  2. a et b Aurélie Filippetti, « Arrêté du 17 janvier 2013 portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur Ministère de la Culture et de la Communication,‎
  3. « Fiche biographique », France Inter (consulté le 7 novembre 2014)
  4. Jean Quatremer, « Thèmes récurrents : Introduction », International Law FORUM du droit international, Pays-Bas, Kluwer / International Law Association, vol. 3, no 4,‎ , p. 204 (ISSN 1571-8042, lire en ligne)
  5. Raphaël da Silva, « Jean Quatremer : "En démocratie, ceux qui aspirent au pouvoir doivent être transparents" », Luxemburger Wort, 24 avril 2012.
  6. a, b et c Jean Quatremer, Biographie de la documentation de Radio France, février 2012.
  7. Interview de Jean Quatremer, Arte, 13 février 2012.
  8. Jean Quatremer, « A propos — Jean Quatremer », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr
  9. Télé grecque : comment a-t-on pu en arriver là ?, Le Point, 12 juin 2013.
  10. Élections européennes : la chronique de Jean Quatremer, sur le site de BFM TV.
  11. Jean Quatremer, « La Commission européenne avait préféré minimiser l'affaire Vache folle: les documents qui accusent Bruxelles », Libération,‎ (lire en ligne)
  12. Jean Quatremer, « La crise de la vache folle a été en grande partie gérée par des fonctionnaires détachés par Londres. Les experts très britanniques de Bruxelles. Les dysfonctionnements de la direction agriculture sont dénoncés dans un audit tenu secret. », Libération,‎ (lire en ligne)
  13. Jean Quatremer, « Vache folle: l'homme du black-out. «Libération» révèle la responsabilité de l'ex-commissaire irlandais Ray MacSharry. », Libération,‎ (lire en ligne)
  14. Jean Quatremer, « UE: rumeurs autour d'Edith Cresson. La commissaire européenne soupçonnée d'avoir favorisé un de ses proches. », Libération,‎ (lire en ligne)
  15. Jean Quatremer, « Le système D des années Delors. L'accroissement du pouvoir de la Commission s'est accompagné d'une gestion «bricolée». », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. Jean Quatremer, « Six mois de grand déballage. Du premier article épinglant la Commission au rapport des sages, récit du scandale. », Libération,‎ (lire en ligne)
  17. Kaboul: "dysfonctionnements" dans la sécurité des Européens, RTBF, 24 mars 2012.
  18. Jean Quatremer, « Big brother à la commission. », Libération,‎ (lire en ligne)
  19. Jean Quatremer, « Caisses noires en Europe », Libération,‎ (lire en ligne)
  20. Jean Quatremer, « Au Luxembourg, personne ne vous entend crier », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr,‎
  21. Jean Quatremer, « La maladie orpheline, le médicament miracle et l’eurocrate », Libération,‎ (lire en ligne)
  22. Expulsions en chaîne. Mystère médical à Bruxelles : l'affaire de l'Orphacol. La Revue de Presse, Jean-Christophe Martin, France Info, 11 janvier 2013.
  23. Jean Quatremer et l'affaire DSK : le triomphe des culs-bénis du journalisme ?, Bruno Roger-Petit, Le Plus-Le Nouvel Obs, 31 mai 2011.
  24. Jean Quatremer : Anne Sinclair a une vision pompidolienne de la société, blog de Renaud Revel sur le site de L'Express, 7 mars 2012.
  25. DSK / femmes : Quatremer regrette le silence de Libé, Arrêt sur images, 12 juillet 2011.
  26. Jean Quatremer, « FMI : Sarkozy propulse DSK et enterre Fabius », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr,‎
  27. a et b Sexe, mensonges et médias, retour sur l'affaire DSK, Raphaël Stainville, Le Figaro, 2 mars 2013.
  28. Jean-Laurent Cassely, «Bruxelles pas Belle» vs «Paris pourri»: un article de Jean Quatremer déclenche une polémique en Belgique, sur Slate,‎
  29. « Les lauréats 2006 », sur Prix Louise Weiss
  30. (en) « AEJ Media Prizes », sur Association des journalistes européens
  31. « Deux journalistes européens lauréats du prix Richelieu 2010 », sur Défense de la langue française
  32. « Prix de l’Initiative Européenne, 7ème édition » (version du 22 septembre 2013 sur l'Internet Archive), sur Maison de l'Europe de Paris
  33. (it) « Premio Giornalistico "Altiero Spinelli" », sur Istituto di Studi Federalisti Altiero Spinelli
  34. Jean Quatremer, « Prix Altiero Spinelli du journalisme européen », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr,‎
  35. Jean Quatremer, « Décoré à l’insu de mon plein gré », sur Coulisses de Bruxelles, blogs.liberation.fr,‎
  36. Antoine Schwartz La gauche française bute sur l’Europe Le Monde diplomatique, juin 2011
  37. Frédéric Lordon Conspirationnisme : la paille et la poutre, Frédéric Lordon, La pompe à phynance - Blogs du Monde diplomatique, 24 août 2012
  38. Daniel Schneidermann, « Comment on devient "rouge brun" pour Quatremer », publié le 6 mars 2015 sur le site Arrêt sur images
  39. Jean Quatremer sur Acrimed Acrimed
  40. Daniel Zamora, Le journalisme subversif selon Jean Quatremer, de Libération, Acrimed, 24 août 2011
  41. Blaise Magnin et Henri Maler Mélenchon antisémite ? De la « petite phrase » déformée au « clash » obsessionnel Acrimed, 27 mars 2013
  42. Pierre Rimbert Vite fait, bien faux Le Monde diplomatique, mars 2013
  43. Cuba, Jean Quatremer, monde-diplomatique.fr, mai 2013
  44. Daniel Lempereur, En réponse à Jean Quatremer, debout-la-france.fr, 15 janvier 2015.