Laurent Mauduit

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Laurent Mauduit est un écrivain et journaliste d'investigation français spécialisé dans les affaires économiques, et la politique économique et sociale. Il travaille pour le journal en ligne Mediapart dont il est l'un des cofondateurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

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Arrière-petit-fils du médiéviste, académicien et administrateur du Collège de France, Joseph Bédier[1], petit-fils de Roger Mauduit, mort le 17 février 1944 à Buchenwald, et fils de Bertrand Mauduit qui a passé presque deux ans dans le même camp de concentration en Allemagne, pour faits de résistance[2],[3], Laurent Mauduit est d'abord étudiant en hypokhâgne et en khâgne, au lycée Chateaubriand de Rennes, où il fait des études de philosophie, avant d'entrer, en première année, à l'institut d'études politiques de Grenoble, puis, en deuxième année, à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est diplômé en juin 1974[4]. Militant de l'Union nationale des étudiants de France (Unef-Soufflot), il est le secrétaire général du syndicat étudiant en 1975[5].

En 1978, il devient journaliste à Informations ouvrières, qui est à l'époque le journal de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), la formation trotskiste d'obédience lambertiste, dont il est membre jusqu'en 1986.

Carrière de journaliste[modifier | modifier le code]

Journaliste au Quotidien de Paris (1979), puis à l'Agence centrale de presse (1979-1984), à La Tribune de l'économie (1984-1990), il devient ensuite chef du service économique de Libération (1991-1994) avant d'entrer au Monde fin 1994. Au sein de ce quotidien, il est chargé de la politique économique française (1995-1999), puis devient rédacteur en chef du service Entreprises (2001-2003), directeur adjoint de la rédaction (2003-2005) et enfin éditorialiste (2006).

Figurant en 2005 parmi les rares journalistes qui se prononcent publiquement contre l'entrée du groupe Lagardère au capital du journal, il quitte Le Monde, en décembre 2006, dénonçant la censure de l'un de ses articles à propos des Caisses d'épargne[6].

Il cofonde le site d'information Mediapart en 2008 avec François Bonnet, Gérard Desportes et Edwy Plenel[7].

Auteur d'une enquête sur Alain Minc, qu'il réalise peu après son départ du journal Le Monde et qu'il présente comme l'un des symboles du capitalisme de connivence à la française, Laurent Mauduit a aussi écrit deux essais sur l'indemnisation record de Bernard Tapie en juillet 2008 par un arbitrage privé censé clôturer l'affaire Adidas. Publié seulement quelques mois après la décision des trois arbitres, le premier de ces deux essais dénonce les premières irrégularités qui auraient affecté la procédure. Paru en octobre 2013, le second détaille les avancées de l'enquête policière et les raisons pour lesquelles la justice a mis en examen de nombreuses personnalités impliquées dans l'histoire pour escroquerie en bande organisée. Il a également coécrit avec le réalisateur Thomas Johnson un documentaire, Tapie et la République - Autopsie d'un scandale d'État[8], qui s'applique à montrer en quoi cette affaire révèle l'opacité du capitalisme français et les très nombreux dysfonctionnements de notre démocratie et de la justice. Ce documentaire a reçu le prix du public au Festival international du grand reportage d'actualité et du documentaire de société, en avril 2016. Pour ces deux ouvrages et ce documentaire, Laurent Mauduit a reçu l'un des prix « éthiques » décernés pour 2016[9] par l'association anti-corruption Anticor.

Outre ces enquêtes, il a publié un essai Les Imposteurs de l'économie qui présente les conclusions d'une enquête sur les conflits d’intérêts d'économistes français. L'auteur y dénonce aussi les financements privés de la recherche en économie et de l'enseignement de l'économie dans les universités et les écoles privées, ainsi que ce qu'il appelle « la pensée unique » (le néolibéralisme)[10],[11],[12], dont il dénonce les appointements par la finance[13]. Des critiques de l'ouvrage sur le contenu et la méthode employée ont été éditées[réf. souhaitée]. Certains intéressés, nominativement impliqués ont répondu aux analyses de Laurent Mauduit. D'autres critiques sont issues du monde des éditocrates[14].

Il est l'auteur de plusieurs livres sur la gauche française. Coécrits avec Gérard Desportes, les deux premiers, La Gauche imaginaire et L'Adieu au socialisme, dénoncent l'impuissance croissante des socialistes français, à l'époque du gouvernement de Lionel Jospin, de 1997 à 2002, face à la montée en puissance en France du capitalisme anglo-saxon. Sous le titre L’horreur imaginaire, François Hollande, à l’époque premier secrétaire du Parti socialiste, avait vivement répliqué au premier essai, à la faveur d’un point de vue publié par le journal Le Monde, en date du 17 septembre 1999[15]. Tirant le bilan de la première année du quinquennat du président François Hollande, le troisième essai, L'Étrange Capitulation, s'inspire de l'essai de l'historien Marc Bloch, L'Étrange Défaite[16], pour argumenter que les socialistes ont rendu les armes le jour même où ils ont accédé au pouvoir en 2012, et ont poursuivi, à quelques symboles près, la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy.

Dans un autre, À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, publié en septembre 2014, il poursuit la chronique de ce qu'il appelle un « naufrage socialiste ». Mais il s'applique aussi à démontrer que ce « naufrage de la gauche » est aussi le « naufrage d'une génération », celle qu'il a connue dans sa jeunesse, avec pour têtes de proue des personnalités comme Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen ou encore Manuel Valls.

Il publie, en outre, en septembre 2016, un livre d'enquête, Main basse sur l'information, sur l'état de la presse et des médias en France, au lendemain du séisme Niel-Bolloré-Drahi [17]. Alors que le Conseil national de la Résistance espérait, à la Libération, que la France se dote d’une presse indépendante des « puissances financières », celles-ci contrôlent aujourd’hui presque tous les médias, estime le journaliste. L'essai fait valoir que la normalisation économique se double fréquemment d’une normalisation éditoriale, quand il ne s’agit pas d’une censure pure et simple[18],[17]. Ce livre a reçu le 17 mars 2017 le prix des Assises du journalisme, dans la catégorie « Journalisme »[19].

Il est parmi les membres de la rédaction de Mediapart qui reçoivent et interrogent le candidat à la présidence de la République Emmanuel Macron le 2 novembre 2016.

Enfin, il est l'auteur, en septembre 2018, de La Caste, une enquête sur l'oligarchie de la haute fonction publique française qui, selon l'auteur, a fait une OPA sur la vie des affaires grâce au « hold up à son profit » des privatisations, et sur le pouvoir politique, « par le jeu des pantouflages ou de rétropantouflages », parvenant même à porter l'un des siens jusqu'au sommet de l’État[20],[21]. Rappelant les combats conduits depuis deux siècles, le plus souvent perdus, pour que la République dispose d'élites publiques adhérant à ses valeurs, l'essai se prononce pour une suppression de l’École nationale d'administration et de l'Inspection générale des finances. Avant même que le livre ne paraisse, l'auteur a été entendu sur ces questions le 17 mai 2018 par la commission d'enquête du Sénat sur les mutations de la haute fonction publique[22].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Marie-Noëlle Brouaux Mauduit, ancienne associée de Euro RSCG C&O (1999 à 2012) et ex-directrice de la communication de Carrefour[23](2013-2017).

Livres[modifier | modifier le code]

  • Histoire secrète des dossiers noirs de la gauche (en collaboration), Éditions Alain Moreau, 1986
  • La Grande Méprise (avec Olivier Biffaud), Grasset, 1996
  • La Gauche imaginaire et le nouveau capitalisme (avec Gérard Desportes), Grasset, 1999
  • Voyage indiscret au cœur de l’État (en collaboration), Éditions Le Monde - Le Pré aux Clercs, 2000
  • Les Stock-options (avec Philippe Jaffré), Grasset, 2002
  • L’Adieu au socialisme (avec Gérard Desportes), Grasset, 2002
  • Jacques le Petit, Stock, 2005
  • Petits Conseils, Stock, 2007
  • Sous le Tapie, Stock, 2008
  • Les 110 propositions, 1981-2011 - Manuel critique à l'usage des citoyens qui rêvent encore de changer la vie (ouvrage collectif de la rédaction de Mediapart), Don Quichotte, 2011
  • Les Imposteurs de l'économie : Les économistes vedettes sous influence, Paris, Éditions Gawsewitch, , 259 p. (ISBN 9782350133225). 2ème édition : Pocket, 2012, 263 p, (ISBN 9782266234078). Réédité dans une version augmentée et numérique en 2017 par les éditions Don Quichotte.
  • L'Étrange Capitulation, Éditions Gawsewitch, 2013 - Réédité en version numérique en 2015 par les éditions Don Quichotte.
  • Tapie, le scandale d'Etat, Stock, 2013.
  • A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, Don Quichotte, 2014.
  • Main basse sur l'information, Don Quichotte, 2016.
  • La Caste. Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir, La Découverte, septembre 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Joseph Bédier », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 9 octobre 2018)
  2. Laurent Mauduit, « En souvenir de Bertrand et Roger Mauduit », Club de Mediapart,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 27 août 2017).
  3. Laurent Mauduit, « Rue Bertrand et Roger Mauduit », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2018)
  4. Alumni Sciences Po, « l'Association des Sciences-Po - Groupes professionnels », sur www.sciences-po.asso.fr (consulté le 4 janvier 2018)
  5. « DVD : L’UNEF et les frondes étudiantes », UNEF,‎ (lire en ligne, consulté le 4 janvier 2018).
  6. « C'est d'ailleurs cela qui m'a conduit à quitter le journal Le Monde, à cause d'un article consacré à cet établissement qui avait été censuré en certains passages » « Caisses d'épargne: les alertes du “watchdog” », mediapart.fr, 24 octobre 2008.
  7. « Qui sommes-nous ? », Mediapart.
  8. Nova Production, 70 min, diffusé la première fois par France 5, le 31 mars 2015.
  9. prix « éthiques » décerné pour 2016.
  10. Pascal Riché, « Les petits business des économistes médiatiques dévoilés dans un livre », sur Rue89, (consulté le 26 février 2019).
  11. « L'Invité : Laurent Mauduit, pour « Les Imposteurs de l'économie : Comment ils s'enrichissent et nous trompent » », sur France Inter, (consulté le 26 février 2019)
  12. Hervé Nathan, « « Les Imposteurs de l’économie » bouscule les économistes médiatiques », sur Marianne, (consulté le 26 février 2019)
  13. Laurent Mauduit, « Les Imposteurs de l’économie », sur Mediapart, blog de Laurent Mauduit, (consulté le 26 février 2019)
  14. Dominique Nora, « Les économistes sont-ils des imposteurs ? », sur Le Nouvel Observateur, (consulté le 26 février 2019)
  15. « L'horreur imaginaire », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 janvier 2019)
  16. Voir sur blogs.mediapart.fr.
  17. a et b [vidéo] Laurent Mauduit : « Les milliardaires musèlent l'information en France » sur YouTube.
  18. « Lire : Main basse sur l’information, de Laurent Mauduit », Acrimed, 10 novembre 2016.
  19. Laurent Mauduit, « Les prix des Assises du journalisme en défense de la presse libre et indépendante », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mai 2018)
  20. « « La Caste », le livre qui dénonce Macron et son « hold-up sur l'État » », Bibliobs,‎ (lire en ligne, consulté le 6 septembre 2018).
  21. [vidéo] La Caste, main basse sur l'État - Laurent Mauduit sur YouTube.
  22. « CE mutations Haute fonction publique : compte rendu de la semaine du 14 mai 2018 », sur www.senat.fr (consulté le 5 septembre 2018).
  23. « Marie-Noëlle Brouaux : Tout savoir sur Marie-Noëlle Brouaux, Directrice de la communication de Carrefour », sur www.lsa-conso.fr (consulté le 6 novembre 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]