Laurent Mauduit

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Laurent Mauduit est un écrivain et journaliste d'investigation français spécialisé dans les affaires économiques, et la politique économique et sociale. Il travaille pour le journal en ligne Mediapart dont il est l'un des cofondateurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Roger Mauduit, mort le 17 février 1944 à Buchenwald, et fils de Bertrand Mauduit qui a passé presque deux dans le même camp de concentration en Allemagne, pour faits de résistance, Laurent Mauduit est d'abord étudiant en hypokhâgne et en khâgne, au lycée Chateaubriand de Rennes, où il fait des études de philosophie, avant d'entrer, en première année, à l'institut d'études politiques de Grenoble, puis, en deuxième année, à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est diplômé en juin 1974. Militant de l'Union nationale des étudiants de France (Unef-Soufflot), il est le secrétaire général du syndicat étudiant en 1975.

En 1978, il devient journaliste à Informations ouvrières, qui est à l'époque le journal de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), la formation trotskiste d'obédience lambertiste, dont il est membre jusqu'en 1986.

Carrière de journaliste[modifier | modifier le code]

Journaliste au Quotidien de Paris (1979), puis à l'Agence centrale de presse (1979-1984), à La Tribune de l'économie (1984-1990), il devient ensuite chef du service économique de Libération (1991-1994) avant d'entrer au Monde fin 1994. Au sein de ce quotidien, il est chargé de la politique économique française (1995-1999), puis devient rédacteur en chef du service Entreprises (2001-2003), directeur adjoint de la rédaction (2003-2005) et enfin éditorialiste (2006).

Figurant en 2005 parmi les rares journalistes qui se prononcent publiquement contre l'entrée du groupe Lagardère au capital du journal, il quitte Le Monde, en décembre 2006, dénonçant la censure de l'un de ses articles à propos des Caisses d'épargne[1].

Il cofonde le site d'information Mediapart en 2008 avec François Bonnet, Gérard Desportes et Edwy Plenel[2].

Auteur d'une enquête sur Alain Minc, qu'il réalise peu après son départ du journal Le Monde et qu'il présente comme l'un des symboles du capitalisme de connivence à la française, Laurent Mauduit a aussi écrit deux essais sur l'indemnisation record de Bernard Tapie en juillet 2008 par un arbitrage privé clôturant l'affaire Adidas. Publié seulement quelques mois après la décision des trois arbitres, le premier de ces deux essais dénonce les premières irrégularités qui auraient affecté la procédure. Paru en octobre 2013, le second détaille les avancées de l'enquête policière et les raisons pour lesquelles la justice a mis en examen de nombreuses personnalités impliquées dans l'histoire pour escroquerie en bande organisée. Il a également coécrit avec le réalisateur Thomas Johnson un documentaire, Tapie et la République - Autopsie d'un scandale d'Etat[3], qui s'applique à montrer en quoi cette affaire révèle l'opacité du capitalisme français et les très nombreux dysfonctionnements de notre démocratie et de la justice. Ce documentaire a reçu le prix du public au Figra, en avril 2016. Pour ces deux ouvrages et ce documentaire, Laurent Mauduit a reçu l'un des prix "éthiques" décerné pour 2016 par l'association anti-corruption Anticor.

Outre ces enquêtes, il a aussi publié un essai, Les Imposteurs de l’économie'[4], qui présente les conclusions d'une enquête sur les conflits d’intérêts d'économistes français[5],[6],[7], dont il dénonce les appointements par la finance[8]. Certains intéressés ont répondu à ces critiques[9].

Il est l'auteur de plusieurs livres sur la gauche française. Coécrits avec Gérard Desportes, les deux premiers, La Gauche imaginaire et L'Adieu au socialisme, dénoncent l'impuissance croissante des socialistes français, à l'époque du gouvernement de Lionel Jospin, de 1997 à 2002, face à la montée en puissance en France du capitalisme anglo-saxon. Tirant le bilan de la première année du quinquennat du président François Hollande, le troisième, L'Étrange Capitulation, s'inspire de l'essai de l'historien Marc Bloch, L'Étrange Défaite[10], pour argumenter que les socialistes ont rendu les armes le jour même où ils ont accédé au pouvoir en 2012, et ont poursuivi, à quelques symboles près, la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy.

Dans le dernier essai en date, À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, publié en septembre 2014, il poursuit la chronique de ce qu'il appelle un « naufrage socialiste ». Mais il s'applique aussi à démontrer que ce « naufrage de la gauche » est aussi celui du « naufrage d'une génération », celle qu'il a connue dans sa jeunesse, avec pour têtes de proue des personnalités comme Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen ou encore Manuel Valls.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire secrète des dossiers noirs de la gauche (en collaboration), Éditions Alain Moreau, 1986
  • La Grande Méprise (avec Olivier Biffaud), Grasset, 1996
  • La Gauche imaginaire et le nouveau capitalisme (avec Gérard Desportes), Grasset, 1999
  • Voyage indiscret au cœur de l’État (en collaboration), Éditions Le Monde - Le Pré aux Clercs, 2000
  • Les Stock-options (avec Philippe Jaffré), Grasset, 2002
  • L’Adieu au socialisme (avec Gérard Desportes), Grasset, 2002
  • Jacques le Petit, Stock, 2005
  • Petits Conseils, Stock, 2007
  • Sous le Tapie, Stock, 2008
  • Les 110 propositions, 1981-2011 - Manuel critique à l'usage des citoyens qui rêvent encore de changer la vie (ouvrage collectif de la rédaction de Mediapart), Don Quichotte, 2011
  • Les Imposteurs de l'économie , Éditions Gawsewitch, 2012. Réédité par les Éditions Pocket en 2013
  • L'Étrange Capitulation, Éditions Gawsewitch, 2013 L'ouvrage a été réédité en 2015 en version numérique par les éditions Don Quichotte.
  • Tapie, le scandale d'Etat, Stock, 2013
  • A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, Don Quichotte, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est d'ailleurs cela qui m'a conduit à quitter le journal Le Monde, à cause d'un article consacré à cet établissement qui avait été censuré en certains passages » « Caisses d'épargne: les alertes du “watchdog” », mediapart.fr, 24 octobre 2008.
  2. « Qui sommes-nous ? », Mediapart.
  3. Nova Production, 70 min, diffusé la première fois par France 5, le 31 mars 2015.
  4. Laurent Mauduit et les "économistes imposteurs", Didier Dufau, cee.e-toile.fr, 10 décembre 2012
  5. « Les petits business des économistes médiatiques dévoilés dans un livre », Pascal Riché, Rue89, 29 mars 2012.
  6. Laurent Mauduit, pour Les Imposteurs de l'économie : Comment ils s'enrichissent et nous trompent, France Inter, 31 mars 2012.
  7. « Les imposteurs de l’économie » bouscule les économistes médiatiques, Hervé Nathan, Marianne, 15 avril 2012.
  8. « Les imposteurs de l’économie », blog de Laurent Mauduit, 26 mars 2012.
  9. « Les économistes sont-ils des imposteurs ? », Le Nouvel Observateur, 1er avril 2012.
  10. Voir sur blogs.mediapart.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]