Jacques de Larosière

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Jacques de Larosière de Champfeu, né le à Paris, est un haut fonctionnaire français. Il a été notamment Directeur du Trésor (1974-1978), Directeur général du Fonds Monétaire International (1978–1987) Gouverneur de la Banque de France (1987–1993) et Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (1993-1998).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et Formation[modifier | modifier le code]

Fils de Robert de Larosière (1896-1970), capitaine de vaisseau, et d'Hugayte de Champfeu (1898-1986)[1], il est élève du Lycée Louis-le-Grand, puis de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1950),licencié es lettres et en droit. il choisit le corps de l'Inspection générale des finances au sortir de l'École nationale d'administration (promotion 1958, en même temps que Michel Rocard).

En 1960, il épouse France du Bos (décédée en 2017), descendante de Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval[2], dont il a deux enfants, dont l'un est magistrat judiciaire (nommé premier président de la cour d'appel de Cayenne en 2015).C’est un descendant de Joseph Thebaud (en). Il est l’oncle du producteur Thierry Bizot.

Carrière[modifier | modifier le code]

Jacques de Larosière a tout d’abord été inspecteur adjoint (1958) puis inspecteur des finances (1960). Chargé de mission au service de l’inspection générale des finances (1961), à la direction des finances extérieures (1963), puis à la direction du Trésor (1965),il devient successivement sous-directeur des affaires multilatérales au service des affaires internationales à la direction du Trésor (1967-1971) , avant d’être directeur adjoint, chef du service des prêts, garanties et autres interventions du Trésor (1971) puis chef du service des affaires internationales à la direction du Trésor (1971- 1973) et chef du service des affaires financières à cette même direction (1973-1974).Il devient chargé d'enseignement en économie à Sciences Po Paris[3].

Après avoir été directeur du cabinet de Valéry Giscard d’Estaing, ministre de l’Economie et des Finances (janvier-mai 1974), Jacques de Larosière devient successivement Directeur du Trésor après Claude Pierre-Brossolette (1974-1978), Directeur général du Fonds Monétaire International après Johan Witteveen (FMI) (1978-1987), et inspecteur général des finances (1981). En 1987, il accède au poste de Gouverneur de la Banque de France après Michel Camdessus, poste qu’il occupe jusqu’en 1993. A la sortie de cette fonction, il devient Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) succédant a Jacques Attali démissionnaire (1993-1998)[4].

Parallèlement Jacques de Larosière a occupé de nombreuses fonctions et responsabilités : président du Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (1967-1971), administrateur de la Régie nationale des usines Renault (1971-1974), de la Banque nationale de Paris (BNP) (1973-1978), de la Compagnie nationale Air France et de la SNCF (1974-1978), de la Société nationale industrielle aérospatiale (1976-1978), président du Groupe des Dix (1976-1978), président des gouverneurs des banques centrales des pays du Groupe des Dix (1990).

Édouard Balladur lui propose le ministère des Finances lors de la formation de son gouvernement en mars 1993[5]. La même année, le , il est élu à la section générale de l'Académie des sciences morales et politiques, au fauteuil du cardinal Henri de Lubac.Il préside l’Association Internationale Cardinal de Lubac. Jacques Chirac désire le voir président de la Banque Centrale Européenne après avoir quitté la présidence de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement[6].

Autres activités[modifier | modifier le code]

De 1998, date de la fin de son mandat à la BERD, à 2008[7], il est conseiller auprès de Michel Pébereau, président de BNP Paribas. À la suite de la crise financière de 2008-2009, il remet à la Commission européenne un rapport sur la régulation financière[8], dans lequel il demande un renforcement de la régulation du secteur financier et appelle à la création d'un mécanisme d'alerte précoce placé sous les auspices de la BCE[9],[10].

En juillet 2000[11], il est mis en examen pour « complicité de diffusion de fausses informations au marché et complicité de présentation et publication de comptes sociaux inexacts » dans l’affaire du Crédit Lyonnais. Il est renvoyé en correctionnelle le 16 juillet 2002 puis relaxé avec Jean-Claude Trichet le 18 juin 2003. La Cour d'appel de Paris confirme la relaxe le 23 février 2005. Le 17 mai 2006, la Cour de cassation rejette définitivement les pourvois formés contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris[12].

Jacques de Larosière est enfin président du comité stratégique de l'Agence France Trésor depuis 2004,Chairman de The Per Jacobsson Foundation 1999-2004, Trustee de Reuters Founders Share Company Limited 1999-2004, Co-Président du «Comité spécial chargé des problèmes de prévention et de traitement de la dette des pays émergents » dans le cadre de l'Institut de Finance Internationale - IFI (2003-2010),Chairman Advisory Board MidEuropa Fund (2006), Co-Président du «Market Monitoring Group» - IIF - (2005), Member Advisory Board China Development Bank (2005 à 2008), Member of the Group of Trustees for the Princi- ples for Emerging Markets, 2006, Membre du Conseil de Stichting NYSE Euronext et trustee de NYSE Group Trust I - the U.S. Trust - ( 2007-2014). Jacques de Larosière est administrateur de France Télécom (1998), Alstom (1998-2000) et de Power Corporation (1998-2001)[13]. Il est également président de l’Observatoire de l’Épargne Européenne , et d’EUROFI (1997-2015)[14], association regroupant de nombreux acteurs des secteurs bancaires et financiers européens. Il préside le comité chargé d’évaluer les candidatures pour la présidence de l’Autorité des marchés financiers[15].

En 2016, il publie 50 ans de crises financières, un livre dans lequel il dénonce les conséquences de l'effondrement du système mis en place avec les accords de Bretton Woods. L'avènement des changes flottants de 1971 sont, selon lui, à l’origine des déséquilibres structurels actuels qui pèsent sur l'économie mondiale. Il critique la création monétaire illimitée initiée aux Etats-Unis par la FED de Ben Bernanke, imitée ultérieurement, à une moindre échelle, par la BCE sous le nom de "quantitative easing", laquelle « n’est tout au plus qu’un palliatif lui-même source de dangers ». Il pointe du doigt la fuite en avant des politiques actuels qui ne laissent « aux générations futures que le choix entre payer une dette trop lourde ou la renier »[16].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • 50 ans de crises financières, Odile Jacob, 2016, 272 p. (ISBN 2738134025)
  • Les lames de fond se rapprochent, Odile Jacob, 2017, 178 p. (ISBN 2738138691)
  • les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier, paris, éditions Odile Jacob, (ISBN 978-2738145512)

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques DE LAROSIÈRE DE CHAMPFEU, sur le site geneanet.org, consulté le 4 décembre 2012
  2. « Le grand orfèvre », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  3. L'austère de La Rosière, sur lesoir.be
  4. « Jacques de Larosière », sur Académie des sciences morales et politiques (consulté le 10 juillet 2019)
  5. Henri Gibier, « le pari du franc », L’Expansion,‎ (lire en ligne)
  6. Lionel Barber, « Banque centrale européenne: l'histoire d'une nomination mouvementée », Le temps,‎ (lire en ligne)
  7. Jacques de Larosière, le forgeron de l'Europe financière, Les Échos, 1er décembre 2010
  8. [PDF] Rapport du Groupe de haut niveau sur la surveillance ou Groupe de Larosière, réalisé sur demande du Président de la Commission européenne José Manuel Barroso en octobre 2008, et remis le 25 février 2009., sur le site ec.europa.eu
  9. « Larosière préconise une réforme de la supervision financière », Le Point, 25 février 2009.
  10. La crise de subprimes expliquée aux nuls, sur atlantico.fr du 1er décembre 2012
  11. « L'affaire du Lyonnais éclabousse Jacques de La Rosière », l’Expansion,‎ (lire en ligne)
  12. « Jacques de larosière de Champfeu » (consulté le 9 juillet 2019)
  13. « 60eanniversaire du Club de Paris », (consulté le 12 juillet 2019)
  14. eurofi.net/about-us présentation des membres sur eurofi.net
  15. Raphael Legendre, « Qui pour succéder à Gérard Rameix à la présidence de l’Autorité des marchés financiers? », l’Opinion,‎ (lire en ligne)
  16. Le système de change actuel ruine la société, letemps.ch, 9 mai 2016
  17. « Décret du 6 avril 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier NOR: PREX1209121D », Journal Officiel de la Républoque Française,‎ (lire en ligne)
  18. « Décret du 15 novembre 2018 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », Journal Officiel de la République Française,‎ (lire en ligne)
  19. « Honorary Knighthoods Awarded 1997-2006 » (consulté le 12 juillet 2019)
  20. Jean-Marie Thiébaud, L'Ordre du Trésor sacré du Japon, paris, l’Harmattan (lire en ligne)
  21. Sophie Fay, « JACQUES DE LAROSIERE, UN ARISTOCRATE DE LA FINANCE », le monde,‎ (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]