Rudolf Scharping

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Rudolf Scharping
Rudolf Scharping en 2005
Rudolf Scharping en 2005
Fonctions
Ministre fédéral de la Défense d'Allemagne
12e ministre fédéral de la Défense depuis 1955
27 octobre 199819 juillet 2002
Chancelier Gerhard Schröder
Prédécesseur Volker Rühe
Successeur Peter Struck
Président du Parti socialiste européen
Mars 1995Mai 2001
Prédécesseur Willy Claes
Successeur Robin Cook
Président du groupe SPD au Bundestag
10 novembre 199426 octobre 1998
Législature 13e Bundestag
Prédécesseur Hans-Ulrich Klose
Successeur Peter Struck
Président fédéral du Parti social-démocrate d'Allemagne
25 juin 199316 novembre 1995
Prédécesseur Björn Engholm
Successeur Oskar Lafontaine
6e ministre-président de Rhénanie-Palatinat
21 mai 199126 octobre 1994
Gouvernement Scharping
Coalition Sociale-libérale
Prédécesseur Carl-Ludwig Wagner
Successeur Kurt Beck
Biographie
Date de naissance 2 décembre 1947 (66 ans)
Lieu de naissance Niederelbert, Allemagne
Parti politique SPD
Diplômé de Université de Bonn
Profession Universitaire
Consultant

Rudolf Scharping Rudolf Scharping
Ministres fédéraux de la Défense d'Allemagne
Ministre-présidents de Rhénanie-Palatinat

Rudolf Scharping, né le 2 décembre 1945 à Niederelbert, est un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

Il fut ministre-président de Rhénanie-Palatinat de 1991 à 1994, président fédéral du SPD pendant deux ans à partir de 1993, et ministre fédéral de la Défense entre 1998 et 2002. En 1994, il s'est présenté sans succès à la chancellerie fédérale contre le sortant Helmut Kohl dans le cadre des élections législatives fédérales. Il a alors pris la présidence du groupe SPD au Bundestag jusqu'aux élections de 1998.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son Abitur, il accomplit son service militaire dans la Bundeswehr mais est libéré de ses obligations au bout d'un an et demi, soit avec six mois d'avance, du fait d'un problème d'amblyopie. Il entreprend alors des études supérieures de sciences politiques, de sociologie et de droit à l'Université de Bonn, et les achève en 1974 par l'obtention d'une maîtrise.

Il est actuellement directeur général de Rudolf Scharping Strategie Beratung Kommunikation GmbH, une société spécialisée dans les conseils relatifs au partenariat public-privé, et consultant pour la société Cerberus. Par ailleurs, il a occupé un poste de professeur invité de politique internationale à la Fletcher School of Law and Diplomacy de l'Université de Tufts en 2006.

En 2005, il a été élu président de la Fédération allemande de cyclisme (BRD).

Famille[modifier | modifier le code]

Rudolf Scharping a épousé en 1971 Jutta Krause, avec qui il a eu trois filles : Susanne, née en 1974, Christine, venue au monde deux ans plus tard, et enfin Julia, arrivée en 1982. Le couple divorce finalement en 2000. Lui se trouve désormais marié avec Kristina Gräfin Pilati von Thassul zu Daxberg.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Au sein du SPD[modifier | modifier le code]

Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1966. Deux ans plus tard, il fait l'objet d'une procédure d'exclusion pour avoir distribué des tracts dénonçant l'achat d'avions Starfighter, mais celle-ci est suspendue dix mois plus tard. Il est élu président des Jusos, organisation des jeunes du SPD, de Rhénanie-Palatinat dès 1969 et pour une période de cinq ans.

Désigné vice-président fédéral des Jusos de 1974 à 1976, il est porté à la présidence du SPD dans la région de Rheinland/Hessen-Nassau en 1984, puis du Rhénanie-Palatinat l'année suivante. Il renonce à son mandat local en 1990.

Le 25 juin 1993, Rudolf Scharping est élu président fédéral du SPD avec 40 % des voix au cours de primaires, en s'imposant face à Gerhard Schröder et Heidemarie Wieczorek-Zeul. Il n'effectue qu'un seul mandat, puisqu'il est défait par Oskar Lafontaine le 16 novembre 1995 au congrès fédéral de Mannheim. Il devient alors vice-président fédéral du parti et prend la présidence du Parti socialiste européen (PSE), qu'il abandonne en 2001.

Il ne se présente pas à la réélection lors du congrès fédéral de 2003 et quitte la direction du SPD.

En Rhénanie-Palatinat : de l'opposition au pouvoir[modifier | modifier le code]

Élu député au Landtag de Rhénanie-Palatinat en 1975, il y prend la présidence du groupe social-démocrate dix ans plus tard et devient donc le chef de l'opposition à la coalition noire-jaune de Bernhard Vogel puis Carl-Ludwig Wagner. Aux élections de 1991, il arrive en tête avec 44 % des voix et 47 sièges sur 101. Il forme alors une coalition sociale-libérale avec le Parti libéral-démocrate (FDP) et est investi ministre-président le 21 mai 1991. Il est à la fois le premier social-démocrate à occuper ce poste et le seul soutenu par une coalition avec le FDP.

Il démissionne le 26 octobre 1994 afin d'entrer pleinement dans la politique fédérale, et se voit remplacé par le président du groupe SPD au Landtag, Kurt Beck.

Au niveau fédéral[modifier | modifier le code]

Candidat à la chancellerie[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives fédérales du 16 octobre 1994, il est désigné candidat au poste de chancelier fédéral (Kanzlerkandidat) face à Helmut Kohl, qui brigue un cinquième mandat. Le jour du scrutin, le SPD obtient 36 % des voix et 252 députés, en progression de trois points et treize élus par rapport au scrutin de 1990. Malgré la percée de l'Alliance 90 / Les Verts, ce score n'est pas suffisant pour renverser la coalition noire-jaune au pouvoir depuis 1982. Élu député de Rhénanie-Palatinat, il est ensuite porté à la présidence du groupe SPD au Bundestag.

Ministre fédéral de la Défense[modifier | modifier le code]

Quatre ans plus tard, le 27 septembre 1998, le SPD, emmené par le ministre-président de Basse-Saxe, Gerhard Schröder, s'impose aux législatives fédérales avec 40 % des voix et 298 députés. C'est la première fois depuis le scrutin de 1972 que les sociaux-démocrates dépassent la CDU/CSU. La bonne tenue des écologistes permet la formation d'une coalition rouge-verte un mois plus tard, et dans laquelle Rudolf Scharping est nommé ministre fédéral de la Défense. Son mandat est marqué par la participation de la Bundeswehr à l'intervention de l'OTAN au Kosovo en 1999, ce qui en fait le premier déploiement armé de l'Allemagne à l'étranger depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Scandales et révocation[modifier | modifier le code]

Le 19 juillet 2002, il est démis de ses fonctions par le chancelier fédéral Gerhard Schröder après les révélations du magazine Stern selon lesquelles il aurait touché 140 000 Deutsche Mark de l'homme d'affaires Moritz Hunzinger, ce qu'il présente comme des honoraires pour des conférences tenues avant son arrivée au gouvernement et un acompte sur un livre à paraître, alors même que la loi allemande interdit à un ministre de toucher des honoraires au cours de son mandat[1]. Ce n'était toutefois pas le premier scandale le concernant : en septembre 2001, des photos de lui et sa nouvelle compagne, Kristina, en vacances à Majorque, sont publiées et révèlent qu'il a utilisé un avion de la Luftwaffe pour rejoindre les îles Baléares depuis la Macédoine, où il était en mission officielle, laissant en plan les députés fédéraux qui l'accompagnaient et alors même que le débat sur l'engagement de la Bundeswehr dans ce pays faisait rage en Allemagne[2].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Malgré les scandales, il se représente aux élections législatives du 22 septembre 2002 et conserve son mandat de député. Il intègre alors la commission des Affaires étrangères du Bundestag. Ayant décidé de ne pas se représenter aux élections anticipées de 2005, il est aujourd'hui retiré de la vie politique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le chancelier Schröder démet Rudolf Scharping de son poste de ministre de la défense - Le Monde, le 20 juillet 2002
  2. Le ministre allemand, ses vacances à Majorque, la Macédoine et la comtesse - Le Monde, 2 septembre 2001

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]