Silvanectes

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Les Silvanectes — en latin « Silvanectii » — étaient l'un des peuples gaulois. Ils ont laissé leur nom à Senlis. L'autonomie de ce peuple a probablement été acquise à la suite du démantèlement des Suessions[1].

Mentions historiques[modifier | modifier le code]

Pline[2] et Ptolémée[3] parlent de ce peuple, mais pas César. Ils les désignent, sous le non de « Sulbanectes » (en latin : « Sulbanectes ») au Ier siècle, et « Silvanecti » au IIe siècle, un peuple belge de Gaule ayant donné leur nom à la ville de Senlis[4]. Mais la plus vieille mention de cette cité est inscrite sur le socle d'une statue de l'empereur Claude et datée de 48 apr. J.-C. : « Civitas Sulbanectium »[5].

Localisation[modifier | modifier le code]

Les Silvanectes vivaient pour partie dans une zone forestière fragmentée. Ils étaient notamment implantés dans l'immense forêt qui couvrait de la région de Luzarches dans l'actuel Val-d'Oise[6], qui comprenait aussi un complexe important de zones humides, le silvestres saltus des auteurs romains.

Des reliques importantes de cette forêt antique existent encore, et qui ont peu régressé depuis le IXe siècle apr. J.-C.[7], probablement parce qu'elles ont été au Moyen Âge réservées aux chasses et pêches royales (dès le VIIIe siècle [réf. souhaitée]). Les parties qui ont persisté sont alignées le long de la vallée de l'Oise et sur la côte d'Île-de-France, de Laon à Reims, ce qui correspond à la fois aux zones de réceptions de la cour franque itinérante, et aux zones qui pouvaient approvisionner Compiègne (capitale régionale) et Ver, Verberie, Servais, Samoussy, Corbeny, et d'autres localités importantes aux époques qui se sont succédé depuis la christianisation de la région. Néanmoins, ces forêts ont été aménagées pour une sylviculture productrice et fragmentées au cours de l'histoire.

Leur territoire est entouré au nord par les Suessions et les Bellovaques et au sud par les Parisis et les Meldes[8] et représente une superficie de 550 Km2, ce qui est très petit comparée à la moyenne des cités de la Gaule qui oscille entre 2 000 Km2 et 3 000 Km2[9].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

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Attesté en latin sous la forme Silvanectae, ce mot gaulois est composé de *selua (cf. vieil irlandais selb « propriété possession »), selvanos « possession, propriété », « troupeau » [réf. souhaitée], comparable à l'irlandais sealbhán (vieil irlandais selbán) « troupeau ». On rencontre effectivement un deo Selvano en Gaule. Il est probable aussi que les nombreux Silvanus de Gaule soient d'anciens *Selvanos par confusion avec le dieu romain qui a étendu son domaine d'influence à celui des troupeaux[10]. La même analogie expliquerait pourquoi le nom de *Selvanecti- « les propriétaires de troupeaux » serait devenu Silvanectii, silva signifiant « forêt » en latin[11]. L'élément -anecti- est peut-être le même que celui que l'on rencontre dans l’anthroponyme Anectios et que l'on rapproche de l'irlandais aingid « il protège », le sens global de Silvanectae serait donc « les protecteurs de leur bien ». Cependant, une autre hypothèse fait d'un élément -necti-, une racine verbale ayant donné en latin nactus « qui a obtenu » ou « qui a conquis », d'où le sens global de « ceux qui ont obtenu ou conquis une [un droit de] propriété »[12].

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Des fouilles programmées depuis 2004 ont permis de découvrir de nombreux vestiges datant de La Tène sous la forteresse de Montépilloy[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephan Fichtl, Les peuples gaulois, Éditions Errance, 2012
  2. Pline le Jeune mentionne (61/62-113/115) « Ulmanetes liberi ».
  3. L'astronome égyptien (90-168) cite les Soubanectoi, et sous l'empereur Honorius (395-423) on trouve « Ciuitas Siluanectum ».
  4. Jean-Marc Popineau, « Les Sulbanectes, peuple gaulois à l'origine de Senlis », Archéologia, n°546, septembre 2016, pp.56 à 61.
  5. Socle retrouvé sous le château de Senlis en 1952 et conservé au musée d'art et d'archéologie de Senlis.
  6. Georges Poisson, « Histoire du Val-d'Oise », supplément au n° 5 du Bulletin d'information de la préfecture du Val-d'Oise, 1967, p. 5.
  7. Jean-Jacques Dubois, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France — Étude de biogéographie historique. Thèse d’État, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1989, 1023 p.
  8. J-M. Popineau, « Cartes des cités-états », Archéologia, n°546, p.60.
  9. J. M. Poineau, op. cit..
  10. Georges Dumézil, Religion romaine, 351.
  11. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance, 2003, p. 269.
  12. Michel Roblin, Les limites de la civitas des Silvanectes, Revue Persée, pp. 76-79 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Michel Roblin, « Les Limites de la Civitas des Silvanectes », Journal des savants, année 1963, volume 2, n° 2, Paris, Éd. C. Klincksieck, p. 65-85 (en ligne).
  • Stephan Fichtl, Les peuples gaulois, Paris, Éd. Errance, 2012.
  • N. Bilot, M. Raimond et al., Château de Montépilloy : fouille archéologique programmée d'août 2015, Amiens, rapport déposé au Service régional de l'archéologie de Picardie, 2015.
  • M. Durand, « Le temple gallo-romain de la forêt d' Halatte (commune d'Ognon dans l'Oise). Nouvelle interprétation du site à la suite des fouilles de 1996 à 1999 », Revue archéologique de Picardie, n°spécial 18, Amiens, 2000.
  • J.M. Popineau, « L'Homme et le Hameau », Revue archéologique de Picardie, n°spécial 24, Amiens, 2007.
  • G. P. Woimant, M. Provost (dir), « Carte archéologique de la Gaule », in L'Oise, Paris, M. Provost, 1995.