Pépi Ier

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Pépi Ier
Image illustrative de l'article Pépi Ier
Statue de bronze de Pépi Ier exposée au musée du Caire
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Ouserkarê
Dates de fonction -2289 à -2255 (selon J. P. Allen)
-2310 à -2260 (selon J. von Beckerath)
-2295 à -2250 (selon D. Franke)
-2280 à -2243 (selon J. Málek)
-2354 à -2310 (selon D. B. Redford).
Successeur Mérenrê Ier
Famille
Grand-mère paternelle Seshseshat
Grand-père maternel Ounas
Grand-mère maternelle Khenout
Père Téti
Mère Ipout Ire
Conjoint Ânkhésenpépi Ire
Selon certains spécialistes, 1re fille de Khoui et Nebet
Enfant(s) Neith
Mérenrê Ier
Deuxième conjoint Ânkhésenpépi II
2e fille de Khoui et Nebet
Enfants avec le 2e conjoint Pépi II Pépi II est assurément le fils de Ankhesenpépi II mais nous ne savons s'il est le fils de Pépi Ier ou de Mérenrê Ier
Troisième conjoint Haaherou qui fut très longtemps confondu avec la demi-sœur de Pépi Ier, Méhaâ
Enfants avec le 3e conjoint Horneterikhet
Quatrième conjoint Nebouenet (ou Noubounet ou Nebojeftet ou Nubwenet ou Nubunet)
Cinquième conjoint Inenek Inti
Sixième conjoint Méritâtès, il est possible qu'elle fut plutôt une épouse de Pépi II.
Septième conjoint Nedjeftet, cette reine n'est pas attribuée avec certitude à Pépi Ier
Huitième conjoint Béhénou, cette reine n'est pas attribuée avec certitude à Pépi Ier
Fratrie Pyramide de Pépi Ier
Sépulture
Type Pyramide à faces lisses
Emplacement Saqqarah
Date de découverte 1880
Découvreur Mohamed Châhin, Auguste Mariette[1]
Fouilles 1881 : Émile Charles Albert Brugsch
1966-1973 : Jean Leclant et Jean-Philippe Lauer
1979 : Audran Labrousse
1987-1988 : Audran Labrousse
1993-1997 : Audran Labrousse
Objets Textes des Pyramides
Sarcophage en grauwacke avec inscription hiéroglyphique autrefois dorée
Coffre à canopes
Fragments de vases canopes en albâtre
Semelle de sandale royale
Fragments d'un pagne royal
Céramiques

Pépi Ier est un roi de la VIe dynastie qui connaît un long règne de -2289 à -2255[2]. Cependant, comme pour tous les rois de la VIe dynastie nous sommes donc loin d'un consensus entre les spécialistes en ce qui concerne cette durée de règne. Les appréciations vont de vingt ans pour certains spécialistes, comme Hans Wolfgang Helck, jusqu'à soixante-six ans pour d'autres, comme Ian Shaw.

Son avènement ne suit pas immédiatement la mort de son père Téti, qui, selon Manéthon, est assassiné. Les avis des historiens divergent sur le rôle exact joué dans la succession par Ouserkarê, personnage qui occupe quelque temps le trône (environ deux ans) entre la mort du père et l'avènement du fils. Il n'est peut-être qu'un usurpateur, comme le propose Hans Wolfgang Helck, ayant profité du jeune âge de Pépi Ier pour tenter de lui ravir le trône. Nicolas Grimal présente une autre théorie, Ouserkarê aurait partagé le trône, en tant que régent, avec la veuve de Téti Ier, la reine Ipout Ire, en attendant que le prince héritier atteigne l'âge d'exercer le pouvoir.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Pépi épouse successivement les deux filles du nomarque d’Abydos, Khoui et de Nebet. Les égyptologues ne sont pas unanimes sur le fait que la première des épouses de Pépi Ier soit une fille du nomarque, elle est aussi donnée comme sa demi-sœur. Il a un fils de la première, Ânkhésenpépi Ire, qui devient roi : Mérenrê Ier.

Règne[modifier | modifier le code]

Statuette de Pépi Ier conservée au Brooklyn Museum de New York
Vase en albâtre au nom de Pépi Ier - Walters Art Museum de Baltimore

Souverain énergique et entreprenant, il règne plus d’un demi-siècle. Certains textes font état d’une conspiration contre lui dans laquelle était impliquée l’une des femmes du roi.

Le règne de Pépi Ier ne marque pas de rupture avec les temps heureux et stables que l'Égypte connaissait depuis les débuts de l'Ancien Empire, il fit construire plusieurs temples dont celui de Denderah[3] mais les plans de construction ainsi que le début du chantier remonte à Khéops

Secondé par des ministres compétents et efficaces, comme le célèbre Ouni, qui nous a laissé son autobiographie dans son tombeau d'Abydos, le pharaon sait assurer sécurité et prospérité à son peuple. La seule note sombre du règne que nous connaissions est un complot contre le roi dans lequel est impliquée l'épouse royale Amtès. Il échoue, et Pépi confie le règlement de l'affaire à Ouni.

Il confie également l'administration des domaines des pyramides, en particulier le culte funéraire de Khéphren et de Mykérinos à Mérynéfer, un prêtre-ouâb, connu sous le nom de Qar.

Hors d'Égypte, plusieurs expéditions militaires énergiques sont menées contre les Âamou, peuplades bédouines qui menacent les frontières nord-est du royaume. Les relations commerciales entre l'Égypte et les pays étrangers (Nubie, Byblos) restent florissantes.

Cependant, l'époque heureuse de Pépi Ier voit se poursuivre la montée en puissance et en autonomie des hauts fonctionnaires provinciaux, commencée sous la Ve dynastie. Les hautes charges de l'État, en particulier celle de nomarque, ont de plus en plus tendance à devenir héréditaires, sous la pression de leurs détenteurs. Le poids politique croissant face au pouvoir royal de ces lignées familiales de hauts fonctionnaires est illustré par le mariage de Pépi Ier.

C'est pour cette raison que le roi, pour affermir son pouvoir sur la Moyenne-Égypte, épousera une (ou deux) des filles de Khoui, haut personnage noble de la ville d'Abydos. Le fils de ce dernier, Djaou, deviendra le vizir de Mérenrê Ier puis de Pépi II.

En outre, Pépi Ier doit accorder à certaines grandes institutions religieuses du pays des privilèges d'immunité les exemptant des contributions au fisc royal. Les décrets royaux de ce type, promulgués sous la contrainte de pouvoirs locaux puissants, devaient se multiplier sous les successeurs de Pépi Ier, affaiblissant gravement l'autorité du roi.

Sépulture[modifier | modifier le code]

C’est à l'intérieur de sa tombe, située à Saqqarah, que furent trouvés, pour la première fois, les textes des Pyramides.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A. Labrousse Vol. II Saqqara sud, ch. Ier, p. 1, note 5
  2. D'après J. P. Allen et Jacques Kinnaer
    Autres avis de spécialistes : -2310 à -2260 (J. von Beckerath), -2295 à -2250 (D. Franke) et Schneider, -2280 à -2243 (J. Málek), -2354 à -2310 (D. B. Redford).
  3. Hervé Beaumont

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter A. Clayton (trad. Florence Maruéjol), Chronique des pharaons : L'histoire règne par règne des souverains et des dynasties de l'Égypte ancienne, Paris, Casterman, 1994 et 1995 [détail des éditions] (ISBN 2-203-23304-4)
  • Yannis Gourdon, Pépy Ier et la VIe dynastie, Paris, Pygmalion, (ISBN 9782756405582)
  • Audran Labrousse et Marc Albouy, Les Pyramides des Reines : une nouvelle nécropole à Saqqarah, Paris, Hazan, (ISBN 9782850256844)
  • Audran Labrousse, « L'Architecture des pyramides à textes, II, Saqqarah Sud », BiEtud, Le Caire, IFAO, no 131,‎
  • Jean Leclant, « Une nouvelle reine identifiée à Saqqara-Sud », Bulletin de l'Institut français d'archéologie orientale, Le Caire, vol. 97,‎ , p. 149-156 (ISSN 0255-0962)
  • Jean Leclant, Nouvelles recherches et découvertes dans le nécropole de Pépi I et ses reines au Sud de Saqqarah, Universitätsverlag, Leipzig, 1997.
  • (de) Thomas Schneider, Lexikon der Pharaonen, Düsseldorf, Albatros Verlag,
  • Miroslav Verner, Die Pyramiden, Rowohlt TB, Reinbek, 1997 - Décembre 1999 et 2001.
  • Jürgen Von Beckerath, Handbuch der ägyptischen Königsnamen, MÄS 20, Deutscher Kunstverlag, München, janvier 1984 - MÄS 49, Philipp von Zabern Mainz, janvier 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]