Période prédynastique égyptienne

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La période prédynastique est la dernière période de la préhistoire égyptienne. Elle fait la transition entre le néolithique et la formation d'un État par unification du pays et centralisation des pouvoirs aux mains des dynasties pharaoniques.

Découpage temporel[modifier | modifier le code]

Le découpage temporel de la période prédynastique varie légèrement selon les auteurs. On retient généralement le découpage suivant :

Découpage temporel de la période prédynastique
Sous-période Date de début Date de fin
Prédynastique ancien
Fayoum B/Qarounien -8000 -4700
Fayoum A -5500 -4500
Badarien -4500 -3900
Prédynastique moyen (Amratien ou Nagada I) -3900 -3650
Mérimdien
Omarien
Shamarkien
Prédynastique récent Gerzéen ou Nagada II -3650 -3400
Méadien
Post-Shamarkien
Protodynastique Nagada III -3400 -3175

Les cultures de la période prédynastique[modifier | modifier le code]

Objets de l'époque prédynastique

L'époque gerzéenne[modifier | modifier le code]

Avant son unification, la Haute-Égypte (Sud) était divisée entre trois confédérations, ou protoroyaumes : Thinis (Abydos), Noubt (Nagada IIb, c et d) et Nékhen (Hiérakonpolis). Elles luttèrent entre elles pour la suprématie et ce fut la confédération de Nékhen qui prit le dessus et put partir ainsi à la conquête progressive de l'ensemble de l'Égypte. Les rois de la dynastie 0 étaient ceux de Hiérakonpolis, et se firent enterrer en Abydos.

Durant la fin de la période prédynastique, l'Égypte se trouve divisée en deux royaumes : un roi pour le Nord (Basse-Égypte) et un pour le Sud (Haute-Égypte).

Les rois du Nord[modifier | modifier le code]

La pierre de Palerme indique au centre au moins treize rois (inconnus par ailleurs) mais ils sont en grande partie en lacune. Parmi ces rois se trouvent Seka, Khaiou, Tiou, Thesh, Neheb, Ouadjnedj, et Mekh[1] Puis un grand espace et dix rois portant la double couronne mais sans leurs noms.

Les rois du Sud (dynastie zéro)[modifier | modifier le code]

À l'origine de l'unification, ils avaient pour capitale Hiérakonpolis. C'est un des sites, dont il ne subsiste que quelques ruines, où ont été découverts des textes gravés sur des objets, qui ont permis d'en apprendre un peu plus sur cette période. En fait ces rois sont plutôt des chefs Thinites, dotés d'armes d'apparat.

Aujourd’hui on les classe dans le début de la dynastie zéro qui correspond à la fin de la période de Nagada II-d2. Des égyptologues, à la suite des dernières découvertes sur le site d'Oum el Kaab, parlent aussi des rois Coquillage, Éléphant ou Taureau I et II qu’il faudrait peut-être ajouter à cette dynastie, le débat entre spécialistes est ouvert.

La période prédynastique se termine, comme son nom l'indique, à la création de la Ire dynastie pharaonique, avec l'unification du pays par Narmer aux alentours de -3150[2]. Les égyptologues sont maintenant presque unanimes pour donner le nom à cette période de dynastie zéro[3]. La dynastie zéro va comprendre les rois qui se sont succédé jusqu'à Narmer. Elle n'existe pas dans la liste de Manethon (Ægyptiaca).

Au milieu de la dynastie on découvre les premières traces d'écriture en Égypte, sous la forme de hiéroglyphes archaïques et uniquement figuratifs (roi Scorpion), et un début d’administration, période Nagada III-b2. On a quelques traces archéologiques sur les souverains de cette époque, comme la palette de Djehenou (ou Tehenu, ou palette des villes), mais dont les noms sont en grande partie incertains. À cette époque le pharaon, comme il sera nommé plus tard, n'a qu'un nom, celui d'Horus.

La tradition égyptienne plus tardive a eu tendance à confondre histoire et mythe, à tel point qu'il est difficile de faire la part des choses. Ainsi le dieu faucon Horus est souvent considéré par les Égyptiens comme le premier pharaon.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les Égyptiens prédynastiques échangeaient avec la Nubie au sud, les oasis du désert occidental à l'ouest et les cultures de la Méditerranée orientale à l'est. Ils ont également importé de l'obsidienne d'Éthiopie pour façonner des lames et d'autres objets à partir de flocons[4]. Des échantillons de charbon de bois trouvés dans les tombes de Nekhen, datées des périodes Naqada I et II, ont été identifiés comme du cèdre du Liban[5].

L'analyse craniométrique des fossiles d'Égyptiens prédynastiques de la période Nagada a montré qu'ils étaient étroitement apparentés à d'autres populations afro-asiatiques de la Corne de l'Afrique. L'analyse des fossiles d'égyptiens de Haute-Égypte de la période prédynastique montre qu'ils sont plus apparentés aux actuels somaliens qu'aux échantillons d'égyptiens de Basse-Égypte des dernières dynasties[6]. Cependant, les fossiles de Nagada et ces squelettes anciens et récents étaient phénotypiquement distincts des fossiles appartenant aux populations modernes parlant des langues Nigéro-Congolaises vivant en Afrique tropicale, ainsi que des squelettes mésolithiques trouvés à Wadi Halfa dans la vallée du Nil[7]. D'après ces mêmes études, les populations actuelles de la Corne de l'Afrique sont plus étroitement apparentées sur le plan crânio-facial à un échantillon incluant des éléments d'Asie du Sud, du Moyen-Orient et du nord-ouest de l'Europe qu'elles ne le sont de n'importe quel groupe d'Afrique subsaharienne hors Corne de l'Afrique[8].

Dieux majeurs de la période prédynastique[modifier | modifier le code]

  • Le dieu faucon Horus, symbole du pharaon qui veille sur son peuple. Il conservera parfois certains de ses attributs archaïques, et sera alors nommé Horus l'Ancien, pour ne pas être confondu avec le fils d'Isis et d'Osiris, Horus le jeune.
  • Le dieu Seth, adopté par le royaume du Sud (Abydos et Thinis) souvent représenté par un chien rouge agressif : le dieu bébon.
  • Un dieu momiforme assis sur un reposoir, pouvant être identifié à Ptah ou Sokar.
  • Le serpent mythique Apophis, qui essaie de perturber la création.
  • À Héliopolis, forme archaïque de représentant l'astre solaire.
  • La déesse Bat du septième nome de Haute-Égypte, au visage de femme surmonté d'oreilles et de deux cornes de vache stylisées.
  • Le dieu de la fertilité, représenté par un homme au pénis en érection, Min.
  • Le couple de lions Shou, symbole de vie, et Tefnout d'Héliopolis qui sont à l'origine du mythe de la Lointaine : l'inondation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gommaire Louis Dykmans, Histoire économique et sociale de l’ancienne Égypte, t. 3, Auguste Picard, Paris, 1937 : « Cette stèle porte même encore sept noms de rois prédynastiques du Royaume du Delta : Seka, Khaiou, Tiou, Thesh, Neheb, Ouadjnedj, Mekh; cf. Breasted, op. cit., 5 90 »
  2. Unification du pays vers -3150/-3125 selon N. Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne
  3. On peut aussi trouver une division encore plus ancienne sous le nom de dynastie 00 (double zéro)
  4. Barbara G. Aston, James A. Harrell, Ian Shaw (2000). Paul T. Nicholson and Ian Shaw editors. « Stone », in Ancient Egyptian Materials and Technology, Cambridge, 5-77, pp. 46-47. Voir aussi: Barbara G. Aston (1994). « Ancient Egyptian Stone Vessels », Studien zur Archäologie und Geschichte Altägyptens 5, Heidelberg, pp. 23-26. Sur le web: Obsidian et The origin of obsidian used in the Naqada Period in Egypt
  5. Marie Parsons, « Egypt: Hierakonpolis, A Feature Tour Egypt Story », www.touregypt.net (consulté le 9 juillet 2008)
  6. Clines and Clusters Versus "Race": A Test in Ancient Egypt and the Case of a Death on the Nile C. Loring Brace, David P. Tracer, Lucia Allen Yaroch, John Robb, Kari Brandt, and A. Russell Nelson « By the use of the discriminant function procedure, we reinforce the conclusions drawn from an examination of our dendrograms. The Predynastic sample from Upper Egypt differs less from the Somalis to the south than do the Late Dynastic people from Lower Egypt. »
  7. « Clines and clusters versus "race:" a test in ancient Egypt and the case of a death on the Nile », American Journal of Physical Anthropology, vol. 36, no S17,‎ , p. 1-31 (lire en ligne); cf. Haddow (2012) for similar dental trait analysis [5]
  8. Clines and Clusters Versus « Race »: A Test in Ancient Egypt and the Case of a Death on the Nile C. Loring Brace, David P. Tracer, Lucia Allen Yaroch, John Robb, Kari Brandt, and A. Russell Nelson « As our data show, the people of the Horn of Africa are craniofacially less distinct from a spectrum of samples marginally including South Asia and running all the way from the Middle East to northwest Europe than they are to any group in sub-Saharan Africa. Likewise, the use of a term such as “Hamitic” to indicate the biological relationships of the people who speak Afroasiatic languages (Seligman, 1913, 1915, 1934) runs into trouble when the tie can be shown between Somalis, Egyptians, and various other groups such as Bronze Age Jericho and Neolithic and modern Europe. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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