Bakenranef

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Bakenranef
Image illustrative de l'article Bakenranef
Stèle commémorant la mort d'un taureau Apis en l'an 6 du règne de Bakenranef, trouvée au Sérapéum de Saqqarah. Le nom de Bakenranef est visible sur la pointe de la stèle.
Surnom Bocchoris
Période IIIe période intermédiaire
Dynastie XXIVe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Tefnakht
Dates de fonction -725 à -720 ou -716 à -712
Successeur Shabaka (XXVe dynastie)
Famille
Père Tefnakht ?
Partie de la voûte de la tombe de Bakenranef.

Bakenranef, connu par les anciens grecs sous le nom de Bocchoris[1] fut brièvement le roi de la XXIVe dynastie égyptienne. Basé à Saïs dans l'ouest du Delta, il a gouverné la Basse-Égypte à partir de c. 725 à 720 av. J.-C. Mais l'historien égyptien de la période ptolémaïque, Manéthon[2] le considère comme le seul membre de la XXIVe dynastie, les savant modernes incluent son père Tefnakht dans cette dynastie. Bien que Sextus Julius Africanus cite Manéthon comme affirmant que "Bocchoris" a régné pendant 6 ans, certains savant modernes diffèrent à nouveau et lui assignent un règne plus court de seulement 5 ans, basé sur des témoignages provenant d'une stèle funéraire d'Apis. Il établit que le règne de Bakenranef s'est terminé seulement au début de sa 6ième année de règne qui, selon le système de datation égyptien, signifie qu'il a eu un règne de 5 années complètes. Le prenomen ou nom royal de Bakenranef, Ouahkarê, signifie : "Le ka de Rê est endurant [éternel ou stable]" en égyptien[3].

Règne[modifier | modifier le code]

Manéthon est la source de deux événements du règne de Bakenranef. La première est l'histoire qu'un agneau a prononcé la prophétie que l'Égypte serait conquise par les Assyriens, une histoire plus tard répété par des auteurs classiques tels que Claude Élien[4]. La seconde était que Bakenranef fut capturé par Chabataka, un roi de la XXVe dynastie, qui exécuta Bakenrenef en le faisant brûler vif. Le roi kouchite, Chabataka étendit son autorité sur l'ensemble de l'Égypte, divisée depuis la XXIe dynastie.

Diodore de Sicile, écrivant environ trois siècles après Manéthon, ajoute quelques détails différents. Diodore déclare que bien que Bakenranef ait été « méprisable en apparence », il était plus sage que ses prédécesseurs[5]. Les Égyptiens lui attribuaient une loi sur les contrats, qui prévoyait un moyen de s'acquitter des dettes où aucune obligation n'était signée; elle a été observée jusqu'à l'époque de Diodore[6]. Pour cela, et d'autres actes, Diodore a inclus "Bocchoris" comme l'un des six législateurs les plus importants de l'Égypte ancienne. Pour un roitelet mineur commandant brièvement le delta du Nil, il s'agit d'un classement étonnamment important : « C'était un choix surprenant », observe Robin Lane Fox[7], « peut-être que certains Grecs, à notre insu, avaient eu des relations étroites avec lui. De son règne, nous avons des sceaux de scarabée portant son nom égyptien, dont l'un a été trouvé dans une tombe grecque contemporaine sur Ischia, près de la baie de Naples ». Ischia était la première des colonies grecques du viiie siècle av. J.-C. en Italie.

L'historien romain Tacite mentionne que beaucoup d'écrivains grecs et romains pensaient qu'il avait un rôle dans l'origine de la nation juive[8] :

« La plupart des auteurs, cependant, s'accordent à dire qu'une maladie défigurant horriblement le corps a éclaté sur l'Égypte ; que le roi Bocchoris, en cherchant un remède, a consulté l'oracle d'Ammon, qui l'a convié de nettoyer son royaume, et de renvoyer en une terre étrangère cette race détestée par les dieux. Ce peuple, qui avait été recueilli se trouvant dans un désert, fut pour la plupart dans un état de stupeur et de douleur, jusqu'à ce que l'un d'eux, Moïse de son nom, les avertit de ne pas chercher un soulagement de Dieu mais de faire confiance à eux-mêmes, en prenant pour chef cet homme envoyé du ciel qui doit d'abord les aider à quitter leur misère actuelle. Ils en sont convenus, et dans l'ignorance totale, ont commencé à avancer au hasard. La rareté de l'eau les avait sombré dans la détresse, prêts à périr en partant dans toutes les directions sur la plaine, quand un troupeau d'ânes sauvages a été observé à la limite de leurs pâturages ombragée par des arbres. Moïse les suivit, et, guidé par l'apparition d'une zone herbeuse, a découvert une abondante source d'eau. Après six jours d'un voyage continu, ils prirent possession le septième jour d'un pays, d'où ils expulsèrent les habitants, et dans lequel ils ont fondé une ville et un temple. »

Réforme agraire et mort[modifier | modifier le code]

Le roi Bakenranef a lancé une réforme agraire, mais elle n'a pas été un succès[9],[10]. Selon la tradition, Chabataka aurait déposé et exécuté Bakenranef en le brûlant vivant sur le bûcher[11]. Ceci aurait mis fin à l'éphémère XXIVe dynastie égyptienne, en tant que rival potentiel de la XXVe dynastie. Bien que les traditions manéthonienne et classiques maintiennent que c'est l'invasion de Chabaka qui a fait rentrer l'Égypte sous domination kouchite, le roi brûlant son opposant, Bakenranef (ou Bocchoris) vivant, il n'y a aucunes preuves directes que Chabaka ait abattu Bakenranef, et bien que les savants anciens acceptent la tradition, elle a récemment été traitée avec plus de scepticisme[12].

Archives contemporaines[modifier | modifier le code]

Malgré l'importance qu'impliquent ces auteurs, peu de documents contemporains de Bakenranef ont survécu. L'inscription principale de son règne concerne la mort et l'enterrement d'un taureau Apis pendant les années 5 et 6 de son règne[12]; les autres sont quelques stèles que Auguste Mariette a récupérées en fouillant le Sérapéum de Saqqara[13]. Dans une tombe à Tarquinia, en Italie a été trouvé un vase inscrit avec ses noms[14].

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom de Bakenranef est toujours Bocchoris dans les récits grecs et chez Tacite; le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens a permis la reconstruction de son nom égyptien authentique.
  2. Manéthon, frags. 64, 65.
  3. (en) Peter A. Clayton, Chronicle of the Pharaohs: The Reign-by-Reign Record of the Rulers and Dynasties of Ancient Egypt, London, Thames and Hudson, , p. 188
  4. Claude Élien, De Natura Animalis 12.3.
  5. Diodore de Sicile, 1.65.
  6. Diodore de Sicile, 1.79.
  7. (en) Robin Lane Fox, Travelling Heroes, Knopf Doubleday Publishing Group, (ISBN 9780307271518, lire en ligne), p. 31
  8. Tacite, Histoires, 5:3.
  9. Jacques Pirenne, Histoire de la civilisation de l'Égypt: ancienne, avec la collaboration artistique d'Arpag Mekhitarian, La Baconniére, , p. 90-150
  10. Jacques Pirenne, Troisieme cycle de la XXIe dynastie aux Ptolémées (1085-30 av.J.-C.), La Baconnière, , p. 83-85, 149
  11. Jacques Pirenne, Archives d'histoire du droit oriental, Nouvelle société d'éditions, , p. 12
  12. a et b (en) Steffen Wenig, Studien Zum Antiken Sudan: Akten Der 7. Internationalen Tagung Für Meroitische Forschungen Vom 14. Bis 19. September 1992 in Gosen/bei Berlin, Otto Harrassowitz Verlag, (ISBN 9783447041393, lire en ligne), p. 203
  13. Cyril Aldred, L'Égypte du crépuscule: de Tanis à Méroé, 1070 av. J.-C.-IVe siècle apr. J.-C., Gallimard, , p. 326
  14. (en) William D. E. Coulson, Ancient Naukratis: the survey at Naukratis / by William D.E. Coulson. Vol. 2, the survey at Naukratis and environs, Oxbow, (ISBN 9781900188227), p. 179