Taharqa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Taharqa
Image illustrative de l’article Taharqa
Détail d'une statuette en bronze du pharaon Taharqa - XXVe dynastie - Musée du Louvre.
Décès v. 664 AEC[1]
Période Troisième Période intermédiaire
Dynastie XXVe dynastie
Fonction pharaon d'Égypte, et roi de Napata
Prédécesseur Chabaka
Dates de fonction v. 690 à 664 AEC[1]
Successeur Tanoutamon
Famille
Grand-père paternel Kachta
Grand-mère paternelle Pabatjma
Père Piânkhy
Mère Abar
Conjoint Takahatenamon
Deuxième conjoint Naparaye (en)
Troisième conjoint ...salka
Enfants avec le 3e conjoint Atlanersa
Quatrième conjoint Tabekenamon ?
Cinquième conjoint Atakhebasken (en) ?
Enfants avec le 6e conjoint Amenardis II (héritière de la divine adoratrice d'Amon)
♂ Nesinheret
♂ Nesyshoutefnout
♀ Ietourou
♀ Peltasen
♀ Amerardis, épouse du vizir memphite Montouhotep ?
Fratrie Chabataka
Chepenoupet II
♀ Naparayé
Takahatenamon
♂ Arty
♂ Har
♂ Khaliout
Sépulture
Type pyramide
Emplacement Nouri (N1)
Fouilles 1963
Objets ossements ;
restes d'un riche mobilier à son nom.

Taharqa est un roi de Napata, pharaon de 690 à 664 AEC[1]. Il est le fils de Piânkhy et d'Abar, et le frère de Chabataka. Il est généralement représenté avec la calotte propre aux rois koushites, sur laquelle se dressent les deux uræus, insignes de la double royauté de la Nubie et de l'Égypte antique.

Prince koushite[modifier | modifier le code]

Expédition sous Chabataka[modifier | modifier le code]

Taharqa, alors prince sous le règne de son frère aîné Chabataka et pendant l'affaire Inamani, a mené une expédition en 706 AEC vers le Levant dans le but de contrer l'armée assyrienne de Sargon II. Une fois roi, il dira de lui-même qu'il était le préféré de son frère parmi les frères et les fils de ce dernier. Il s'agit peut-être de propagande, à moins qu'il souhaitait montrer qu'il était l'héritier désigné de son frère[2].

Campagne sous Chabaka[modifier | modifier le code]

Dans la Bible, le Deuxième Livre des Rois précisément, Taharqa ( / « Tirhaqa » / Tirhaka) est mentionné comme roi de K(o)ush, ou Éthiopie, et comme un allié, au moins objectif, du roi de Juda, Ézéchias (mort en 687 AEC), voire de son fils et successeur Manassé, contre l'avis des prophètes hébreux Isaïe et Ézéchiel, et bien sûr contre celui du roi d'Assyrie Sennachérib (ou Sanchérib) lui-même, qu'il entreprend d'ailleurs d'attaquer[3],[4].

Ce passage de la Bible correspond à l'affrontement (en) entre les armées de Sennachérib et de Chabaka vers 701 AEC[5]. Taharqa n'étant pas encore roi, soit il a agi en tant que prince, comme il avait fait sous le règne de son frère Chabataka et la Bible aurait qualifié fautivement Taharqa de roi, soit il s'agit d'une confusion de la part de la Bible entre les deux évènements, toujours avec une qualification fautive de roi[5].

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Taharqa déclare explicitement dans la stèle V de Kawa, ligne 15, qu'il a succédé à Chabataka après la mort de ce dernier en déclarant : « J'ai reçu la couronne à Memphis après que le faucon se soit envolé au ciel »[6]. La référence à Chabataka était une tentative de Taharqa de légitimer son accession au pouvoir[7]. Cependant, Taharqa ne mentionne jamais l'identité du faucon royal et omet complètement de mentionner le règne de Chabaka entre Chabataka et Taharqa, peut-être parce qu'il a évincé Chabaka du pouvoir[7].

Par conséquent, Taharqa raconte que le roi Chabataka, qui l'aimait beaucoup, l'a emmené avec lui en Égypte et qu'au cours de ce voyage, il a eu l'occasion de voir l'état déplorable du temple d'Amon à Kawa (en), un événement dont il s'est souvenu après être devenu roi. Mais à propos de la stèle V de Kawa, Taharqa dit que quelque temps après son arrivée en Égypte sous un autre roi qu'il choisit cette fois de ne pas nommer, ce monarque (ici Chabaka) est mort et que c'est alors qu'il est monté sur le trône. Le silence de Taharqa sur l'identité de son prédécesseur suggère qu'il a pris le pouvoir de manière irrégulière et qu'il a choisi de légitimer sa royauté en déclarant commodément le fait possible ou la propagande selon laquelle Chabataka l'a favorisé « plus que tous ses frères et tous ses enfants »[7],[2].

Règne[modifier | modifier le code]

Portrait du pharaon Taharqa. Serpentine verte.
Ny Carlsberg Glyptotek

Bien que le règne de Taharqa ait été marqué par un conflit avec les Assyriens, il s'agit également d'une période de renaissance prospère en Égypte et à Koush[8],[9]. L'empire a prospéré sous Taharqa, en partie grâce à une crue du Nil particulièrement importante, à des récoltes abondantes[8] et aux ressources intellectuelles et matérielles libérées par un gouvernement central efficace[9]. Les inscriptions de Taharqa indiquent qu'il a donné de grandes quantités d'or au temple d'Amon à Kawa[10]. L'empire de la vallée du Nil était aussi grand qu'il l'avait été sous le Nouvel Empire[11]. La religion, les arts et l'architecture ont retrouvé leurs formes glorieuses de l'Ancien Empire, du Moyen Empire et du Nouvel Empire. Sous le règne de Taharqa, les caractéristiques centrales de la théologie thébaine ont été fusionnées avec l'idéologie impériale égyptienne du Moyen et du Nouvel Empire et l'intégration culturelle de l'Égypte et de Koush a atteint un tel point qu'elle n'a pas pu être inversée, même après la conquête assyrienne[9].

Activités architecturales[modifier | modifier le code]

Taharqa restaura les temples existants et en construisit de nouveaux. Ses ajouts au temple de Karnak, au nouveau temple de Kawa et aux temples du Gebel Barkal sont particulièrement impressionnants. Taharqa poursuivit l'ambitieux programme de la XXVe dynastie visant à faire du Gebel Barkal un « complexe monumental de sanctuaires [...] centré autour du grand temple d'Amon »[9]. La similitude de Gebel Barkal avec Karnak « semble être au cœur des préoccupations des bâtisseurs de Gebel Barkal »[9]. Le reste des constructions de Taharqa a servi à créer des « villes-temples » qui étaient des « centres locaux de gouvernement, de production et de redistribution »[9].

Nubie[modifier | modifier le code]

Taharqa est très actif en Nubie, éclipsant sans peine les réalisations de ses prédécesseurs Chabataka et Chabaka[12]. Outre sa tombe à Nouri, il a construit sur de nombreux sites. Ainsi, il est le commanditaire d'un reposoir à barque dans le temple d'Amon (temple essentiellement construit par son père Piânkhy) à Napata. Il est également le commanditaire d'un temple du piton rocheux de Napata divinisé, ce dernier ayant la forme d'un uræus. Il fait également construire et décorer le temple hémispéos situé au pied de ce piton rocheux. À Napata toujours, il fait également construire et décorer le temple d'Hathor[13].

Taharqa intervient également à Kawa (en). Il restaure le temple construit à l'époque de Toutânkhamon et en construit, avec des ouvriers et architectes memphites, un second temple dédié à Amon, Anouket et Satet. Une série de statue du roi, de sphinx et de criosphinx ornent ce temple. Dans un second temps, Taharqa a fait érigé une petite chapelle dans la salle hypostyle de ce second temple. L'influence de l'art de l'Ancien Empire se fait sentir tant par les colonnes palmiformes que dans les thèmes abordés, typiques des temples funéraires des Ve Dynastie égyptienne et VIe dynasties[14].

À Sanam (en), Taharqa fait décorer le temple d'Amon taureau de Nubie sur le modèle de celui de Kawa, avec une chapelle ajoutée après dans la salle hypostyle. La situation de Sanam par rapport au Gebel Barkal indiquerait que ce temple avait un rôle similaire au temple de Médinet Habou par rapport aux temples de Thèbes : le culte des ancêtres royaux associé au culte d'Amon-Kamoutef[15].

À Kerma, Taharqa fut probablement le commanditaire de salles secondaires dans le temple principal d'Amon et d'une chapelle latérale dans le temple oriental[16]. À Tabo, sur l'île d'argo, non loin de Kerma, un temple présente tant de similitudes avec ceux de Kama et de Sanam qu'il a probablement été commandité par Taharqa[16]. À Philæ, Taharqa a dédié des reposoirs à barques à Amon de Takompso et Amon de l'Akh-Menou[17].

Enfin, les anciennes forteresses de Bouhen, Semna et Qasr Ibrim ainsi que leurs temples furent réoccupés et restaurés, le temple de Semna a été dédié à Sésostris III divinisé[17].

Égypte[modifier | modifier le code]

Taharqa donne une grande importance à Thèbes, pendant nordique de Napata. Ainsi, il construit quatre colonnades propylées destinées à protéger rituellement les quatre points cardinaux des sanctuaires de Montou et d'Amon. La plus importante, dans la première cour dite bubastite, servait également de reposoir lors des sorties solennelles du dieu. Il restaure également l'enceinte d'Amon, évènement notifié sur une stèle érigée en l'an 24, en pleine invasion assyrienne. Il fait également construire une chapelle pour Osiris Nebânkh et Osiris Paoushebiad, où deux statues du roi ont été retrouvées (Caire JE 39403 et 39404). Le pylône et un sanctuaire du temple d'Opet sont également l'œuvre de Taharqa, qui a également fait une donation en l'honneur d'Osiris Ounnéfer et d'Opet, donation enregistrée sur une stèle trouvée sur place. Taharqa est aussi le commanditaire d'un édifice près du lac sacré, associé à un nilomètre (cet édifice pourrait être un lieu de culte de substitution au temple de Djêmé à Médinet Habou). Taharqa est également le commanditaire de la chapelle d'Osiris Nebdjet/Padedânkh située à l'ouest de l'enceinte de Montou et de deux autres dans l'enceinte cette fois-ci. Il ajoute à l'est de la colonnade propylée, qu'il a fait construire devant le temple de Montou, une chapelle pour le dieu-fils Horparê[18].

Montouemhat, quatrième prophète d'Amon, a également fait construire pour le compte de Taharqa une petite chapelle dans le sanctuaire de Mout à Karnak. Dans cette chapelle sont décrits certains travaux entrepris par le roi : aménagement de l'enceinte de Mout, contre-temple et colonnade d'entrée. À l'est du temple de Mout est située le petit temple de Khonsou l'enfant que Taharqa a refait décorer. Devant le temple de Louxor, une chapelle à chapiteaux hathoriques est construite et dédiée à Opet-Ouret et un pendant du temple d'Opet à Karnak. La construction est enregistrée sur une stèle sur place datée de l'an 13.Sur l'autre rive, à l'ouest, Taharqa aménage la cour et le pylône du petit temple de Djêmé à Médinet Habou, sanctuaire dédié au culte des dieux primordiaux[19].

Ailleurs en Haute-Égypte, Taharqa est présent sans pour autant que l'activité architecturale soit aussi développée qu'à Thèbes : Esna, El Kab, Ouadi Hammamat, Coptos et Hermopolis. Dans cette dernière ville, il n'est attesté que par une stèle privée datée de l'an 7, qui permet toutefois de comprendre qu'aucun chef local ne venait interférer entre la monarchie koushite et l'administration locale. Tandis qu'à Coptos et à Esna, il s'agit de stèle relatant la crue exceptionnelle de l'an 6[20].

Concernant le nord du pays, Taharqa est le mieux attesté des rois koushites. Toutefois, le pouvoir du roi s'étant fortement effrité dans cette région dès environ 680 AEC, il est probable que toutes ces attestations soient antérieures à 680 AEC et donc datent de sa première décennie de règne[21]. Une stèle provenant du dromos sud du temple de Ptah à Memphis indique que le roi a fait une importante fondation envers un sanctuaire d'Amon-qui-préside-aux-temples et d'importants travaux de restorations de ce temple. Une stèle trouvée à Tanis relate à nouveau la crue exceptionnelle de l'an 6 mais aussi les retrouvailles entre Taharqa et sa mère Abar. À Athribis, le roi est attesté par des éléments architecturaux plus tard usurpés par Psammétique II. Au nord ouest du Delta, le roi n'est attesté que par un poids sur lequel est inscrit « Taharqa, l'aimé d'Osiris qui réside à Saïs »[21].

Une stèle trouvée à Dahchour commémore les activités de son armée dans la région, notamment les entraînements, propoces à mettre en valeur la faveur divine dont bénéficie le souverain[21].

Guerre avec les Assyriens[modifier | modifier le code]

La Stèle de la victoire d'Assarhaddon a été réalisée après la victoire du roi en Égypte et représente Assarhaddon dans une posture majestueuse, une masse de guerre à la main, avec des captifs royaux agenouillés devant lui. L'un d'eux est Ushankhuru, le fils de Taharqa, enchaîné avec une corde autour du cou, mais portant la couronne koushite. L'autre est peut-être Abdi-Milkutti (en), roi de Sidon.

Taharqa commença à cultiver des alliances avec des rois de Phénicie et de Philistie qui étaient prêts à adopter une position plus indépendante contre l'Assyrie. L'armée de Taharqa entreprit des campagnes militaires réussies, comme l'attestent la « liste des principautés asiatiques conquises » du temple de Mout à Karnak et les « peuples et pays conquis (Libyens, nomades Shasou, Phéniciens ?...) » des inscriptions du temple de Sanam[9]. Le détail de ces opérations n'est cependant pas connu[22].

En représailles à ces opérations et au soutien des koushites envers les dirigeants levantins, le roi assyrien Assarhaddon, après une première campagne en 679 AEC pendant laquelle il prit d'El-Arich dans le nord-est du Delta, lance une deuxième campagne en 674 AEC, qui fut un échec et dans laquelle Taharqa et Nékao Ier sont impliqués[23]. Par cette opération militaire rapide, les Assyriens ne cherchent pas à créer une nouvelle province de leur empire, qui aurait été trop lointaine, mais, afin de rendre les royaumes égyptiens à leur impuissance[24].

Assarhaddon lance à nouveau une campagne cette fois mieux documentée en 672 AEC L'affrontement militaire entre les force de Taharqa et les forces assyriennes ont eu lieu en trois endroits, dont les deux premiers ne sont pas clairement situés : Magdala, Ishupri et Memphis. Le pillage par l'armée assyrienne aurait permis de ramener un butin incroyable de 50 000 chevaux, 120 diadèmes d'or et des statues divines, selon les sources assyriennes. Assarhaddon, qui veut éradiquer la présence koushite en Égypte, se proclame alors roi puissant, roi du monde, roi d'Assyrie, roi de Sumer et d'Akkad, roi des rois de Basse-Égypte, de Haute-Égypte et de Koush. Il proclame également avoir nommé de nouveaux gouverneurs et rois (une vingtaine), mais la liste fournie au début du règne de son successeur Assurbanipal indique plutôt qu'il a laissé en place les pouvoirs locaux, dont Nékao Ier, listé en premier sur la liste en tant que roi de Memphis et Saïs[25].

Portrait de Taharqa.
Nubian Museum, Aswan

Taharqa, dont le fils et prince héritier Ushankhuru (ou Nesinheret) et les épouses avaient été capturés et déportés à Ninive, avait trouvé refuge à Napata, d'où il prépare une contre-attaque. Après une rapide reprise en main de la région thébaine, a minima dès 670 AEC (une stèle le montre avec la divine adoratrice d'Amon Chepenoupet II), il repris en main Memphis dont il chassa les fonctionnaires assyriens dès 669 AEC. Dans le but de chasser une nouvelle fois les Koushites du nord de l'Égypte, Assarhaddon commence les préparatifs d'une nouvelle campagne et lance son armée en 669 AEC mais meurt inopinément. Ainsi, son successeur Assurbanipal relance cette campagne avorté vers la fin de 667 AEC. Après la nouvelle soumission du nord de l'Égypte, une partie des roitelets et chefs du Delta, dont Nékao, accompagne Assurbanipal vers le Sud et conquiert à nouveau Thèbes. C'est sur un linteau d'une chapelle thébaine d'Osiris que sont figurées la divine adoratrice d'Amon Chepenoupet II et une princesse nommée Méresamon dont le père semble être Nékao, ce qui montrerait l'influence et le prestige que ce dernier a sur l'Égypte à cette époque[26].

Suite au départ des Assyriens après cette campagne en 666 AEC, les roitelets et chefs du nord, soutenus par Taharqa, créèrent des troubles et se révoltèrent face au pouvoir assyrien en chassant les fonctionnaires assyriens laissés sur place par Assurbanipal. Les Assyriens réprimèrent sévèrement ces révoltes et plusieurs de ces chefs et roitelets finirent déportés à Ninive. Assurbanipal choisit Nékao, malgré sa participation aux troubles, comme représentant des roitelets et chefs du Delta dans le but de faciliter le contrôle de cette région à travers un intermédiaire, Nékao, plutôt qu'une multitudes d'interlocuteurs. De plus, son fils, le futur roi Psammétique Ier, est installé comme prince à Athribis, après que son prédécesseur a été déporté en Assyrie suite à la répression susmentionnée[27].

En 664, Taharqa, toujours réfugié à Napata, meurt et son cousin, Tanoutamon, lui succède. Ce dernier, dès cette année d'accession au trône, reprend la conquête du nord de l'Égypte[28].

Sépulture[modifier | modifier le code]

Ouchebti du roi Taharqa, ankérite, issu de la pyramide N1 de Nouri.
Les ruines de la pyramide de Taharqa à Nouri ; c'est la plus ancienne et la plus grande pyramide du site.

Taharqa construisit la plus grande pyramide (environ 52 mètres carrés à la base) de la région nubienne à Nouri (en face du Gebel Barkal, près d'El-Kourrou) avec la tombe koushite taillée dans le roc la plus élaborée[29]. Il inaugure ainsi une nouvelle nécropole qui verra la plupart des rois de Napata s'y faire inhumer. Taharqa fut enterré avec « plus de 1070 shabtis de différentes tailles et faits de granit, d'ankérite verte et d'albâtre »[30].

Une autre tombe surmontée d'une pyramide associée à des blocs au nom de Taharqa a été découverte dans les années 60 à Sedeinga, et on a longtemps pensé que le roi avait pu s'y faire enterrer. Mais ces blocs étaient en fait des remplois tardifs prélevés sur le temple voisin dédié à la reine Tiyi (l'épouse d'Amenhotep III), où Taharqa avait durant son règne ajouté une colonnade. Au début du XXe siècle, la fouille de la pyramide N1 à Nouri avait permis la découverte d'ossements et d'ouchebtis à son nom confirmant, s'il le fallait, que l'enterrement royal avait bien eu lieu sur place.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Taharqa est le fils de Piânkhy, car Chepenoupet II, fille de Piânkhy, est désignée comme sa soeur[31]. Sa mère est Abar, elle est nommée et représentée sur plusieurs documents dont la stèle Kawa VI où Taharqa se réjouit de revoir sa mêre après une longue séparation[32].

Ses épouses sont :

Plusieurs enfants lui sont attestés :

Tjesraperet, dont on a retrouvé la tombe intacte, est la nourrice d'une de ses filles.

Titulature[modifier | modifier le code]

Représentations[modifier | modifier le code]

Sphinx de Taharqa, Gneiss ;
h. = 40,6 cm, l. = 73 cm
(British Museum)

Parmi les nombreuses représentations de ce pharaon, le sphinx de Taharqa est l'un des « objets phares » du British Museum[35], à Londres, et fut sélectionné pour être le 22e objet, présenté dans la série radiophonique Une histoire du monde en cent objets, diffusée sur BBC Radio 4 en 2010, par le directeur dudit Museum, Neil MacGregor[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Payraudeau 2020, p. 557.
  2. a et b Payraudeau 2020, p. 189-190.
  3. 2R 19,9, passage sous lequel il est annoté comme pharaon de la XXVe dynastie égyptienne éthiopienne (sic, et non pas égyptienne), en commentaire de bas de page, dans la Bible de Jérusalem parue aux Éditions Desclée de Brouwer avant 1985.
  4. 2R 18,21 sqq, où ce point de vue hébreu utilise le terme plus générique de Pharaon, qui peut donc désigner tout aussi bien l'un des prédécesseurs de Taharqa sur son trône, ou même la seule fonction générique de pharaon, dont le roi conquérant Sennachérib d'Assyrie, d'abord par médiateurs interposés dont son « échanson », incite son homologue de Juda (dont Jérusalem), Ézéchias, à se méfier, du fait que selon eux, les Égyptiens sont des alliés peu fiables voire dangereux, car trop puissants envers leurs « protégés »... Mais il semblerait, au moins initialement, que les Hébreux fissent surtout part aux Assyriens, d'une « alliance » éventuelle avec les Égyptiens, de Taharqa voire de tout autre pharaon, parmi ses prédécesseurs voire successeur(s), pour détourner leurs attention et forces vers cet autre front (a priori plus impressionnant), et les dissuader de faire trop longtemps le siège de Juda, voire de vouloir à tout prix les conquérir eux-mêmes, puisque, notamment, même les prophètes judéens Isaïe et Ézéchiel stigmatisèrent toute alliance avec l'Égypte (cf. Es 30-31, & Ez 29-32).
  5. a et b Payraudeau 2020, p. 195.
  6. Kitchen 1996, p. 167.
  7. a b et c Payraudeau 2014, p. 115-127.
  8. a et b Welsby 1996, p. 158.
  9. a b c d e f et g Török 1997, p. 132–133, 170–184.
  10. Welsby 1996, p. 169.
  11. Török 1997.
  12. a b c d e f g h i et j Payraudeau 2020, p. 198.
  13. Payraudeau 2020, p. 199.
  14. Payraudeau 2020, p. 199-200.
  15. Payraudeau 2020, p. 200-201.
  16. a et b Payraudeau 2020, p. 200.
  17. a et b Payraudeau 2020, p. 201.
  18. Payraudeau 2020, p. 202.
  19. Payraudeau 2020, p. 202-203.
  20. Payraudeau 2020, p. 203.
  21. a b et c Payraudeau 2020, p. 204.
  22. Payraudeau 2020, p. 213.
  23. Payraudeau 2020, p. 213-214.
  24. D. Agut et J. C. Moreno-García, 2016, p. 570
  25. Payraudeau 2020, p. 215-216.
  26. Payraudeau 2020, p. 217-218.
  27. Payraudeau 2020, p. 219.
  28. Payraudeau 2020, p. 219-220.
  29. Welsby 1996, p. 103.
  30. Welsby 1996, p. 87.
  31. Payraudeau 2020, p. 196-197.
  32. Payraudeau 2020, p. 197-198.
  33. a b et c Dodson et Hilton 2004.
  34. Dodson et Hilton 2004, p. 237.
  35. « Sphinx of Taharqo », British Museum (consulté le )
  36. (en) Ben Hoyle, « British Museum and BBC reveal history of world in 100 objects », Times Online,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Payraudeau, L'Égypte et la Vallée du Nil : Les époques tardives, t. 3, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 624 p. (ISBN 978-2130591368)
  • Aidan Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, [détail des éditions]
  • Frédéric Payraudeau, « Retour sur la succession Shabaqo-Shabataqo », Nehet,‎ , p. 115–127 (lire en ligne)
  • Joël Cornette (dir.), Damien Agut et Juan Carlos Moreno-García, L'Égypte des pharaons : de Narmer à Dioclétien 3150 av. J.-C. - 284 apr. J.-C., Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », (réimpr. en 2018), 847 p., 24 cm (ISBN 978-2-7011-6491-5).
  • Vincent Rondot, Moi, Taharqa, Pharaon des deux terres : Catalogue de l'exposition, El Viso, (ISBN 978-84-120969-7-2).
  • Kenneth Anderson Kitchen, The Third Intermediate Period in Egypt (1100–650 BC), Aris & Phillips Ltd, , 608 p. (ISBN 978-0-85668-298-8, lire en ligne)
  • László Török, « The Kingdom of Kush : Handbook of the Napatan-Meroitic Civilization », Handbuch der Orientalistik, Brill, no 31,‎
  • (en) Derek A. Welsby, The Kingdom of Kush, Londres, Royaume-Uni, British Museum Press, (ISBN 0-7141-0986-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :