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Apophis Ier

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Apophis Ier
Image illustrative de l’article Apophis Ier
Scarabée inscrit avec le nom d'Apophis.
Nom en hiéroglyphe
M17A2Q3
Q3
M17
Transcription Ipépi
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XVe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Khyan ?
Yanassi ?
Dates de fonction -1581 à -1541 (selon K. S. B. Ryholt)
Successeur Khamoudy
Famille
Enfant(s) ♂ Apopi ?
Herit
Fratrie ♀ Tani
♀ Ziouat

Apophis Ier, ou Apopi Ier, est un roi égyptien de la XVe dynastie. C'est le plus célèbre et le mieux connu des rois hyksôs. Durant son règne long de plus de quarante ans[1], il agit en pharaon, construisant dans les temples et faisant copier des œuvres du passé (comme le papyrus Rhind).

Attestations

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Attestations contemporaines

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Le roi est attesté par plusieurs documents, mais avec trois noms de Nesout-bity distincts. Cependant, il y a débat pour savoir si ces trois noms renvoient au même roi (voir Apophis II)[2].

Les documents mentionnant le nom de Nesout-bity Âaouserrê sont les suivants[3] :

  • un vase au nom de la « sœur du roi » Ziouat, retrouvée à Almuñécar en Espagne et conservé dans la mairie de cette ville,
  • une chapelle au nom de la « sœur du roi » Tani, découverte à Tell el-Dab'a et conservée au Musée d'Histoire de l'art de Vienne (ÄS 8606) et au Musée égyptien du Caire (TD-8423 [177]),
  • une palette de scribe, découverte à Médinet el-Fayoum et conservé au Musée égyptien de Berlin (num. inv. 7798),
  • un fragment de vase au nom de la « fille du roi » Herit découvert à Dra Abou el-Naga et conservé au Metropolitan Museum of Art (num. inv. 21.7.7),
  • une lame d'herminette, dédicacée à Sobek, et probablement découverte à El Mahamid El Qebleyah, près de Louxor ; elle est conservée au British Museum (EA 66206),
  • un linteau en calcaire, découvert dans le temple d'Hathor à Gebelein et conservé au Musée égyptien du Caire (JE 29238),
  • un support d'offrandes de provenance inconnue, sur lequel est inscrit le nom de la « sœur du roi » Tani ; il est conservé au Musée égyptien de Berlin (num. inv. 22487),
  • le Papyrus Rhind, découvert à Thèbes et conservé au British Museum,
  • un récipient en pierre, sans provenance connue et conservé au Caire,
  • la deuxième stèle de Ouadjkheperrê Kames découverte à Karnak et conservée au Musée de Louxor (J. 43)
  • près de 10 sceaux-scarabées, sans provenance connue, dont l'un est inclus dans une monture en or ; ce dernier est conservé au Metropolitan Museum of Art (num. inv. 15.171).

Sous le nom de Nesout-bity de Âaqenrê, Apophis est connu par les documents suivants[4] :

  • un table d'offrandes, provenant probablement d'Avaris, et aujourd'hui conservée au Musée égyptien du Caire (JE 39605 = CG 23073) ; cette table d'offrandes mentionne également le nom d'Horus Séhoteptaouy,
  • un récipient en pierre, découvert à Memphis et conservé au Musée égyptien de Berlin (20366),
  • une dague, de provenance inconnue et conservée dans une collection privée (es-collection Corble),
  • sur plusieurs statues plus anciennes sur lesquelles il a inscrit son nom, qui devaient être érigées à Avaris pendant son règne et qui ont été découverts à Tanis, déplacées au début de la Troisième Période intermédiaire ; Apophis a dédié toutes ces statues à Seth :
    • deux colosses de Smenkhkarê Imyramesha, conservés au Musée égyptien du Caire (JE 37466 et JE 37467),
    • un sphinx d'Amenemhat II, conservé au Musée du Louvre (A 23)[5],
    • quatre autres sphinx, conservés au Musée égyptien du Caire (JE 15210 à JE 15213 = CG 393, CG 394, CG 530, CG 1243).

Sous le nom de Nesout-bity de Nebkhépeshrê, Apophis est connu par plusieurs documents[6] :

  • un fragment de récipient en pierre découvert à Tell el-Yahoudieh et conservé au British Museum (EA 32069)[7]
  • une dague d'un fonctionnaire, découverte à Saqqarah et conservée au Musée égyptien du Caire (JE 32735 = CG 52768)
  • peut-être deux sceaux-scarabées ; la typologie de ces deux scarabées[note 1] ne correspond pas à celles de la Deuxième Période intermédiaire ; cela faisait dire à Hanns Stock qu'ils lui rappelaient les scarabées de la XXVIe dynastie[8] ; Ryholt n'en fait pas non plus des scarabées royaux[9].

Les documents ne mentionnant que son nom de Sa-Rê Apopi sont les suivants[10] :

  • un sphinx dédicacé à Ouadjet, maîtresse d'Imet et provenant de Tell Nebesha, usurpé du roi Sésostris III et conservé au British Museum (EA 1849),
  • des élements archotecturaux découverts à Tell Basta, dont un montant de porte conservé au British Museum (EA 1101) ; (l'un des blocs trouvé mentionne son nom d'Horus Séhoteptaouy),
  • cinq sceaux-scarabées sans provenance connue.

Attestations postérieures

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Le roi est mentionné dans quelques documents postérieurs à son règne, uniquement avec son nom de Sa-Rê Apopi[10] :

Sources historiques

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Le roi est mentionné dans plusieurs listes royales :

  • le Canon royal de Turin ; son nom est en lacune, mais une durée de règne supérieure à 40 ans est indiquée[11],
  • les textes citant l'Ægyptiaca de Manéthon (œuvre aujourd'hui perdue) ; il est nommé Apophis, Aphobis ou Aphophis selon les versions, avec un règne de soixante-et-un ans ou de quatorze ans[12].

Noms du roi

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Nebkhépeshrê, Âaqenrê et Âaouserrê sont trois noms de Nesout-bity utilisés par ce même souverain à différentes périodes de son règne. Si certains égyptologues ont longtemps cru qu'il existait deux ou trois rois distincts portant le nom d'Apopi, il est aujourd'hui admis que Khamoudy succéda à Apopi à Avaris et qu'il n'y eut qu'un seul roi nommé Apopi[13]. Nebkhépeshrê (« Rê est le Seigneur de la Force ») fut le premier nom de Nesout-bity d'Apopi ; vers le milieu de son règne, ce souverain hyksôs adopta un nouveau nom de Nesout-bity, Âaqenrê (« La force de Rê est grande »). Durant la dernière décennie de son règne, Apopi choisit Âaouserrê comme dernier nom de Nesout-bity. Bien que le nom ait été modifié, la traduction d'Âaqenrê et d'Âaouserrê reste identique. Son nom d'Horus, Séhoteptaouy, n'est attesté qu'à deux reprises : une fois avec Âaqenrê sur une table d'offrandes d'Avaris, et une fois sur un bloc à Tell Basta ; d'autres blocs retrouvés à côté de ce dernier mentionne uniquement le nom de Sa-Rê d'Apopi.

Deux « sœurs du roi » sont connues[14] :

  • Tani est mentionnée sur une porte de sanctuaire à Avaris et sur le support d'une table d'offrandes (Berlin 22487),
  • Ziouat est mentionnée sur un bol découvert en Espagne.

Ces deux sœurs ne portent pas le titre de « fille du roi », ainsi, le roi Apopi ne devait pas être le fils d'un roi[15].

Deux enfants sont également connus[16] :

  • une « fille du roi » nommée Herit est nommée sur unfragment de vase lui appartenant et découvert dans la tombe thébaine ANB ; l'hypothèse qu'Herit a épousé un Thébain[17] ; cependant, ce vase pourrait toutefois avoir été pillé à Avaris après la victoire d'Ahmôsis Ier sur les Hyksôs,
  • un sceau (aujourd'hui à Berlin) appartenait à un « fils du roi » Apopi, dont la datation correspond au roi Apopi, pourrait attesté la présence d'un fils du roi Apopi homonyme.

Pour des raisons inconnues, le roi Apophis, souverain hyksôs de l'Égypte qui règne à Avaris dans le delta, entre en guerre contre le roi thébain Seqenenrê Tâa de la XVIIe dynastie.

Un conte égyptien de la XVIIIe dynastie, qui nous est parvenu de manière très fragmentaire, rapporte un curieux échange entre Apophis et Seqenenrê Tâa. Apophis demande à Seqenenrê Tâa de chasser les hippopotames de son étang, car le bruit qu'ils font incommodent le pharaon et l'empêchent de dormir. Compte tenu de la grande distance qui sépare Thèbes et Avaris, ce message ne peut avoir qu'un sens caché ou symbolique. Il s'agit vraisemblablement pour le souverain du nord d'affirmer sa souveraineté sur son vassal du sud.

« Qu'un messager aille vers le chef de la ville du Midi pour lui dire : Le roi Râ-Apôpi, (vie, santé, force), t'envoie dire : Qu'on chasse sur l'étang les hippopotames qui sont dans les canaux du pays, afin qu'ils laissent venir à moi le sommeil, la nuit et le jour[18]. »

La conséquence probable de cette histoire, selon Gaston Maspero, est la suivante : le roi Seqenenrê Tâa, après avoir hésité longuement, aurait réussi à se tirer du dilemme embarrassant où son puissant rival prétendait l'enfermer. Sa réponse, pour s'être fait attendre, ne devait pas être moins étrange que le message d'Apophis, mais rien ne permet de conjecturer ce qu'elle était.

À la mort de Seqenenrê Tâa, sans doute au cours d'un combat, la guerre continue avec son successeur Ouadjkheperrê Kames. Apophis tente de s'allier avec le roi de Koush pour prendre à revers l'armée de Ouadjkheperrê Kames. Mais celui-ci intercepte le message envoyé par le roi Apophis à son allié du sud, et réussit à déjouer l'opération. Le texte, reproduit in extenso sur une stèle découverte à Karnak, donne de précieux détails sur les relations entre les royaumes, ainsi que sur les actes de Ouadjkheperrê Kames antérieurement à sa campagne militaire :

« Je capturai son message écrit au sud de l'oasis, sur le chemin menant à Koush. Je découvris ces paroles écrites par le prince d'Avaris : “Aâouserrê, fils de Rê Apophis - (J')envoie mon salut à mon fils, le prince de Koush. Comment se fait-il que tu te sois levé en prince sans me le faire savoir ? As-tu eu connaissance de ce que l'Égypte m'a fait ? Le prince qui y réside, Kamosis-le-puissant doué de vie, m'a agressé violemment sur mon territoire - et pourtant je ne l'avais pas attaqué - exactement comme il a fait envers toi. Il a choisi les deux pays pour les détruire, mon pays et le tien, et il les a ravagés. Aussi viens, navigue vers le Nord ; et ne crains rien, car il est ici actuellement avec moi et personne ne t'attend en Égypte ; d'ailleurs, je ne lui permettrai pas de s'éloigner tant que tu ne seras pas arrivé. Ensuite, nous nous partagerons les villes de l'Égypte et le pays de Khent-en-nefer[note 2] sera dans la joie”[19]. »

Après de durs combats, Ouadjkheperrê Kames réussit à reprendre l'avantage en Moyenne-Égypte. Remontant le fleuve, il libère Memphis, continue sa route et met le siège devant la ville d'Avaris, qu'il n'arrive pas à prendre. Apophis Ier trouve la mort à un moment donné, peut-être au début du règne d'Ahmôsis Ier. Il y a un désaccord quant à savoir si deux noms pour Apophis, trouvés dans le registre archéologique, s'appliquent à deux monarques différents ou si ce sont les noms multiples d'un même roi. La tendance actuelle privilégie un seul roi ; dans ce cas, il a pour successeur Khamoudy.

Son nom de Sa-Râ a été hellénisé sous plusieurs formes :

Notes et références

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  1. Matériau en argile, la taille profonde, dessins peu canoniques et sans ornement, aucun attribut royal, et, pour l'un d'eux, des pattes pleines
  2. La Haute-Nubie, au sud de la 2e cataracte. cf. Vandersleyen 1995, p. 225.

Références

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  1. -1581 à -1541 selon K. S. B. Ryholt.
  2. Ryholt 1997, p. 385-387.
  3. Ryholt 1997, p. 385-386.
  4. Ryholt 1997, p. 386.
  5. (en) « Sphinx d'Amenemhat II du Louvre (A23) » (consulté le )
  6. Ryholt 1997, p. 64 et 386-387.
  7. (en) « Fragment de vase au British Museum (EA 32069) » (consulté le )
  8. Stock 1942, p. 66.
  9. Ryholt 1997, p. 64.
  10. 1 2 Ryholt 1997, p. 387.
  11. (en) Peter Lundström, « Colonne 10 du Canon royal de Turin », sur Pharaoh.se (consulté le )
  12. (en) Peter Lundström, « Listes de Manéthon », sur Pharaoh.se (consulté le )
  13. Ryholt 1997, p. 125.
  14. Ryholt 1997, p. 256-257.
  15. Ryholt 1997, p. 257.
  16. Ryholt 1997, p. 257-258.
  17. Grimal 1988, p. 189.
  18. Maspero 1889.
  19. Lalouette 1995, p. 122-123.

Bibliographie

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