Den (pharaon)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Den.
Den
Image illustrative de l'article Den (pharaon)
Étiquette de jarre en ivoire représentant le pharaon Den massacrant les ennemis de l'Égypte
Décès v. 2985 avant notre ère
Période Période thinite
Dynastie Ire dynastie
Fonction Souverain d'Égypte
Prédécesseur Ouadji
Dates de fonction v. 3020 à 2985 avant notre ère[1].
Successeur Adjib
Famille
Grand-père paternel Horus Djer
Grand-mère paternelle Naktneith
Grand-père maternel Horus Djer
Grand-mère maternelle Herneith
Père Ouadji
Mère Merneith (ou Meret-Neith)
Conjoint Seshemetka
Enfant(s) Adjib
Deuxième conjoint Senat
Troisième conjoint Serethor
Quatrième conjoint Qai-Neith
Sépulture
Type Tombeau
Emplacement Abydos, nécropole d'Umm el-Qa'ab, cimetière B

Den ou Oudimou est le nom d'Horus du cinquième souverain de la Ire dynastie (période thinite). Manéthon l'appelle Ousaphaïdos, Ousaphaïs ou Kenkenès et lui compte vingt ans de règne.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Ouadji. Sa mère Merneith (ou Meret-Neith) peut avoir exercé une régence qui semble avoir été contestée, puisque son nom et celui de Den ont été effacés sur leurs vases.

Den a quatre épouses attestées par des inscriptions à Abydos, qui furent enterrées avec lui : Seshemetka, dont il a un enfant, Adjib ; Senat ; Serethor et Qai-Neith, laquelle avait été capturée par Den lors d'une de ses campagnes puis qu'il épousa. On ne connait pas d'enfant des trois dernières unions.

Règne[modifier | modifier le code]

On situe son règne vers -3020 à -2985[1]. Les récents travaux scientifiques réalisés pour obtenir une chronologie absolue de l'Égypte dynastique permettent de lui supposer une date d'accession au trône entre -2945 et -2904, voire entre -2928 et -2911[2]. En ce qui concerne la durée, Manéthon lui accorde un règne long de vingt ans. La pierre de Palerme suggère cependant un règne plus long, avec la mention de deux fêtes-Sed. Ce règne pourrait avoir atteint une durée de quarante-quatre ans, voire plus[3]. La mère de Den, Merneith, a peut-être exercé la fonction de régente au début du règne de son fils[4].

Il consolide l’État avec la création d’une administration centralisée. De son règne datent une série de tombes découvertes à Abydos ainsi que de nombreux mastabas découverts sur le plateau de Saqqarah. Ces tombes sont attribuées généralement aux hauts fonctionnaires du royaume[5], comme le trésorier du roi Hémaka (en), qui portait également le titre de « Porteur du sceau du roi de Basse-Égypte[6] », et dont la tombe S3035 à Saqqarah a livré également un mobilier funéraire d'une certaine richesse, en particulier un coffret circulaire en bois de 19 cm de diamètre contenant un petit rouleau de papyrus vierge[7]. Ou encore Ânkh-ka, à qui l'on attribue la tombe S3036 de Saqqarah, et qui était peut-être l'un des premiers porteurs du titre de vizir[8].

On lui connait, par la pierre de Palerme, trois expéditions militaires dont deux touchent des peuples orientaux. Ainsi, la 19e année de son règne, il attaque les Sedjet, peuple situé à proximité du Rétjénou. Il mène une expédition militaire en Palestine[9] où il détruit trente villages[réf. nécessaire]. L'expédition la mieux documentée touche les Iountiou, en 29 de son règne. Le but de cette expédition aurait été de prendre le contrôle des mines de cuivre et de turquoise du Sud-Sinaï. Cette expédition aurait mené à la prise d'une ville nommée Âa-An, identifiée dans un premier temps avec Qatna, mais qui correspond peut-être mieux au site d'Ayn Fogeya, au Sud-Sinaï[10]. Cette victoire semble étroitement liée à la célébration de la seconde fête-sed du règne.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sur le site de Saqqarah, le mastaba T121 lui a été attribué pendant longtemps, mais on sait aujourd'hui que c'est le tombeau d'un noble de la Ire dynastie.

Sa véritable tombe se trouve à Abydos, dans le cimetière B sur le site de la nécropole royale des premières dynasties : Umm el-Qa'ab[11].

C'est au sein de cette tombe que fut découvert la stèle de Den, portant le nom d'Horus de Den (actuellement conservée aux musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles)[12].

Trois fragments de cette stèle ont été retrouvés sur le site. Il existe actuellement un certain désaccord autour de cette stèle, car elle possède des caractéristiques différentes des stèles thinites retrouvées sur ce site. Cela met en doute la dénomination de stèle donnée à ces fragments de pierres. Malheureusement le peu d'information existant sur les sépultures thinites rend l'identification de la nature de ces pièces très difficile[13].

La pierre est utilisée dans la chambre funéraire de son tombeau, c'est la première fois dans l'histoire de l'architecture funéraire égyptienne.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Autres avis de spécialistes : -3050 à -2995 (N. Grimal), -2930 à -2910 (R. Krauss), -2914 à -2867 (J. von Beckerath), -2879 à -2832 (J. Málek)
  2. (en) Michael Dee, David Wengrow, Andrew Shortland, Alice Stevenson, Fiona Brock, Linus Girdland Flink et Christophe Bronk Ramsey, « An absolute chronology for early Egypt using radiocarbon dating and Bayesian statistical modelling. », Proceedings of the Royal Society A, vol. 469,‎ (lire en ligne)
  3. (en) M. Christine Tetley, The Reconstructed Chronology of the Egyptian Kings, vol. 2, (ISBN 978-0-473-29463-2, lire en ligne), chap. 19, p. 273.
  4. Jenefer Cockitt, An absolute chronology for the first dynasty of Egypt, Current Research in Egyptology 2007: Proceedings of the Eighth Annual Conference, Oxbows Books, 2016, p. 25.
  5. Stan Hendrickx, « Les grands mastabas de la Ire dynastie à Saqqara. », Archéo-Nil, vol. 18,‎ , p. 60-88 (lire en ligne).
  6. (en) Toby A. H. Wilkinson, Early Dynastic Egypt., Routledge, (ISBN 0-203-20421-2), p. 112.
  7. W.B. Emery, Excavations at Saqqara. The Tomb of Hemaka, 1918, p. 13, pl. 1 et p. 41, pl. 23a.
  8. Pierre Tallet et Moustafa Rezk Ibrahim, « Trois bas-reliefs de l'époque thinite au Ouadi el-Humur », Revue d'Égyptologie, vol. 59,‎ , p. 155-180 (lire en ligne).
  9. Gérard Godron, « L'Horus Den. Un pharaon bien oublié de la Première Dynastie. », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 14,‎ , p. 11-20 (lire en ligne).
  10. Pierre Tallet, « Le roi Den et les Iountiou. Les Égyptiens au Sud-Sinaï sous la 1re dynastie. », Archéo-Nil, vol. 20,‎ , p. 97-105 (lire en ligne)
  11. Tombe T
  12. (en) M. Bunson, The encyclopedia of ancient Egypt, New-York, , p. 99
  13. J.P Pätznick, « «Vous avez dit Den ? Pour une nouvelle proposition de lecture et de compréhension de ce nom d’Horus du milieu de la Première Dynastie» », Cahiers Caribéen d’Égyptologie 17,‎ , p. 59-62

Références[modifier | modifier le code]