Séthi II

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Séthi II
Image illustrative de l'article Séthi II
Séthi II offrant aux dieux d'Iounou (Héliopolis) - Le Caire
Période Nouvel Empire
Dynastie XIXe dynastie
Fonction Pharaon
Prédécesseur Mérenptah & Amenmes
Dates de fonction -1200 à -1194 Selon J. Málek, I. Shaw, Hornung, Kitchen
-1221 à -1215 (D. B. Redford)
-1214 à -1204 (D. Arnold, Kinnaer)
-1206 à -1200 (Parker)
-1204 à -1198 (Helck)
-1203 à -1200 (Krauss)
-1202 à -1196 (N. Grimal)
-1201 à -1195 (A. D. Dodson)
-1200 à -1194 (J. von Beckerath)
-1200 à -1194 (Wente)
Successeur Siptah
Famille
Grand-père paternel Ramsès II
Grand-mère paternelle Isis-Néféret
Grand-père maternel Ramsès II
Grand-mère maternelle Isis-Néféret
Père Mérenptah
Mère Isis-Néféret II
Conjoint Takhat II
Enfant(s) sans enfants
Deuxième conjoint Taousert
Enfants avec le 2e conjoint Séthi-Mérenptah
Troisième conjoint Tiâa
Enfants avec le 3e conjoint Siptah
Sépulture
Nom Tombe de Séthi II
Type Tombeau
Emplacement Vallée des rois, tombe KV15
Découvreur Ouvert dans l'Antiquité
Fouilles Howard Carter

Séthi II ou Séthi-Mérenptah est un pharaon de la XIXe dynastie, fils aîné de Mérenptah à qui il succède.

Ses dix ans de règne (de -1203 à -1194[1]) sont très troublés car environ deux ans après son couronnement, un usurpateur, Amenmes, dont l'origine est très débattue par les spécialistes, prend le pouvoir sur la Haute-Égypte et la Nubie, pendant un épisode assez mystérieux de trois/quatre ans.

Séthi II ne fut en mesure de réaffirmer son autorité sur Thèbes que lors de la 3e ou 4e année de son règne (on trouve aussi 5e année ?), seulement après avoir surmonté et/ou éliminé Amenmes.

Séthi II nomma Bay, un Syrien, au poste prestigieux de chancelier.

Il construisit trois tombes, KV15, KV14, et KV13, respectivement pour lui-même, la reine Taousert et Bay, preuve de l'ascension fulgurante de ce dernier.

Règne[modifier | modifier le code]

Une certaine confusion semble s'être installée pendant le règne de Séthi II, résultat probable de luttes intestines dans la famille royale pour l'accession au trône. En effet, un an après le couronnement de Séthi Mérenptah, Amenmes un autre prétendant au trône réussit à prendre le contrôle de la Haute-Égypte et de la Nubie, se faisant couronner à Karnak et adoptant sa propre titulature. Les documents et les monuments seront désormais datés de son règne pour cette partie de l'Égypte alors que Séthi II semble garder le contrôle de la Basse-Égypte depuis la capitale Pi-Ramsès dans le delta oriental du Nil.

Ainsi deux règnes parallèles divisent le double pays, et une lutte ouverte se serait engagée entre les protagonistes qui verra son issue avec la victoire de Séthi II, légitime héritier du trône. Il reprend le contrôle de tout le pays à partir de sa quatrième année de règne, rétablit sa suzeraineté sur la Nubie et nomme alors le chancelier Bay comme vizir. Il poursuit les collaborateurs d'Amenmes, s'efforçant d'effacer ses œuvres et tout ce qui pouvait se rapporter à son règne, considéré alors comme un usurpateur.

Outre les tombeaux qu'il fait creuser dans la vallée des rois pour lui-même et ses proches, on trouve des monuments au nom de Séthi II à Héliopolis, au grand temple d'Amon-Rê de Karnak, dans le Sinaï et en Nubie.

Statue colossale de Séthi II autrefois placée devant son temple reposoir de Karnak
Musée du Louvre.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Fragment du sarcophage externe de Séthi II - Musée du Louvre

Il ne reste rien du viatique funéraire qui accompagnait le roi dans son tombeau, ce dernier ayant été pillé dès l'Antiquité, probablement peu de temps après sa fermeture.

Il semble que Taousert fit déménager le corps de son royal époux dans sa propre tombe (KV14) selon une inscription découverte dans l'hypogée et datée de sa dernière année de règne. Plus tard lorsque Sethnakht usurpe le tombeau de la reine pour son propre compte, il fait à nouveau transférer le corps momifié du roi dans sa première tombe où il restera jusqu'aux grands pillages de la nécropole qui auront lieu à la fin de la XXe dynastie.

Lors du pillage, le corps du roi a été brisé en plusieurs morceaux dont certains ont disparu comme l'avant-bras et la main du côté droit, tandis que la tête avait été détachée du tronc, sans doute pour faciliter l'extraction des bijoux prophylactiques que le souverain portait. Selon une inscription retrouvée dans le tombeau même de Séthi II, c'est en l'an 6 du règne d'Hérihor, que les prêtres rassemblèrent ce qui pouvait encore être sauvé et réenveloppèrent la dépouille royale dans des étoffes de lin. Ils la placèrent dans un sarcophage de bois y inscrivant les cartouches du roi à l'encre et semblent avoir réensevelit le roi à nouveau dans la tombe KV14, pour un temps très court car cette dernière subira également un pillage en règle.

Finalement en l'an 15 de Smendès ils transférèrent la momie de Séthi II avec une partie des momies royales dans la tombe d'Amenhotep II (KV35) qui servit de cachette pour la circonstance. À ce moment, le couvercle du sarcophage de bois de Sethi II fut réemployé pour fermer le sarcophage d'un autre souverain outragé, Amenhotep III tant et si bien que lors de la découverte de la cachette en 1898 par Victor Loret la momie royale de Séthi II ne reposait alors que dans une simple cuve de sarcophage remisée dans une pièce annexe du tombeau avec d'autres momies. Son identification fut néanmoins possible grâce notamment à plusieurs amulettes trouvées sur le corps du roi lors de son examen au début du siècle dernier par Grafton Elliot Smith pour le compte du Service des Antiquités Égyptiennes[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon E. Hornung, K. A. Kitchen, Quirke, J. Málek, I. Shaw
    Autres avis de spécialistes : -1221 à -1215 (D. B. Redford), -1214 à -1204 (D. Arnold, Kinnaer), -1206 à -1200 (Parker), -1204 à -1198 (Helck), Schneider -1203 à -1200 (Krauss), -1202 à -1196 (N. Grimal), -1201 à -1195 (A. D. Dodson), -1200 à -1194 (J. von Beckerath), -1200 à -1194 (Wente)
  2. G. Elliot Smith

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grafton Elliot Smith, The Royal Mummies, Catalogue Général des Antiquités Égyptiennes du musée du Caire,