Néférousobek

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Néférousobek
Image illustrative de l'article Néférousobek
Buste de la reine Néférousobek - Musée du Louvre
Période Moyen Empire
Dynastie XIIe dynastie
Fonction Souveraine d'Égypte
Prédécesseur Amenemhat IV
Dates de fonction v. 1800 - 1797 av. J.-C.
Successeur Ougaf
Famille
Grand-père paternel Sésostris III
Père Amenemhat III
Mère Senet
Fratrie Amenemhat IV
Sépulture
Type Inconnue
Emplacement proposé à Mazghouna ou dans le Fayoum

Néférousobek est la première femme connue à avoir régné sur l'Égypte, et la dernière souveraine de la XIIe dynastie. En effet, Nitocris, souveraine de la VIe dynastie erait en réalité une personnalité fictive[réf. nécessaire].

Elle porte le nom du dieu crocodile, Sobek. Son nom peut être traduit comme « les perfections de Sobek » ou « la beauté de Sobek ».

Règne[modifier | modifier le code]

Fille d'Amenemhat III et sœur ou demi-soeur d'Amenemhat IV, Néférousobek monte probablement sur le trône à la mort de ce dernier. On suppose que le fait de cette accession au trône serait du au règne extrêmement long de son père Amenemhat III (régnant 48 ans), ce qui aurait été l'origine d'un épuisement de sa succession. Certains égyptologues évoquent une co-régence avec Amenemhat IV. Or, cela n'est pas du tout avéré, et l'on n'a de plus pas retrouvé de monuments inscrits à leurs deux noms, comme plus tard lors des règnes d'Hatchepsout et Thoutmosis III. De plus, des monuments à son nom seul ont été retrouvés dans toute l'Égypte.

Le règne de Néférousobek est attesté dans les listes royales officielles, comme la chapelle des ancêtres de Thoutmosis III, la table de Saqqarah, ou encore le papyrus de Turin. Ce dernier lui donne trois ans, dix mois et vingt-quatre jours de règne, alors que Manéthon (qui la nomme Skémiophris) lui en donne quatre. On situe le règne de Néférousobek entre 1800 et 1797 av. J.-C. Il s'achève sur une période de troubles connue sous le nom de deuxième période intermédiaire. La fin de son règne marque également la fin de la XIIe dynastie et le début de la XIIIe dynastie.

Plusieurs traces de son règne nous sont parvenues par le biais d'inscriptions ou de vestiges statuaires :

  • une statue en grès sicilifié de Néférousobek est conservée au musée du Louvre, identifiée par son cartouche inscrit sur la boucle de sa ceinture, car seul subsiste le torse de cette statue. Elle est représentée portant une robe à larges bretelles, caractéristique de la XIIe dynastie, et est vêtue de plus d'un pagne masculin, serré à la taille par cette ceinture ; cela traduit l'ambivalence des caractères de ce personnage, une femme exerçant une fonction jusqu'alors réservée aux hommes. De plus, les retombées latérales et arrière du némès ont été conservées, ce qui traduit son statut royal. Elle s'inscrit par ailleurs dans la lignée de Sésostris III en arborant un pendentif royal similaire au sien.
  • un buste de la reine coiffée d'une perruque ronde à boucles serrées, le front orné d'un uræus et vêtue de la robe caractéristique des cérémonies liées au couronnement et notamment au jubilé du Heb-Sed est conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. Aucune inscription ne permet toutefois de justifier qu'il s'agisse vraiment de Néférousobek.

Malgré leur état fragmentaire et bien que leur lieu de découverte ne soit pas connu, ces statues sont néanmoins fondamentales car elles sont des preuves matérielles de l'existence de Néférousobek en tant que souveraine ayant reçu les attributs du pharaon.

D'autres découvertes viennent compléter ces témoins de son existence et de son règne :

  • le site de l'ancienne Khatana-Qântir (près d'Avaris) a livré trois statues en basalte la représentant presque grandeur nature en costume de reine[1], ainsi qu'un sphinx mis au jour par Édouard Naville à la fin du XIXe siècle[2]. Sur ces statues, la souveraine est clairement identifiée par des inscriptions, et présente des attitudes propres à la statuaire royale. Ainsi, sur une statue, elle est agenouillée et semble effectuer le geste de présentation des vases à vin globulaire, les vases nou, attitude royale attestée dès la VIe dynastie. Par ailleurs, sur une autre statue est représenté sous ses pieds le symbole des Neuf Arcs, un symbole de pouvoir attesté dès le règne de Djéser à la IIIe dynastie.
  • une stèle fragmentaire découverte à Hawara dans le Fayoum par Sir William Matthew Flinders Petrie, et aujourd'hui conservée à Londres, présente la titulature de la reine à côté de celle d'Amenemhat III[3].
  • une inscription relevant le niveau d'une crue exceptionnelle du Nil s'étant produite la troisième année de son règne, a été découverte à Semna, site de l'une des forteresses que les souverains de la XIIe dynastie bâtirent en Nubie pour consolider la frontière méridionale de l'Égypte[4]. Il s'agit de la plus haute trace du règne de Néférousobek attestée.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Dans son deuxième cartouche (où se trouve son nom de naissance), il n'est pas écrit fils de Rê mais fille de Rê. Un sceau-cylindre conservé au British Museum livre l'intégralité de la titulature de Néférousobek.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Sa sépulture exacte n'est pas connue. On lui attribue parfois la pyramide nord de Mazghouna. Or, cette pyramide pourrait tout à fait être attribuée à Amenemhat IV, et aucune inhumation n'y a eu lieu contrairement à la pyramide sud de Mazghouna. De plus, le papyrus Harageh 6 nous indique qu'un complexe funéraire nommé "Sekhem-Neferousobek" (Néférousobek est puissante) se trouverait dans le voisinage de la ville d'El-Lahoun. Cela serait plausible, d'autant plus que nous savons que l'épicentre de son règne et de celui de son père Amenemhat III se situait dans le Fayoum.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. J. Vandier
  2. Cf. É. Naville
  3. Conservée au musée Petrie de Londres ; numéro d'inventaire UC14337 ; cf. W. M. F. Petrie Planche XI, 1
  4. Cf. P. Tallet Ch. IX, p. 254, fig. 69

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Édouard Naville, The Shrine of Saft El Henneh and the Land of Goshen (1885). Fifth Memoir of The Egypt Exploration Fund. Published by Order of the Committee, Londres, Messers. Trübner & Co.,  ;
  • William Matthew Flinders Petrie, Kahun, Gurob and Hawara, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner, and Co.,  ;
  • Jacques Vandier, Manuel d'Archéologie égyptienne - Tome III - Les Grandes Époques : la Statuaire, Paris, A. & J. Picard,  ;
  • Pierre Tallet, Sésostris III et la fin de la XIIe dynastie, Paris, Éd. Flammarion,

Articles connexes[modifier | modifier le code]