Sanakht

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Sanakht
Image illustrative de l’article Sanakht
Sanakht frappant un ennemi (British Museum)
Période Ancien Empire
Dynastie IIIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Khaba ou Sekhemkhet ou Djéser
Dates de fonction -2649 à -2630 (selon J. P. Allen)
-2686 à -2667 (selon I. Shaw)
-2647 à -2628 (selon J. Málek)
-2688 à -2682 (selon D. B. Redford)
-2682 à -2665 (selon J. von Beckerath)
-2740 à -2720 (selon R. Krauss)
Successeur Houni ou Khaba ou Sekhemkhet
Sépulture
Type mastaba ou pyramide
Emplacement Abydos ou Saqqarah
Date de découverte 1900 ou 2001
Découvreur John Garstang ou mission japonaise sur place
Fouilles 1901 ou 2001 à 2003

Sanakht (aussi appelé Hor-Sanakht) est un roi de la IIIe dynastie de l'Ancien Empire. Sa position chronologique est incertaine. De nombreux égyptologues associent Sanakht au nom de cartouche Nebka, même s'il n'y a pas de consensus.

Identité[modifier | modifier le code]

L'identité et la position de Sanakht dans la IIIe dynastie ne sont pas tout à fait claires et font toujours l'objet de débats. Alors que l'existence de Sanakht est attestée entre autres par des fragments de sceau de mastaba K2 à Beit Khallaf et un graffiti dans le Sinaï, sa position dans la dynastie et les noms de sa titulature sont encore discutés.

Hypothèse ancienne issue de la tradition[modifier | modifier le code]

Le Canon royal de Turin, lui comptant dix-neuf ans de règne, et la liste d'Abydos le nomment Nebka et le placent entre Khâsekhemoui et Djéser, tandis que la table de Saqqarah ne le nomme pas, à moins qu'il soit assimilable au Nebkarê nommé juste avant Houni, dernier roi de la IIIe dynastie. Manéthon le nomme Necherophès, lui comptant vingt-huit ans de règne, et le place là encore entre Khâsekhemoui et Djéser, et dit de lui qu'il dut faire face et contenir une révolte des Libyens. Cette information, donnant une mauvaise image du souverain, qu'elle soit véridique ou non, rappelle le Papyrus Westcar qui donnait également une mauvaise image du souverain[1].

Ainsi, devant ces sources postérieures faisant souvent force de loi chez les premiers égyptologues, le nom de Nesout-bity Nebka et le nom d'Horus Sanakht furent associés à deux rois différents, le roi Nebka étant placé entre Khâsekhemoui et Djéser et l'Horus Sanakht placé après Djéser.

Hypothèse moderne[modifier | modifier le code]

Des découvertes à Abydos et à Saqqarah remettent en cause l'hypothèse ci-dessus, principalement formulée à cause de l'ordre de succession des listes royales ramessides et des écrits deManéthon. En effet, en 1920, Cecil Mallaby Firth trouva des sceaux et des objets appartenant à Sanakht dans la pyramide de Djéser à Saqqarah, destinés au culte funéraire, prouvant ainsi que Sanakht rendait un culte à celui-ci[1]. À Abydos, des découvertes établissent que c'est probablement Djéser qui a organisé les funérailles du dernier roi de la IIe dynastie Khâsekhemoui. Ceci est déterminé à partir des sceaux trouvés à l'entrée de la tombe de ce dernier portant le nom de Djéser[2]. Ainsi, le consensus scientifique actuel va dans le sens d'une succession directe entre Khâsekhemoui et Djéser, tandis que Sanakht serait l'un des successeurs (voire peut-être le successeur direct) de Djéser[1].

Les partisans de la théorie selon laquelle Sanakht était néanmoins le fondateur de la IIIe dynastie objectent que la présence des sceaux de Djéser dans la tombe de Khâsekhemoui montre seulement que Djéser menait des rituels culturels en l'honneur de ce roi, et n'implique pas nécessairement que Djéser était le successeur immédiat de Khâsekhemoui[3].

Sanakht et Nebka, un seul et même roi ?[modifier | modifier le code]

Fragment de sceau d'argile, trouvé dans le mastaba K2 à Beit Khallaf, portant le nom d'Horus de Sanakht inscrit dans un serekh et portant le nom en cartouche tel que reconstitué par Stadelmann

Le nom de Nesout-bity Nebka et le nom d'Horus Sanakht sont deux noms présents dans les sources contemporaines. En effet, le nom Sanakht fut trouvé sur plusieurs sceaux à Beit Khallaf (tombeau K2), à Saqqarah (Complexe funéraire de Djéser) et à Éléphantine ainsi que sur des inscriptions dans l'Ouadi Maghara dans le Sinaï. Le nom de Nebka est présent dans le tombeau d'Akhetaâ à Saqqarah et sur un fragment de relief du temple funéraire de Niouserrê à Abousir dans le nom d'un domaine funéraire royal.

L'un des sceaux d'argile trouvés à Beit Khallaf, fragmentaire, montre également une partie d'un nom en cartouche, dont le seul signe partiellement visible a été reconstruit comme étant le signe ka par Wilkinson, Seidlmayer et Stadelmann[4],[5]. Ainsi, ils associent le nom d'Horus Sanakht au nom de Nesout-bity Nebka. De même, Dietrich Wildung favorise l'assimilation de Nebka avec Sanakht, bien qu'il doute de la validité du sceau comme preuve puisqu'il est trop gravement endommagé pour lire avec certitude l'inscription[6].

Autres hypothèses[modifier | modifier le code]

John D. Degreef, Nabil Swelim et Hans Wolfgang Helck sont contre l'assimilation de Nebka à Sanakht. Nabil Swelim identifie Nebka avec le nom d'Horus Khaba[7], et il identifie Sanakht avec un roi Mésochris mentionné par Manéthon, considérant ceci comme une forme hellénisée du nom de Nesout-bity du Sanakht.

Jürgen von Beckerath, Hans Wolfgang Helck, Dietrich Wildung et Peter Kaplony ont proposé que le nom d'Horus de Sanakht soit celui de l'obscur Horus Sa, considérant le nom Sa comme une forme courte de Sanakht[8]. De là, Wolfgang Helck tient que le nom de Nesout-bity de Sanakht est Ouneg. Le roi Ouneg, cependant, est largement considéré comme ayant régné pendant la IIe dynastie et la théorie de Helck a été accueillie avec scepticisme[9].

Nom de Nebty[modifier | modifier le code]

Auparavant, du fait de la découverte dans deux contextes différents du nom d'Horus Sekhemkhet et du nom de Nebty Ânkh-Djeseret dans la pyramide à degrés située au sud de celle de Djéser à Saqqarah, ces deux noms furent associés à un seul et même roi. Or, un sceau découvert à Éléphantine remit en cause cette association : en effet, le nom de Nebty associé au nom d'Horus Sekhemkhet est Hetep-Ren[10]. Ainsi, l'égyptologue Jean-Pierre Pätznick propose d'associer le nom de Nebty Ânkh-Djeseret à Sanakht, et proposa au passage l'identification de cette pyramide à degrés à Sanakht du fait que le lieu de découverte du nom de Nebty Ânkh-Djeseret correspondait plutôt à un contexte associant ce nom au défunt enterré dans la pyramide tandis que le lieu de découverte du nom d'Horus Sekhemkhet correspondait plutôt à un contexte de culte funéraire[10].

Position dans la dynastie[modifier | modifier le code]

Comme précisé plus haut, Sanakht, traditionnellement dissocié de Nebka, était placé entre Djéser et Houni, avec en prime un ordre de succession peu assurée entre Sanakht, Sekhemkhet et Khaba. Quant à Nebka, il était systématiquement placé entre Khâsekhemoui et Djéser. Aujourd'hui, devant les éléments archéologiques disponibles, Nebka et Sanakht sont très souvent assimilés à un même roi ayant régné après Djéser. La position exacte de son règne reste malheureusement inconnue.

L'égyptologue Michel Baud le placerait entre Khaba et Houni, en admettant malgré tout le manque de preuves[1] ; mais il pourrait aussi être placé entre Djéser et Sekhemkhet, comme le fait l'égyptologue Jean-Pierre Pätznick[10], ou entre Sekhemkhet et Khaba ; sa place dans la dynastie et l'ordre des rois de cette dernière sont donc très incertains.

Généalogie[modifier | modifier le code]

La position de Sanakht dans la généalogie de la famille royale n'est pas très précise. Auparavant décrit comme successeur de Khâsekhemoui et frère aîné ou beau-frère de Djéser (hypothèse faite uniquement sur la base que Djéser était considéré comme le fils ou le gendre de Khâsekhemoui et que le roi Nebka était considéré comme prédécesseur de Khâsekhemoui et prédécesseur de Djéser), il est probablement l'un des successeurs de Djéser. En réalité, les liens, s'ils existent, unissant les différents rois de la IIIe dynastie sont complètement inconnus.

Règne[modifier | modifier le code]

Relief de Sanakht provenant du Ouadi Maghara

Durée du règne[modifier | modifier le code]

La durée exacte du temps de Sanakht sur le trône est inconnue. Contrairement à Djéser, peu de reliques subsistent de son règne, ce qui jette de sérieux doutes sur les chiffres avancés par les sources postérieures (dix-neuf ans pour le Canon royal de Turin, vingt-huit ans pour Manéthon si l'association avec Necherophès est correcte). Il faut souligner que ces documents étaient à plus d'un et deux mille ans de l'époque de la IIIe dynastie, il n'est dont pas étonnant qu'ils contiennent des données imprécises ou peu fiables. On situe son règne aux alentours de -2649 à -2630[11].

Activités[modifier | modifier le code]

On sait très peu de choses sur les activités de Sanakht pendant son règne. La présence de reliefs le représentant dans le Sinaï au Ouadi Maghara avec ceux de Djéser et Sekhemkhet suggère une présence égyptienne importante à l'époque de la IIIe dynastie[12]. Des expéditions ont été lancées pour l'approvisionnement en ressources minérales, notamment en turquoise.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Aucune sépulture n'a été formellement identifiée comme étant la demeure d'éternité de Sanakht. Longtemps, la tombe K2 située à Beit Khallaf lui avait été attribuée alors qu'il s'agit d'une tombe d'un dignitaire du royaume ayant vécu pendant la IIIe dynastie[13]

Pyramide à degrés de Sekhemkhet ?[modifier | modifier le code]

Comme expliqué plus haut, l'égyptologue Jean-Pierre Pätznick propose d'identifier la pyramide actuellement nommée pyramide de Sekhemkhet comme étant celle de Sanakht car le nom de Nebty Ânkh-Djeseret a été découvert dans la pyramide dans un contexte l'associant au défunt tandis que la découverte du nom d'Horus Sekhemkhet, dont le nom de Nebty a été identifié comme étant Hetep-Ren, est associé à un contexte de culte funéraire[10].

Titulature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Michel Baud, Djéser et la IIIe dynastie, Pygmalion, , 304 p. (ISBN 275641753X)
  2. Toby Alexander Howard Wilkinson, Early Dynastic Egypt. Strategies, Society and Security. Routledge, London u. a. 1999, (ISBN 0-415-18633-1), p. 83 & 95.
  3. Illaria Incordino, The third dynasty: A historical hypothesis., in: Jean Claude Goyon, Christine Cardin: Proceedings of the Ninth International Congress of Egyptologists, p. 965, [1]
  4. Toby Alexander Howard Wilkinson, Early Dynastic Egypt. Strategies, Society and Security. Routledge, London 1999, (ISBN 0-415-18633-1), p. 101 – 104.
  5. Kenneth Anderson Kitchen, Ramesside Inscriptions, Translated and Annotated Notes and Comments, vol. 2. Blackwell, Oxford 1999, (ISBN 063118435X), p. 534 – 538.
  6. Dietrich Wildung, Die Rolle ägyptischer Könige im Bewusstsein ihrer Nachwelt. Band 1: Posthume Quellen über die Könige der ersten vier Dynastien (= Münchner ägyptologische Studien, vol. 17.). Hessling, Berlin 1969, p. 54 – 58.
  7. Nabil Swelim: Some Problems on the History of the Third Dynasty., in: Archaeological and Historical Studies, The Archaeological Society of Alexandria, Alexandria 1983, p. 95, 217–220 et 224.
  8. Jürgen von Beckerath, Handbuch der Ägyptischen Königsnamen (= Münchner ägyptologische Studien. vol. 49). von Zabern, Mainz 1999, (ISBN 3-8053-2591-6), p. 49, 283 & 293.
  9. Hans Wolfgang Helck, Untersuchungen zur Thinitenzeit (= Ägyptologische Abhandlungen, vol. 45). Harrassowitz, Wiesbaden 1987, (ISBN 3-447-02677-4), p. 20 & 21.
  10. a b c d et e Jean Pierre Pätznick, La succession des noms d'Horus de la IIIe dynastie revisitée, Toutânkhamon magazine, no 42.
  11. Dates de règne selon Allen.
    Autres avis de spécialistes : -2740 à -2720 (Krauss), -2688 à -2682 (Redford), -2686 à -2667 (Shaw), -2682 à -2665 (von Beckerath), -2647 à -2628 (Málek).
  12. Illaria Incordino, The third dynasty: A historical hypothesis., in: Jean Claude Goyon, Christine Cardin, Proceedings of the Ninth International Congress of Egyptologists, p. 966.
  13. Nicolas Grimal, A History of Ancient Egypt. Blackwell-Publishing, Oxford 1992, (ISBN 0-631-19396-0), p. 64.
  14. Toby Alexander Howard Wilkinson, Early Dynastic Egypt. Strategies, Society and Security. Routledge, London 1999, (ISBN 0-415-18633-1), p. 101 – 104.

Liens externes[modifier | modifier le code]