Merneferrê Aÿ
| Merneferrê Aÿ Ier | |
Merneferrê Aÿ sur un bateau, officiant devant le dieu Horus | |
| Dynastie | XIIIe dynastie |
|---|---|
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Ouahibrê Ibiâou |
| Successeur | Merhoteprê Ini et/ou Merhoteprê Sobekhotep |
| Famille | |
| Conjoint | Ini ? |
| Enfant(s) | ♀ Reditènes ? ♂ Merhoteprê Ini ? |
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Merneferrê Aÿ Ier est un roi de la XIIIe dynastie.
Attestations
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Attestations contemporaines
[modifier | modifier le code]Les attestations contemporaines du roi sont les suivantes[1],[2] :
- un pyramidion découvert à Faqous (en) près d'Avaris[3],[4], la gravure montre sur l'une des face l'offrande que le roi a faite à Horus « Seigneur du ciel » et sur une autre face à Ptah ; il devait à l'origine provenir de la nécropole memphite et a été apporté à Faqous à une date indéterminée, Kim Ryholt proposant la XVe dynastie[5],[6],[7],[8],
- un linteau provenant de la zone du lac sacré du temple d'Amon-Rê à Karnak[9] ; il est aujourd'uhi conservé au Musée égyptien du Caire (JE 41468),
- un vase globulaire en obsidienne de provenance inconnue et conservé au Metropolitan Museum of Art (MMA 66.99.17)[10],
- une perle dédiée à Sobek de provenance inconnue et conservée dans la collection Khawam[11],
- des scellements royaux du temple funéraire de Sésostris III à Abydos-Sud,
- un sceau-cylindre de provenance inconnue et conservé au Metropolitan Museum of Art (MMA 10.130.1639)[12],
- soixante trois sceaux-scarabées, dont un vient de Bubastis, deux viennent de Tell el-Yahoudieh, cinq viennent du complexe funéraire d'Amenemhat Ier à Licht, deux viennent d'Abydos, un vient de Coptos et cinquante-deux sont de provenance inconnue.
Attestation ultérieure
[modifier | modifier le code]Le Canon royal de Turin le mentionne à la position 8.3 et lui donne un règne de 23 ans, 8 mois et 28 jours[13],[14].
Règne
[modifier | modifier le code]Longueur du règne
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La durée du règne de Merneferrê Aÿ, qui est consignée dans le Canon royal de Turin, était contestée par Jürgen von Beckerath qui a lu la figure endommagée sur le fragment de papyrus comme étant de « 13 ans, 8 mois et 18 jours »[15] alors qu'Alan Gardiner et Kenneth Kitchen ont tous deux soutenu qu'elle devait être lue comme étant de « 23 ans, 8 mois et 18 jours ». Le désaccord a été réglé dans la dernière étude du Canon royal de Turin par Kim Ryholt qui confirme que la durée du règne de Merneferrê Aÿ, telle qu'elle est inscrite sur le papyrus, est de « 23 ans, 8 mois et 18 jours »[16], ce qui fait de Merneferrê Aÿ le roi ayant régné le plus longtemps de la XIIIe dynastie, à une époque où de nombreux rois éphémères régnaient sur l'Égypte.
Fin du Moyen Empire ?
[modifier | modifier le code]La particularité de ce roi est qu'il est le dernier à être attesté de manière certaine dans le Delta. C'est d'ailleurs avec lui que la production massive de scarabées s'arrête. Ainsi, plusieurs chercheurs font de lui le dernier roi du Moyen Empire, considérant que le delta a pris son indépendance au cours de son règne ou peu après[17].
Famille
[modifier | modifier le code]Malgré le très bref règne de Merhoteprê, il est attesté dans les archives historiques de la Stèle juridique. Ce document, daté de l'an 1 du futur roi thébain Souadjenrê Nebiryraou, contient une charte généalogique qui stipule qu'Aÿmérou - le fils du vizir Aÿ et de la « fille du roi » Rediténès - a été nommé gouverneur d'El Kab en l'an 1 de Merhoteprê. La raison de cette nomination est due à la mort inattendue du gouverneur sans enfant d'El Kab, Aÿ-Shéri (Aÿ le Jeune), qui était le fils aîné du vizir Aÿ et le frère aîné d'Aÿmérou. La charte identifie un certain Kebsi comme le fils du gouverneur, et plus tard, du vizir Aÿmérou. La Stèle juridique enregistre la vente de la fonction de gouverneur d'El Kab à un certain Sobeknakht[18]. Ce Sobeknakht Ier était le père de l'illustre gouverneur Sobeknakht II qui construisit l'une des tombes les plus richement décorées d'El Kab durant la Deuxième Période intermédiaire. Sur la base de la stèle, Kim Ryholt propose que Merhoteprê était le fils de son prédécesseur Merneferrê Aÿ avec sa reine Ini, Rediténès étant alors la sœur de Merhoteprê. Le vizir était une position héréditaire à l'époque et un changement de famille à la tête du poste aurait été un geste politique important. En particulier, Rediténès étant peut-être une sœur de Merhoteprê, sa nomination au vizirat par Aÿ (donc son beau-frère) aurait fait entrer le poste dans sa propre famille[19].
Si Julien Siesse ne réfute pas l'hypothèse de Kim Ryholt concernant la reine Ini identifiée comme l'épouse du roi Merneferrê Aÿ, il ne la confirme pas non plus, soulignant simplement que la datation correspond[20]. Concernant la « fille du roi » Rediténès, il ne confirme pas non plus son lien avec les rois Merneferrê Aÿ et Merhoteprê[21]. Il est à noter d'ailleurs que l'ensemble des attestations de la reine Ini et de la princesse Rediténès ne confirme pas le lien entre Aÿ et Merhoteprê : la première ne porte pas le titre de « mère du roi »[22], tandis que la seconde ne porte pas le titre de « sœur du roi »[23].
Tombe
[modifier | modifier le code]La sépulture du roi n'a pas été localisée, mais la découverte de son pyramidion indique qu'il s'est fait construire une pyramide, probablement dans la nécropole memphite. Plusieurs pyramides anonymes ont été découvertes entre l'extrémité sud de Saqqarah et Mazghouna[8].
Titulature
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Ryholt 1997, p. 354-356.
- ↑ Siesse 2019, p. 392.
- ↑ Habachi 1954, Pl. 16 et 17, p. 471-479.
- ↑ Habachi 2001, Pl. 16 et 17, p. 472, 474.
- ↑ Ryholt 1997, p. 82.
- ↑ Baker 2008, p. 65-66.
- ↑ Siesse 2019, p. 110.
- Grajetzki 2024, p. 83.
- Legrain 1908, p. 276.
- ↑ (en) « MMA 66.99.17 »
- ↑ Godron 1965, p. 197-200.
- ↑ (en) « MMA 10.130.1639 »
- ↑ Ryholt 1997, p. 73-75.
- ↑ Siesse 2019, p. 28.
- ↑ von Beckerath 1964.
- ↑ Ryholt 1997, p. 74-75.
- ↑ Grajetzki 2024, p. 83-84.
- ↑ Bennett 2002, p. 124-125.
- ↑ Ryholt 1997, p. 133-135.
- ↑ Siesse 2019, p. 149.
- ↑ Siesse 2019, p. 153.
- ↑ Siesse 2019, p. 145.
- ↑ Siesse 2019, p. 151.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
- (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der Zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt, J.J. Augustin, ;
- (en) Wolfram Grajetzki, The Middle Kingdom of Ancient Egypt : History, Archeology and Society, Bloomsbury, , 2e éd. (ISBN 978-1-350-45553-5) ;
- Gérard Godron, « Deux objets du Moyen-Empire mentionnant Sobek », BIFAO, no 63, , p. 197-200 (lire en ligne [archive]) ;
- Georges Legrain, « Notes d'inspection - Sur le Roi Marnofirrì », Annales du service des antiquités de l'Égypte (ASAE), no 9, , p. 271-284 (lire en ligne) ;
- (en) Labib Habachi, « Khata'na-Qantir: Importance », Annales du service des antiquités de l'Égypte (ASAE), no 52, , p. 471-479 ;
- (de) Labib Habachi, Tell el-Dab'a and Qantir, Osterreichischen Akademie der Wissenschaften, (ISBN 978-3-7001-2986-8) ;
- (en) Chris Bennett, « A Genealogical Chronology of the Seventeenth Dynasty », Journal of the American Research Center in Egypt, no 39, , p. 123-155.