Artaxerxès II

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Artaxerxès II
Illustration.
Détail de la tombe d'Artaxerxès II
Titre
Grand roi achéménide
Prédécesseur Darius II
Successeur Artaxerxès III
Pharaon d'Égypte
Prédécesseur Darius II
Successeur Amyrtée
Biographie
Dynastie Achéménides
XXVIIe dynastie
Nom de naissance Artaxšaçāʰ
Surnom Mnémon
Date de naissance entre 445 et
Lieu de naissance Empire perse
Date de décès
Lieu de décès Empire perse
Sépulture Persépolis
Père Darius II
Mère Parysatis
Fratrie Cyrus le Jeune, Ostanès (en), Oxathrès, Amestris (de), Apama
Conjoint 1. Amestris (de)
2. Stateira
3. Miltô de Phocée
4. Atossa (de)
5. Amestris
6. Près de 350 autres épouses
Enfants Avec Amestris (de) :
1. Darius (de)
2. Arsamès
Avec Stateira :
3. Artaxerxès III
4. Rhodogune (de)
5. Apama (de)
6. Atossa (de)
7. Sisygambis
8. Ocha
Avec diverses épouses et concubines :
9. Ariaspès (en)
10. Amestris
11. Mithridates
12. Phriapatius
13. Plus d'une centaine d'autres fils
Héritier Amestris (de)
puis Ariaspès (en)
puis Arsamès
puis Artaxerxès III
Religion Religion perse antique

Artaxerxès II (en vieux perse : 𐎠𐎼𐎫𐎧𐏁𐏂, et en grec ancien : Ἀρταξέρξης Βʹ), également appelé Artaxerxès Mnémon (né entre et et mort en ), est un Grand roi perse appartenant à la dynastie des Achéménides, ainsi qu'un bref pharaon d'Égypte appartenant à la XXVIIe dynastie.

Il règne sur la Perse de à sa mort en 358 (soit le plus long règne d'un souverain de la famille des Achéménides), et sur l'Égypte de à (il est le dernier souverain perse de sa dynastie en Égypte).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Son nom (en persan : Artaxšaçāʰ, Ardaschīr ou Ŗtachschaçā) signifie en français : « qui a de la mémoire ».

Nommé Arsicas dans sa jeunesse, Artaxerxès est le fils aîné de Darius II et de sa demi-sœur Parysatis. Cette dernière semble intriguer pour que son fils cadet, Cyrus le Jeune, accède au trône mais Darius II impose Artaxerxès et éloigne Cyrus en faisant de lui le satrape de Lydie, Phrygie et Cappadoce.

Règne[modifier | modifier le code]

Lutte contre son frère[modifier | modifier le code]

Selon Plutarque[1], Cyrus le Jeune fomente un complot contre son frère dès , à la mort de leur père Darius II, alors qu'Artaxerxès s'apprête à être sacré par les prêtres à Pasargades. Xénophon note pour sa part qu'il s'agit d'une calomnie. Quoi qu'il en soit, Artaxerxès épargne Cyrus à la suite des suppliques de Parysatis qui, toute sa vie, conservera une forte influence sur son fils aîné.

Cyrus est envoyé à Sardes, en Ionie, loin de la capitale Persépolis ou encore de Pasargadès. Cyrus recrute alors une armée de mercenaires grecs, sans doute plus de 10 000, dirigés par le Spartiate Cléarque (cette expédition des 10 000 est connu par le récit qu'en a fait Xénophon dans l'Anabase). Prétendant vouloir mater une révolte à l'intérieur du pays, il les mène jusqu'à Counaxa (-401) affronter les troupes de son frère. Les mercenaires remportent la bataille, mais Cyrus meurt au combat. Le massacre des chefs grecs par le satrape Tissapherne sauve le trône d'Artaxerxès II, tandis que les mercenaires restants regagnent difficilement la Grèce sous la conduite de Xénophon.

Perte de l'Égypte et de la Méditerranée[modifier | modifier le code]

Le règne d’Artaxerxès II est celui du lent déclin de l'empire achéménide. Il perd l'Égypte (-404) et la côte syro-phénicienne est confronté à un dynaste de Chypre, Évagoras, qui réussit provisoirement à faire l'unité de l'île. Il faut plus de dix ans pour le réduire () et encore doit-on lui laisser la possession de Salamine.

Ingérence dans les affaires grecques[modifier | modifier le code]

Il entre en guerre avec Sparte, mais est battu en sur les bords du Pactole par le roi Agésilas II. C'est le prétexte qu'attendait la reine Parysatis pour venger son fils Cyrus le Jeune. Elle accuse Tissapherne de trahison et il est exécuté la même année à Colosses, en Phrygie.

Avec la Grèce, Artaxerxès réussit à se poser en arbitre entre Sparte et Athènes, en partie grâce aux énormes sommes d'argent corrupteur déversées sur les cités grecques. En -386 est signée la « Paix du roi », ou paix d'Antalcidas, qui assure à la Perse le contrôle des villes d'Asie Mineure.

Fin de règne[modifier | modifier le code]

En , Artaxerxès est confronté à une révolte générale des satrapes d'Asie Mineure, pourtant déjà largement autonomes, comme Mausole en Carie. En fait, la mort de Cyrus affermit le trône du grand roi, selon l'expression de l'époque, mais l'intrusion de ce dernier dans les affaires de la Grèce est la conséquence des incessantes rivalités internes aux cités grecques, non celle de sa puissance propre.

La fin du règne d'Artaxerxès II se passe dans le chaos puisque l'aîné de ses fils, Darius (de), est exécuté après un complot contre lui. Ariaspès (en), très populaire auprès de la cour, devient le nouveau prince héritier. Cependant les conspirateurs, qui comprenaient Artaxerxès III, le troisième fils du roi et l'un des commandants de la garde royale nommé Tiribaze (ou Tiribazus), accusent Ariaspès de trahison, ce qui pousse ce dernier au suicide. Les espoirs du roi s'orientent alors sur son quatrième fils, Arsamès, qui est lui aussi assassiné. Quant à Tissapherne, qui l'aida contre son frère Cyrus le Jeune, il épouse une des filles d'Artaxerxès II et s'attaque ensuite aux villes d'Ionie.

Durant tout son règne, l'immense état est menacé de dislocation et s'il échappe à ce sort, c'est avant tout par la division de ses adversaires.

Un roi bâtisseur[modifier | modifier le code]

Au cours de son long règne, Artaxerxès est aussi un grand constructeur. Beaucoup de richesses ont été consacrées à des projets de construction. Il restaure le palais de Darius Ier à Suse et fait construire des fortifications, dont une imposante redoute à l'angle sud de l’enceinte. Il donne au palais d'Ecbatane une nouvelle apadana (salle du trône) et des sculptures. Il ne semble pas avoir beaucoup construit à Persépolis.

Famille[modifier | modifier le code]

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

De son mariage avec sa sœur Amestris (de), il a peut-être deux fils :

De son mariage avec Stateira, fille du satrape d'Arménie Hydarnès III, il a :

Avec d'autres femmes ou concubines, il a :

Les sources sont très diverses quant à ses épouses. Certaines sources donnent 350 épouses avec 115 fils.

Il prend également en mariage une grecque, Miltô de Phocée (que Cyrus fit appeler Aspasie en honneur de la concubine de Périclès). Il aurait pris aussi deux de ses filles, Atossa (de) et Amestris, comme épouses, et aurait également aimé un jeune eunuque du nom de Tiridate, mort très jeune. Cette mort aurait causé un très grand chagrin à Artaxerxès, qui aurait en effet imposé un deuil dans tout l'Empire en sa mémoire.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Artaxerxès (III) et Ctésias, FGrHist. 688 F16
  2. À qui elle donne trois enfants, Orontès II roi d'Arménie, Abhaya Ier roi de Pancanada (le Pendjab occidental) et Abhisara roi de Taxila.
  3. a b et c Peut-être identifiée à Esther, prophétesse de l'Ancien Testament.
  4. a et b Peut-être selon les sources le fils de Sisamnès, de Pharnaspes ou encore de Thukra.
  5. NN des Achéménides —gw.geneanet.org
  6. Ancêtres (et descendants) de Nebuchadnezzar IV King-Claimant of Babylon — www.genealogieonline.nl

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Carsten Binder : Plutarchs Vita des Artaxerxes. Ein historischer Kommentar, Berlin 2008.
  • Pierre Briant, Histoire de l’Empire perse, de Cyrus à Alexandre, [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]