Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa
| Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa | |
cercueil conjoncturé de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa - Musée du Louvre | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XVIIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Sobekemsaf II |
| Successeur | Noubkheperrê Antef ou Sekhemrê-Herouhermaât Antef |
| Famille | |
| Père | Sobekemsaf II |
| Mère | Noubkhâes II ? |
| Fratrie | ♂ Noubkheperrê Antef ♂ Sekhemrê-Herouhermaât Antef ? |
| Sépulture | |
| Nom | Tombe de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa |
| Type | Tombeau |
| Emplacement | nécropole de Dra Abou el-Naga (Thèbes) |
| Date de découverte | 1850 |
| Objets | sarcophage style richi coffre à canopes |
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Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa, nommé Antef V ou VI suivant les égyptologues, est un roi de Thèbes de la XVIIe dynastie. Manéthon le nomme Antef et le désigne comme roi de Thèbes.
Attestations
[modifier | modifier le code]Les seules attestations contemporaines sont les suivantes[1] :
- sa tombe, découverte vers le milieu du XIXe siècle à Dra Abou el-Naga, dans laquelle ont été découverts son cercueil (Louvre : E 3019[2]), son coffre à canopes (Louvre : E 2538[3]), son pyramidion (British Museum : EA 478[4]) mais aussi le cercueil du roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef (Louvre : E 3020[5]),
- une lame de hache en bronze conservée au Musée égyptien de Berlin (6/62) ; cette lame pourrait provenir de la tombe.
Le papyrus Abbott nomme également le roi car ce papyrus reporte l'inspection de plusieurs tombes royales à la fin de la XXe dynastie, dont celle de ce roi[1].
Famille
[modifier | modifier le code]Sur le cercueil du roi, il était indiqué explicitement qu'il a été enterré par son frère le roi Noubkheperrê Antef[6]. D'après les inscriptions trouvées sur un chambranle de porte découvert dans les vestiges d'un temple de la XVIIe dynastie à Gebel Antef sur la route Louxor-Farshut, on sait aujourd'hui que Noubkheperrê Antef et, par implication, son frère Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa étaient les fils d'un des deux rois Sobekemsaf. La plupart des égyptologues pensent qu'il s'agit de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[7],[8],[6],[9],[10],[11]. Claude Vandersleyen lui donne également comme frère le roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef[6]. De plus, de par le papyrus Abbott, Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf avait pour reine Noubkhâes II, qui pourrait être ainsi la mère des Antef[7],[8]. On ne lui connaît pas d'épouse attitrée ni de descendance[8].
Position chronologique
[modifier | modifier le code]Le roi, tout comme les deux autres roi Antef, ont toujours été considérés comme étant des rois de la XVIIe dynastie ; cependant, l'ordre chronologique de ces rois fait l'objet de débats entre égyptologues. On peut distinguer deux phases dans ces études : celles considérant une vision « longue » de la XVIIe dynastie, publiées principalement avant 1997, et celles considérants une vision « courte » de la XVIIe dynastie, publiées depuis l'étude de Kim Ryholt en 1997. De plus, de nouvelles fouilles archéologiques depuis la fin des années 1990 dans la nécropole royale de Dra Abou el-Naga (à l'ouest de Thèbes, non loin de Deir el-Bahari) apportent de nouveaux éléments sur cette période.
Dans la vision « longue » de la XVIIe dynastie, le roi a été placé en général à la fin de la dynastie, en tant que prédécesseur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef par Jürgen von Beckerath (1964[12] et 1999[13]) et Detlef Franke (1988)[14] qui le nomment Antef VI, Noubkheperrê Antef étant placé pour ces deux égyptologues au début de la dynastie, mais aussi par Aidan Dodson (1991), mais avec Noubkheperrê Antef entre les deux rois (il le nomme donc Antef V)[15]. Hans Wolfgang Helck (1992)[16] le plaçait quant à lui plutôt en deuxième parmi les trois Antef, successeur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef et prédécesseur de Noubkheperrê Antef, et le nomme donc Antef VI ; Claude Vandersleyen (1995) a suivi l'ordre relatif de Helck mais plaçait son prédécesseur Sekhemrê-Herouhermaât Antef de manière bien plus précoce au début de la dynastie[17]. Enfin, de manière plus marginale, William Christopher Hayes (1973) a placé le roi et Sekhemrê-Herouhermaât Antef au début de la dynastie et les nomme donc respectivement Antef V et Antef VI[18].
Dans la vision « courte » de la XVIIe dynastie (soit plus ou moins la seconde moitié de la version « longue »), le roi est placé en première position parmi les trois Antef par Kim Ryholt (1997) qui le nomme Antef VI[1],[note 1], Daniel Polz (2007)[19], Franke (2008)[20], Vandersleyen (2010)[21] et Julien Siesse (2015[22] et 2019[23]) qui le nomment tous Antef V.
Règne
[modifier | modifier le code]Comme les autres rois de la dynastie son nom est absent des listes royales du Nouvel Empire, notamment celles de la XIXe dynastie qui oblitèrent littéralement l'ensemble de la Deuxième Période intermédiaire sautant directement de la XIIe dynastie à la XVIIIe dynastie. Le Canon royal de Turin, papyrus du Nouvel Empire qui liste l'ensemble des rois depuis Ménès, le fondateur mythique de la royauté, jusqu'à la XVIIe dynastie, cite seize rois pour cette dernière dynastie parmi lesquels on trouve au début de la dynastie trois noms lacunaires commençant par Sekhemrê, sans qu'il soit possible aujourd'hui d'affirmer l'identité précise de chacun et donc d'attribuer l'un de ces noms à Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa.
Antef se rattache explicitement à Khâsekhemrê Neferhotep Ier, roi de la XIIIe dynastie, en se donnant le nom de Sekhemrê-Oupmaât qui reprend le nom de Nebty et le nom de Nesout-bity de son lointain prédécesseur[24],[25].
Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa n'aurait régné que peu de temps, la durée de son règne variant de quelques mois à trois années pleines selon les auteurs et l'ordre de succession dans lequel ils placent son règne dans la dynastie.
Sépulture
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Le tombeau de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa est cité dans le papyrus Abbott qui rend compte sous le règne de Ramsès IX de l'état des sépultures royales victimes de tentatives en règle de pillage. Les résultats de l'enquête indiquent que le tombeau n'avait pas alors été pillé[26].
Le tombeau est probablement resté intact jusqu'à ce qu'il soit découvert dans la seconde moitié du XIXe siècle à Thèbes dans la nécropole de Dra Abou el-Naga par des pilleurs de tombe qui en ont dispersé son contenu.
Auguste Mariette a pu acquérir en 1854 une partie du viatique funéraire du roi dont le cercueil en bois doré ainsi que le coffre à canopes du roi. Le cercueil de style richi ainsi que le coffre qui porte la titulature du roi sont actuellement conservés au Musée du Louvre à Paris.
Une lame de hache en bronze à son nom qui est désormais conservée au Musée égyptien de Berlin pourrait provenir de ce pillage.
Le British Museum possède quant à lui le pyramidion de la petite pyramide qui couvrait autrefois le tombeau du roi.
Titulature
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Kim Ryholt ajoute un Antef IV pour la XIVe dynastie et non pris en compte par les autres chercheurs, ce qui décale la numérotation par rapport aux autres chercheurs ; il numérote donc le roi Antef VI
Références
[modifier | modifier le code]- Ryholt 1997, p. 393-394.
- ↑ « Cercueil de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa »
- ↑ « Coffre à canopes de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa »
- ↑ (en) « Pyramidion de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa »
- ↑ (en) « Cercueil de Sékhemrê-Hérouhermaât Antef » (consulté le )
- Vandersleyen 2010, p. 110.
- Ryholt 1997, p. 270.
- Dodson et Hilton 2004, p. 117.
- ↑ Polz 2007, p. 34-38.
- ↑ Polz 2010, p. 344-345.
- ↑ Siesse 2019, p. 103.
- ↑ von Beckerath 1964, p. 165-203.
- ↑ von Beckerath 1999, p. 128-129.
- ↑ Franke 1988, p. 262-272.
- ↑ Dodson 1991, p. 33-38.
- ↑ Helck 1992, p. 151-216.
- ↑ Vandersleyen 1995, p. 662-663.
- ↑ Hayes 1973, p. 42-76.
- ↑ Polz 2007, p. 7.
- ↑ Franke 2008, p. 287.
- ↑ Vandersleyen 2010, p. 110-112.
- ↑ Siesse 2015, p. 85-93.
- ↑ Siesse 2019, p. 107.
- ↑ Siesse 2015, p. 90.
- ↑ Siesse 2019, p. 89.
- ↑ Grimal 1988.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, [détail des éditions] ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt, Augustin, ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- (en) William Christopher Hayes, Cambridge Ancient History : Egypt: From the Death of Ammenemes III to Seqenenre II, vol. II, t. 1, Cambridge, Cambridge University Press, , 1973e éd., p. 42-76 ;
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
- Claude Vandersleyen, « Nouvelles lumières sur la nécropole de la 17e dynastie à Dra Aboul Naga, sur la rive gauche de Thèbes », Chronique d'Égypte, no 85, , p. 108-125, 169-170 ;
- (de) Hans Wolfgang Helck, « Anmerkungen zum Turiner Königspapyrus », Studien zur Altägyptischen Kultur, no 19, , p. 151-216 ;
- (en) Aidan Mark Dodson, « On the Internal Chronology of the Seventeenth Dynasty », Göttinger Miszellen, no 120, , p. 33-38 ;
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
- (de) Daniel Polz, Der Beginn des Neuen Reiches, Zur Vorgeschichte einer Zeitenwende. Sonderschriften des Deutschen Archäologischen Instituts, Abteilung Kairo, 31. Berlin/New York: Walter de Gruyter, ;
- (en) Daniel Polz, « New Archaeological Data From Dra Abu El-Naga and Their Historical Implications », dans Marcel Marée (dir.), The Second Intermediate period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties), Current Research, Future Prospects, Leuven, Paris, Walpole, MA., Peeters Leuven, , 343-353 p. (ISBN 978-90-429-2228-0, lire en ligne) ;
- (de) Detlef Franke, « Zur Chronologie des Mittleren Reiches. Teil II: Die sogenannte Zweite Zwischenzeit Altägyptens », dans Orientalia, vol. 57, No. 2, Peeters Publishers, coll. « NOVA SERIES », (JSTOR https://www.jstor.org/stable/43075561), p. 113-138 ;
- (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, Koninklijke Brill, no 1 (2), , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
- (en) Kim Steven Bardrum Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, vol. 20, Copenhague, Museum Tusculanum Press, (ISBN 978-8772894218) ;
- (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246, , p. 75-98 (lire en ligne) ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 979-1023105674).
