XVe dynastie égyptienne
Égypte
v. 1650 AEC – 1520 AEC[1],[note 1]
| Statut | Monarchie |
|---|---|
| Capitale | Avaris |
| Langue(s) | égyptien ancien |
| Religion | religion de l'Égypte antique |
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La XVe dynastie de l'Égypte antique est, durant la Deuxième Période intermédiaire (division de l'Égypte et invasions étrangères), une dynastie de Hyksôs, qui contrôlent alors le nord du pays au milieu du IIe millénaire avant notre ère. Selon Manéthon, cette dynastie serait composée de six rois. Reportée sur la colonne neuf du papyrus de Turin, elle couvre une période mal définie.
Maîtres du nord-est de la Basse-Égypte (leur capitale est Avaris), où ils règnent selon les codes traditionnels des pharaons, les rois de la XVe dynastie ont de nombreux vassaux, soit hyksôs (dans l'ouest du delta du Nil), soit égyptiens (au sud du delta) : ces vassaux sont parfois regroupés dans la liste des rois de la XVIe dynastie[2], même si cette dernière est parfois comprise comme une dynastie concurrente d'Abydos (Égypte) ou de Thèbes[3]. La dynastie prend fin suite à la conquête de toute l'Égypte par les rois thébains de la XVIIe dynastie[4].
Histoire de la XVe dynastie (rois hyksôs)
[modifier | modifier le code]Avènement des Hyksôs
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L'afflux continu de main-d’œuvre asiatique, particulièrement sous Amenemhat III (XIIe dynastie (Moyen Empire), bouleverse les équilibres démographiques dans le nord du pays. Des étrangers, les Hyksôs (en égyptien heqa khâsout, c'est-à-dire « chefs des pays étrangers »), population d'origine asiatique implantée dans le delta du Nil depuis plusieurs générations, mettent à profit l'arrivée de nouveaux migrants en provenance du Proche-Orient, pour s'emparer progressivement du nord de l'Égypte (Basse-Égypte). Au contact de la civilisation égyptienne, beaucoup plus avancé que la leur, les chefs hyksôs adoptent le protocole et les titres de la cour des pharaons.
Gouvernement des Hyksôs autour d'Avaris
[modifier | modifier le code]Dans le gouvernement de l’Égypte, ils conservent l’organisation administrative existante, utilisant un personnel de fonctionnaires égyptiens (scribes). Ces derniers, bien que soumis à un roi étranger, gardent tout de même intact leur orgueil national et leur profond attachement aux dieux traditionnels (Rê, Horus, Osiris, etc.).
La domination des Hyksôs s’exerce de diverses manières. Les rois de la XVe dynastie ont un contrôle absolu, depuis leur capitale Avaris, sur l’est du delta du Nil, mais ils laissent le reste du delta à des chefferies asiatiques vassales.
Royaumes vassaux
[modifier | modifier le code]Ils installent des petits royaumes confiés à des Égyptiens en Moyenne-Égypte. C'est l'ensemble de tous ces vassaux qui forment ce qui est appelée la XVIe dynastie.
Enfin ils imposent leur autorité aux rois de la XVIIe dynastie qui contrôlent plus ou moins la Haute-Égypte (les huit premiers nomes situés entre Éléphantine et Abydos) en leur installant des garnisons aux endroits stratégiques. Les Hyksôs vont même accentuer leur domination en passant alliance avec des potentats nubiens pour affaiblir les Thébains et unifier le pays à leur profit.
Tous ces territoires sont assujettis à des impôts collectés par des « Directeurs du trésor » portant un titre égyptien.
Révolte des rois de Haute-Égypte et chute des Hyksôs
[modifier | modifier le code]Cependant, du fait de son origine indigène, la XVIIe dynastie va se mettre à la tête d’une lutte contre cette domination étrangère. Ses rois, notamment à partir de Seqenenrê Tâa, affrontent les Hyksôs et vont réussir à libérer le pays, qui entre alors dans la période du Nouvel Empire.
Souverains de la dynastie
[modifier | modifier le code]Listes royales
[modifier | modifier le code]La dynastie est intégrée dans deux listes royales : le Canon royal de Turin, daté de l'époque ramesside et très fragmentaire, ainsi que l'œuvre de Manéthon, nommée Ægyptiaca et datée du début de la période ptolémaïque mais aujourd'hui perdue, seulement rapportée par des écrits postérieures parfois incohérents entre eux. Si les noms peuvent varier, il y a cependant un accord entre ces sources pour un nombre de six rois.
| Nom et durée du règne selon le Canon royal de Turin[5] |
Listes issues de l'Ægyptiaca de Manéthon[6] | ||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nom et durée du règne selon Flavius Josèphe[note 2] |
Nom et durée du règne selon Sextus Julius Africanus |
Nom et durée du règne selon Eusèbe de Césarée[note 2] |
Nom et durée du règne selon la version arménienne[note 2] | ||||||||||||||||
| 10.23 : lacune | lacune | Salitis | 13 ans | Saites | 19 ans | Saites | 19 ans | Saitēs | 19 ans | ||||||||||
| 10.24 : lacune | lacune | Beon | 44 ans | Bnon | 44 ans | Bnon | 40 ans | Bnon | 40 ans | ||||||||||
| 10.25 : lacune | lacune | Apakhnas | 36 ans et 7 mois | Pakhnan | 61 ans | Aphophis | 14 ans | Arkʻłēs | 30 ans | ||||||||||
| 10.26 : lacune | 10+x ans et ... | Apophis | 61 ans | Staan | 50 ans | Arkhles | 30 ans | Apʻovpʻis | 14 ans | ||||||||||
| 10.27 : lacune | 40+x ans et ... | Iannas | 50 ans et 1 mois | Arkhles | 61 ans | ||||||||||||||
| 10.28 : Khâmoudy | lacune | Assis | 49 ans et 2 mois | Aphobis | 49 ans | ||||||||||||||
| 10.29 : Six héqaou khasout ayant régné 108 ans et ... | Rois bergers de Phénicie ayant régné 253 ans et 10 mois | Rois bergers de Phénicie ayant régné 284 ans | Rois bergers de Phénicie ayant régné 103 ans | Rois bergers de Phénicie ayant régné 103 ans | |||||||||||||||
Reconstructions modernes
[modifier | modifier le code]Du fait de la difficile association des noms donnés par les auteurs grecs avec les noms contemporains des rois de cette dynastie, l'identification de certains rois de la dynastie est incertaine et l'objet de débats parmi les spécialistes. On trouve par exemple :
| Selon Jürgen von Beckerath[7] | Selon Claude Vandersleyen[8] | Selon Kim Ryholt[9] | Selon Thomas Schneider[10] | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nom de Nesout-bity | Nom de Sa-Rê | Nom de Nesout-bity | Nom de Sa-Rê | Nom de Nesout-bity | Nom de Sa-Rê | Nom de Nesout-bity | Nom de Sa-Rê | ||||||||||||
| Salitis | Maâibrê | Shéshi (= Sharek) | - | Semqen | - | Shara-Dagan (= Sharek) | |||||||||||||
| Beon | Méryouserrê | Yakoub-Har | - | Âper-Ânti | - | Bin-Âanou | |||||||||||||
| Apakhnas | - | Sakir-Har | |||||||||||||||||
| Séouserenrê | Khyan | Séouserenrê | Khyan | Séouserenrê | Khyan | Séouserenrê | Khyan | ||||||||||||
| inconnu | Yanassi | inconnu | Yanassi | ||||||||||||||||
| - | Sakrou-Haddou | ||||||||||||||||||
| Âaqenrê | Apopi | Âaqenrê | Apopi | Âaqenrê | Apopi | Âaqenrê | Apopi | ||||||||||||
| inconnu | Khamoudy | inconnu | Khamoudy | Hotepibrê | Khamoudy | inconnu | Khamoudy | ||||||||||||
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ En termes de chronologie absolue, la détermination de dates exactes de début et de fin de la dynastie est un exercice périlleux du fait de l'ancienneté de la dynastie, et plusieurs chercheurs ont fait chacun des propositions ; on trouve par exemple :
- 1650 à 1535 AEC selon Dodson,
- ? à 1530 AEC selon Hornung, Krauss et Warburton,
- 1634 à 1526 AEC selon Vandersleyen.
- Rois placés par erreur dans la XVIIe dynastie.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Tallet et al. 2023, p. 420.
- ↑ von Beckerath 1999, p. 286.
- ↑ Siesse 2019, p. 120.
- ↑ Tallet et al. 2023, p. 227.
- ↑ (en) Peter Lundström, « Colonne 10 du Canon royal de Turin », sur Pharaoh.se (consulté le )
- ↑ (en) Peter Lundström, « Listes de Manéthon », sur Pharaoh.se (consulté le )
- ↑ von Beckerath 1999, p. 662.
- ↑ Vandersleyen 1995, p. 662.
- ↑ Ryholt 1997, p. 125.
- ↑ Schneider 2006, p. 194.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Ouvrages généralistes
- Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
- Damien Agut et Juan Carlos Moreno-Garcia, L'Égypte des pharaons : De Narmer à Dioclétien, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », (ISBN 2701164915) ;
- Pierre Tallet, Frédéric Payraudeau, Chloé Ragazzoli et Claire Somaglino, L'Égypte pharaonique : Histoire, société, culture, Malakoff, Armand Colin, , 482 p. (ISBN 978-2-200-63527-5).
- Références spécialisées sur la période
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) Daphna Ben-Tor, Scarabs, Chronology, and Interconnections: Egypt and Palestine in the Second Intermediate Period, Fribourg, Academic Press Fribourg, (ISBN 978-3-7278-1593-5, lire en ligne) ;
- (en) Anna-Latifa Mourad, Rise of the Hyksos: Egypt and the Levant from the Middle Kingdom to the Early Second Intermediate Perio, Oxford, Archaeopress Publishing Ltd, coll. « Archaeopress Egyptology » (no 11), ;
- Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674).
- Autres références
- (de) Jürgen von Beckerath, Chronologie des Pharaonischen Ägypten, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, , 244 p. (ISBN 3-8053-2310-7) ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- (en) Thomas Schneider, « Middle Kingdom and the Second Intermediate Period », dans Erik Hornung, Rolf Krauss, David A. Warburton, Ancient Egyptian Chronology, Leyde, Londres, Brill, coll. « Handbook of Oriental Studies, Section One, The Near and Middle East » (no 83), (ISBN 978-90-04-11385-5).