Pépi II

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Pépi II
Image illustrative de l'article Pépi II
Statue en albâtre d'Ânkhnesmérirê II et son fils Pépi II.
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Mérenrê Ier
Dates de fonction -2246 à -2152 (selon J. P. Allen)
-2254 à -2194 (selon J. von Beckerath)
-2245 à -2180 (selon D. Franke)
-2236 à -2143 (selon J. Málek)
-2300 à -2206 (selon D. B. Redford).
Successeur Mérenrê II
Famille
Grand-père paternel Pépi Ier ? (si Mérenrê Ier)
Téti (si Pépi Ier)
Grand-mère paternelle Ânkhnesmérirê Ire (si Mérenrê Ier)
Ipout Ire (si Pépi Ier)
Grand-père maternel Khoui (grand noble d'Abydos)
Grand-mère maternelle Nébet
Père Pépi Ier ? ou Mérenrê Ier ?
Mère Ânkhnesmérirê II
Conjoint Neith sa tante ou sa demi-sœur
Enfant(s) Mérenrê II, Nitocris ? à l'état de supposition
Deuxième conjoint Ânkhesenpépi III
Troisième conjoint Ipout II peut-être sa sœur (ou demi-sœur)
Quatrième conjoint Ânkhesenpépi IV
Cinquième conjoint Ouedjebten
Sixième conjoint Mérétitès II ou Méritâtès, Il est possible qu'elle fut plutôt une épouse de Pépi Ier
Fratrie Ânkhesenpépi III, Ipout II
Sépulture
Nom Pyramide de Pépi II
Type Pyramide à faces lisses
Emplacement Saqqarah-sud
Objets Textes des pyramides
Sarcophage en grauwacke
Coffre à canopes en calcite (fragmentaire)

Pépi II est un roi[1] de la VIe dynastie égyptienne. Ce qu'on sait surtout du roi, c'est qu'il resta au pouvoir extrêmement longtemps. Manéthon lui prête 94 années de règne et plus de cent années de vie, bien que la dernière date de son règne connue avec certitude soit le 31e comptage du bétail qui correspond à la 62e année du règne. Son règne se situe aux alentours de -2246 à -2152[2].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Fils de Pépi Ier ou Mérenrê Ier[réf. nécessaire], Pépi II succède vers -2246 à Mérenrê Ier, disparu prématurément après un règne de quelques années. Le nouveau roi est un tout jeune enfant, de l'une des deux filles de Khoui, grand noble d'Abydos. Cette reine, Ânkhnesmérirê II, assure la régence avec le soutien de son frère Djaou, déjà vizir de Mérenrê Ier et oncle de Pépi II. Le jeune roi épouse Neith, sa demi-sœur ou sa tante, fille d'Ânkhnesmérirê Ire.

C'est l'un des derniers membres de la VIe dynastie et sa mort marque la fin, ou au moins le déclin, de l'Ancien Empire. L'Ancien Empire compte deux souverains supplémentaires : Mérenrê II et la reine Nitocris, la première période intermédiaire commençant après le règne de cette dernière. Selon certains auteurs, il y aurait également quatre autres rois à la fin de la VIe dynastie.

Il a fait bâtir un vaste complexe funéraire à Saqqarah-sud.

Règne[modifier | modifier le code]

Régence[modifier | modifier le code]

Sa mère Ânkhésenpépi II semble avoir régné en tant que régente durant les premières années de son règne. Une statue en albâtre du Brooklyn Museum montre le jeune Pépi II sur les genoux de sa mère avec l'ensemble de ses attributs pharaoniques, c’est l’une des seules représentations de ce monarque en dépit de son long règne. Elle semble avoir été secondée par son frère Djaou, un ancien vizir de Mérenrê Ier.

Un aperçu de la personnalité du jeune monarque encore enfant se trouve dans la lettre qu’il écrit à Hirkhouf, gouverneur d’Assouan, chef d’une expédition vers la Nubie. Envoyé pour commercer et récupérer de l’ivoire, de l’ébène et autres marchandises précieuses[3], il capture un pygmée. La nouvelle arrive à la cour et le jeune roi enthousiaste envoie à Hirkhouf une lettre lui promettant une grande récompense s’il parvient à ramener le pygmée vivant pour qu’il puisse amuser la cour[4]. Cette lettre conservée[5] sur une longue inscription dans la tombe d’Hirkhouf, représente le premier exemple de littérature de voyage[6].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Pépi II semble avoir poursuivi la politique étrangère de ses prédécesseurs. Le cuivre et la turquoise sont extraits du Ouadi Maghara dans le Sinaï, et l’albâtre de Hatnoub. Il est mentionné sur une inscription trouvée à Byblos[7]. Dans le sud, les relations commerciales consistent en des caravanes de marchands qui commercent avec les Nubiens. Hirkhouf mène plusieurs expéditions sous Mérenrê Ier et Pépi II. Sa dernière expédition le mène à un lieu nommé Iam[8].

Le désert occidental est parcouru par de multiples routes commerciales, reliant l’oasis d’Al-Kharga, l’oasis de Siwa, et celle d’Ad-Dakhla[3].

Déclin de l’ancien empire[modifier | modifier le code]

Le déclin de l’Ancien empire commence avant le règne de Pépi II, les nomarques devenant de plus en plus indépendants. Pépi Ier par exemple, se marie avec deux sœurs, filles d’un nomarque, et fait de leur frère un vizir. Leur influence est importante, les enfants des deux sœurs, Mérenrê Ier et Pépi II devenant rois.

Les tombes des hauts dignitaires deviennent de plus en plus élaborées dans les nomes. La charge de nomarque devient héréditaire et exempt de taxe, ajouté à la longueur du règne, le pouvoir central devient faible. Le rôle de vizir est scindé en deux, un pour la Haute-Égypte et un pour la Basse-Égypte.

Le papyrus d'Ipou-Our décrit une Égypte affligée par des désastres naturels et dans un état de chaos, un monde sens dessus dessous, où les pauvres sont devenus riches, et les riches, pauvres ; un monde où la guerre, la famine et la mort sont partout. Le thème de cette œuvre a été considéré précédemment comme soit une lamentation inspirée par le chaos supposé de la Première Période intermédiaire, soit comme une fiction historique dépeignant la chute de l'Ancien Empire des siècles auparavant, ou encore, une combinaison d'éléments des deux.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On parle de roi, le terme pharaon n'existant pas encore à cette époque.
  2. D'après J. P. Allen
    Autres avis de spécialistes : -2254 à -2194 (J. von Beckerath), -2245 à -2180 (D. Franke, T. Schneider), -2236 à -2143 (J. Málek), -2300 à -2206 (D. B. Redford).
  3. a et b Ian Shaw, The Oxford History of Ancient Egypt. Oxford University Press, 2000, (ISBN 0-19-280458-8), p. 116–117.
  4. Pascal Vernus, Jean Yoyotte, The Book of the Pharaohs, Cornell University Press 2003, (ISBN 0-8014-4050-5), p. 74.
  5. Ancientsites.com
  6. Omar Zuhdi, Count Harkhuf and The Dancing Dwarf, KMT 16 Vol:1, printemps 2005, p. 74–80.
  7. G. Edward Brovarski, « First Intermediate Period, overview » in Kathryn A. Bard et Steven Blake Shubert, eds. Encyclopedia of the Archeology of Ancient Egypt (New York: Routledge, 1999), p. 46.
  8. Edward Wente, Letters from Ancient Egypt, Scholars Press, 1990, (ISBN 1-55540-473-1), p. 20–21

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]