Pépi II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pépi II
Image illustrative de l'article Pépi II
Statue en albâtre d'Ânkhnesmérirê II et son fils Pépi II.
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Mérenrê Ier
Dates de fonction -2246 à -2152 (selon J. P. Allen)
-2254 à -2194 (selon J. von Beckerath)
-2245 à -2180 (selon D. Franke)
-2236 à -2143 (selon J. Málek)
-2300 à -2206 (selon D. B. Redford).
Successeur Mérenrê II
Famille
Grand-père paternel Pépi Ier ? (si Mérenrê Ier)
Téti (si Pépi Ier)
Grand-mère paternelle Ânkhnesmérirê Ire (si Mérenrê Ier)
Ipout Ire (si Pépi Ier)
Grand-père maternel Khoui (grand noble d'Abydos)
Grand-mère maternelle Nébet
Père Pépi Ier ? ou Mérenrê Ier ?
Mère Ânkhnesmérirê II
Conjoint Neith sa tante ou sa demi-sœur
Enfant(s) Mérenrê II, Nitocris ? à l'état de supposition
Deuxième conjoint Ânkhesenpépi III
Troisième conjoint Ipout II peut-être sa sœur (ou demi-sœur)
Quatrième conjoint Ânkhesenpépi IV
Cinquième conjoint Ouedjebten
Sixième conjoint Mérétitès II ou Méritâtès, Il est possible qu'elle fut plutôt une épouse de Pépi Ier
Fratrie Ânkhesenpépi III, Ipout II
Sépulture
Nom Pyramide de Pépi II
Type Pyramide à faces lisses
Emplacement Saqqarah-sud
Objets Textes des pyramides
Sarcophage en grauwacke
Coffre à canopes en calcite (fragmentaire)

Pépi II est un roi[1] de la VIe dynastie égyptienne. Ce qu'on sait surtout du roi, c'est qu'il resta au pouvoir extrêmement longtemps. Manéthon lui prête 94 années de règne et plus de cent années de vie, bien que la dernière date de son règne connue avec certitude soit le 31e comptage du bétail qui correspond à la 62e année du règne. Son règne se situe aux alentours de -2246 à -2152[2].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Fils de Pépi Ier ou Mérenrê Ier[réf. nécessaire], Pépi II succède vers -2246 à Mérenrê Ier, disparu prématurément après un règne de quelques années. Le nouveau roi est un tout jeune enfant, de l'une des deux filles de Khoui, grand noble d'Abydos. Cette reine, Ânkhnesmérirê II, assure la régence avec le soutien de son frère Djaou, déjà vizir de Mérenrê Ier et oncle de Pépi II. Le jeune roi épouse Neith, sa demi-sœur ou sa tante, fille d'Ânkhnesmérirê Ire.

C'est l'un des derniers membres de la VIe dynastie et sa mort marque la fin, ou au moins le déclin, de l'Ancien Empire. L'Ancien Empire compte deux souverains supplémentaires : Mérenrê II et la reine Nitocris, la première période intermédiaire commençant après le règne de cette dernière. Selon certains auteurs, il y aurait également quatre autres rois à la fin de la VIe dynastie.

Il a fait bâtir un vaste complexe funéraire à Saqqarah-sud.

Règne[modifier | modifier le code]

Le très long règne de Pépi II — au moins soixante-dix ans, quatre-vingt-quatorze selon la tradition — semble s'inscrire dans la continuité de la politique menée par tous les rois de la VIe dynastie.

Mérenrê Ier avait déjà confié la conduite d'expéditions en basse Nubie à Hirkhouf, gouverneur d'Éléphantine et directeur de tous les pays étrangers du Sud. Hirkhouf avait atteint la région de la troisième cataracte du Nil, le pays de Yam, et obtenu la soumission à l'Égypte des chefs tribaux locaux[3]. Il inaugurait ainsi la suzeraineté pharaonique sur ces terres, que la culture égyptienne influencera profondément durant des siècles. De ces pays, les Égyptiens faisaient venir des produits précieux tels que l'or, l'ivoire, l'encens, le bois d'ébène.

Le jeune Pépi II, dès le début de son règne, est fasciné par ces contrées méridionales aux richesses merveilleuses. Il y renvoie Hirkhouf, en l'an 2 du règne. Ce dernier nous a laissé dans son tombeau d'Éléphantine la reproduction d'une lettre du roi reçue durant son retour vers l'Égypte. On y lit l'enthousiasme et la sollicitude de l'enfant-roi pour un Pygmée, étonnant présent qu'Hirkhouf ramène de son voyage à la cour de Memphis[4].

Devenu adulte, Pépi II garde un intérêt constant pour les pays du Sud, où il envoie Héqaib, le successeur d'Hirkhouf, mener deux opérations de pacification contre des tribus rebelles. Sous son règne se poursuit la colonisation égyptienne des oasis du désert occidental - Dakhla, Kharga, Selima - jalons essentiels de la « route des oasis » vers la Nubie.

Au nord, les relations commerciales déjà très anciennes entre la ville cananéenne de Byblos et l'Égypte sont maintenues.

Stèle de Sétibi, représenté deux fois, conjoncturée contemporaine du règne de Pépi II - Musée du Louvre..
Restitution de la pyramide de Pépi II

En Égypte même, le long règne de Pépi II s'étire sur plusieurs décennies sans que le pays connaisse de troubles majeurs. Mais cette époque de prospérité, dans la continuité de tout l'Ancien Empire, voit aussi les hauts fonctionnaires locaux prendre de plus en plus d'autonomie par rapport au pouvoir central. Depuis plusieurs règnes déjà, les nomarques, gouverneurs des provinces, transmettent leur charge à leurs fils. Ils forment ainsi des dynasties de dignitaires solidement établis que le souverain ne peut plus révoquer et avec qui il doit composer. Sous Pépi II, cette situation a pris le caractère du fait accompli.

De plus, certaines institutions religieuses locales sont devenues assez influentes pour obtenir de Pépi II des exemptions totales d'impôts, ce qui affaiblit encore le contrôle royal sur le pays.

On peut penser que la longévité exceptionnelle et la légitimité de Pépi II contribuent, au fil de son règne, à en faire un souverain respecté de ses sujets et donc un roi auquel les nomarques doivent conserver une loyauté au moins officielle.

Mais lorsqu'il disparaît, peut-être centenaire, l'Égypte entre dans une période de troubles politiques et d'anarchie qui signe la fin de l'Ancien Empire et entraîne l'effacement du pouvoir royal pendant près d'un siècle.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On parle de roi, le terme pharaon n'existant pas encore à cette époque.
  2. D'après J. P. Allen
    Autres avis de spécialistes : -2254 à -2194 (J. von Beckerath), -2245 à -2180 (D. Franke, T. Schneider), -2236 à -2143 (J. Málek), -2300 à -2206 (D. B. Redford).
  3. Cf. J. H. Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the Persian conquest, 1906, § 325-336, p. 50-154.
  4. Cf. J. H. Breasted, op. cit., § 350-354, p. 159-161.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]