Taousert

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Taousert
Image illustrative de l’article Taousert
Relief représentant la reine Taousert agitant des sistres, temple d'Amon (Amada), Nubie égyptienne.
Période Nouvel Empire
Dynastie XIXe dynastie
Fonction Pharaonne
Prédécesseur Siptah
Dates de fonction -1188 à -1186
Successeur Sethnakht
Famille
Conjoint Séthi II
Enfant(s) ♂ Séthi-Mérenptah
Sépulture
Nom Tombe KV14, puis dans la cache royale KV35
Type Tombeau
Emplacement Vallée des Rois
Découvreur Ouvert dans l'Antiquité
Fouilles Hartwig Altenmüller de 1983 à 1987

Taousert Setepenmout[1] est la huitième et dernière souveraine de la XIXe dynastie. Manéthon l'appelle Thuôris (Thouôris). Son nom signifie « La puissante ». Elle fait partie de ces quelques reines égyptiennes qui exercèrent le pouvoir royal en leur nom propre. Elle fut une des épouses du pharaon Séthi II.

Son origine est inconnue, comme le nom de ses parents d'ailleurs. La grande majorité des spécialistes se rangent sur cet avis, mais pensent qu'elle fut quand même sûrement d'origine noble, voire issue d'une autre branche de la famille royale. Cependant certains égyptologues, — mais ils sont loin de faire l'unanimité —, la donnent comme la demi-sœur de Séthi II, fille du roi Mérenptah par la reine Takhat Ire. Pourtant, il est sûr qu'elle ne porta jamais le titre de Fille du Roi (sȝ.t-nswt). La seule chose que l'on peut certifier c'est que son influence va être telle qu'il est difficile de penser qu'elle n'était pas apparentée à la famille royale, peut être une des filles des nombreux princes et princesses issus de la XIXe dynastie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme d'autres souveraines régnantes avant elle, Taousert parvient au plus haut sommet de l'État dans une période troublée de l'histoire égyptienne[2]. Ramsès II, qui a eu de très nombreux héritiers, « dont quelque cinquante fils », laisse en effet le pays avec une succession complexe[2]. Mérenptah monte sur le trône car ses frères aînés sont tous décédés avant lui. Il règne dix ans, après quoi son fils, le prince héritier Séthi-Mérenptah, futur Séthi II, lui succède. Celui-ci prend Taousert, dont les ancêtres sont inconnus, pour grande épouse royale. Elle vit durant six ans avec lui à ses côtés mais ne lui donne pas d'héritier mâle[3].

Ce n'est qu'à dater du moment où elle devient la grande épouse royale de Séthi II que l'on voit apparaître son nom enserré dans un cartouche qui accompagnait le plus souvent des peintures ou des reliefs de la reine.

Règne de Séthi II avec Taousert[modifier | modifier le code]

En tant qu'épouse du fils et successeur de ce dernier, Taousert prenait donc la première place auprès du roi.

Le début du règne de son époux est troublé par une véritable sécession de la Haute-Égypte, reflet probable des luttes intestines dont la famille royale souffrait après le très long règne de Ramsès II. Emmenée par Amenmes, peut être un prétendant d'une lignée princière parallèle, les monuments de Thèbes sont inscrits au nom de ce nouveau pharaon qui est reconnu jusqu'à Éléphantine.

Séthi II finit par vaincre Amenmes et rétablit son autorité sur tout le pays. Il fait effacer l'interrègne de son rival et les documents officiels sont à nouveau datés de son règne. Il règne encore un an et meurt peu après en l'an 6 de son règne[4].

Le règne éphémère de Siptah[modifier | modifier le code]

De son union avec Pharaon, Taousert met au monde un fils nommé Séthi-Mérenptah mais qui ne survit pas à son père. C'est Siptah, fils d'une épouse secondaire du roi, sans doute le premier né, qui ceint alors la double couronne à l'âge de douze ans.

La veuve de Séthi II n'ayant pas donné d'héritier à l'Égypte, pourrait, dans son veuvage et comme c'est la coutume, se retirer dans le palais-harem. Mais cette femme de tête choisit plutôt de soutenir son plus proche parent masculin, qui est pourtant le fils d'une autre épouse[4]. Ainsi, Taousert en tant que première dame du Double-Pays assure alors la régence.

La mystérieuse disparition de Taousert[modifier | modifier le code]

Le climat dans lequel elle règne, au palais et en Égypte, est mauvais. Ses années de règne sont minées par les querelles intestines et les rivalités. Dans le pays, la situation sociale se dégrade car l'économie du pays se dégrade également et l'influence qu'avait auparavant les pharaons a maintenant pâli. La reine-pharaon disparaît du paysage égyptien en l'an 8 de son règne (date combinée avec le règne de Séthi II et la régence de Taousert, soit vers -1186 dans le calendrier grégorien)[5]. Plusieurs scénarios sont avancés autour de sa fin : est-elle morte alors qu'elle était encore au pouvoir et déjà âgé ? A-t-elle été renversée par son successeur, Sethnakht (vers 1186 - 1184) entraînant donc la fin de la XIXe dynastie égyptienne[5] ?

Description physique et les bijoux de Taousert[modifier | modifier le code]

Collier en or ayant appartenu à Taousert.

Elle est souvent coiffée avec une tresse accrochée à une perruque ornée du vautour de Nekhbet supportant un mortier dans lequel viennent se ficher diverses couronnes, symboles de sa position à la cour et de ses titres.

Ces distinctions n'étaient réservées qu'aux femmes de la famille royale qui, en entourant le roi, assuraient le rôle de parèdre du pharaon, alors considéré comme un dieu sur terre. À leur tête et en première place se trouvait la grande épouse royale. Il pouvait y avoir deux grandes épouses royales régnant communément aux côtés de leur époux, mais il y avait toujours une distinction donnant à l'une d'entre elles la préférence en tant que mère de l'héritier présomptif du trône d'Horus.

Elles l'accompagnaient dans les rites et cérémonies du royaume et occupaient une place de choix dans les représentations figurées sur les murs des temples du règne. Cette théologie avait trouvé son apogée chez les filles et épouses du grand Ramsès et s'était prolongée au cours du règne de son héritier et treizième fils Mérenptah.

Titulature[modifier | modifier le code]

Sépulture[modifier | modifier le code]

Vue de la descenderie de la tombe de Taousert dans la vallée des Rois.

Taousert est également célèbre pour la superbe tombe (KV14) qu’elle fait aménager dans la vallée des Rois. Elle se fait creuser un hypogée de grande ampleur, digne de son rang, qu'elle a eu le temps de faire décorer. Les soubresauts de l'histoire peuvent se deviner au travers les nombreuses réfections que certaines scènes laissent apparaître. Successivement la reine a fait inscrire les cartouches de son époux ou de son beau-fils qu'elle modifie à son tour quand ce dernier change de titulature.

C'est l'égyptologue français Jean-François Champollion qui découvre à Thèbes, parmi les hypogées pharaoniques de la vallée des Rois, la tombe d'une femme « ayant exercé par elle-même le pouvoir souverain », c'est la reine Taousert[6].

Le tombeau sera usurpé pour Sethnakht qui n'a pas eu le temps d'achever son propre tombeau et est inhumé par son fils et successeur Ramsès III.

Conservée après avoir été déplacée dans une cache royale (KV35), sa momie a pu être identifiée.

Un vase au cartouche de Taousert a été retrouvé à Deir Alla en Jordanie[7].

La sépulture de Taousert livrant un ensemble d'orfèvrerie appartenant à Séthi II et à Taousert[8] est nommée depuis « tombe de l'or »[8].

Taousert dans la littérature[modifier | modifier le code]

Du 11 mars au 8 mai 1857, Le Roman de la momie de Théophile Gautier paraît dans le Le Moniteur universel puis en librairie l'année suivante. L'égyptomanie est à son apogée et ce livre va provoquer un véritable engouement[9] car cette histoire, inspirée de la vraie Taousert, est une évocation magique du passé, avec les couleurs d'une vie fantasmatique ; le roman de l'amour impossible qui traverse le temps, aussi, et naît à la vue d'une momie féminine nommé Tahoser. Lord Evendale, le mécène de l'expédition archéologique, tombe en effet amoureux de sa beauté préservée et veut, contre toute raison, l'arracher à son sommeil. Le Roman de la momie renvoie au thème de La Belle au bois dormant tout autant qu'à la quête éperdue d'un éternel féminin[9]. Cette femme, d'autant plus idéale qu'elle a bravé le temps pour venir d'un passé immémorial, incarne la nostalgie des origines. Mais on ne viole pas impunément le repos des « morts » : le destin du héros sera tragique[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou Ta-Usert, Twosret, Tausret, Tausert ou Tawosret, selon la langue. Mais, Champollion a relevé la transcription de Tahoser.
  2. a et b Quentin 2021, p. 355.
  3. Quentin 2021, p. 355 - 356.
  4. a et b Quentin 2021, p. 358.
  5. a et b Quentin 2021, p. 361.
  6. Jean-François Champollion sur Encyclopædia Universalis.
  7. Pascal Vernus et Jean Yoyotte, Dictionnaires des pharaons, Perrin, , 345 p. (ISBN 978 - 2 - 262 - 02230 - 3), p.270
  8. a et b Ziegler 2018, p. 190.
  9. a b et c Quentin 2021, p. 354.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. IV The twentieth to the twenty-sixth dynasties, The University of Chicago press,  ;
  • Jacques Pirenne, Histoire de la civilisation de l'Égypte ancienne, vol. 2, Neuchâtel, Éd. de la Baconnière,  ;
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail des éditions], « Les Ramessides » ;
  • Pascal Vernus et Jean Yoyotte, Dictionnaire des pharaons, Perrin, , 345 p. (ISBN 978 - 2 - 262 - 02230 - 3)
  • Christian Leblanc, Reines du Nil, Paris, Bibliothèque des Introuvables, .
  • Florence Quentin, Les grandes souveraines d'Égypte, Perrin, , 416 p. (ISBN 9782262082024).
  • Christiane Ziegler (dir.), L'or des pharaons : 2500 d'orfèvrerie dans l'Egypte ancienne, Monaco, Hazan, , 240 p. (ISBN 978-2754114721)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]