Sékhâenrê Yakbim
| Sékhâenrê Yakbim | |
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| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XIVe ou XVe dynastie |
| Fonction principale | roi |
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Sékhâenrê est un roi de la Deuxième Période intermédiaire.
Attestations
[modifier | modifier le code]Le roi Sékhâenrê n'est connu que par des sceaux-scarabées, au nombre de quatre-vingt-douze, dont quatre ont été découverts en Canaan (Tell el-Ajjul et Tell el-Farah), cinq en Égypte (un à Tell el-Yahoudieh, un à Abydos, un viendrait de Saqqarah et deux autres du delta), et un de Nubie (Aniba). Une autre attestation de ce roi est conservé avec une empreinte de sceau découverte à Kerma[1]. Son nom n'apparaît cependant jamais dans un cartouche ; cependant, sur ces sceaux, il est généralement appelé « le bon dieu, Sékhâenrê »[2].
Si l'identification du nom de Sa-Rê Yakbim avec Sékhâenrê est correcte, alors le roi est également attesté par trente-deux autres attestations : un sceau-cylindre sans provenance connue, un sceau rond sans provenance connue également, ainsi que trente sceaux-scarabées, dont trois viennent de Canaan (Tell Kabri et Tell Beit Mirsim), un de Nubie (Bouhen), et vingt-six autres sans provenance connue[1].
Identité
[modifier | modifier le code]Les scarabées de la période ne mentionnent soit que le nom de Sa-Rê, soit que le nom de Nesout-bity. Ainsi, l'identification du roi au nom de Nesout-bity Sékhâenrê avec le nom de Sa-Rê Yakbim n'est pas certaine ; il s'agit cependant de celle régulièrement avancée par les cherheurs[3],[4],[5]. Cette association a été faite sur la base des caractéristiques stylistiques des scarabées ; Daphna Ben-Tor rappelle la difficulté de réaliser une chronologie fine des scarabées, et donc d'associer tel nom de Nesout-bity à tel nom de Sa-Rê, car les scarabées sont stylistiquement très proches[6],[7],[8].
Position chronologique
[modifier | modifier le code]Le roi n'est pas mentionné dans ce qu'il reste du Canon royal de Turin, mais l'état fragmentaire du papyrus ne permet pas de déterminer s'il y était inscrit à l'origine. Jürgen von Beckerath l'a ainsi placé dans la XVIe dynastie[3]. Cependant, depuis l'étude de Kim Ryholt sur la Deuxième Période intermédiaire, cette dynastie est aujourd'hui considérée de manière consensuelle comme étant une dynastie thébaine[9],[10]. Grâce à la datation des scarabées et en considérant que le Canon royal de Turin indiquait qu'une lacune existait avant Néhésy, premier roi nommé de la dynastie, lacune qu'il évalue à cinq noms, Kim Ryholt a placé ce roi au début de la XIVe dynastie d'Avaris ; ainsi, Ryholt le place en première position[11]. En réfutant la datation des scarabées réalisée par Ryholt, et en mettant en avant la présence d'erreurs sur des scarabées du roi, Daphna Ben-Tor, James Peter Allen et Susan Allen avancent l'hypothèse qu'il était un souverain hyksôs de la XVe dynastie d'Avaris, période pendant laquelle il y avait des erreurs car les artisans ne connaissaient pas la signification des hiéroglyphes qu'ils inscrivaient sur les scarabées[12].
Durée de règne
[modifier | modifier le code]De part le nombre de scarabées découverts, Kim Ryholt estime que son règne a duré entre 6 et 16 ans[13].
Titulature
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- Ryholt 1997, p. 359-362.
- ↑ Sékhâenrê Yakbim (sur Egyphica.net)
- von Beckerath 1999, p. 118-119.
- ↑ Ward 1984, p. 164-165.
- ↑ Ryholt 1997, p. 96.
- ↑ Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 60-61.
- ↑ Ben-Tor 2007, p. 108.
- ↑ Ben-Tor 2010, p. 99.
- ↑ Ryholt 1997, p. 151-162.
- ↑ Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 65-66.
- ↑ Ryholt 1997, p. 94-98.
- ↑ Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 60-62.
- ↑ Ryholt 1997, p. 199.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Daphna Ben-Tor, Susan Allen et James Peter Allen, « Seals and Kings », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 315, , p. 47–74 (lire en ligne) ;
- (en) Daphna Ben-Tor, Scarabs, Chronology, and Interconnections: Egypt and Palestine in the Second Intermediate Period, Fribourg, Academic Press, coll. « Orbis biblicus et orientalis, Series Archaeologica » (no 27), (ISBN 978-3-7278-1593-5, lire en ligne) ;
- (en) Daphna Ben-Tor, « Sequence and chronology of Second Intermediate Period royal-name scarabs, based on excavated series from Egypt and the Levant », dans Marcel Marée, The Second Intermediate Period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties). Current Research, Future Prospects, Louvain; Walpole, MA, Peeters, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta » (no 192), (ISBN 978-90-429-2228-0) ;
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) K. S. B. Ryholt, « The date of kings Sheshi and Yaqubhar and the rise of the fourteenth dynasty », dans Marcel Marée (dir.), The Second Intermediate Period (Thirteenth-Seventeenth Dynasties). Current Research, Future Prospects, Louvain ; Walpole, MA, Peeters, coll. « Orientalia Lovaniensia Analecta » (no 192), (ISBN 978-90-429-2228-0) ;
- (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
- (en) William A. Ward, « Royal-Name Scarabs », dans Olga Tufnell (dir.), Scarab Seals and their Contribution to History in the Early Second Millennium B.C., Warminster, Aris & Phillips, coll. « Studies on Scarab Seals » (no 2), , 151-192 p. (ISBN 0-85668-130-X).
