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Sânkhenrê Montouhotepi

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Sânkhenrê Montouhotepi
Image illustrative de l’article Sânkhenrê Montouhotepi
Dessin d'un sphinx portant le nom Sânkhenrê entre ses pattes[1].
Période Deuxième Période intermédiaire
Dynastie XVIe dynastie
Fonction principale roi
Prédécesseur Sekhemrê-Sânhktaouy Neferhotep III ?
Successeur Souadjenrê Nebiryraou Ier

Sânkhenrê Montouhotepi (ou autrefois nommé Montouhotep VII) est un roi de la XVIe dynastie.

Attestations

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Attestations contemporaines

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Le roi est attesté par trois documents contemporains[2] :

  • une stèle découverte à Karnak et aujourd'hui conservée au Musée de Louxor (CL 223 G),
  • une paire de sphinx de calcaire découverts en 1924 dans les ruines du temple d'Horus à Edfou, l'un portant le nom de Nesout-bity Sânkhenrê et l'autre le nom de Sa-Rê Montouhotepi[1],
  • peut-être un sceau-scarabée, auparavant conservé dans la collection Northumberland, sans provenance connue mais dont le nom inscrit a été interprété de manière différente : soit Sânkhenrê (Montouhotepi), soit Souadjenrê (Nebiryraou ou Sehotepibrê), soit Souahenrê (Senebmiou), soit Souahenrê (Senebmiou) ; si Kim Ryholt prend le parti de Montouhotepi[2], Julien Siesse note que le scarabée est d'un point de vue stylistique daté de la première partie de la XIIIe dynastie et attribue donc ce scarabée à Sehotepibrê[3].

Attestations ultérieures

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Montouhotepi est attestée dans le Canon royal de Turin à la position 11.4 sous son nom de Nesout-bity Sânkhenrê, juste après le nom de Sekhemrê-S..., identifié souvent à Sekhemrê-Sânhktaouy Neferhotep, et avant celui de Souadjenrê Nebiryraou ; un règne d'un an lui est attribué par ce papyrus[4]. Il est peut-être mentionné dans la liste de Karnak, à la position 56[5].

Position chronologique

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Si on se réfère au Canon royal de Turin, il devrait être le successeur d'un Sekhemrê-S..., identifié souvent à Sekhemrê-Sânhktaouy Neferhotep, et le prédécesseur de Souadjenrê Nebiryraou[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13].

Pour ce qui est de la classification dynastique, l'étude de Kim Ryholt a révolutionné la vision de la Deuxième Période intermédiaire, et a créé ainsi une XVIIe dynastie courte, et un certain nombre de rois classés au début de la XVIIe dynastie longue par les travaux précédents, ont été reclassés dans une XVIe dynastie thébaine. C'est notamment le cas de Sânkhenrê Montouhotepi : ainsi, le roi était classé auparavant dans la XVIIe dynastie[6],[7],[8] mais est maintenant classé de manière consensuelle dans la XVIe dynastie[9],[10],[11],[12],[13].

Dans l'hypothèse de l'existence d'une dynastie d'Abydos, alors les rois de la XVIe dynastie régnaient sur une petit territoire coincé entre iDiospolis Parva au nord et Edfou au sud. Le court règne de Montouhotepi a probablement été marqué par des conflits (Ryholt suppose que les ennemis étaient les Hyksôs de la XVe dynastie[14], tandis que d'autres indiquent qu'il s'agirait plutôt des Nubiens[15],[10],[16]). Dans sa stèle de Karnak, Montouhotepi affirme avec insistance « Je suis le roi dans Thèbes, c'est ma ville »[17] et appelle Thèbes la « maîtresse de tout le pays, ville du triomphe ». Il rapporte avoir repoussé les « terres étrangères », probablement un euphémisme pour les Hyksôs ou les Nubiens[10]. La puissance militaire de Montouhotepi est soulignée, le roi étant comparé à Sekhmet qui tue ses ennemis de son « souffle flamboyant »[10]. Montouhotepi a été remplacé par Souadjenrê Nebiryraou Ier, qui a régné sur la Haute-Égypte pendant plus de 25 ans selon le Canon royal de Turin[18].

Notes et références

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  1. a et b Gauthier 1931.
  2. a et b Ryholt 1997, p. 389.
  3. Julien Siesse 2019, p. 376.
  4. Ryholt 1997, p. 158, 202 et 388.
  5. Siesse 2019, p. 34.
  6. a et b von Beckerath 1964, p. 288–289 (XVII/5).
  7. a et b von Beckerath 1999, p. 126-127 (XVII/5).
  8. a et b Vandersleyen 1995, p. 662 (XVII/5).
  9. a et b Ryholt 1997, p. 158.
  10. a b c d et e Baker 2008, p. 233–234.
  11. a et b Franke 2008, p. 287.
  12. a et b Siesse 2015, p. 85-93.
  13. a et b Siesse 2019, p. 107.
  14. Ryholt 1997, p. 163-164.
  15. Ben-Tor, Allen et Allen 1999, p. 164.
  16. Wegner et Cahail 2021, p. 361.
  17. Ryholt 1997, p. 160.
  18. Ryholt 1997, p. 202.

Bibliographie

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  • Henri Gauthier, « Deux sphinx du Moyen Empire originaires d'Edfou », ASAE, no 31,‎  ;
  • (de) Jürgen von Beckerath, Untersuchungen zur politischen Geschichte der zweiten Zwischenzeit in Ägypten, Glückstadt, Augustin,  ;
  • (de) Jürgen von Beckerath, Handbuch der Agyptischen Konigsnamen, Mayence, Éditions Philipp von Zabern, coll. « Münchner Ägyptologische Studien (MÄS) » (no 49), , 2e éd. (1re éd. 1984), 314 p. (ISBN 3-8053-2591-6, lire en ligne) ;
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la Vallée du Nil : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, t. 2, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », , 710 p. (ISBN 978-2130465522) ;
  • (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
  • (en) Daphna Ben-Tor, Susan J. Allen et James P. Allen, « Review of « Seals and Kings: The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period c. 1800-1550 B. C. » by K. S. B. Ryholt », Bulletin of the American Schools of Oriental Research (BASOR), no 315,‎ , p. 47-74 (DOI 10.2307/1357532) ;
  • (en) Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs : Volume I : Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, , 587 p. (ISBN 978-1-905299-37-9) ;
  • (en) Detlef Franke, « The Late Middle Kingdom (Thirteenth to Seventeenth Dynasties): The Chronological Framework », Journal of Egyptian History, no 1 (2),‎ , p. 267-287 (DOI 10.1163/187416608786121310) ;
  • (en) Julien Siesse, « Throne Names Patterns as a Clue for the Internal Chronology of the 13th to 17th Dynasties (Late Middle Kingdom and Second Intermediate Period) », GM, no 246,‎ , p. 75-98 (lire en ligne) ;
  • Julien Siesse, La XIIIe dynastie : Histoire de la fin du Moyen Empire égyptien, Paris, Sorbonne Université Presses, coll. « Passé Présent », (ISBN 9791023105674) ;
  • (en) Josef Wegner et Kevin Cahail, King Seneb-Kay's Tomb and the Necropolis of a Lost Dynasty at Abydos, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, , 386 p. (ISBN 978-1949057096).