Ahmôsis II

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Ahmôsis II
Tête d'un sphinx d'Amasis - Musée du Louvre
Tête d'un sphinx d'Amasis - Musée du Louvre
Fonctions
Pharaon d'Égypte
v. 570526 avant notre ère
Prédécesseur Apriès
Successeur Psammétique III
Biographie
Dynastie XXVIe dynastie
Basse époque
Date de décès v. 526 avant notre ère
Conjoint Tenet-Kheta
Enfant(s) Psammétique III

Ahmôsis II[1] (ou Ahmès II, Iâhmes II ou encore Amasis d'après Manéthon) est un pharaon de la XXVIe dynastie de la Basse époque égyptienne, régnant de -571 à -526.

Règne[modifier | modifier le code]

Ahmôsis, général des mercenaires libyens (berbère), et d’origine libyenne lui-même, s'est couvert de gloire dans l'expédition contre les Kouchites organisée par Psammétique II. Après l'expédition désastreuse que son prédécesseur et chef Apriès envoya à Cyrène pour limiter l'expansion grecque en Cyrénaïque, Amasis est envoyé par le pharaon pour calmer la foule ; mais celle-ci, au lieu de s'apaiser, convainc Ahmôsis de prendre le pouvoir et de chasser Apriès, ce qu'il fait en -570.

Parallèlement, c'est à cette époque que Nabuchodonosor II, roi de Babylone, menaçait tout le Proche-Orient au cours de nombreuses campagnes qui l'opposaient à Apriès ; ayant déjà attaqué en vain l'Égypte par deux fois sous le règne de ce dernier (en -601 et -582), il reçoit le pharaon déchu à sa cour et le place à la tête d'une puissante armée pour réessayer de conquérir l'Égypte. Mais à la bataille finale, en -567, Ahmôsis II écrase Apriès et celui-ci est lui-même tué.

Tête d'une statue attribuée à Amasis - Ägyptisches Museum Berlin

Babylone ayant cependant conquis toute la Judée (de là date l'exil des Hébreux à Babylone), Amasis mène alors une politique étrangère radicalement opposée au roi babylonien. À la mort de Nabuchodonosor II, il mène une campagne au Proche-Orient, et va même envahir Chypre, qu'Apriès avait attaquée la dernière année de son règne (-570) pour se replier en cas d'échec au Liban. C'est donc la première et seule fois avant les Ptolémées que Chypre appartient au pharaon égyptien.

Ahmôsis II est alors le maître incontesté de l'Égypte, d'Éléphantine jusqu'au delta, mais avec une zone d'influence bien plus large, de Napata en Nubie - ce qu'il hérite des campagnes militaires de son prédécesseur Psammétique II -, jusqu'à Byblos au Proche-Orient, sans oublier Chypre, du moins jusqu'en -545 : la renaissance saïte est alors à son apogée, et Ahmôsis II a donc réussi à élever l'Égypte presque au niveau de ce qu'elle était au Nouvel Empire, en étant parti de peu de chose et dans un contexte défavorable.

Son long règne est propice à une intense activité architecturale. Dans le delta du Nil, outre à Saïs et son grand temple de la déesse Neith, dont Ahmôsis II se déclare le fils dans sa titulature, il fait bâtir un temple à Athribis et accorde à Naucratis un statut particulier lui autorisant à fonder et à construire des temples[2]. Il intervient également à Memphis et procède à l'enterrement d'un Apis en l'an 23 de son règne au Sérapéum de Saqqarah. Il fait reconstruire le sanctuaire d'Osiris en Abydos et édifie une chapelle dans l'enceinte d'Amon-Rê de Karnak conjointement avec sa fille Nitocris, qu'il fait adopter par Ânkhnesnéferibrê comme divine Adoratrice d'Amon. Au sud de la première cataracte des traces de son intervention sur l'île de Philæ suggèrent que dès l'époque saïte ce lieu sacré avait déjà reçu des monuments dédiés à la grande déesse Isis[3]. Il est également réputé avoir fondé ou en tout cas agrandi le temple oraculaire de l'Amon de l'oasis de Siwa, sanctuaire dont la célébrité ira grandissante par la suite.

Ahmôsis II entretient de bons rapports avec les Grecs. Allié à Cyrène, à Crésus de Lydie, à Polycrate de Samos, il envoie des offrandes à Delphes et finance la reconstruction du temple d'Apollon détruit par un incendie en -548, noue de nombreux contacts avec les cités grecques et accueille de nouveaux contingents ioniens et cariens[4]. Ayant obligé Chypre à se soumettre à l’Égypte, il dispose aussi d'une flotte commerciale considérable. Son action philhellène ne se limite pas a des actions militaires ou commerciale car il est réputé avoir invité à la cour de grands penseurs, philosophes ou mathématiciens grecs tels Thalès de Milet et Pythagore.

Relief représentant le pharaon Ahmôsis II - Chapelle des divines adoratrices Nitocris Ire et Ânkhnesnéferibrê à Karnak

S'opposant à l'hégémonie perse, il va jusqu'à s'allier à son mortel ennemi, Babylone, pour les contrer. Cette alliance est officialisée dans un traité entre Babylone, Pharaon et Crésus, roi de Lydie. Malgré ses efforts et son réseau d’alliances, même avec l’ancien rival babylonien, il ne peut contenir l’expansion perse et peu à peu tous ses appuis disparaissent, à commencer par Crésus, battu par Cyrus, roi des Perses, et finalement Babylone.

Pour alimenter cette subtile politique d'alliance, Amasis fait lever des impôts, notamment en prélevant une part des revenus du clergé ce qui lui attire une certaine animosité et la défiance d'une partie importante de la société égyptienne.

Quelques mois avant sa mort a lieu une bataille perdue par l'Égypte contre les Perses en -526, et un an plus tard est porté le coup fatal et final essuyé par son successeur.

Personnage haut en couleurs d'origine plébéienne il fut un souverain novateur et réformateur. Il conçoit un grand nombre de lois régissant le droit privé auxquelles on continua à se référer des siècles plus tard.

Psammétique III lui succède de -526 à -525.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Sépulture[modifier | modifier le code]

On sait par Hérodote que la tombe d'Amasis était située dans l'enceinte du grand temple de Neith à Saïs, où l'auteur grec l'aurait vue[5]. Elle aurait été violée par les Perses à la suite de la victoire de Cambyse sur le fils d'Ahmôsis II, Psammétique III, victoire qui ouvre la première occupation du pays par l'empire achéménide.

De son viatique funéraire, seuls quelques débris d'oushebtis à son nom sont apparus sur le marché des antiquités ou ont été trouvés lors des fouilles sporadiques qui ont eu lieu sur le site de Saïs. L'une de ces statuettes funéraires fragmentaires est exposée au musée Petrie à Londres.

Le sarcophage du roi n'a jamais été retrouvé jusqu'à ce jour.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dodson et Hilton, Familles royales, page 244
  2. Cf. Hérodote ; L. II, § 178-179
  3. Cf. G. Haeny, p. 204 et fig. 1
  4. Cf. N. Grimal, Ch. XIV, § La présence grecque
  5. Cf. Hérodote ; L. II § 175

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]